Quand cantoche rime avec bidoche
Le 2 décembre 2011 | Par Agnès
Totalement immergée dans un mode de vie écologique, je traque sans relâche dans le quotidien les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.
Il se peut que vous soyez passés à côté, tant les informations se bousculent. Pourtant, à la fin du mois de septembre un décret sur les cantines scolaires a été promulgué imposant un modèle alimentaire basé sur une forte consommation de produits animaux et interdisant, de fait, le végétarisme.
Des protéines exclusivement d’origine animale
Le décret du 30 septembre 2011 incriminé par les associations végétariennes et de protection animale, sous couvert d’améliorer la qualité nutritionnelle des repas, redéfinit comme source de protéines exclusives (« plat protidique ») viandes, poissons, œufs ou abats.
Mais que dit au juste le texte ?
Art. 1er. − Le livre II du code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié:
1° Le chapitre préliminaire du titre III est complété par les dispositions suivantes:«Section 3
«La qualité nutritionnelle en restauration collective«Art. D. 230-25. − Afin d’atteindre l’objectif d’équilibre nutritionnel des repas servis par les services de restauration scolaire, sont requis, conformément à l’article L. 230-5 du code rural et de la pêche maritime:
«– quatre ou cinq plats proposés à chaque déjeuner ou dîner, dont nécessairement un plat principal comprenant une garniture, et un produit laitier;
«– le respect d’exigences minimales de variété des plats servis;
«– la mise à disposition de portions de taille adaptée;
«– la définition de règles adaptées pour le service de l’eau, du pain, du sel et des sauces.
En réalité, il faut vraiment éplucher les détails mais surtout aller jusque dans les annexes pour réaliser la portée de ce texte :
Annexe I
Fréquences de présentation des plats
Au sens de la présente annexe, on entend par:– produits gras: produits à teneur en matières grasses supérieure à 15 %;
– produits sucrés: produits contenant plus de 20 g de sucres simples totaux par portion;
– plat protidique: plat principal à base de viandes, poissons, œufs, abats ou fromages.
Il est clairement précisé que les protéines doivent être d’origine animale, exclusivement. Exit donc celles d’origine végétale que l’on retrouve, notamment dans les légumineuses.
Végétariens et végétaliens, passez votre chemin, ou acceptez de prendre des repas déséquilibrés.
Pourquoi ce texte est-il si choquant ?
Outre son aspect discriminant, ce texte est clairement anti-écologique. Les chiffres montrent que manger moins ou pas de viande, c’est meilleur pour la planète ! La FAO ne reconnaît-elle pas que « l’élevage est un des premiers responsables des problèmes d’environnement mondiaux »?
La liste des « inconvénients » de l’élevage laisse pourtant à réfléchir :
- Il produit davantage de gaz à effet de serre (en équivalent CO2) que le secteur des transports.
- Déforestation massive (en particulier au Brésil).
- Consommation excessive d’eau.
- Obésité, maladies cardio-vasculaires… les épidémies modernes, dites « maladies du mode de vie » sont évidemment liées à l’alimentation, souvent trop carnée.









Ondes Vertes
Panier du mois
Bibliothèque
Agenda
Liens
Tchats & Débats
Questions réponses
Sondages
