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Matière grise pour évolution verte

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Cultivons le bon sens, bon sang !


Le 30 janvier 2012 | Par

Laurent

Ses articles

Vivant au cœur des Alpes et amoureux de nature, je vois dans les activités de plein air et les sports nature un moyen de sensibiliser à la protection de l’environnement. Et plus concrètement, un moyen de retisser notre lien à la Terre.

Il est parfois difficile de rester calme et serein face à l’avenir : un monde en crise et différentes préoccupations personnelles nous laissent parfois une sensation désagréable. Sensation qui a d’ailleurs tendance à s’amplifier avec la recherche d’alternatives pour un monde meilleur… Pour ne pas se laisser aller, comme le suggère Camille, la méditation peut être une bonne solution.

Mais pour ma part, j’use d’un remède qui m’a été glissé à l’oreille par un ami : la culture du bon sens. En regardant sur le web, j’ai découvert une définition amusante du bon sens :

Le bon sens est l’intermédiaire entre l’ignorance et la connaissance bien assurée

Que ce soit pour convaincre en pointant du doigt notre ignorance ou prendre du recul, le bon sens est effectivement un outil formidable : il cultive la simplicité.

Le bon sens est capable de désarçonner

Le bon sens a cela de magique qu’il est souvent ignoré. Et c’est cette ignorance qui fait sa force, un peu comme un boomerang qui vous revient en plein visage. L’histoire suivante, que m’a racontée par mon ami, illustre parfaitement cela :

Alors qu’il croise un “ancien” du village, il commence à discuter de la saison de la pêche en cours. “Mauvaise pêche en ce moment… Et toi, tu as pris pas mal de truites ces derniers jours ?” Demande le vieil homme. “Non, pas grand chose“. Avec une triste mine, le vieil homme commence à lui expliquer que dans le temps, les poissons étaient nombreux et qu’il ne comprend pas pourquoi une telle pénurie.

Sans se démonter, il présente son épuisette contenant quelques petits poissons encore trop petits pour se reproduire… Après une petite discussion sur l’ordre des choses et le non respect des périodes de reproduction, notre vieil homme eu un flash sur le manque de bon sens de sa génération.

Il est reparti tout penaud dans sa chaumière, râlant qu’on ne lui reprendrait plus à négliger pareil détail.

Si cela ressemble à un fable, ce n’en ai malheureusement pas une…

Cet exemple, un peu simple, illustre parfaitement le manque de recul dont nous sommes capable de faire preuve au quotidien. Et je ne pense pas faire exception à la règle. J’ai passé de nombreuses années à prêcher pour des comportements responsables sans prendre la peine de les appliquer avec grand soin à mon quotidien. Donner d’un côté est souvent un excellent prétexte pour perdre son bon sens de l’autre !

Le bon sens est capable de nous faire prendre du recul

L’autre atout du bon sens est sa capacité à (ré)équilibrer notre quotidien. Avec l’arrivée récente de notre bébé, nous avons été forcé de revoir l’organisation de nos plannings. Plusieurs semaines à trier nos activités selon ce seul critère nous a permis de faire ressortir nos priorités pour les repères et l’énergie dont nous avons vraiment besoin. Le bon sens fait ressortir la simplicité et disparaitre des lots de fardeaux que l’on s’impose tout seul. Le bon sens apporte tantôt des réponses universelles et tantôt des réponses variables et adaptée au quotidien de la personne qui s’interroge.

Quelques exemples :

  • Dans le choix des médias d’information : est-il plus facile de s’informer par la télévision, la radio ou internet ? Pas la télévision, trop limité et trop contraignant. Pas internet, abondance d’information mais trop chronophage. Donc suppression de la télévision et découverte des podcasts radios pour s’informer – lorsque bébé nous en laisse le temps :)
  • Dans l’achat de jouets : notre enfant prend-il des fous rires devant une vieille une boite de riz décorée pour l’occasion ? Oui, alors pourquoi acheter un jouet pour cette fonction sachant l’impact social et environnemental d’un jouet tout droit sorti d’une usine en Chine. Les économies réalisées suffiront à nous faire apprécier l’achat d’un joli petit jouet en bois fabriqué dans le Jura.
  • Dans la consommation courante : suis-je plus heureux lorsque j’achète ou lorsque je fabrique  ? Alors pourquoi toujours acheter… etc, etc, etc

J’avoue aujourd’hui que ce mode de pensée (une philosophie de vie ?) m’aide au quotidien et me permet de voir la vie beaucoup plus simplement !

Et vous, pensez-vous que le culte du bon sens puisse pousser notre société à prendre enfin conscience que ces malheurs écologiques ou économiques ne dépendent que d’elle ?


3 commentaires à “Cultivons le bon sens, bon sang !”

  1. David says:

    Merci pour cet article de bon sens ;-)

    Au niveau de l’individu, cela nous sert au quotidien. Le problème c’est la perte du bon sens une fois qu’on agit collectivement, en “société”…. D’autres également agissent par “bon sens économique”… car tout d’une certaine façon peut être justifié par la raison. Certains évoquent la “rationalité limitée” (limitée aux informations dont nous disposons à un instant t) ce qui fait qu’une décision rationnelle ne l’est jamais entièrement puisque nous ne disposons pas de toutes les informations et n’avons pas la vue globale (voir le conte des 7 éléphants).

    Mais en effet, si le bon sens nous fait prendre du recul, par définition, le “bon sens” nous donne une meilleure vue globale des choses et donc par là, et donc nous permet de mieux voir, d’avoir plus d’informations et de prendre la décision de bon sens.

    Dans sa vie quotidienne, il faut en effet savoir parfois relever la tête du trou…

  2. grenouille says:

    C’est rigolo, c’est le sujet d’une discussion récente… Finalement, il doit en rester un peu, du bon sens, car au fond tous les trucs écono-écolo plaisent beaucoup à la plupart des gens, je dirais même rencontrent un vif succès… alors qu’il n’y a aucune pub pour cela ! Au contraire, il n’y a d’énormes publicités que pour les objets de non-sens, ceux qu’on n’achèterait pas sans pub….
    Je le prends comme signe qu’il y a encore beaucoup de bon sens chez les gens, il suffit juste de l’encourager à se réveiller… C’est vrai que la plaie, ce sont les habitudes collectives, qui nous empêchent de réfléchir… et qui sont aujourd’hui très orientées par la publicité !

  3. Laurent says:

    @David
    J’aime beaucoup ta distinction entre l’individu et le collectif. Il est vrai que la notion de bon sens est suggestive et dépend énormément de l’individu qui l’applique, du moment auquel il l’applique, de son environnement, de ses contraintes, etc. Il n’est pas évident de définir le “bon sens”, c’est pour cela que j’aime bien la définition au début de l’article : quelque chose à mi-chemin entre l’ignorance et la certitude. Une zone dans laquelle réflexion et échange trouve sa place.

    @grenouille
    Je suis bien de ton avis sur le rôle contre-productif de la publicité. Mais ce qui est blâmer n’est peut-être pas le fait de communiquer en lui-même pour vendre un produit ou une idée. C’est cette même “publicité” ou cette même communication qui fait vendre des produits durables ou des idées nouvelles. Le problème, ce sont à mon avis plus les communiquants, la manière dont ils détournent l’acte en propagande. Et sans doute un peu (beaucoup) le manque de discernements des citoyens… Non ?

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