4 étoiles pour « Tous au Larzac »
J’ai assisté il y a une semaine à l’avant-première de « Tous au Larzac ». L’affiche me plaît, j’y vais avec enthousiasme. Une fois dans mon siège j’apprends que la base du film est un ensemble d’interviews des protagonistes du mouvement du Larzac des années 1970 et que cela va durer deux heures. Mmmm… je crains le pire. Mais non : ce film est excellent !

Une belle surprise
Pourtant, je n’avais rien à craindre du tout ! On rit, on a peur, on vit cette histoire incroyable de paysans qui se retrouvent embringués dans l’un des mouvements politiques les plus amples, les plus longs et les plus inventifs qu’il y ait eu en France ces dernières décennies.
Avant de voir ce film, j’étais complètement inculte sur le sujet. Pour moi, le Larzac c’était un mouvement bitnik de quelques néoruraux qui avaient décidé d’aller planter la ferme sur les hauts-plateaux pour vivre une autre vie que celle de la société de consommation. Quelle erreur !
Les premiers mouvements commencent en 1972. Les paysans du plateau du Larzac apprennent par le journal télévisé que le projet d’extension du camp militaire de leurs plateaux sur plusieurs milliers d’hectares. Au total, 107 familles d’agriculteurs sont touchées par le projet, menacées à terme d’être délogés de leur terre. Tous concernés, ils commencent à se rencontrer. Les autochtones ouvrent leur porte aux agriculteurs de la nouvelle génération venus s’installer sur ces terres en pleine déprise. Ils racontent leurs préjugés, leur évolution et l’action petit à petit qui se met en place. Pendant dix ans, ils combattront les décisions du gouvernement, les décisions du camp militaire, à coups de peinture et de pinceaux, de mots et de rassemblements.
D’ores et déjà Indignés
Un incroyable mouvement commence à se former, il s’étendra à la France entière, jusqu’à une marche sur Paris. Des centaines de kilomètres enfilés à pied, femmes et enfants compris et de villes en villages, la population partout les accueille. Ils sont aidés par les mouvements non violents, par les jeunesses maoïstes, par les « hippies », ou encore par les ouvriers qui subissent les premières délocalisations et à qui on retirent à eux-aussi leur outil de travail.
On ne cesse de rire quand ils racontent l’arrivée de tous ces gens qui viennent les aider et les soutenir « mais comment veux-tu qu’ils construisent une étable, ils ne savent même pas tenir une brouette » ou « comment ils vont travailler avec leurs cheveux longs ?« . C’est une histoire humaine incroyable, un combat avec les moyens du bord, un antidote au cynisme. Une joie pure. Et étonnamment, LE film à recommander pour ces fêtes de fin d’année !
Voilà quelques extraits pour vous donner envie, où l’on parle de miche, de ruche, d’autogestion, de solidarité :
TOUS AU LARZAC : EXTRAIT 1 HD par baryla
TOUS AU LARZAC : EXTRAIT 2 HD par baryla
TOUS AU LARZAC : EXTRAIT 3 HD par baryla
Pour aller plus loin
++ Tous au Larzac, de Christian Rouaud à lire dans Le Monde
++ Avant les Indignés, il y a les inusables du Larzac à lire sur Ouest France







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