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Matière grise pour évolution verte

Société » Agriculture

Dans le Pays Voironnais, on fait pousser de jeunes fermes bio


Le 12 décembre 2013 | Par

Muriel

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Habitante de l'agglomération grenobloise, je relaie des initiatives innovantes d'acteurs engagés (consom'action, alimentation locale, sensibilisation à la protection de l'environnement, mobilité...) et m'interroge sur les efforts de ce territoire pour construire et communiquer sur la ville de demain.

Dans l’épisode précédent, je vous avais parlé de Terre de Liens, association, foncière et fondation qui a pour but de favoriser la transmission des terres agricoles pour de jeunes ou moins jeunes agriculteurs qui souhaitent s’installer. Parfois, ce sont les collectivités territoriales qui poursuivent ces objectifs et portent cette mission. Voici l’exemple de la Communauté d’agglomération du Pays Voironnais, au Nord-Ouest de l’agglomération grenobloise.

Home du site www.paysvoironnais.com

Pourquoi le Pays Voironnais a décidé de favoriser le maintien des terres agricoles et l’installation de nouveaux agriculteurs ?

La communauté d’agglomération du Pays Voironnais a fait le choix d’une politique agricole dans les années 1970 et cette tradition reste prégnante. L’institution réserve des crédits pour l’acquisition de terres sans attendre un retour sur investissement de cet ordre. Dans le cadre de nombreux projets d’installation agricole, les élus ont décidé d’acquérir du foncier en vue de le louer à des agriculteurs. Ainsi en 2010, les élus et les agriculteurs s’étaient mobilisés pour la pérennisation de 20 hectares de terres, qui étaient mises en vente aux enchères. Étant donné les sommes en jeu, que les surfaces étaient importantes et qu’il n’y avait pas de siège d’exploitation, c’est le Pays Voironnais qui s’est engagé sur ce dossier plutôt que Terre de Liens. À la demande du Pays Voironnais, la SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), la communauté d’agglomération a usé du droit de préemption dans l’objectif de louer ces terrains au tarif agricole.

Hasard du calendrier, 140 hectares dans la plaine de l’Isère, proches de zones d’activité économique et à l’entrée de l’agglomération grenobloise, ont été acquis selon le même processus. Le travail est loin d’être terminé dans la mesure où un tiers de la centaine d’hectares acquise au total par le Pays Voironnais, n’a pas été définitivement attribué à des agriculteurs.

Comment les candidats à l’installation sont-ils sélectionnés ?

Le Pays Voironnais travaille avec la SAFER pour la sélection des candidats avec l’objectif de favoriser  l’installation agricole, en mettant plus particulièrement l’accent sur les circuits courts et la production biologique. Les terres étaient destinées aux grandes cultures comme le maïs et les projets d’installation que nous étudions sont plutôt tournés vers la production biologique et la vente directe. Maraîchage, plants, céréales pour la panification : certains projets sont originaux et alternatifs. Les profils sont extrêmement divers. Certains candidats ont des niveaux de formation élevés, d’autres plus techniques ; la plupart ne viennent pas d’un cadre familial agricole. Nous entrons en contact avec eux à travers l’animation de groupes locaux en lien avec la Chambre d’agriculture notamment.

Nous souhaitons rester dans une posture de dialogue avec la profession agricole et pour cette raison, le bio n’est pas un préalable à l’installation. Nous ne proposons pas de bail rural environnemental et accompagnons tous les projets, sans exclusivité.

Toutes les surfaces sont occupées en attendant les installations définitives. À aujourd’hui, le Pays Voironnais recense 25 attributaires pour 100 hectares, dont une dizaine de nouvelles installations, 10 en agriculture biologique, et 10 dans une logique de circuits courts (certains projets cumulent deux ou trois caractéristiques). L’agriculture biologique représente 20 % des terres, un chiffre important étant donné que les surfaces étaient en agriculture conventionnelle auparavant.

Quels sont les débouchés commerciaux des agriculteurs nouvellement installés ?

Si le Pays Voironnais a fait un choix politique fort en rachetant des terres agricoles, il est aussi conscient que ce travail n’a de sens que dans la recherche de nouveaux débouchés commerciaux pour les productions locales. Des efforts ont été faits pour la constitution de circuits courts. Il existe trois points de vente de producteurs, à Voiron, à Voreppe et dans la Bièvre, et un quatrième devrait ouvrir à Chirens au printemps 2014 avec le soutien de la communauté d’agglomération.

Un autre débouché repose sur le projet d’une légumerie réalisé en partenariat avec Grenoble Alpes Métropole (l’agglomération grenobloise), qui fournira des légumes frais prêts à l’emploi, d’origine locale, bio ou non, aux cantines de la région. Au-delà des effets vertueux pour le secteur agricole local, il s’agit de proposer une alternative aux légumes surgelés ou en conserve ainsi qu’aux légumes frais acheminés par camion de l’autre bout de la France.

Du champ à l’assiette, il est possible de ne faire qu’un pas !


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