L’happyfication des consciences, nouveau mode d’activisme ?
Le 11 octobre 2011 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
En ces temps de morosité ambiante, une tendance se dessine depuis quelques mois : qualifions la « d’happyfication des consciences ». En gros, si vous en avez assez d’être ronchons et tristounets, on vous apprend à ne plus râler et à comprendre votre état d’âme… histoire d’être heureux et d’agir différemment. Un crédo qui convient à de nombreux écolos. Explications.
Oh mon âme, mon bel état d’âme, dis moi qui je suis ?
Le public concerné par cette tendance, ce sont typiquement les « créatifs culturels« , du nom de ce groupe sociologique identifié par le sociologue américain Paul Ray et par la psychologue américaine Sherry Anderson dans les années 1960. Environ 17% de Français (dont deux tiers de françaises) seraient des « créa-cul » : soucieux d’améliorer leur bien-être tout en prenant soin de la planète, certains d’entre eux cheminent sur diverses voies afin d’atteindre leur idéal.
Que trouve-t-on dans les techniques de « développement personnel » ? Des adeptes de méditation ou de yoga, méthodes de relaxation bien connues. Mais d’autres vont plus loin: ils s’initient à la communication non violente (CNV, aussi appelée « communication bienveillante ») afin d’apprendre à mieux cerner leurs besoins et exprimer leur ressentis; ils se fixent des challenges comme celui éprouvé par Christine Lewicki en arrêtant de râler pendant 21 jours d’affilée; participent à des HappyLab afin d’en savoir plus sur les voies du bonheur.
Et quelles sont leurs recommandations ? Pour Vincent Houba, coach et formateur en CNV, « le bonheur, c’est être en contact avec soi. Etre heureux, c’est être vivant, être enthousiaste, joyeux, euphorique, mais aussi triste, mécontent, en colère… d’une certaine manière, en étant capable de le comprendre : c’est une faculté à accueillir son intériorité sans aucun jugement« . Il s’agit donc de cultiver un art de vivre, d’être en connexion avec soi et avec l’autre, ainsi qu’il l’explique dans la vidéo suivante :
Christine Lewicki, elle, estime dans son livre J’arrête de râler (bientôt best-seller !) que nous devons nous « rééduquer », reprogrammer notre logiciel pour arrêter de nous engluer dans des spirales négatives. Pour cela, se fixer le challenge de ne pas râler pendant 21 jours permet de prendre conscience des mécanismes bien trop ancrés en nous. Comme elle l’explique :
« Changer sa perception de la vie ne se fait pas du jour au lendemain. En faisant ce challenge, nous choisissons de faire un travail de reprogrammation. (…) A force de râler, nous finissons par croire ce que nous disons: que les autres sont bêtes, que la vie est dure, que personne ne nous aide, que nos efforts ne sont jamais récompensés, que nous sommes épuisés, éreintés… et finalement ces râleries impactent souvent nos actions, et, au bout du compte, notre vie«
En somme, il s’agit d’affaiblir votre « muscle râlerie » de faire monter en force votre « muscle bonheur« , simple non ?
Il en faut peu pour être heureux
Pour vous aider dans votre gym quotidienne du bonheur et peaufiner votre « happyfication », le mieux est de regarder ceux qui agissent autour de vous, loin des résignés et des indignés : un peu sur le modèle des colibris ou de l’émissions Carnets de Campagne de Philippe Bertrand, le blog de la journaliste Claire Aubé « Positive France, voyage dans la France qui ne se résigne pas » raconte les coulisses du « road trip positif » qu’elle a entrepris afin de « partir à la rencontre des Français « ordinaires » qui, sans bruit, mènent des actions positives »
Joanna elle, rencontre depuis janvier 2009 de nombreux « en-quêteurs du bonheur » : Moodstep, son blog, « explore toutes les facettes du bonheur en allant à la rencontre de scientifiques, philosophes, économistes, psychologues, sociologues, passants… » Ce qui l’a menée à créer une association – qu’elle préside, l’HappyLab, qui organise des forums et des rencontres avec des « experts du bonheur », comme elle l’explique dans la vidéo suivante :
Joanna travaille d’ailleurs depuis peu sur une émission qui sera entièrement dédiée au sujet (cf. leurs secrets du bonheur, sur France 2).
Alors Pascal, convaincu ?
Sur le web, d’autres initiatives cherchent également à nous recentrer sur le positif et à regarder ce qui va bien et ce qu’il est possible de faire pour ré-enchanter le monde: l’association Graine de changement (qui s’est fixée cette mission il y a une petite dizaine d’années déjà), les Reporters d’Espoir, le portail Tous Optimistes, l’association Champions du bonheur et maintenant Shamengo (qui filme et donne la parole aux « pionniers du nouveau monde« ). Emergent également des événements festifs destinés à bosster notre engagement : il y a peu avait lieu le festival We love Green à Paris, bientôt aura lieu la Greenpride (nous vous en reparlons dans quelques jours)…
A qui se fier quand on a envie d’agir, dans ces conditions ? Un « philosophe » qui dénonce le comportements excessifs d’écologistes (qui somme toute deviennent minoritaires aujourd’hui, arrivée des générations Y et Z oblige) ? Ou une approche plus fun, risible, « à la bridget Kyoto« (qui sait répondre à Pascal, d’ailleurs… ?

Aperçu du site Happy Movement de l’agence Dagobert
Car cette tendance est en train de s’ancrer dans les moeurs, en témoigne cette étude réalisée par l’agence Dagobert, qui n’hésite pas à parler d’ »Happy Movement« . Le succès d’initiatives comme le »LOL Project« , les Free Hugs, les flashmobs de « Testé sur les humains » pour parler de recyclage, les actions du collectif « Improve everywhere », la guerre des post-its cet été… sont autant d’éléments qui prouvent que les français sont de plus en plus réceptifs à cette approche du bonheur et ces façons d’agir… au risque que le marketing s’en empare allègrement, comme le souligne l’étude :
» Ce mouvement sociétal peut s’avérer être une énorme opportunité en terme marketing et permettre de s’adresser à une nouvelle génération de consommateurs plus citoyens, altruistes, et en attente d’un véritable engagement de la part des marques. En leur offrant un moyen de créer une relation émotionnelle, unique, ludique, complice, et inspirante. »
Aujourd’hui, il ne s’agit donc plus de « positiver » à coups de consumérisme comme le propose Carrouf, mais d’être plus en accord avec soi-même, les autres et la planète : les écolos n’ont-ils pas trouvé ici une nouvelle façon d’agir ? A bon entendeur…







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Une petite musique post-Bruckner: les écologistes hyper-catastrophistes et à tendance dépressive éprouvant le besoin de répandre leurs jérémiades seraient des gens hyper-lucides. Et tous ceux qui dénonceraient cet apocalyptico-alarmisme stérilisant seraient des euphoriques déconnectés de la réalité, de petits smileys américanisés (happy-hypnosés) sans matière grise, incapables de regarder la réalité en face.
Quand on se place ainsi sur le terrain de l’émotion, c’est qu’on fonctionne en mode affectif, et non en mode rationnel. Or l’écologie n’est pas une affaire d’émotion. Il ne s’agit pas d’être dépressif ou europhorique, pessimiste ou optimiste, smiley triste ou smiley gai. Il s’agit d’identifier les problèmes posés, et de chercher un panel de solutions possibles au problème posé.
Certains écologistes, lorqu’ils communiquent au grand public, se contentent de présenter les problèmes, parfois en exagèrant volontairement leur gravité, croyant ainsi augmenter leurs chance de convaincre leur auditoire. Cette stratégie est stérile, car la peur est paralysante.
D’autres écologistes (plus rares car cela demande une capacité de dosage, d’équilibre) savent présenter à la fois le problème, de manière objective, ainsi qu’immédiatement les solutions possibles au problème posé. Le public a alors conscience du problème, mais étant donné qu’il a conscience qu’un panel de solutions est disponible, il cherchera à s’impliquer pour mettre en place à son échelle l’une de ces solutions, si c’est à sa portée.
Hans Rosling:
« Je ne suis ni pessimiste, ni optimiste. je suis possibilisite. C’est une nouvelle catégorie, dans le cadre de laquelle on met les émotions à part, et on travaille seulement analytiquement sur le monde »
Hermann Scheer:
« (…) Rares sont ceux qui ont su expliquer lucidement les dangers, tous en indiquant tout aussi lucidement les solutions (…)
» (…) Je ne suis pas enthousiaste à propos du film d’Al Gore. La raison à cela, c’est qu’il ne montre pas les solutions. Le film est très bon, de haute qualité à propos de la description des dangers, c’est formulé de manière brillante. Vraiment brillante. Mais je pense que c’est un problème en soi de montrer des dangers aussi énormes et de ne pas montrer en même temps les solutions. Car que se passera-t-il avec les gens qui prennent conscience de ces dangers grâce au film ? Quelques uns seront actifs. Mais la majorité silencieuse des spectateurs réagira d’une manière totalement différente. Si la majorité silencieuse ignore que les solutions existent pour surmonter ces dangers elle arrivera à la conclusion que ces problèmes ne peuvent pas être résolus. Ils deviennent convaincus qu’il n’y a pas de solutions. Et si les gens pensent cela, il vont développer une « No Future Mentalité » [= ils sombreront dans la sinistrose du "No Future"].
(…) Il y a plusieurs manières pour la « No Future Mentality » de s’exprimer. Elles incluent la plainte systématique et le cynisme (ou le nihilisme) de ceux qui sont informés mais qui considèrent que chercher à surmonter les dangers est inutile et une lourde perte de temps. Certains parlent de manière continue dans la tonalité de la plainte, de la dénonciation à propos des dangers, comme s’il ne pouvaient pas vivre sans cette plainte, sans cette dénonciation. Leur attitude rappelle cette réflexion du poète Friedrich Hebbel : « Il y a des gens qui seraient contents que la fin du monde arrive, uniquement parcequ’il l’avait pronostiquée ». Une approche plutôt nihiliste d’exprimer la « No Future Mentality » est de saluer ceux qui ont échoué en ayant choisi d’agir seulement avec un sourire fatigué, si ce n’est via une ferme agression (…) »
LOOOOL Olivier il faut arrêter de se prendre la tête. Arrête de te prendre le chou et relaxe un peu. Cela dit tu dois être bien bio avec ta tête en choux-fleur LOOOL
Samantha, je te propose d’argumenter sur le fond, de te focaliser sur les idées, plutôt que de te vautrer dans une attaque ad hominem. Attaque les idées, pas les personnes. Que vient faire mon physique ici ? Le fait que, selon toi, je n’ai pas l’air « bio », que je ressemble, selon-toi, à un « chou-fleur », discrédite le propos ? C’est si important pour toi les apparences ?
[...] ICI Share this:DiggFacebookE-mailTwitter"Aimer" ceci :"J'aime"Soyez le premier [...]
« L’écologie est-elle une affaire d’émotion ? » Effectivement, dit comme ça, il est facile d’en douter.
Mais si l’on propose comme question « L’Humain peut-il résoudre les problèmes écologiques actuels sans émotion ? » je ne suis pas certain que la réponse soit aussi tranchée.
L’Humain est un être d’émotions. L’imagerie médicale permet aujourd’hui de prouver scientifiquement que nos pensées, nos émotions nous transforment physiquement.
Oui Albert je suis entièrement d’accord avec toi: comme je disais à Olivier hier, à mon sens, il est absolument nécessaire de toucher les hommes dans leur for intérieur pour faire vibrer la fibre écolo… la sensibilité et l’émotion sont indispensables en ce sens !
@ Albert et Anne-Sophie,
Je pense qu’il convient de présenter rationnellement les problèmes environnementaux et présenter tout aussi rationnellement les solutions. En matière de communication environnementale, si on présente seulement les problèmes, il y a alors deux sérieux risques:
1 – de décourager les plus fragiles qui vont se dire « on est fichus, on va tous mourrir, à quoi bon agir si c’est fini ? »
2 – d’énerver les défenseurs de la liberté (réaction de Pascal Bruckner que j’estime parfaitement légitime)
Et si cela se produit, alors c’est que la communication est non pertinente. Si la communication environnementale ne touche que ceux qui sont déjà motivés pour éco-agir, à quoi sert cette communication ?
Mais d’un autre côté, si on présente seulement les solutions, il y a aussi un risque, celui que les gens pensent que tout va bien, qu’il n’y a pas de problème.
Il est donc fondamental de réfléchir à un bon équilibre communicationnel, afin que tout problème soit présenté avec le panel des solutions possibles (car il n’y a pas qu’une solution mais un panel de solutions).
Ensuite, cette présentation des problèmes/solutions peut bien entendue être marketée (« marketing écologique », expression utilisée par Bertrand Piccard à propos de Slar Impulse), dans l’optique de susciter l’émotion, mais sur une base « saine ».
L’émotion peut alors naître, mais sur une base solide, rationnelle.
Pour ce qui est du film d’Al Gore, s’il n’apporte pas de solutions, il est à l’origine d’une prise de conscience planétaire des risques liés au réchauffement climatique. La peur qu’il suscite n’est pas forcément paralysante. J’ai été personnellement bouleversé par ce film. Après l’avoir vu j’ai décidé de créer ma boite dans la bio et d’agir chaque jour en respectant la planète et ses habitants. Je suis sur que d’autres comme moi ne sont pas sortis indemnes après l’avoir vu et ont décidé d’agir. C’est la minorité entraînante. Celle qui par sa conviction et ses actions va entraîner à terme la majorité silencieuse. C’est pareil pour toutes les causes.
Les solutions sont effectivement diverses. Elles vont de simple geste d’éteindre la lumière quand on quitte une pièce aux avions à énergie solaire.
Bien entendu qu’il faut de l’émotion pour que les gens s’approprie un tel sujet. Le rationnel est les chiffres seuls sont suffisants pour les scientifiques et les dirigeants politiques qui doivent prendre des décisions mais pas pour le public et de ce point de vue le fil est une grande réussite.
A notre niveau on essaie chaque jour de passer des messages à nos consommateurs….Facebook est un formidable outil pour interagir avec eux…travail de longue haleine mais qui nous grise…
@ Kadda,
Oui, et non…
Oui, le film d’Al Gore a popularisé la problématique climatique (malgré des erreurs, comme l’a souligné Hervé le Treut)
Mais il a aussi créé un climat d’hystérie climato-apocalyptique, des réactions irrationnelles (comme par exemple de penser que l’homme a le pouvoir de « sauver la terre » avec des éco-gestes dérisoires) et, pire, parfois, une haine de l’homme, ainsi qu’une ambiance nihiliste, « no futur ». Ce n’est pas de ça dont nous avons besoin, et Pascal Bruckner le souligne à mon avis à très juste titre..
Cette dynamique a de plus conduit à l’émergence d’un climat très conflictuel, la thématique climatique fait à présent l’objet d’affrontement très violents, c’est complètement stérile. Enfin, cette dynamique Al Gorienne a conduit à une focalisation excessive sur le CO2, en oblitérant l’ensemble des autres problématiques environnementales (ce qui a profité d’ailleurs au lobby nucléaire, enfin, avant Fukushima…).
Le film Energy Autonomy (Hermann Scheer) me semble bien plus pertinent (très bon dosage entre la présentation lucide des problèmes et la présentation lucide des solutions) :
http://www.youtube.com/watch?v=15S-Pz3s3Rg
hem, toc-toc, bonjour,
Dans l’ensemble, tous les propos échangés m’ont paru justes. Ne peut-on réconcilier plus avant les supposés de départ en soulignant que de la même façon que nous avons chacun pensées et valeurs différentes a priori sur de tels sujets, nous avons aussi chacun des modes de fonctionnement divers quant aux émotions.
La communication de masse pose bien évidemment le problème de ne pas pouvoir tenir compte des spécificités émotionnelles de son auditoire, mais seul le volant politique se trouve d’emblée heurté à cet écueil. Les autres volants, ou des medias et activités relationnelles ciblés, ne le sont pas.
Eco-intéressée de longtemps, je tiens à témoigner que je n’ai pas conscience des phénomènes nihilistes, ou hystérico-apocalyptiques, ou conflictuels*, dont vous parlez. Je n’ai pas vu le film d’Al Gore. Ni celui d’Hermann Scheer d’ailleurs. Mais, par analogie : j’ai toujours eu des amis à qui je sais devoir décrire menu un pontage coronarien pour les inviter à sortir du fastfood, tandis qu’il faudra cuisiner ma meilleure salade de carottes pour convaincre certains autres adeptes !
(*Hormis les propos de Bruckner que je viens de lire dans une interview -ou sinon de responsables de haut niveau de certaines organisations assez largement pollueuses).
En résumé, c’est que la palette entière des émotions ne devrait pas être négligée dans un sujet aussi important. Même sa popularisation, nécessaire, ne devrait s’en abstraire.
(Ledit essayiste qui s’en tient à l’alarmisme ronchon sauf une creuse exhortation n’y saurait représenter un adversaire redoutable :-).
Bref, je venais ici découvrir les propos du sus-nommé sur l’happyfication (hem, pas très joli), il a forcément un avis, et cela fait longtemps que je n’avais pas lu une grosse lapalissade aigrement poilante. Ne sauriez-vous pas si, au-delà de le faire mentir, ce sujet est au programme d’une de ses prochaines interventions ? ;-p
@ Gwendoline,
Votre message a un côté rassurant: malgré l’intense campagne d’alerte à l’apocalypse climatique qui sévit depuis environ 5 ans, y compris un film au titre évocateur, « Le syndrome du Titanic », vous témoignez que vous ne vous êtes pas rendu compte de ce matracage. Vous n’avez pas suivi non plus les conflits musclés qui ont opposés pays riches et pays du G77 au sommet de Copenhague en décembre 2009 (je crois qu’Anne-Sophie est allée là-bas, elle pourra témoigner). Vous avez donc été épargnée de tous ce bazar stérilisant, et je pense que c’est heureux pour vous.
Vous n’avez pas vu le film d’Al Gore (je l’ai vu trois fois, dont deux en version originale, avec analyse de chaque séquence), vous n’avez pas vu le film d’Hermann Scheer (je l’ai vu 4 fois, avec analyse de chaque séquence et recherches complémentaires sur chaque initiative mentionnée). Je vous invite à les visionner et à les analyser, puis éventuellement à donner votre avis.
Nicolas Hulot a beaucoup évolué suite à deux évènements:
1 – La catastrophe nucléaire de Fukushima
2 – La publication par le GIEC du rapport sur les énergies renouvelables, où les experts affirment, dans une impressionante synthèse de la littérature scientifique mondiale, que nous pouvons passer à 80% d’EnR à l’échelle mondiale en 2050, et que cela coutera moins d’1% du PIB mondial.
Avant cela, il faisait confiance à Jean-Marc Jancovici (on retrouve comme par hasard ce dernier dans le comité qu’Eric Besson a mis en place dans le but de décrédibiliser les énergies renouvelables, et ainsi le projet du parti socialiste aux élections présidentielles de 2012) et à d’autres activistes pro-nucléaires, il ignorait le potentiel réel des EnR, et croyait que nous n’avions pas d’autres choix que de continuer avec le nucléaire.
Certains lui ont reproché d’avoir retourné sa veste. Moi j’apprécie les gens qui évoluent, c’est pour moi un signe d’intelligence. Sincèrement. Nicolas Hulot a tellement évolué que dans le face à face du 13 octobre qui l’oppose à Pascal Bruckner sur le site du Nouvel Obs, je le trouve très convaincant. Ce n’est plus le même Nicolas Hulot, il a vraiment changé:
http://tempsreel.nouvelobs.com/un-vert-pour-la-route/20111013.OBS2395/face-a-face-quand-hulot-replique-a-bruckner.html
Il déclare à juste titre, tirant les leçons de l’échec de son film « Le syndrome du Titanic », que « le désespoir n’est pas mobilisateur ». Puis il ajoute: « (…) La meilleure réponse aux dérèglements du climat, c’est le développement des pays pauvres, qui doivent se donner les moyens de résister aux aléas naturels (…) »
J’approuve à 100%. la meileure approche c’est l’éradication de la pauvreté, car quand on a les moyens financiers, on peut s’adapter au changement.
Nicolas Hulot affirme aussi: « Ils [les chinois] ont pris conscience qu’ils ne pourront pas se développer à l’identique de l’Occident. »
Hmm…Là je crois que Nicolas Hulot a parlé un peu vite…Non seulement les chinois vont parvenir au même niveau de développement que les européens, mais ils vont nous dépasser, grâce à l’innovation dans les écotechnologies, si nous ne réagissons pas. Commme le rappelle un récent rapport du Programme des Nations Unuies pour l’Environnement (rapport « Decoupling »), le gouvernement chinois a l’ambition de construire « une civilisation écologique ».
Coupez internet, twitter et Facebook. Changer de téléphone et prenez un blackberry comme ca vous aurez une bonne excuse pour vous deconnecter. Sortez, n’attendez pas que les médias, quelqu’ils soient, réfléchissent à votre place. Vivez votre vie, concentrez vous sur ce que VOUS pouvez apporter et sur ce qui est essentiel : manger boire dormir bouger rencontrer echanger apprendre sur soi même. Surprenez vous en vous prenant en main et raccourcissez vos phrases. Je vous promets que ça ira beaucoup mieux. Ça permettra d’éteindre au passage quelques serveurs bien pollueurs et mettre en pose la masturbation intellectuelle qui hantent ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un métier manuel :) Je vous embrasse.
@ Sugarwater: il convient à mon avis de réfléchir avant d’agir, mais vous avez le droit de penser l’inverse. Cela évite de dire ou de faire n’importe quoi.
De plus ceux qui ne réfléchissent pas (ou très peu) ne sont pas, de facto, des gens éco-actifs dans la vie quotidienne.
Il y a des gens très éco-actifs dans la vie quotidienne et qui réfléchissent et échangent beaucoup avec les moyens de communication d’aujourd’hui. Il n’y a pas d’incompatibilité entre les deux, a chacun sa façon de vivre, librement.
Tout le monde est capable de penser, il ne faut pas se sentir frustré parcequ’on a pas l’habitude de réfléchir ou d’écrire, ou parcequ’on a un métier à dominante manuelle (votre message, avec le choix de mots comme masturbation, sent la frustration).
Pour la petite histoire, j’avais été surpris, lors d’une réunion de Greenpeace dans une ville de province il y a quelques années, quand j’étais étudiant en master d’écologie, par le nombre de personnes qui se disaient écolos et qui arrivaient en voiture. A cette réunion, j’étais sincèrement le seul à ne pas avoir de voiture (cela a peut être changé aujourd’hui, cela fait longtemps que je ne suis pas allé à une réunion Greenpeace). Cela m’avais choqué, et je l’avais dit haut et fort durant la réunion. Aujourd’hui, j’ai beaucoup évolué à ce sujet: je considère que c’est à chacun de choisir librement son mode de déplacement, car ce n’est ni à vous ni à moi de décider à la place des autres sur ce qui serait bon ou non pour eux. Sinon, on entre dans un processus intolérant, c’est à dire totalitaire.
Dans votre message, vous agressez volontairement les gens (comme par exemple les membres d’écolo.info, la matière grise du site) qui réfléchissent et qui utilisent les outils électroniques pour échanger. Je vous invite à évoluer, et à laisser les gens libres de vivre leur vie comme ils le souhaitent.
Olivier, nous avons plus de points communs que vous ne le pensez. Je vous remercie de votre commentaire respectueux. Je maintiens chaque mot écrit tout en sachant qu’ils sont vains. Vous pouvez m’inviter à évoluer dans mes commentaires mais pas évoluer moi car vous savez sûrement que vous devez me laisser vivre comme je le souhaite.
Eco-actif, je ne sais pas ce que cela veut dire, ni même tous ces mots inventés que l’on met entre guillemets. De même, je ne sait pas ce qu’il convient de faire car j’ai envie de laisser les gens libres de vivre leur vie comme ils le souhaitent. Je ne connais pas assez ce site pour savoir si les gens qui y participent, passent leur temps devant un écran ou leur matiere grise collée à un téléphone fabriqué par des esclaves modernes mais oui, je désigne clairement ceux qui le font et estiment qu’on ne peut vivre dans cette frénésie. Je ne suis pas non plus pour déculpabiliser les gens, nous sommes tous responsables à des degrés divers du climat qui sévit notre planète. Mon impératif n’est qu’une manière non sournoise de scander, car je n’ai pas la prétention de faire entrer quiconque dans un quelconque processus à par celui de la réflexion.
Vous en savez sûrement beaucoup sur ce que vous considérer comme étant de l’écologie. Mais j’ai envie de vous inviter à mon tour à prendre du recul et à donner une autre lecture à mon commentaire ci dessus.
Avec du recul, vous constaterez qu’il n’a pas toujours fallu réfléchir pour être respectueux de l’environnement, beaucoup de cultures réduites au silence par la notre en témoigne. Vous voyez, ce que je trouve propre à la culture conquérante qui est responsable du désastre actuel c’est qu’elle est dit justement ce qu’il convient de faire et cela de manière hypocrite, mécaniquement, cela rallonge les discours, emballe de vieux concept dans de nouveaux mots et dit les choses simples de manière compliquée ou détournée.
Concernant l’article lui même, on ne peut que déplorer qu’il témoignent du surréalisme qui nous sévit, allez le lire hors des villes, hors de France, hors d’Europe voir s’il trouve du sens hors tribu, les réactions seront je n’en doute pas fort constructives. Je n’attaque bien sur pas les personnes bien que forcément la manière dont nous vivons conditionne
Olivier, nous avons plus de points communs que vous ne le pensez. Je vous remercie de votre commentaire respectueux. Je maintiens chaque mot écrit tout en sachant qu’ils sont vains. Vous pouvez m’inviter à évoluer dans mes commentaires mais pas évoluer moi car vous savez sûrement que vous devez me laisser vivre comme je le souhaite.
Eco-actif, je ne sais pas ce que cela veut dire, ni même tous ces mots inventés que l’on met entre guillemets. De même, je ne sait pas ce qu’il convient de faire car j’ai envie de laisser les gens libres de vivre leur vie comme ils le souhaitent. Je ne connais pas assez ce site pour savoir si les gens qui y participent, passent leur temps devant un écran ou leur matiere grise collée à un téléphone fabriqué par des esclaves modernes mais oui, je désigne clairement ceux qui le font et estiment qu’on ne peut vivre dans cette frénésie. Je ne suis pas non plus pour déculpabiliser les gens, nous sommes tous responsables à des degrés divers du climat qui sévit notre planète. Mon impératif n’est qu’une manière non sournoise de scander, car je n’ai pas la prétention de faire entrer quiconque dans un quelconque processus à par celui de la réflexion.
Vous en savez sûrement beaucoup sur ce que vous considérer comme étant de l’écologie. Mais j’ai envie de vous inviter à mon tour à prendre du recul et à donner une autre lecture à mon commentaire ci dessus.
Avec du recul, vous constaterez qu’il n’a pas toujours fallu réfléchir pour être respectueux de l’environnement, beaucoup de cultures réduites au silence par la notre en témoigne. Vous voyez, ce que je trouve propre à la culture conquérante qui est responsable du désastre actuel c’est qu’elle est dit justement ce qu’il convient de faire et cela de manière hypocrite, mécaniquement, cela rallonge les discours, emballe de vieux concept dans de nouveaux mots et dit les choses simples de manière compliquée ou détournée.
Concernant l’article lui même, on ne peut que déplorer qu’il témoignent du surréalisme qui nous sévit, allez le lire hors des villes, hors de France, hors d’Europe voir s’il trouve du sens hors tribu, les réactions seront je n’en doute pas fort constructives. Je n’attaque bien sur pas les personnes bien que forcément la manière dont nous vivons conditionne nos idées mais j’attaque frontalement une posture de la bienséance cordiale.
Je n’ai pas lu tous les commentaires… mais pour revenir à l’article, que de belles initiatives à découvrir ! je vais me programmer un clic par jour depuis cet article dans les jours qui viennent, pour me faire un petit plaisir quotidien et me délecter de cette happyfication des consciences. Oui, oui, oui !!!
Eloi Laurent est économiste à l’OFCE et auteur du livre Social-écologie
» Il ne faut surtout pas que l’écologie s’enferre dans une posture moraliste qui découragera les citoyens, et même, parce qu’elle les culpabilise, finira par les irriter. Il faut connecter l’écologie à la question sociale. C’est ce que j’appelle la social-écologie (…)
Si l’on regarde les scénarios proposés par l’association Négawatt, on voit se dessiner un scénario énergétique à horizon 2050 qui permet de décarboner l’économie sans pour autant nucléariser l’énergie. Il existe d’autres scénarios énergétiques semblables qui laissent une place majeure aux efforts énergétiques et aux renouvelables. Par exemple, ceux qui sont élaborés par l’université Stanford. Les écologistes, en tout cas ceux qui s’opposent au tout-nucléaire, ont donc des arguments extrêmement convaincants à faire valoir en matière énergétique, technologique et économique (…)
Fukushima C’est plutôt une prise de conscience à laquelle nous invite cette catastrophe, prise de conscience quadruple. D’abord sur le fait que les questions écologiques sont des questions démocratiques. Sans l’encadrement de la démocratie, la technique est un fantasme dangereux de maîtrise (…)
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/04/04/apres-fukushima-l-ecologie-est-la-plus-grande-des-necessites-dans-nos-democraties_1502982_3244.html
Voici des liens qui permettent à mon avis de construire rationnellement, de manière solide et durable, une « happyfication des consciences »:
100% d’énergie renouvelable à l’échelle mondiale pour tous les usages
(Électricité, transports, chauffage, climatisation, etc.), démonstration par A + B:
http://www.stanford.edu/group/efmh/jacobson/Articles/I/JDEnPolicyPt1.pdf
http://www.stanford.edu/group/efmh/jacobson/Articles/I/JDEnPolicyPt2.pdf
Résumé vulgarisé:
http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=a-path-to-sustainable-energy-by-2030
Voir aussi le rapport du GIEC sur les EnR (synthèse de la littérature scientifique mondiale):
http://srren.ipcc-wg3.de
Le point de vue de Frédéric Denhez (auteur de La dictature du carbone et de l’Atlas du changement climatique) à propos du livre de Pascal Brückner (Le fanatisme de l’apocalypse):
« (…) La critique serait plus facile évidemment si Brückner n’avait pas raison sur le fond. Il existe en effet des cinglés parmi les écologistes, des tristes que l’on trouve en grand nombre dans la réserve des Malthusiens qui considèrent que la femme enceinte multipare est presque aussi nocive pour la planète que la côte de bœuf (même bio).
Il est tout aussi vrai que le discours écologiste, tel qu’il est véhiculé ou entendu, transpire son judéo-christianisme à plein nez : nous avons péché, nous allons par nos petits gestes faire pénitence, nous allons nous flageller pour faire acte de contrition afin d’extirper de notre corps la méchanceté inhérente à l’homme occidental pollueur de toute chose, et nous attendrons la mort sous l’ombre de la robe de bure kaki des prêcheurs écolos, car même en éteignant la lumière, l’Apocalypse viendra. C’est d’ailleurs inscrit dans notre inconscient : nous sommes nés avec un récit de la création, on ne voit pas pourquoi il n’y aurait pas au bout un récit de la fin.
Brückner est aussi juste lorsqu’il relève en nous un mépris du progrès, une mise en accusation de la science, une envie de passéisme, la haine de nous-mêmes, l’envie de régression, la quête de désespoir (…)
Le problème est que Pascal Brückner nous aime tellement qu’il s’est laissé emporté par sa colère (…)
Cette frange de l’écologie ne concerne plus qu’une minorité d’anciens combattants (…) Dans quelques années, ils auront débarrassé le plancher. Quelques pulls andins qui grattent dans les salons bios, des penseurs en noir de la grève des ventres, des techniciens terrifiants de la décroissance. Ils font peur à tout le monde, alors personne ne les écoute. Combien de divisions ? Pas beaucoup. Ils sont là, ils emmerdent le monde, certains ont un pouvoir de persuasion chez les médias manichéens, ils donnent une image effrayante de l’écologie, mais ils ne sont pas nombreux (…)
Les petits gestes ne servent à rien (…) »
http://www.fredericdenhez.fr/page23/page23.html
L’analyse me semble très intéressante, mais néanmoins l’idéologie décroissante imprègne bien plus fortement le débat environnemental en France que ne le suggère Frédéric Denhez. Les adeptes-militants de la doctrine décroissante ne sont pas rares: James Lovelock, Jean-Marc Jancovici, Dominique Bourg, Yves Cochet, Paul Ariès, Hervé Kempf (Le Monde/Planète), etc. Le livre de Bruckner est donc très salutaire.
Frédéric Denhez termine son texte (à forte teneur anti-capitaliste, mais c’est son droit même s’il semble qu’il confonde individualisme et égoïsme) par cette réflexion:
« L’écologie peut être une nouvelle utopie si elle ne tombe pas dans le travers des idées simplistes. Elle doit être d’abord de la politique, une politique des hommes. Elle est une science sociale. Un socialisme. »
A débattre…!
[...] tendance est à l’happyfication des consciences dans le monde de l’activisme, Anne-Sophie nous en parlait voilà peu. Une autre initiative va dans le même sens et met en avant des actions positives d’hommes et [...]
http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1210
[...] vous le dit et le redit, le temps est à l’happyfication des consciences ! Nouvel exemple avec la manifestation [...]
J’aime la façon habile de juxtaposer résignés et indignés. Est ce que les indignés sont des gens forcément négatifs? Est ce négatif de penser pouvoir changer les choses en manifestant de manière pacifique? Est ce que les mouvements de protestations pour les droits civiques se sont passés toujours dans la joie et la bonne humeur? Il est malheureux que le positivisme du 21ème siècle doive s’afficher sur les frontons comme les masques morts des smileys, quand bien même il s’agirait de lutter contre des façades les plus grises..
Résister est difficile et le sourire d’un père qui doit rassurer sa famille en esperant l’orienter hors des temps austère n’a rien a voir avec le sourire colgate des pubs télévisées. Car une choses est sur en ces temps ultra capitaliste, tout ce qui est négatif n’est pas vendeur. Cependant ce refus de l’anxiogene dans une société constamment sous pression ou il faut faire sans cesse bonne figure sur Facebook ne laisse pas de soupape à notre humanité. Celle qui pleure la tristesse, gronde les colères et brille le bonheur.
Et le soleil à en cela de formidable qu’on ne peut rien lui inscrire, sa lumière lui suffit à se définir. Qu’il serait moche d’entendre un jour : Vous venez de vous faire happifier votre conscience…