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Rentrée: pourquoi je ne serai pas une « Slow WonderWoman »


Le 13 septembre 2011 | Par

Emmanuelle

Ses articles

La communication des entreprises, c'est mon domaine. En 2009, j'ai créé mon entreprise, Alterm, qui conseille les entreprises et les associations sur des démarches de mécénat et partenariats.

La rentrée est souvent propice aux bonnes résolutions. Mais cette année, en mettant tout bout à bout, je me suis dit : “ça ne va pas être possible !”. Voilà pourquoi je ne serai pas une super « Slow WonderWoman* » (*cela marche avec Superman aussi.)

J’ai lu et relu cet été les excellents billets de Camille sur le temps et la slow attitude. Et puis, la rentrée est arrivée, et j’ai eu envie d’écrire ce billet un peu personnel, mais qui parlera à un certain nombre d’entre vous. Un billet en forme de remise en question de tous ces principes que nous essayons de suivre tout au long de l’année, et que nous avons tous à un moment donné envie d’envoyer balader.

1/ La famille et les amis, tu chériras

Prévoir des week-ends familiaux avec balade en forêt, découvertes culturelles, se planifier des visites aux amis, des soirées, des fêtes, prévoir des temps avec son amoureux pour parler des projets communs, cela fait partie des bonnes résolutions chaque année. Les magazines apportent tous leur lot de conseils pour l’organisation de la maison, des activités, découpent votre agenda avec dextérité pour tout faire tenir.

Et c’est vrai que l’amitié se cultive au fil du temps, qu’il est important de susciter la curiosité des enfants, de construire la vie de famille autour d’activités communes comme la cuisine, les jeux, la lecture, qu’à un moment à deux permet de se poser, de discuter, d’avancer.

√ OK, je prends et je me dis qu’un après-midi jeux de société ou piscine pourrait être sympa de temps en temps, que de prendre du temps avec un ou une ami(e) est agréable et ressourçant et qu’une soirée par moi avec mon amoureux ne devrait pas être difficile à caler.

2/ Des engagements, tu prendras

Nous faisons tous partie d’associations, sportives, culturelles, musicales ou éducatives. Et ces structures ne peuvent fonctionner sans bénévoles qui prennent de leur temps pour aider et gérer le côté administratif. C’est important de s’engager pour comprendre le travail qui est fait et être force de proposition. Avec des réunions mensuelles, des projets ponctuels, ou même de petits coups de main, nous participons à la dynamique du territoire dans lequel nous vivons et en faisons la richesse.

√ OK, je prends. Je garde les trois associations dont je fais partie et essaie de m’investir pour que cela fonctionne.

3/ Professionnel, tu seras

Que nous soyons chef d’entreprise ou salarié, avec un minimum d’éthique professionnelle, nous avons envie de nous investir pour faire avancer l’entreprise, donner du sens à notre travail, capitaliser sur les relations humaines pour ne pas rentrer dans une routine “métro ou vélo, boulot, dodo”, voire limite avoir envie de changer le monde (si, si, sans être mégalo…). Cela implique donc de prendre des responsabilités avec des réunions, des projets en plus, de la veille, et bien sûr de cultiver son réseau pour développer son activité ou bien changer de job.

√ OK, je prends. Moi dont le métier est de tisser du lien entre entreprises et associations, je souhaite bien sûr que cela avance et ai vraiment envie d’y consacrer mon temps professionnel, afin que ma petite entreprise ne connaisse pas la crise.

4/ De la distance et du recul, tu prendras

Afin de retrouver sérénité et conscience du monde qui nous entoure, nous souhaitons tous prendre un moment dans la journée, dans la semaine, ou bien une fois par an, pour ressourcer le corps et l’esprit. Cela passe par une activité sportive, une balade régulière, un temps quotidien de méditation. De bonnes résolutions prises lors des vacances au grand air, sans rythme, qui ne l’a pas fait… ? Pourtant, c’est important de se recentrer sur l’essentiel pour avancer.

√ OK, je prends. A moi de trouver un moment dans la semaine pour mettre en place mes rituels pour ne pas me laisser “déborder”. Même mon acupuncteur me le dit “Il faut lâcher prise !”. Alors…

5/ Mais encore…

A cela, j’ajoute, pour ma part, un peu de ménage si l’on veut que la maison ne ressemble pas à un chantier de fouilles avant le passage des archéologues, un peu de jardinage pour éviter d’aller chercher les enfants à la machette au milieu des herbes folles, du bricolage pour poser enfin ces plinthes qui attendent depuis 3 ans, les courses à plusieurs endroits différents pour récupérer le panier de l’AMAP, le vrac de la coop’ bio et le reste…

STOOOOOOP !

J’arrête là ma liste !

Vous l’aurez compris, je viens de dépeindre un(e)  Slow Superman ou WonderWoman, celui ou celle qui réussit à tout combiner tout en faisant preuve d’une sérénité sans faille.

Une seule question me vient : comment font-ils, tous ceux qui vous donnent ces bons conseils, pour réussir à tout combiner avec le sourire, zen et surtout sans journée de 48h ? Je ne sais pas vous, mais moi, je ne vois pas !

Je veux bien faire tout cela, au contraire, je ne demande pas mieux de pouvoir réunir en une seule journée tous ces petits bouts de vie, mais sincèrement je n’arrive pas à tout faire rentrer. J’aurais plutôt envie d’envoyer balader certains principes pour me simplifier la vie. Mais tempérance et cohérenceme disent de n’en rien faire.

C’est mon constat de cette rentrée avec, à la clé, des décisions et des refus qui s’imposent avant que je n’implose… ;-) A l’image de l’humouriste Florence Foresti d’ailleurs :

Et vous: vous ne vous posez pas ces questions ? Et si oui, avez vous des réponses et de quoi me conseiller pour y arriver ? Car je prends tous les trucs et astuces ! Mais attention, je préfère prévenir : je minute et gare à vous si la journée dépasse les 24 h ! ;-)


8 commentaires à “Rentrée: pourquoi je ne serai pas une « Slow WonderWoman »”

  1. Anne-Sophie dit :

    Emmanuelle, ta réflexion me fait penser qu’on se met tout simplement une forme de pression à vouloir tout assurer tout le temps, et en respectant en plus les principes de vie conforme à nos convictions… cela fait beaucoup parfois !
    Je vois avec l’arrivée de la fille, j’ai mis de côté certaines habitudes (pour les courses notamment, le premier mois, nous avons fait vite… au supermarché plutôt que dans nos lieux favoris… même si nous achetons toujours tout en bio, mais c’était plus simple le temps de trouver notre rythme… nous aurions voulu faire comme avant que cela nous aurait fait une contrainte et une pression supplémentaire, inutile lorsque l’on connaît les angoisses et la fatigue des jeunes parents!)
    Le lâcher prise, il est bien de le pratiquer à long terme… J’ai commencé il y a un an, avec mon stage bouddhiste, c’est comme une graine qu’on laisse germer peu à peu…. sans se mettre la non plus la pression quand on estime qu’on ne lâche pas assez prise (je me comprends:)
    En terme de conseil, peut être essayer de gérer une chose après l’autre, et faire le point chaque jour de ce que l’on a réalisé et achevé comme travail!

  2. D’accord avec ton article Emmanuelle, et pas d’accord aussi.

    Grandir et vivre autrement, voilà des questions qui sont parfois sans réponses. Alors, en tant que parents responsables, on tente de trouver des réponses, jour après jour, pour construire un monde meilleur, sain et vivable. Et tout ceci nécessite de vivre dans un autre éco-système, car on ne peut pas être ici et avoir là, être écolo et avoir une 4×4 SUV, être décroissant et avoir toujours plus d’inutile, être plein de valeurs et avoir des actions opposées aux valeurs, être pour le slow et avoir une vie speed, tout ceci est complexe et sensible à gérer et à vivre : je parle aussi ici d’un témoignage très personnel.

    Il n’y a évidemment pas de solution toute faite à vivre slow, sinon à s’inspirer très fortement et de la nature, et de communautés (relativement) autonomes existantes, et d’un mode de vie global qui reste à construire. Ma première pierre pour construire la réponse à la question du slow a été de prendre le temps de la réflexion et de l’action conjuguées, quel qu’en soit les coûts financiers.
    Car vivre dans un autre éco-système est peut-être tout simplement sortir des finances stériles actuelles, comme on pourrait sortir du nucléaire ? Vaste sujet. Merci Emmannuelle pour cet article. Belle journée.

  3. C’est un bon article ! Tous les parents se posent cette question du comment faire ? comment concilier le sens que l’on veut donner à notre vie et l’impression de courir tout le temps ! Oui on a des incohérences et je crois qu’il faut les accepter. Oui on progresse mais sans être parfait. Oui on fait des impairs et pour autant on ne doit pas générer de culpabilité. Ce n’est pas simple car la journée a effectivement un nombre d’heures limitées :) et notre capacité à supporter aussi. On peut trouver des astuces qui aident : se faire livrer par des voisins le panier de l’amap, se faire livrer ses produits bio pour le corps et la maison 4 fois dans l’année (et là tu sais où ^^), cuisiner en quantités et congeler, lacher aussi sur le ménage, demander de l’aide aux enfants, …Et puis regarder chaque jour, sans se mettre la pression. Allez on y croit, bonne journée :)

  4. Mona dit :

    Simplement trier ses activités : ai-je vraiment besoin/envie de faire ça, si oui, maintenant ?

    On exclu le superflu, on garde ce que l’on juge le plus important.
    En mettant tout ça par écrit ça permet de faire un bon tri !

  5. Isabelle dit :

    C’est vrai. Ce n’est pas possible de faire tout entrer dans une journée. Alors deux rappels, priorités – enfant-travail-loisir (dans cet ordre-là) et renoncement. Oui, je sais c’est dommage de renoncer à certaines choses mais il faut se retrouver soi-même. Vive la simplicité volontaire !

    Pour ma part, j’ai choisi un emploi à demi-temps plutôt qu’à temps complet depuis la naissance de ma fille. Je la met à demi-temps au service de garde de l’école (3 fois par semaine). Ce qui me permet de gérer les rushs de travail et les impondérables – frigo vide, jardin à nettoyer, etc. – plus rapidement. Lorsque je vais la chercher (vers 17heures) -et deux après-midi par semaine, vu qu’ici (Québec) l’école termine à 15h05, je suis toute à elle, pour les devoirs.

    Comme je vis petit (monoparentale), je vais à la cuisine collective, visite les bazars, répare plutôt que d’acheter du neuf… j’ai aussi un jardin collectif – et je mets en conserve ce que je ne consomme pas. Mon luxe : yoga, chorale et… temps ! Le temps d’écrire, de faire des projets, d’aller visiter mes amies…

    Mais j’ai dû renoncer à être célèbre, riche, propriétaire et dépensière (rires). En retour, j’ai beaucoup de temps à moi, pour ma famille, et les choses importantes. Et, cela rentre dans 24 heures !

  6. Sboldi dit :

    Bonjour,
    Je fais les mêmes constats que vous et toujours à la recherche de l’organisation idéale…
    Je suis tombée par hasard sur un site http://www.femmesdebordees.fr/ qui est rempli de petits pense-bêtes… Je tente de suivre certains de leur conseil sur le plan personnel et j’ai l’impression de mieux contrôler cet aspect la! Mon problème est plus côté boulot! Trop de sujets, trop de réunions et des journées de 14h…

  7. Camille dit :

    Ah le temps… finalement dans tout ce que tu décris, l’essentiel est d’être présent, vraiment présent, au moment où tu fais les choses. Il y a des contraintes mais on peut aussi combiner des choses non ?
    - Passer du temps avec les enfants en.. faisant le ménage ! Musique à fond, balai pour un, chiffon pour l’autre, selon l’âge et la dextérité, cela implique tout le monde dans la maison et ça va plus vite !
    - Idem pour le jardin : on se fait un jardin tout beau en jouant !
    - Tu peux aussi leur faire réviser les maths en faisant la cuisine, l’anglais en chantant des chansons…

    Optimiser le temps tout en profitant de chaque instant, une idée, un objectif !

  8. Sabbio dit :

    Très intéressant cet article. Les conseils que je pourrais, modestement, apporter me viennent d’une sage-femme très sage :

    se donner des objectifs réalistes et noter ce que l’on veut faire en début de journée ; à la fin de la journée faire une croix, un tick ou barrer ce qu’on a réalisé –> cela permet de voir le verre à moitié plein, d’être contente de soi, voir ce qu’on a réalisé.

    ne pas se mettre le pression et, plutôt que de vouloir tout faire (par ex. : nettoyer la salle de bains) faire moins car on dispose peu de temps mais à fond (que le lavabo par exemple)

    s’octroyer un temps pour soi, bien établi, dans son planning, agenda, etc. et s’y tenir le plus possible

    Voilà des pistes de rentrée que j’essaie depuis un certain temps d’utiliser et méditer autant que possible. Bon courage!

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