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Matière grise pour évolution verte

Les branchés sauveront-ils le DD ?


Le 16 décembre 2013 | Par

Camille

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J’essaie de vivre ma vie selon un précepte simple : la sobriété heureuse. Je suis une altermondialiste optimiste et crois dur comme fer que le changement du monde commence par soi-même.

Après les militants du Larzac, les hippies couronnés de fleurs, les bobos à vélos, une nouvelle communauté semblent s’être emparée de la création d’un avenir plus désirable : les branchés ! Loin des discours moralisateurs ou anxiogènes qui démotivent les Français, les branchés passent les messages du DD en douceur, sans forcer, et ça marche ! Petit tour d’horizon de quelques initiatives…

Veja, les précurseurs

Proposer des baskets écolos, fabriquées au Brésil dans les règles du commerce équitable avec des matières premières naturelles le tout sans faire de pub ni de marketing, c’est le pari fou de Sébastien Kopp et François-Ghislain Morillon en 2005. Veja est devenue en quelques années une marque tendance que les amateurs de baskets tendance s’arrachent. Si les valeurs de l’entreprise sont 100% DD, la marque a joué la carte de la branchitude tout autant que celle du commerce équitable. Par le biais d’une distribution très sélective dans des magasins hyper pointus, Veja est connue par le grand public pour le look de ses baskets avant même ses engagements sociaux et environnementaux.

« L’action reste rare et le verbe foisonnant. Au-delà des films sur l’environnement, au-delà des discours des multinationales qui construisent des vitrines vertes pour cacher le désastre, au-delà des Copenhague remplis d’incantations et de promesses politiciennes. Agir.
Et malgré cette « nouvelle » économie à la devanture verte, essayer de proposer une vision différente. Celle qui lie le bio au commerce équitable, celle qui joint développement économique, environnemental et social. Celle qui propose une évolution culturelle. Globale. La transparence. »

Edito des fondateurs de Veja sur leur site.

Les fondateurs de Veja sont allés plus loin, en ouvrant à 2 pas du Canal Saint Martin, Centre Commercial, une boutique ne proposant que des articles du commerce équitable dans un écrin à la déco soignée et épurée. Il y a 6 mois, la revue Centre Commercial faisait son entrée, toujours dans la même lignée. 172 pages de reportages, enquêtes, interviews et photos. Du (trop ?) branché mais qui fait passer les messages.


Ekyog
a emboîté le pas, en proposant une mode écolo et une totale transparence, mais en mettant surtout en avant des vêtements « tendance » dans des boutiques design. Aujourd’hui, les créateurs sont de plus en plus nombreux à oser les matières naturelles ou le recyclage, comme la toute jeune marque Origin By qui propose des vêtements classieux à partir d’étoffes récupérées.

 

Des restos bio, locavores ou veggie mais surtout fun !

A Bordeaux, Manuel Dagens et Adrien Bucquet ont ouvert il y a quelques semaines « Belle campagne », un bar/resto locavore. 90% des produits viennent de la région, dans un rayon de 250 km autour de Bordeaux. Les jeunes propriétaires souhaitent aller de plus en plus loin. Ils viennent notamment de signer un accord avec des pêcheurs artisanaux, pour proposer des poissons issus à 100% de la région, pêchés de façon raisonnable. Ils seront les premiers à Bordeaux à garantir la provenance locale de leurs poissons.

Les assiettes sont à des prix abordables, avec des formules « finger food » pour grignoter en savourant un bon Bordeaux à l’apéro, ou des plats plus consistants pour dîner (et déjeuner à partir de janvier). Mais si le resto affiche cette ambition de produits frais et du terroir, la clientèle est pour le moment à 75% « branchée », attirée par la déco, la bonne musique et l’ambiance. L’avantage : ces personnes qui ne se posent pas forcément la question de la provenance de ce qu’ils mangent, ressortent du restaurant sensibilisés, avec un petit germe de locavorisme qui ne demande qu’à se développer. Le resto souhaite prochainement proposer des paniers à la vente en accueillant une AMAP pour soutenir les producteurs locaux avec lesquels ils tissent des liens.

A Paris, manger dans un resto végétarien n’est plus un parcours du combattant. La cuisine saine se fait gourmande, pour le plus grand bonheur de notre palais et de notre santé. Ainsi, Sol Semilla, propose une cuisine saine avec des produits frais et locaux, agrémentés de « super aliments » qui booste les organismes les plus fatigués ! Avec un rayon épicerie pour continuer à la maison de se faire du bien. Citons également le Gentle Gourmet café et ses copieux brunchs, le Tricycle qui distribue des hot dogs « veggie » en triporteur dans Paris ou encore Yuman, resto épicerie 100% bio qui vient tout juste d’ouvrir ses portes dans le 13ème arrondissement. « Du bio qui rend le monde joyeux, que demander de mieux ? » nous demande Gilles Tessier, son fondateur.

Un lieu atypique, multi-usages et grouillant de vie

Le Darwin éco-système a été inauguré il y a quelques mois sur la rive droite de Bordeaux. Sur une ancienne friche militaire, c’est un quartier d’un genre nouveau qui se construit peu à peu. Imaginez…
- un espace de coworking qui accueille une quarantaine d’entreprises travaillant dans le DD ou partageant ses valeurs,
- un skate park indoor ouvert à tous,
- une halle couverte et des bâtiments en cours de rénovation qui abritent le temps d’un weekend des événements festifs et éco-responsables : salon Emmaüs, concerts, marché de Noël de créateurs locaux, pecha kucha…
- et prochainement une pépinière pour accueillir de jeunes entreprises, une ferme urbaine, un éco-lodge, des magasins « généreux »…

Toute cette mixité attire des publics différents. Mais le lieu, par son action culturelle et son dynamisme, est devenu en quelques mois l’un des lieux les plus tendance de Bordeaux.

En portant les valeurs du DD par des engagements forts et fun à la fois, les branchés déringardisent le discours écolo, entraînant dans leur sillage un public qui se pose de nouvelles questions et prend conscience des impacts de ses choix quotidiens. Le risque ? Faire du DD un « truc de bobos » comme on l’entend déjà trop souvent. L’avenir de notre société n’est pas uniquement dans les mains de ceux qui sont branchés, tendance ou ont du pouvoir d’achat. C’est à nous tous, quel que soit notre style de vie et nos modes de consommation, de prendre conscience de ce que nous pouvons faire, chacun à notre échelle, pour un monde plus désirable, juste et vivable.

Et vous qu’en pensez-vous ?

 


8 commentaires à “Les branchés sauveront-ils le DD ?”

  1. [...] Après les militants du Larzac, les hippies couronnés de fleurs, les bobos à vélos, une nouvelle communauté semblent s’être emparé de la création d’un avenir plus désirable : les branchés !  [...]

    • Moi dit :

      L’action est importante, savoir pourquoi on agit aussi. Le branché serait capable de faire un truc dégueulasse pour l’environnement si c’était plus branché que le truc écolo. Je trouve pas ça très « durable » comme concept….

  2. [...] Après les militants du Larzac, les hippies couronnés de fleurs, les bobos à vélos, une nouvelle communauté semblent s’être emparé de la création d’un avenir plus désirable : les branchés !  [...]

    • Philippe dit :

      Les branchés culpabilisent moins en proposant un avenir plus désirable et je crois que la forme du message est aussi important que le fond.
      La transition se fera naturellement quand la perception d’un avenir « éco » sera meilleure, plus belle, plus joyeuse qu’un avenir pétrolé.

  3. Je partage totalement cette analyse. Je porte un discours optimiste d’une economie reconciliee avec le vivant depuis plusieurs annees via des conferences (Tedx…) et des publications. L’accueil est meilleur chaque annee mais le chemin a parcourir est encore tres long. Les forces de resistance sont importante!

  4. Hello Camille.
    Merci pour ton article sur DARWIN.
    A titre personnel je ne me reconnais pas dans ce qualificatif de branché et je pense que la boboïsation est un vrai risque pour la « cause ». La question est toujours celle du niveau de confort et de consommation acceptable pour que notre système collectif soit viable et durable… et d’expérience ce niveau est bien en-deça de ce que les bobos sont prêts à accepter. La branchitude est peut-être une étape (et il faut qu’elle soit courte) mais en aucun cas une fin en soi.

    • philippe dit :

      Jean Marc, vous réussissez l’extraordinaire pari avec darwin d’esquisser un avenir meilleur et de le rendre attirant ,joyeux etc sans etre culpabilisant par l’image de « branchés » car vous y avez associé l’esthétique, l’artistique…qui sont primordiales alors s’il faut accepter le terme de branchés, pourquoi pas? (philippe labourdette)

    • Camille dit :

      Jean-Marc, tu ne te reconnais pas comme individu dans le terme de branché mais tu ne peux nier que Darwin est devenu un lieu tendance qui attire les branchés. Je suis bien d’accord que ce n’est pas une fin en soi, mais je pense que tous les moyens sont bons pour arriver à toucher les gens et à leur faire prendre conscience des changements qui restent à opérer. Et je préfère cette façon là que les discours anxiogènes qui ne marchent pas…

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