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Société » Politique

Oui au « mieux vivre » en société, certes, mais comment ?


Le 8 novembre 2011 | Par

Anne-Sophie

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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Difficile de passer à côté des indignés en ce moment, ou des manifestations anti-G20, des différents mouvements de révolte… Autant de signes d’un ras-le-bol global quant à la marche du monde, mais à bien y réfléchir, que voulons nous vraiment, dans le fond, maintenant ?

Certains accusent les marchés financiers, d’autres les politiques, le chômage, les injustices qui anéantissent nos sociétés… A écouter les différentes revendications, c’est bien l’ensemble du fonctionnement et de la conduite de nos sociétés qui sont en cause. Les indignés en appellent à d’autres modes de gouvernance et souhaitent, comme beaucoup d’écologistes depuis près de 40 ans, une révision radicale de notre système économique et de nos démocraties.

Dans ce contexte, une image a retenu mon attention, reprenant un slogan largement utilisé par les indignés : il s’agit de la photo suivante, prise par un étudiant pour Rue89, le 16 octobre dernier.

Le partage sauvera le monde

Pourquoi cette photo m’a-t-elle interpellée ? Parce qu’elle résume tout, ou presque, à mes yeux. Certains y verront une analyse très fleur bleue, limite hippy, de la solution à nos problèmes. Mais ils se trompent : les utopistes aujourd’hui, ce sont eux.

Les utopistes ne sont plus ceux que l’on croit

La revue Nature a révélé hier que le réchauffement ne pourrait plus désormais être limité à deux degrès Celsius. Partout dans le monde, des catastrophes naturelles ravagent des vies, le nombre de réfugiés climatiques s’accroît sans cesse, la biodiversité s’érode jour après jour, les forêts sont dévastées, les pollutions se multiplient, le prix des denrées alimentaires flambe, la pauvreté et la famine touchent une population de plus en plus nombreuse, etc. etc. La liste est longue, et pourtant, aujourd’hui, les marchés continuent à faire la loi.

Que lit-on dans Le Monde d’hier encore ? Que le plan de rigueur décidé par l’Elysée est destiné à rassurer les marchés et les agences de notation. Rassurer les marchés et les agences de notation. Ne faut-il pas être aveugle pour voir que notre système s’essouffle plus que jamais ? Qui sont-elles, ces agences de notation, pour décider de l’avenir de millions d’hommes et de femmes ? L’économie et la croissance font donc office de religion pour décider ainsi du bien commun de l’humanité ?

Le partage sauvera le monde

Le bien commun de l’humanité doit sérieusement être reconsidéré aujourd’hui. Encore faut-il que nous nous interrogions nous même sur ce que nous voulons vraiment. Une société plus conviviale, certes, plus partageuse, plus humaine. Mais comment distinguer l’intérêt général aujourd’hui défendu par nos gouvernants (et considéré comme la somme des intérêts individuels des citoyens) de la préservation du bien commun ? Si nous faisons voeux d’une société plus conviviale, comment allons nous nous assurer que sa décence retrouvée le sera pour tous, qu’il n’y aura plus de déchus ?

Certaines pistes émergent, avec le développement de l’économie du partage et de la consommation collaborative notamment. Profitant de l’effet de masse permis par les technologies mobiles, le mouvement est en train de prendre ses marques et l’option paraît bonne cette fois-ci (tant que la régulation ne pointe pas trop le bout de son nez pour défendre les acteurs traditionnels…) Des investisseurs misent sur le modèle, soutiennent des initiatives dont le modèle économique repose plus sur la gestion des besoins de l’être que de la satisfaction de l’avoir  - préservant un peu, ainsi, l’esprit de partage propre aux enfants (cf. la vidéo suivante.)

La logique est belle, et bien en phase avec un autre motto écolo : « moins de biens, plus de liens« . Pour cela, nous devons progressivement changer de logiciel, avancer définitivement dans un autre paradigme, et être force de proposition dans cette envie de mieux-vivre.

Mais une chose m’intrigue, par curiosité : que vous soyez candidats pour 2012, indignés, résignés, engagés de tous bord, que proposez vous pour défendre le mieux vivre auquel nous aspirons tous ? Vous êtes déjà vraiment posé la question ? Comment préserver ces rêves et faire mûrir ces réflexes d’enfants pour que notre monde d’adulte le devienne vraiment ?


10 commentaires à “Oui au « mieux vivre » en société, certes, mais comment ?”

  1. catherine dit :

    Un début de piste de réflexion pour ceux qui ont envie de creuser le sujet. le moto/chanson des indignés de la Défense à Paris (qui occupent depuis vendredi soir le parvis de la Grande Arche): Qu’est-ce qui vous fait battre le cœur? »

  2. France Patry dit :

    Ça commence bien (!), la vidéo incluse dans cet article n’est plus disponible…

  3. France Patry dit :

    Merci Anne-Sophie! En effet, cette vidéo appuie bien l’article. :-)

  4. [...] ensemble d’indignations interroge notre capacité à « vivre ensemble » et à véritablement « faire société », je vous rappelle que nous avons passé il y a quelques jours le cap des sept milliards [...]

  5. [...] Oui au “mieux vivre” en société, certes, mais comment ? | Ecolo-Info Difficile de passer à côté des indignés en ce moment, des manifestations anti-G20, des différents mouvements de révolte… Source: http://www.ecoloinfo.com [...]

  6. Martinet dit :

    Faire connaître le scénario Négawatt et le scénario Afterre 2050 de l’association toulousaine Solagro
    Développer l’information sur les toilettes sèches pour la préservation de l’eau, la récupération de l’azote des urines comme en Suède et le compostage……
    Continuer à faire ce que vous faites et m’aider à vous aider
    Vous relier au site belge qui a archivé toutes les émissions « Terre à Terre » sur France-Culture
    Ne pas oublier le sérieux travail de développement personnel pour avancer sur les questions de petit égo et de pouvoir
    Aller au cinéma ,il y a plein de très , très bons films en ce moment

  7. Fabrice dit :

    Depuis plus de 30 ans, je dis souvent : »Qui n’aime pas l’homme, n’aime pas la nature, et vice-versa ». Votre article est TRES intéressant à tous les points de vue. BRAVO….

    Les utopistes ont bien changé, et surtout maintenant ils peuvent apporter des preuves de leurs discours, car malheureusement force est de constater que nous sommes arrivés bientôt au bout de la route, et sans un virage à 180°, c’est le précipice qui s’offre à l’Humanité.
    Alors il faut échanger, relier tous ceux qui, dans leur petit coin, disent et font des choses, même au quotidien, pour faire changer les mentalités.
    On sent que cela bouge. C’est frémissant.

    Maintenant, tout le monde aura t il la capacité à comprendre que ce ne doit plus être l’argent qui gouverne, mais le partage. Que l’autre n’est pas l’ennemi mais celui qui un jour nous tendra la main pour nous aider à avancer, qu’il soit barbu ou voilée, croyant ou non croyant, noir ou jaune….
    Mieux vivre ensemble mais comment ? C’est la question…

    Votre article m’inspire à aller plus loin encore dans ma réflexion. Je vais poursuivre ce commentaire tout au long du week end pour le poster sur ma page.

    Alors mes actions, aussi petites soient elles : consommacteur (j’essaie), acheter bio et local pour soutenir la filière, parler autour de moi, faire réfléchir, jardiner proprement, depuis peu candidat 2012….

    Je mets votre blog en lien sur le mien, je m’abonne à votre news letter….Je continue la chaîne….

  8. [...] y parlera partage, société collaborative et développement durable. Promis, je vous en dis plus très bientôt ! Sortie du livre courant Avril en principe [...]

  9. [...] L’article d’Anne-Sophie sur « comment mieux vivre en société«  [...]

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