Débat: manger local ne serait pas si écolo que ça…?
Consommer local, c’est éviter les transports, donc c’est écolo. Une évidence pour celui qui se penche sur la question ? Pas si sûr… Une étude scientifique montre qu’à production identique, acheter local dans les conditions actuelles engendre une plus grande consommation de pétrole qu’un circuit conventionnel qui s’approvisionne à l’autre bout de la planète. Explications.
L’hyper local, un gouffre énergétique
A Montreal, Lufa Farms explore une solution hyper-locale: produire en hydroponique sur les toits des immeubles des fruits et des légumes en suivant le cahier des charges de l’agriculture biologique, c’est à dire en utilisant aucun produit de synthèse.

Muhamad Hage Fondateur de Lufa Farms
Le concept est séduisant et original : les toits sont des espaces aménageables en plein coeur des villes. Le propriétaire de l’immeuble réduit donc ses coûts en le louant et en diminuant ses frais de chauffage.
L’entreprise Lufa elle, économise l’énergie du transport, distribue des produits délicieusement frais, locaux et issus d’une agriculture raisonnée. Cette production s’étale sur l’année entière du fait d’une production hors-sol et sous serre. La maîtrise des conditions environnementales pour chaque culture permet l’obtention de rendements qui sont inaccessibles en plein champ.

Lufa Farms – Source
Pourtant, aussi productive soit-elle, cette initiative est un gouffre énergétique. Le label « hyperlocal » ne garantit en rien une utilisation raisonnée des ressources. Notre avenir, le pétrole rare et cher, impose que seules les productions économes en énergie sont et seront véritablement soutenables.
Faisons les comptes : produire un kilogramme de tomates en serre, c’est consommer 40 000 Kilo calories, alors qu’une culture de plein champ implique un investissement énergétique de 4000 Kcal, soit dix fois moins – négligeable, si le transport représentait une charge énergétique plus grande que ces valeurs… Car pour transporter ce kilo de tomates sur 5000 km, il faut consommer environ 2000 Kcal. Ainsi, notre serre hyper productive, « écologique » et hyperlocale consomme environ 7 fois plus d’énergie qu’une culture de plein champ. On aurait donc tord, en voulant faire un geste écolo pour la planète de consommer de tels produits.
Amis locavores, à vous les bons kiwis bio d’Italie ?
Ce qui est contre intuitif, ce sont les écologie d’échelles. Cette expression prend sa source dans la notion d’économies d’échelles, principe selon lequel un objet coûte d’autant moins cher qu’il est produit en très grand nombre. Ce moindre coût est souvent obtenu par une optimisation de l’utilisation des ressources nécessaires à la production d’un objet. De fait, les productions à grande échelle optimisent régulièrement l’utilisation de l’énergie et/ou de ressources rares. On parle alors d’écologie d’échelle.
Pour appuyer cette théorie, un article scientifique écrit par Elmar Schlich (université Justus Liebig à Giessen) fait le point. Pour lui, la filière courte est plus énergivore pour transporter un kilo d’une production agricole. En effet, transporter un kilo de tomates sur 100 km avec une camionnette pour un approvisionnement local consomme 1300 Kcal d’énergie alors que 20000 kilomètres de transport maritime dans un container et 400 km dans un poids-lourd frigorifique pour une filière conventionnelle ne consommera que 260 Kcal pour la même quantité transportée, soit cinq fois moins!
Ce résultat va donc sérieusement à l’encontre du précepte écolo qui veut que consommer local réduit les dépenses énergétiques. Est-ce à dire que les locavores, ces consommateurs qui s’engagent à ne manger que des produits locaux, pourraient consommer plus d’énergie qu’une personne qui ne cherche pas à avoir un comportement écologique ? Et ce du simple fait que les filières locales réalisent la plupart du temps de moindres écologies d’échelles ? Le débat est ouvert…

« Achetons local et Continuons la croissance de notre économie »
A mon humble avis: on peut consommer local par régionalisme (des emplois sur mon territoire) ou pour s’assurer d’une meilleure fraicheur des produits, mais en aucun cas pour de strictes raisons d’économie de transport et de dépenses énergétiques – sauf à distribuer les produits locaux en utilisant les mêmes écologies d’échelle que le transport conventionnel.
Au final, c’est bien plus le mode de production que sa provenance qui doit être analysée pour celui qui souhaite faire un geste pour la planète à travers son alimentation. A ce titre d’ailleurs, selon une étude énergétique réalisée par Martin Entz (Université de Manitoba au Canada), l’agriculture biologique se différencie largement en éliminant l’usage de fertilisants chimiques de synthèses qui, doit-on le rappeler, représentent 50% de la facture énergétique d’une exploitation conventionnelle…
Nicolas, du blog Jardinons la planète






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Je pense qu’il faut rester raisonnable. Construire de l’hyper local hors sol est une aberration écologique.
Restons les pieds sur terre et développons l’agriculture de proximité pour installer de petits paysans proches des villes sur des sols vivants.
Un début de solution : les fermes Terra Vitae : http://www.terra-vitae.org
[...] Débat: manger local ne serait pas si écolo que ça…? | Ecolo-Info [...]
Ce n’est pas parce que certaines pratiques sont discutables qu’il faut rejeter toute démarche de consommation locale. Et n’oubliez pas qu’un produit qui arrive par cargo doit aussi être distribué localement. Les externalités s’ajoutent!
Qui a dit qu’il fallait rejeter toute démarche de consommation locale? Tout ce qui est dit dans cet article c’est que d’un point de vue énergétique les circuits courts sont plus énergivores que les filières conventionnelles. Si le local mobilise d’autres facteurs plus importants que le cout énergétique, il faut continuer à acheter local! C’est mon cas par exemple.
Effectivement, le mode de production importe plus que la localité des produits selon moi. Des produits végétaux bio du potager devant chez soi, restant un idéal. :-p
Il y a un débat un peu similaire dans l’excellent livre de Fred Perce » Les tribulations d’un consommateur ordinaire qui se prenait pour un écolo exemplaire ». A propos des haricots commerce équitable du Kenya.
En Malaisie, j’avais renconté un cultivateur de fraises hydroponiques qui m’expliquait que produire ses fraises hors sol et sous serre était en effet plus écologique car la région était escarpée et ramassée et aurait nécessité d’abattre des abres et de terrasser à outrance pour faire pousser les même fraises dans le vrai sol. On a fait un ptit calcul avec lui et c’était plutôt cohérent. Du coup, on a mangé les fraises sans culpabiliser :) Mais en Malaisie, il fait bien moins froid qu’à Lufa Farm !
Et manger local, des produits locaux (au sens adapté à ma région) et de saison c’est pas plus simple.
C’est sur que si je veux bouffer des fraises en décembre à Lyon, la solution locale est débile. Par contre en été si mes fraises viennent d’égypte on marche sur la tête
Une banane à Lyon, que ça soit en décembre ou en hiver c’est du luxe.
L’exemple du livre de Fred Perce est frappant (je l’ai lu et je l’ai arrêtez justement après le chapitre sur les haricots verts) : Il veut des haricots en hivers, soit il se fait des bocaux soit il attend la prochaine saison.
Faut arrêtez de tortiller du cul : l’agriculture ça se fait dans la terre et pas hors sol, une serre OK mais chauffée NON, si les ananas poussent pas dans mon jardins je met un cerisier point barre.
C’est compliqué tout ça, car effectivement réduire les coûts de transport est important, mais un truc qui me choque souvent c’est le côté produire des fruits et légumes d’été en hiver…C’est ça aussi le truc, si tout le monde achetait des fruits de sa région (ou de son pays, soyons fou), et de saison, ça changerait beaucoup de chose, mais c’est sur que tout le monde veut des tomates en hiver et des fruits exotiques toute l’année…
Un site qui donnerait toute ces infos (saison, plus transport, quels fruits consomment finalement moins de ressources), ou qui expliquerait simplement comment choisir serait super utile, car déjà peu de gens ont une conscience écolo, si en plus tout devient compliqué et que chaque geste qui part d’une bonne intention peut devenir une mauvaise chose, et servir à la cause des anti écolo ou des gens qui s’en moquent, on n’avancera jamais !
Locavore n’a jamais signifié produire en local tous les produits possibles!!!!
Du moins je ne l’ai jamais compris ainsi. Je tente de me nourrir localement mais du coup j’achète au paysan du coin de ma rue les légumes qu’il produit en sol et non hors sol suivant la saison… Il n’y a pas 50 possibilités: carottes, pommes de terre, épinard, choux-fleur…. Pour les tomates, il n’en a que très ponctuellement dans l’année lorsque l’ensoleillement a été favorable et je suis en ile de France.
Le paysan en question n’est pas bio mais il est raisonnable quand à l’utilisation de produits pour limiter les maladies…. et c’est avant tout ce que je lui demande!
Quelques questions à propos de cet article :
Quel système d’économie énergétique ?
Le système de Lufa Farms tire-t-il le maximum de profit de sa position sur le toit d’un immeuble ? Il y a peut-être des exemples exploitant mieux la chaleur et l’énergie produites par le bâtiment ou des apports voisins sinon gaspillés ? Et tous les systèmes techniques ne sont peut-être pas adaptés à tous les climats.
Pourquoi « Hyperlocal » ?
Un éco-système « local » viable se limite-t-il à l’hyper-local ? Il est peut-être plus intéressant d’aborder la question au niveau d’un bassin de vie, ou d’une bio-région.
Quel est l’intérêt de produire et d’acheter « local » ?
Prendre en compte « qui » produit localement est aussi un élément important.
Si on considère qu’une entreprise « locale » appartient à des gens qui vivent et travaillent dans la région concernée :
- Si tu achètes à une entreprise locale selon cette définition (ex: un agriculteur indépendant), celle-ci va ensuite acheter à son tour localement à hauteur de 70% de l’argent que tu auras versé pour ton achat (selon les études menées en Amérique du Nord. Je n’ai encore rien trouvé pour la France). Si tu achètes à une entreprise non locale (ex: grande distribution), le ratio descend à entre 20 et 30%; l’argent part au siège (national ou international) et plus rapidement dans les circuits financiers « hors-sol ».
- Une entreprise locale entretient des relations économiques et humaines beaucoup plus denses avec les autres acteurs du territoire où elle produit; ses dirigeants vivant sur place, sont en moyenne plus concernés par l’impact de leur activité sur leur environnement humain et naturel et/ou plus sensibles aux réactions locales face à leurs pratiques;
- Les entreprises locales sont majoritairement petites et emploient proportionnellement plus de personnes que les grandes entreprises non-locales; elles sont également moins susceptibles d’être délocalisées.
- Transport à grande distance peu coûteux énergétiquement ?
Le problème intéressant, ici, est peut-être plutôt celui de la relation entre les entreprises qui pratiquent ce transport trans-planétaire et les producteurs des produits transportés. Quel part de la valeur ajoutée finale aboutit dans la poche du producteur et dans celle du ou des intermédiaires ? Acheter local, c’est aussi supprimer – ou au moins réduire – le rôle et la part des intermédiaires (industriels et surtout commerçants). On le voit avec les agriculteurs en France, dont la rémunération ne couvre souvent pas même les charges actuellement. Acheter local, n’est-ce pas aussi permettre au producteur de mieux vivre de son travail ?
Quelle consommation ?
Produire et consommer des légumes hors-saison est aussi un choix qui a des conséquences notamment énergétiques. Et là c’est le consommateur qui est en première ligne. Quelle solution technique pourrait résoudre les conséquences de nos choix de consommation non viables?
Il est donc dommage de décider de l’intérêt de produire et d’acheter « local » sur la base du seul calcul énergétique.
« Le système de Lufa Farms tire-t-il le maximum de profit de sa position sur le toit d’un immeuble ? Il y a peut-être des exemples exploitant mieux la chaleur et l’énergie produites par le bâtiment ou des apports voisins sinon gaspillés ? Et tous les systèmes techniques ne sont peut-être pas adaptés à tous les climats. »
Difficile à dire, j’ai contacté Lufa Farms car j’avais envie d’obtenir les chiffres exactes de leur initiative. Faute de transparence de leur part, j’ai consulter des articles scintfiques sur la production sous serre et avec une haute maitrise technologique (ce qui est le cas de Lufa Farms qui est fondé par un informaticien). Il y a surement moyen d’améliorer le rendement énergétique par de la cogénération par exemple. Mais le rapport initial est tellement mauvais, qu’il faudrait améliorer par un facteur 7 pour être enfin plus efficace énergétiquement! Peu probable.
Pourquoi « Hyperlocal » ?
Hyperlocal, car on peut considéré le local comme provenant de la ceinture immédiatement périphérique des villes ou bourgs approvisionnés. Avec Lufa farms on est au coeur de la ville! D’ou l’appélation hyperlocal.
Quel est l’intérêt de produire et d’acheter “local” ?
Je crois que de manière générale il ne faut pas faire de mauvais proces à cet article. Il traite uniquement de l’aspect énergétique des circuits courts dans l’alimentation! Comme je l’ai écris : » on peut consommer local par régionalisme (des emplois sur mon territoire) ou pour s’assurer d’une meilleure fraicheur des produits, mais en aucun cas pour de strictes raisons d’économie de transport et de dépenses énergétiques ». Il existe plein d’autres raisons pour acheter local et moi même je continue à acheter local, mais je garde en tête que les circuits de logistiques des circuits courts doivent être très notablement amélioré au niveau énergétique.
- Transport à grande distance peu coûteux énergétiquement ?
Le problème intéressant, ici, est peut-être plutôt celui de la relation entre les entreprises qui pratiquent ce transport trans-planétaire et les producteurs des produits transportés. Quel part de la valeur ajoutée finale aboutit dans la poche du producteur et dans celle du ou des intermédiaires ? Acheter local, c’est aussi supprimer – ou au moins réduire – le rôle et la part des intermédiaires (industriels et surtout commerçants). On le voit avec les agriculteurs en France, dont la rémunération ne couvre souvent pas même les charges actuellement. Acheter local, n’est-ce pas aussi permettre au producteur de mieux vivre de son travail ?
En fait je ne parle pas du tout de ce problème parce que c’est un autre problème que celui de l’efficacité énergétique. Acheter local ce n’est pas du tout forcément supprimer les intermédiaires. Il y a des chaines de supermarchés qui proposent aujourd’hui des produits locaux. Si on entend acheter local une vente à la ferme je suis d’accord. On peut enrichir le concept de « local » de plein de chose, mais je suis resté sur le facteur géographique (ce à quoi le mot local fait directement référence) et non aux luttes pour la valeur ajoutée, qui est un autre thème, intéressant, mais un autre débat.
Quelle consommation ?
Produire et consommer des légumes hors-saison est aussi un choix qui a des conséquences notamment énergétiques. Et là c’est le consommateur qui est en première ligne. Quelle solution technique pourrait résoudre les conséquences de nos choix de consommation non viables?
Intéressant débat que celui des légumes hors-saison. L’étude ici prend les choses au niveau de la même saison. C’est à dire que la tomate lointaine ou proche peut très bien être de saison des deux lieux de provenance. Pour un employeur j’ai effectué des comparaisons énergétiques entre une filière de pomme du Chili contre une filière de pomme Francaise. Energétiquement parlant, la pomme francaise du mois de Juin est bien plus énergivore que la pomme du chili du fait que celle du chili vient juste d’être récolté alors que la pomme francaise vient de passer 9 mois dans un frigo…
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Quelques remarques sur ton article, Nico :
La première concerne ton exemple sur la production hydroponique au cœur des villes. Tout d’abord, c’est un peu dommage que tu n’aies pris que cet exemple pour parler du local. Des personnes non « spécialisées » dans la consommation (ou la production) locale risqueraient fort d’imaginer que le local ne se réduit qu’à cela. Mais je me doute bien que tu souhaitais simplement pousser à l’extrême l’idée de produire et consommer local. Par ailleurs, et plus important encore, ça m’inspire une réflexion sur l’idée de « local ». Aussi intéressant d’un point de vue écologique que soit ce mode de production, il me semble que ce n’est pas ce que l’on peut appeler une production « locale », dans le sens où la production et la consommation locales ne se réduisent pas uniquement à la question d’espace ou de distance. Selon moi, l’idée de « local » contient plusieurs dimensions étroitement liées : dimension spatiale (proche de chez soi), dimension culturelle de l’alimentation (type d’aliments que l’on produit/que l’on mange, et qui ne sont pas les mêmes en fonction des régions ou des pays), dimension sociale (relations villes/campagnes, lien et solidarités entre producteurs et consommateurs mais également entre les consommateurs et entre les producteurs… bref, avec ses voisins!), dimension paysagère (l’agriculture « fabrique » le paysage)… En production hydroponique sur les toits des villes, on s’affranchit de la dimension culturelle, du lien au sol et plus généralement du lien avec les conditions naturelles, du paysage (quoique des toits tout verts, ça peut être très joli vu du ciel ;-))… bref, de tout ce qui fait la richesse et la spécificité de l’agriculture et de l’alimentation. Je ne dis pas que je suis a priori contre ce mode de production, en effet utiliser les toits des villes pour produire des fruits et légumes frais peut être une idée à mettre en réflexion. Néanmoins, c’est juste que cela ne correspond pas à ce que la majorité des gens recherchent lorsqu’ils sont dans une démarche de production ou de consommation dite « locale ».
Sur le sujet même de l’article, à savoir que contrairement aux idées reçues, consommer local ne veut pas forcément dire moins de transport : oui c’est complètement vrai. Les filières longues sont hyper bien organisées en termes de transport : camions qui ne circulent jamais à vide, utilisation des soutes d’avions touristiques pour le transport de certains produits… C’est sûr que face à cela, un maraîcher ou un producteur de fromages fermiers qui part de chez lui pour aller vendre ses produits au marché avec son camion à moitié plein, et qui revient avec son camion vide est bien loin de l’optimisation logistique… et, de fait, écologique. Toutefois, ne perdons pas de vue que si les filières longues sont si bien organisées en matière de logistique, c’est justement parce que ça fait 50 ans que l’agriculture a été pensée de cette façon, alors bien sûr, le système est bien rôdé. Seulement voilà, ça ne fait qu’une dizaine d’années que l’on commence à redécouvrir le « produire et consommer local », ça nécessite donc à mon avis un petit temps d’adaptation pour organiser une logistique de filières courtes, à un niveau territorial. Eh bien bonne nouvelle, actuellement, les réflexions vont bon train sur ces questions, et pas mal de progrès logistiques (et donc écologiques) ont été réalisés ces dernières années, depuis les plateformes d’approvisionnement en produits locaux à l’idée d’utiliser les cars scolaires pour approvisionner les cantines en produits locaux. Il y a donc bon espoir !
Enfin, merci d’avoir insisté sur la fin de ton article sur un point très important : c’est le mode de production, et non le transport, qui est responsable de la plus grande dépense énergétique et de la plus grande émission de gaz à effet de serre. Si on jette par exemple un coup d’œil ici :
http://www.civam-bretagne.org/imgbd/File/circuit%20court%20/ficheEnergieBAT.pdf
on voit que le transport ne représente que 17% des émissions de gaz à effet de serre, alors que la partie « production » en représente presque 60%. Par conséquent, si l’on souhaite évaluer l’impact écologique du local, il est donc intéressant de regarder si les producteurs qui produisent localement ont des pratiques plus favorables à l’environnement que les autres… Le lien n’est pas évident à faire, et la recherche n’en est qu’à ses débuts sur la question, mais des études ont par exemple démontré qu’autour de Rennes, en 2008, 30% des agriculteurs qui vendent leurs produits localement sont labellisés bio (or, à la même époque, seulement 2% des agriculteurs étaient bio…). De là à en conclure que ceux qui ont des pratiques plus favorables s’orientent plus vers les circuits locaux ? C’est bien sûr, aller trop vite en besogne mais avouons que ce résultat est intéressant et mérite d’être creusé…
Voilà, je m’arrête là avant de fatiguer le lecteur (si ce n’est déjà fait ;-))
Je n’ai pas pris que cet exemple pour le local puisque je reprend également la filière locale de l’article de Schlich. L’exemple de la serre est un exemple par l’extreme je suis d’accord, mais Schlich prend des filières bien moins étonnantes.
je crois que ce qui pollue le débat c’est l’envie de relativiser en disant, oui mais le local c’est aussi ceci, c’est aussi cela, etc. Très bien, il n’y a pas de problèmes avec ça, on achète local pour les raisons que l’on veut. Cet article voulait simplement montrer que le local ça ne veut pas dire forcement une moindre utilisation d’énergie (ce qui est rappelons le lié au CO2 et à la raréfaction des ressources pétrolières). C’est juste que l’efficacité énergétique est souvent un des arguments majeurs pour tout ce qui est local. Le fait que ce soit clairement moins évident qu’il n’y parait était le but premier de cet article. La conclusion que je tire de tout ça c’est « comment rendre les filières locales efficaces énergétiquement? » A ce sujet, je suis inquiet que ce soit les supermarchés qui soient en pointe sur la question…
[...] Débat: manger local ne serait pas si écolo que ça…? | Ecolo-Info Consommer local, c’est éviter les transports, donc c'est écolo. Une évidence pour celui qui se penche sur la question? Source: http://www.ecoloinfo.com [...]
Ben deja des cultures hydroponiques ne rentre pas dans le cahier des charge de l’agriculture biologique ensuite une culture de tomate bio sous serre non chauffé produit beaucoup plus(entre 5 a 10 fois plus selon mon experience personnel) que la même surface en plein champs (pertes importantes par les aléas climatiques et traitement (cuivre) nombreux pour luter contre les ravageurs mycosique) et une serre ne consomme pas plus d’energie à part les materiaux de construction donc l’etude me parait biaisé
Transporté des produits perissables par cargo hum hum
les economies d’echelle pour des productions externalisées (dans des pays à tres faibles cout de main d’oeuvre et de foncier)ne sont pas negligeables.Mais ceci au detriment de notre systeme social local .(français)
De toutes manieres laissons ces donneurs de leçon ecologique produire nos légumes bio ou ils veulent et habituons nous à nous serrer la ceinture
Article très enrichissant qui démontre bien (comme tout) que rien n’est tout blanc, ni tout noir.
La démarche « locavore » est effectivement intéressante sur le papier pour le Développement Durable.
Mais prenons un autre exemple : imaginons une dizaine qu’une dizaine de « locavore » se déplacent chez le maraîcher du coin pour se fournir en fruits et légumes. Celle représente dix déplacements, qui se font souvent en voiture (nous sommes prêt de 80% à être citadin) pour une quantité de marchandise infime au final.
Une solution (non pas La solution) est de trouver quelque chose d’intermédiaire, comme par exemple (nous le voyons de plus en plus dans les villes), le maraîcher qui livre une fois fois par semaine les « locavores » à un point précis de la ville. Certes il restera les déplacements des clients (mais qui peuvent se faire en transport en commun), mais les produits n’auront fait qu’un seul trajet campagne/ville, sans oublier le retour du maraîcher chez lui…
selon vos calculs, la consommation de produits locaux serait plus énergivore, et pour le démontrer vous faites transporter ces produits sur 100 km en camionette, avec au final , une dépense énergétique 5 fois supérieure à celle des importations plus lointaines…mais le local ce n’est pas 100 Km, c’est 15 ou 20 km, parfois moins, c’est à dire que l’on redivise vos résultats par cinq et l’on arrive à égalité avec vos approvisionnements lointains ! et si on retire la dépense due aux camions frigorifiques, on est gagnants, en consommant en plus des produits muris sur place et non pas transportés verts et muris artificiellement !
Tout à fait d’accord si votre filière fait moins de 20 km. Cela veut dire 10km aller et 10 km retour. Beaucoup de AMAPs que je connais font bien plus, mais si vous avez la chance d’être aussi proche c’est génial en effet.
Ceci dit à ce petit jeu, on admettra que l’approvisionnement à 20000 km pour l’autre filière c’est vraiment prendre le cas extreme, c’est à dire exactement à l’autre bout de la planète. De fait on peut tout à fait diviser par 5 cette distance également :)
[...] manger local ne serait pas si écolo que ça…? [...]
Je n’aime pas trop la façon de dire qu’il revient moins cher de transporter une grosse quantité depuis les antipodes qu’une petite sur 100 km. Je pense que l’auteur de cet article fait un sacré raccourci en ignorant les étapes intermédiaires : si la production peut aller directement du champ dans la camionnette, il est évident qu’il n’en va pas de même entre le champ et le cargo. Il est même quasi certain que le transport en camionnette sur 100 km ou plus y est aussi… et donc que le transport longue distance ne se substitue pas au trajet court, mais s’y ajoute.
la démarche écologique est un tout et ne se contente pas d’un aspect mais de la globalité. Manger local c’est déjà donner taille humaine à la production, au travail du producteur, retrouver des saveurs, des produits oubliés, réduire tous les intrants, les pesticides, qui génèrent maladies de toutes sortes et appauvrissent les sols et tuent la biodiversité.
Manger local c’est respecter les saisons, c’est ne pas consommer n’importe quoi, n’importe quand, de n’importe où
Manger local c’est respecter le petit producteur, lui payer un juste prix. Nous faire croire que transporter des tonnes de produits de l’autre bout de la planète revient moins cher que le transport en camionnette ! Quelle énergie il a fallu ! combien de terres ont été saccagées, de forêts abattues, de paysans dépossédés de leur terres pour satisfaire les lobbies américains, brésiliens, et autres ? il faut tenir compte de toutes ces externalités et ne pas se contenter d’un aspect !
L’écologie c’est le respect du vivant sous toutes ses formes pour la survie de l’humanité et non le seul profit des lobbies prédateurs!
Ben du coup…. je suis perdue…… que faut il acheter du coup ?
L’étude est elle si pertinante que cela ? En effet dans de nombreux cas les tomates transportés le sont par importation via un container, puis via un poids lourd mais pour qu’elle se retouve dans nos assiettes elles seront aussi transporté eventuellemnt par une camionette qui livrer
Désolé j’ai envoyé sans correction et surtout sans avoir terminé …
Donc je vous le disais dans de nombreux cas ces fameuses tomates vont voyager jusqu’aux sites de distribution qui seront soit des grandes surfaces, soit des petites ou moyennes surfaces et peut être aussi les petits « lolo » du coin. Comme l’indique plus haut Jean-Luc, aux coûts de l’importation lointaine vont s’ajouter les coûts de transport vers les lieux de distribution. Sincèrement il me semble que ce genre d’argumentation sert d’avantage à justifier une consommation issue de la mondialisation et organiser par des financiers et spéculateurs. Au contraire la consommation locale s’inscrit dans une démarche logique et durable. Nous avons intérêt à favoriser nos producteurs locaux qui ne chercherons plus ainsi à « brader » leurs productions. Il faut aussi revoir les systèmes de distribution, favoriser nos petites boutiques en bas de nos immeubles en ville ou proche de nos maisons dans nos villages…
[...] Débat: manger local ne serait pas si écolo que ça… [...]
Quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage… Evidemment, si cultiver local = hydroponique raisonné sous serres, chauffées tant qu’à faire, et pourquoi pas ogm… autant manger bio espagnol…
Il faudrait quand même arrêter de se masturber le cerveau et nous faire prendre des vessies pour des lanternes…
je partage assez le dernier propos (Kerloen) et l’article initial est tout sauf scientifique. Moi qui pensais qu’écolo info m’aurait épargné de ce faux débat porté médiatiquement par l’IAA… depuis quelques années maintenant.
Consommer local n’est pas qu’un problème de bobo en mal de ruralité (qui changerons de pratique après le dernier article de libé ou de Elles), c’est avant tout une réflexion sur la relocalisation de nos outils de production. Cela dérange quand la pratique entre quelques individus se développe et change d’échelle, il suffit de voir les pubs (fausses!) de Leclerc sur « les alliances locales » afin de contrer le développement des AMAP et autre marchés fermiers. Pourtant la grande distribution vendrait son père et sa mère si et seulement si cela lui rapporte de l’argent, le modèle commercial est bâti sur la spéculation et pas sur la production : j’achète en payant à 120 jours et j’encaisse immédiatement. cela en a fait les victimes de la crise financière. Mais ne vous inquiétez pas nos impôts vont continuer de combler les déficits des ces pratiques spéculatives.
et quand vous verrez les immeubles de Bordeaux couverts de serres surchauffées on en reparlera (cela permettrait alors de faire de sérieuses économies de chauffage dans ces immeubles par ailleurs) – la question actuelle est de permettre le maintien des producteurs en place et l’installation de jeunes avec le maintien des terres fertiles aujourdhui dédié aux Zones d’activités comme à Créon…
exemple poussé à l’extrême. Ce n’est pas la vie habituelle.
tous les dimanches ou presque je descends à pied ou en vélo au marché. il y a un maraîcher qui doit se trouver à une petite dizaine de km et qui pratique une agriculture raisonnée. Bien évidemment, je ne vais tout trouver mais il se cale sur les saisons donc en ce moment il y a eu les dernières reines-claudes il reste encore quelques tomates et c’est vrai que ces fruits et légumes s’abiment moins vite et ont plus de goût. Par contre maintenant je considère que la mangue (par exemple) est un produit de luxe et qu’elle soit être réservée pour une occasion histoire d’en n’apprécier pleinement le goût. A force d’avoir tout ou presque à disposition on devient blasés
Les chiffres donnés sont sortis de leur contexte, et du coup ne veulent pas dire grand chose.
L’exemple du transport maritime porte sur… du jus d’orange concentré… qui met 13 jours à traverser l’océan… autant dire que des fruits ou légumes frais iraient tout droit à la poubelle à l’arrivée ! Et c’est bien pour ça qu’on transporte les tomates en avion ou en camion depuis l’Espagne… sur plusieurs milliers de kilomètres…
Mais bon c’est l’occasion de rappeler le « message écolo » dans sa totalité : consommer local… et de saison !
:-)