A Grenoble, aux régals de l’Epicerie Locavore
Le 1 décembre 2011 | Par Muriel
Son TwitterHabitante de l'agglomération grenobloise, je relaie des initiatives innovantes d'acteurs engagés (consom'action, alimentation locale, sensibilisation à la protection de l'environnement, mobilité...) et m'interroge sur les efforts de ce territoire pour construire et communiquer sur la ville de demain.
Fraîchement installée sur Grenoble, je suis honorée de prendre la plume sur Ecolo Info pour vous proposer une série de portraits d’acteurs engagés de la région. Pour commencer, parlons localisme et circuits courts avec la gérante de l’Epicerie Locavore.
Via mon blog The Greenwasher, j’ai eu l’occasion de parler de campagnes de communication d’une industrie agroalimentaire qui ne pousse pas franchement à la consommation locale et s’illustre par certains messages au goût de greenwashing. Je suis donc fort enthousiaste lorsque je découvre de vraies belles initiatives locavores comme celle de l’Epicerie locavore au 1 place Jacqueline Marval, un petit coin tranquille du centre ville ouvert le 1er octobre dernier. Je l’ai découvert alors que j’allais acheter des revues d’occasion dans la rue d’à côté…

Retrouver des circuits courts dans la région de Grenoble
Une fois le rideau levé, je suis allée faire connaissance avec Isabelle Légé, la gérante, et étudier les rayonnages de la boutique – produits frais, surgelés, secs, jus et vins, cosmétiques produits localement, et, pour des denrées spécifiques, en France ou issus du commerce équitable. Je me suis trouvée dans un petit espace plein de ressources et Isabelle, entre deux clients, m’a raconté la genèse de son projet.
Issue d’une famille passionnée par la gastronomie, Isabelle Légé a été sensibilisée au localisme lorsqu’elle vivait aux Etats Unis d’où est parti le mouvement locavore au milieu des années 2000. Les marchés de New York proposaient une foule de produits locaux, des fruits et légumes au bison du Maine. De retour en France, elle tient un refuge en Chartreuse pendant 10 ans où elle assure logement et petite restauration avec l’idée de se fournir chez les fermes alentour. D’ailleurs les randonneurs apprécient la démarche et se montrent majoritairement disposés à consommer la bière locale Mandrin, quitte à la payer un peu plus cher qu’une bière ordinaire.

80% des produits dans un rayon de 80 kilomètres
Isabelle fait le constat du peu d’expériences de rapprochement entre les fermes et les consommateurs : elle développe l’idée de créer un espace sur le modèle de L’Echopée locale à Paris. La région Rhône Alpes est caractérisée par la diversité des climats et des productions fruitières, laitières, céréalières qui ne demandent qu’à être mises en valeur – ravioles du Dauphin, fromage de Belledonne et du Trièves, blé de la Matheysine, fruits de Vourey… et qui sait qu’on y trouve même du safran ? L’Epicerie locavore naît donc à Grenoble d’un double engagement en faveur de l’économie locale et des circuits courts, et de la santé et de l’alimentation, représentant et agrégeant les particularités du territoire.
La priorité est donnée à l’approvisionnement local : 4 produits sur 5 viennent de l’agglomération Grenobloise et du département de l’Isère, à défaut des départements voisins (vins d’Aubenas en Adèche, olives et huile de Nyons dans la Drôme par exemple) soit un rayon d’environ 80 kilomètres en moyenne. Pour les denrées que l’on ne trouve pas dans la région, le choix a été fait de s’adresser auprès d’artisans et producteurs français – mention spéciale pour les sardines de Bretagne de la Belle-Iloise. Que les amateurs de café et de chocolat ne passent pas leur chemin, l’Epicerie locavore propose des références issues du commerce équitable.
Favoriser les savoir-faire et traditions culinaires locales
Plus que le concept de développement durable, Isabelle s’intéresse au fond au savoir-faire artisanal ou industriel, malheureusement en perte de vitesse, ainsi qu’à la sensibilité du consommateur, elle aussi mise à mal, en particulier lorsqu’il s’agit de juger de la qualité d’un textile ou de la couleur d’une tranche de saumon. Il n’est pas question d’entrer dans une catégorie ou une communauté estampillée DD mais de rechercher la qualité près de chez soi.
Aussi, elle ne se refuse rien, partant du principe que l’épicier est celui qui vend ce dont il a besoin. Elle fait donc venir les produits à l’envi, vend un peu de tout, agrémente le stock selon la demande du client et selon la saison. Le côté gourmet n’est jamais loin quand elle défend les recettes à base d’ortie et de pissenlit issues de traditions culinaires parfois oubliées.

Consommer autrement et local !
En matière de communication du développement durable, Isabelle regrette l’image de marque et les discours neutres et standardisés construits de toutes pièces au sein des entreprises. L’intérêt pour elle est de raisonner en termes de circuits courts et de pérennité de l’activité des producteurs. Tant pis si la Semaine du Goût n’a pas élu domicile à l’Epicerie locavore. Plutôt que se donner bonne conscience de façade, voilà un lieu où l’on peut consommer autrement et découvrir le pouvoir de nos achats sur l’économie locale.
Les rayonnages de l’Epicerie locavore sont une invitation à prendre du temps pour soi et pour ses proches autour d’une table généreuse de victuailles parfois méconnues. Soupe aux orties et à l’ail des ours, filet de truite accompagné de pâtes artisanales, tartines de cramaillotte, le tout accompagné d’un bon cépage du cru. Qui a dit que l’hiver serait triste et rigoureux ?
Muriel, auteure du blog The Greenwasher et Grenobloise depuis peu :)
++ Pour en savoir plus
- Epicerie locavore // 1 place Jacqueline Marval // 38000 GRENOBLE // 06 88 68 74 83 // http://epicerie.locavore.fr // epicerie@locavore.fr
- A Bordeaux, l’épicerie locavore, c’est Chez Joubert
- A Paris, l’échoppée locale





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Bonjour,
L’Épicerie Locavore et L’Échoppée Locale sont dans OpenStreetMap, le projet de cartographie libre et participative:
pour Grenoble c’est par ici: http://www.openstreetmap.org/?mlat=45.184555022904&mlon=5.7207709548554&zoom=18 et pour Paris c’est par là : http://www.openstreetmap.org/?mlat=48.865222496995&mlon=2.3532878605245&zoom=18
C’est nettement mieux que le fond de carte Google Maps (non libre), vous ne trouvez-pas?
Romain
La réaction ne s’est pas faite attendre: http://epicerie.locavore.fr/a-propos-de-l-epicerie-locavore.html
:)
Hello Muriel!
As-tu pu rencontrer Clémentine alors sur Grenoble?
C’est une chouette ville qui bouge ;)
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