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Matière grise pour évolution verte

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent


Le 2 février 2013 | Par

Olivier

Ses articles

Je suis un entrepreneur chercheur de sens. Je dirige une entreprise de covoiturage www.ecolutis.com et j'ai co-fondé www.untoitpourlesabeilles.fr, www.mapolutis.com et www.unbureausurlaterre.com. Ce qui m'intéresse dans l'écologie, c'est l'Homme.

Avant, j’avais des principes…. Maintenant j’ai des enfants…

Et j’essaie de concilier tant bien que mal ma soif de liberté, leurs désirs versatiles, mon besoin de tranquillité, leur énergie débordante, mes rêves de vie de famille, la réalité logistique du quotidien.

Animation du site L’atelier des parents

Se parler et s’écouter, enfants et parents

Pour cela, j’ai trouvé deux alliées de poids: Adèle Faber et Elaine Mazlish. Ensemble elles ont animé des tonnes de réunion de soutien à la parentalité. De cette expérience, elles ont tiré plusieurs ouvrage, dont un qui n’est pas près de quitter ma bibliothèque.

Après avoir lu ce livre, vos enfants continueront de vouloir faire des batailles de purée, de se coucher tard et de se crier dessus. Dès que la dernière page de se livre se fermera, vos enfants continueront de trainer le matin en s’habillant, de se chamailler pour un jouet, ou de tirer la langue au lieu de dire bonjour à la dame. Et vous savez quoi ? Même après avoir lu ce livre, tout cela continuera de vous exaspérer, de vous mettre en rogne, voire, même, d’avoir une furieuse envie de les balancer par les fenêtres ! Et pour de vrai !

Néanmoins, en lisant ce livre vous découvrirez une série d’habilité vous permettant d’appréhender différemment les échanges avec votre enfant.
Un des chapitres s’intitule « aider les enfants aux prises avec leurs sentiments« .

J’aimerais partager avec vous quelques exemples concrets de ce que j’ai vécu à ce sujet, notamment autour du coucher de mon fils.

Avant/après

Exemple de dialogue avant :

- Papa, j’ai peur
- Mais ne t’inquiète pas, je dors dans la chambre à coté, tu es en sécurité, tu peux dormir tranquille
- Oui mais j’ai peur
- Voilà je te fais un bisou, n’aies pas peur
- J’ai peur
- BON MAINTENANT CA SUFFIT TU TE COUCHES ET TU ME LAISSES DORMIR ! J’EN AI MARRE A LA FIN DE CES ENFANTS QUI M’EMPECHENT DE PASSER UNE SOIREE TRANQUILLE AVEC MON AMOUREUSE ET QUI ME POURRISSENT MES NUITS. TU TE TAIIIIIS ET-TU-DOOOOOOOOOOORSSS !
- J’AIIIII PEEUUUUUUUUUR !!!
Après que Papa et son fils aient bien hurlés, ils sont tous les deux crevés et s’endorment, pas vraiment paisiblement.

Voici ce qui s’est passé un soir avec mon fils d’à peine 3 ans

- Papa j’ai peur
- Mais ne t’inquiète pas, je dors dans la chambre à coté, tu es en sécurité, tu peux dormir tranquille
- Oui mais j’ai peur
[Voix intérieure : "mmmh, ça sent le roussi, si tu continues tu vas droit dans le mur. Et si on essayait d'écouter les émotions"]
- Tu as peur comment ?
- Grand comme ça ?
- Grand comme la tour Eiffel ?!
- Grand comme mille tour Eiffel jusqu’au ciel !
- Mince, ça doit vraiment faire peur.
- Ouiiiii !
- Tu penses que quelque chose pourrait arriver ?
- Oui, la sorcière.
- Aah. Tu as peur comme mille tour Eiffel à cause de la sorcière.
- Oui…
- Sais-tu que notre porte d’entrée est fermée à clé ?
- Avec un bloque-sorcière ?
- Non mais je peux en mettre un si tu veux. Tu veux ?
- Oui
- Ok, viens avec moi. Voilà, le foulard de maman c’est un super bloque-sorcière car il est plein d’amour. Je l’accroche à la porte.
- Oui, comme ça si la sorcière vient, ça lui tord le cou et ça lui envoie des boulets de canon  !
[Voix intérieure : "pourquoi tant de violence, t'es bien un mec toi"]
- Ok, on dit ça ! Allez, je te fais un gros câlin et je vais me coucher. Bonne nuit

- Bonne nuit papa.

Un autre soir, à minuit, je sors mon fils de 4 ans de la voiture. Il dormait. J’espérais le porter jusque son lit, mais il se réveille en mode panique. Impossible de le raisonner, il hurle, il ne veut rien faire, il tape des pieds. Après avoir essayé de le rassurer par des câlins etc… je commence à passer en mode « MAINTENANT CA SUFFIT ! TU TE CALMES ! ». Ce soir là j’ai choisi une autre voix.

J’étais très très énervé, il m’avait mis hors de moi. Plutôt que de lui hurler dessus, j’ai décider de hurler avec lui.

- Toi tu es en super colère hein !
- Oui !!!
- Tu voulais pas qu’on te réveille !
- Non !!
- Et puis en plus là tu comprends rien à ce qui se passe ! Y a ton corps qui pleure et toi t’es trop fatigué et énervé pour te calmer !
- Ouiii
Tout ça avec un volume qui couvrirait un cochon qu’on égorge.
- Tu dois être fou de rage !
- Ouiii
- Et ben tu vois moi aussi ça me rend dingue ! Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour se calmer tous les deux !
- UN CAAAALIIIN !
On baisse un peu le volume
- Moi aussi j’aimerais bien un câlin. Tu le choisis ou sur ton lit ou sur le mien.
- Sur le tien
Il s’est endormi dans mes bras. C’était violent, intense. Difficile. Mais on est resté ensemble et pas en conflit.

Des idées comme ça, il y en a des tas dans ce livre. Mais si le sujet vous intéresse, je vous invite vraiment à faire les ateliers des parents, aussi appelé atelier Faber et Mazlish. Il y en a souvent, de plus en plus, probablement près de chez vous. En 7 ateliers de 3 heures, on plonge dans une vision plus positive de l’échange et on obtient des clés pour mieux communiquer. Toutes les clés ne vous conviendront pas, toutes les clés ne conviendront pas à votre famille, aucune clé n’est miraculeuse.

Quoiqu’il arrive il restera à pousser pour ouvrir la porte, mais c’est mieux que de se la faire au pied de biche.

++ Le petit plus++

Je ne peux pas résister à vous livrer 2 autres habilités que je pratique intensément :
:: Remplacer « c’est bien » par un compliment positif et précis. « Tu t’es mis en pyjama tout seul. C’est ce que j’appelle être autonome ! »En plus ça fait travailler le vocabulaire…des parents !
:: Nommer le problème ou donner des pistes pour le résoudre plutôt que faire une demande. L’enfant réagit souvent de lui même.
  • « Je vois un manteau par terre », « manteau », « ton manteau », « les manteaux doivent être sur le porte-manteau ». D’ailleurs varier la phrase, me permet d’avoir un peu moins l’impression de me  répéter… ok c’est subtil, mais tout compte !
  • Si mon fils renverse un verre : « l’éponge est dans l’évier ». Et ça marche dès 3 ans. Je ne vous dis pas qu’il va tout nettoyer nickel tout seul. Mais il sait comment corriger sa maladresse et pour moi, si l’éponge arrive dans le salon et que je n’ai plus qu’à l’aider pour nettoyer ce n’est pas la même chose que d’interrompre ma conversation pendant l’apéro pour aller dans la cuisine.

12 commentaires à “Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent”

  1. catherine dit :

    excellent Olivier, excellent… Voici des choses qui m’ont manqué quand ma fille était petite, mais que je vais m’empresser d’utiliser avec elle aujourd’hui (27 ans) :) Surtout l’éponge !

  2. Céline dit :

    Je le fais, je le revendique, j’aime et je partage.
    Je n’ai pas lu l’ouvrage qui semble mériter d’être lu et relu et partager (donc à lire … prochainement)
    Je suis tout à fait en accord avec votre article et la méthode simple et accessible donnée, parler, expliquer à l’enfant et surtout écouter l’enfant.
    Trop de gestes (tututte insérée dans la bouche quand maman parle, …) et trop de mot bref et autoritaire (Non – Pourquoi ? – Parce que je te le dis) sans communication et explication à ce jour à l’égard des enfants au quotidien.

  3. Olivier dit :

    Très bon article, merci Olivier. Il résume bien l’état d’esprit du livre à travers quelques exemples.
    Je tiens d’ailleurs à signaler que le livre est bourré d’exemples vécus dans ce genre et que les « habiletés » proposées sont très faciles à tester en situation réelle. Je pratique, je pratique aussi… avec mes trois garçons. Cela rejoint d’autres approches (CNV, Rogers) mais Faber et Mazlish ne théorisent pas et proposent une mise en pratique immédiate : efficace !
    Olivier

  4. Dom dit :

    ;-) Oui ce livre est une merveille, j’ai suivie des ateliers, tout aussi bien, maintenant je crois que j’aimerais en proposer moi même aux autres.
    Le but n’est pas de lire le livre pour que ca marche, mais bien pour être en lien avec ses enfants ! Le mieux c’est que cela aide pour la relation de couple, la relation de travail, la relation aux autres !

  5. Carinne dit :

    Bonjour

    J’ai découvert ces livres et ce que j’aime bien, c’est que les auteurs ne culpabilisent pas les adultes et font des propositions concrètes.
    Notre association propose ces ateliers et ils vont bientôt débuter, prés de Montpellier. Il s’agit aussi d’un moment de rencontres entre parents très enrichissant. Pour celles et ceux qui souhaitent nous rejoindre il reste encore quelques places ;-) http://www.etreetautressavoirs.fr/index.php/parentalite-education/140-atelier-des-parents-a-prades-le-lez

    Carinne, présidente de l’Association Être et autres savoirs

  6. Nathalie dit :

    alright, je vais commander le livre de ce pas ;o) merci olivier. c’est bête mais je suis heureuse de savoir qu’on est pas les seuls à aimer nos enfants, mais avoir parfois envie de les balancer par la fenêtre ;o)

  7. Delphine dit :

    Apparemment il est impossible de trouver ce livre en librairie et sur internet. Pouvez-vous me communiquer l’adresse d’un diffuseur ?
    Merci

  8. Olivier dit :

    Bonjour Delphine, vous pouvez acheter les livres ici : http://www.latelierdesparents.fr/pages_html/livres.html

  9. Bonsoir,

    voici un livre qui donne envie d’être lu !

  10. [...] des p’tits : basés sur les travaux de Faber et Mazlish (vous pouvez relire l’article d’Olivier au sujet de cette méthode), ces ateliers permettent de travailler sur la relation [...]

  11. Lucile dit :

    Bonjour,

    Ce message s’adresse aux parents qui ont apprécié cet article.
    Journaliste pour un magazine mensuel, vendu en kiosque et bien connu des parents, je suis actuellement à la recherche de parents ayant suivi ces ateliers et acceptant de témoigner de leur pratique.
    L’idée : vous rencontrer, le temps d’une heure d’échange environ. J’aurai une petite série de questions du type : quelles impasses cela vous a-t-il permis de surmonter ou encore qu’avez appris que vous n’imaginiez pas.

    Si vous êtes intéressés et disponibles pour participer à cet article, n’hésitez pas à me contacter à cette adresse : lucile.pressemag@gmail.com où je me tiens à votre disposition pour toute question.
    Précisions pratiques : idéalement le RDV se ferait chez une famille parisienne, avant le 5 janvier 2014.

    A bientôt,
    Lucile

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