A la découverte du Festival du Film Nature et Environnement de Grenoble
Le 11 décembre 2011 | Par Muriel
Son TwitterHabitante de l'agglomération grenobloise, je relaie des initiatives innovantes d'acteurs engagés (consom'action, alimentation locale, sensibilisation à la protection de l'environnement, mobilité...) et m'interroge sur les efforts de ce territoire pour construire et communiquer sur la ville de demain.
Je poursuis ma découverte des acteurs engagés de la région grenobloise… Après l’Epicerie locavore, je vous propose de plonger dans la sélection éclectique et toujours étonnante du Festival du Film Nature et Environnement dont la 25e édition se tenait du 1er au 4 décembre à Grenoble.
Le Festival est organisé depuis 1976 par la Fédération Rhône Alpes de la Protection de la Nature (FRAPNA) Isère qui sélectionne de nombreux films ou documentaires.
A l’occasion de l’année internationale de la Forêt, l’accent de cette édition a été mis sur le patrimoine forestier national et mondial, mais pas seulement.
Étonnement, émerveillement et curiositéÂ
Mer d’Aral, gypaète barbu du Vercors, secrets de la bécasse des bois ou encore pesticides des jardins et protection des abeilles, autant de sujets abordés dans le cadre de ce festival au public varié. Avec un point commun toutefois : l’étonnement, l’émerveillement, la curiosité à l’encontre d’espaces naturels complexes tantôt proches, tantôt éloignés géographiquement. Ce sont d’ailleurs deux films très différents qui ont été récompensés par le jury et le jeune public du Festival : Voyage au bout de l’hiver d’Anne et Erik Lapied (2010) dans les Alpes et Le banquet des loutres de Ronan Fournier-Christol (2010) en Corrèze.
Une conférence de Jean-Marie Pelt a clôturé les projections sur le thème de “La terre en héritage”. L’éminent botaniste s’est exprimé sur les enjeux actuels liés aux énergies, insistant sur le rôle central des forêts, communiquant également son grand savoir, sa proximité avec Robert Schuman ou Théodore Monod et son espoir dans la mutation de notre société vers les valeurs écologiques. Les discussions ont pu se poursuivre avec le conférencier autour d’un buffet préparé par un traiteur solidaire.
De ce Festival du Film Nature et Environnement, je retiendrai 2 films qui m’ont touchée plus particulièrement.
Pesticide mon amour
Réalisé par Erik Fretel (2010), ce film s’inscrit dans la lignée des documentaires de sensibilisation à la question des pesticides et des dommages sur les écosystèmes tel Le monde selon Monsanto de Marie-Monique Robin (2008). Ici, le ton décalé et l’humour présent tout au long du film ne ciblent pas l’industrie chimique mais incitent les collectivités territoriales et les particuliers propriétaires d’un jardin à utiliser des substituts aux pesticides.

L’accent est mis sur les pesticides utilisés hors agriculture, soit 12 % de la consommation totale. Pas de fatalité : une alternative existe aux toxiques herbicides ou insecticides, un ensemble de gestes de bon sens que les communes comme les jardiniers peuvent s’approprier.
Pesticide mon amour – bande annonce par EcoWarriorAnonyme
Pesticide mon amour a remporté le Hérisson d’Argent de cette édition du Festival du Film Nature et Environnement.
Aral
Delphine Renard et Delphine Cousin (2009) signent une fable politique et poétique à destination du jeune public qui ne peut que séduire celles et ceux qui ont quelques années de plus… Ce film d’animation, bijou de collages et de fantaisie, aborde pourtant un sujet dramatique: la désertification et ses conséquences sur la pêche.
Delphine Renard se souvient d’un article sur un pêcheur de la mer d’Aral photographié en uniforme orné de médailles devant les carcasses de bateaux de l’époque soviétique échoués sur le sable. Cette mer intérieure a pratiquement disparu suite à des politiques agricoles et industrielles agressives conduisant de fait à la désertification de la région, ses habitants impuissants et récompensés par des médailles achetant leur silence.
Le court métrage met en scène la troisième génération de pêcheurs sinistrés : Boris et Toumbil jouent dans les bateaux dévorés par la rouille tandis que leurs pères travaillent loin du village. Une poignée de pêcheurs continuent leur activité pour les touristes là où demeure la mer, mais pour l’essentiel, l’avenir est loin de leur village natal.
L’histoire de ces deux enfants est une fiction à la croisée des styles, entre naïveté et fatalisme, légèreté et tragédie, qui ne laisse pas indifférent. Une qualité commune à l’ensemble la sélection du Festival dont on sort enrichi d’images qui touchent et ouvrent le regard vers des réalités insoupçonnées. Voyez plutôt :
Et vous, quels films vous ont marqué récemment ?
Muriel, auteure du blog The Greenwasher et Grenobloise depuis peu :)
Merci tout spécialement à Anne-Laurence Mazenq de la Frapna Isère.






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[...] un instant la ville de Grenoble, son épicerie locavore et son Festival du Film Nature, pour les terres agricoles de Meylan dans les méandres de l’Isère, à la rencontre de [...]
Est-ce qu’il est possible de trouver le film “Pesticide mon amour” sur Internet (dailymotion, etc.) ?
Tu peux commander le DVD sur http://pesticidemonamour.com/ mais je ne sais pas s’il est en VOD sur Internet.