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Matière grise pour évolution verte

Eco-mobilité » Velo

A Grenoble, tu cours pas, tu prends ta bécane !


Le 27 février 2012 | Par

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Habitante de l'agglomération grenobloise, je relaie des initiatives innovantes d'acteurs engagés (consom'action, alimentation locale, sensibilisation à la protection de l'environnement, mobilité...) et m'interroge sur les efforts de ce territoire pour construire et communiquer sur la ville de demain.

Nous avons choisi de consacrer notre thématique de février aux transports doux. Après les conseils d’Anne-Sophie et David pour se faire le plein d’amis grâce au covoiturage, les idées de Nathalie pour se déplacer écologiquement avec nos enfants, les témoignages de Camille  et  Olivier sur leur petite révolution dans leurs déplacements au quotidien, le point de vue de Nicolas sur le partage des voitures, une Ecolo-Info TV spéciale mobilité durable, retour dans l’agglomération grenobloise où nous avions eu les éclairages d’un agent territorial travaillant à la mise en place de nouvelles formes de mobilité en Isère, pour un focus sur le vélo.

 

Comme Camille à Bordeaux et Olivier à La Rochelle ou comme le premier ministre danois Birgitte Nyborg dans la série Borgen, de nombreux grenoblois adoptent les deux roues pour leurs déplacements de quelques kilomètres dans la ville et son agglomération. Grenoble est en effet la ville la plus plate de France et se traverse en vélo en 20 minutes.

L’atelieruN p’Tit véLo dAnS La Tête - (crédit photo – Jean-Christophe Chouillet)

L’Enquête ménages déplacements conduite en 2009-2010 a montré la part croissante du vélo dans les déplacements des habitants de l’agglomération et du bassin d’emploi ; si le nombre de voitures continue d’augmenter en valeur, la part de ses utilisateurs diminue au profit notamment de la marche et des deux roues.


En ville, rien ne sert de courir, mieux vaut avoir un vélo

L’origine de cet engouement est simple, à Grenoble comme ailleurs : lorsque l’on a testé le trajet domicile-bureau en vélo, peu d’arguments feraient renoncer à ce moyen de déplacement. « On butine la ville, explique François Boux, secrétaire de l’association Un p’tit vélo dans la tête, on sent les habitants vivre autour de soi, on s’arrête pour faire une course ou saluer une connaissance ».

Loin d’être réservé aux sportifs, le vélo devient une pratique quotidienne, symbole de liberté et de rapidité dans une ville apaisée.

Encore faut-il apprendre à se déplacer en vélo en zone urbaine. La communauté d’agglomération de Grenoble métropole (la Métro) propose un guide du cycliste urbain et les associations d’usagers accompagnent les volontaires pour monter en selle.

Un ensemble d’infrastructures (itinéraires fléchés, pistes cyclables, feux spéciaux) et de services (location, stationnement, consigne individuelle ou collective) ont pour but de faciliter le développement de l’usage du vélo. La question de la sécurité demeure alors que les conducteurs de voitures, de bus et de camions cohabitent de mieux en mieux avec les cycles et que brassards et gilets sont progressivement adoptés. Merci Karl.

L’atelieruN p’Tit véLo dAnS La Tête (crédit photo – Jean-Christophe Chouillet)

Heureux-cyclage, véloparades et cyclofolies

L’image et les représentations du vélo en ville évoluent. Pas besoin d’être entraîné pour enfourcher un vélo. Pas de limite d’âge. Pas d’excuse quand on est dans une ville plate comme Grenoble. Les statistiques locales indiquent pourtant que les enfants, les adolescents, les étudiants et les seniors d’une part, le public féminin d’autre part, sont moins enclins à se déplacer à vélo que les jeunes actifs.

Un travail de sensibilisation est mené par les collectivités territoriales et les associations auprès notamment des établissements scolaires pour mettre en évidence les avantages en termes de praticité et de santé. Les aspects écolo et financier ont leur poids même s’ils ne sont pas (encore ?) déterminants dans le choix du vélo aujourd’hui.

Ces arguments sont étudiés de près par les collectivités territoriales : la Métro est engagée dans des expérimentations (ZAPA) et évaluations (Presto cycling et Bypad) relatives à la qualité de l’air et aux transports doux, études qui auront des retentissements indiscutables pour les citoyens cyclistes dans les années à venir.

Se (re) mettre au vélo, c’est entrer dans un espace de rencontres, de convivialité et d’intégration.

L’association uN p’Tit véLo dAnS La Tête, par exemple, dispense des conseils à ses adhérents sur la façon d’entretenir leur monture, à partir de pièces récupérées sur de vieux vélos, ou de pièces neuves le cas échéant. Elle propose de nombreuses activités comme les balades matinales ou nocturnes, les véloparades, les CycloFolies (fêtes du vélo) et soufflera sa 18ème bougie le 9 mars prochain.

Près de 40 ateliers associatifs de ce type forment aujourd’hui un réseau national, l’« heureux-cyclage »Â - il y en a peut-être un à côté de chez vous ? Je vous laisse avec ces images mêlant code de la route, code de la rue et bonne humeur.


Le 20/20 – uN p’Tit véLo dAnS La Tête par vlad0160Un p\’tit vélo dans la tête

 

Bon biclou !

Merci à Eléonore Perrier, conseillère communautaire à la Métro, déléguée au Club des villes et territoires cyclables et à Myriam Wuyam, responsable de l’agence de la mobilité et de la promotion des modes doux à la Métro ; toutes deux adeptes du deux roues pour se rendre sur leur lieu de travail.

++ Les bons liens++

 


2 commentaires à “A Grenoble, tu cours pas, tu prends ta bécane !”

  1. Theron dit :

    Les ateliers vélo sont malheureusement le parent-pauvre des associations. Ces associations réclament peu de subventions, avant tout des moyens techniques (locaux, récups).
    Si l’on faisait une étude sur le développement des vélos en France, beaucoup de cyclistes vous diraient que ce ne sont pas les « pistes cyclables » qui les ont remis aux vélos mais le fait que les ateliers fournissent une sécurité pour l’entretien et la réparation des bicyclettes, qu’ils aident et apprennent aux cyclistes à être « vélonomes ». A mon avis, le principal levier du changement viendra du fait que les ateliers se multiplient et s’introduisent dans tous les quartiers, qu’ils regroupent toutes les catégories sociales et tous les âges. Peu d’associations peuvent se targuer d’un tel engouement général, et à la fois d’une telle frilosité de nos édiles politiques à l’égard de leur indépendance (heureusement pas tous).
    Par ailleurs il ne faut pas confondre communication sur le vélo et actions concrètes…

  2. brumath dit :

    surtout qu’il y a de la demande a en croire les chiffres de Globometer Selon le Conseil National des Professions du Cycle, il se vend en France plus de 3 millions de vélos chaque année. C’est le troisième pays européen derrière l’Allemagne et le Royaume Uni. Chaque heure, il se vend 342 vélos en France. http://globometer.com/velos.php

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