Eco-design: mes 3 coups de coeur du moment
Avez vous déjà entendu parler de « matière dernière » ? Pensez vous qu’il soit possible de dé-spécialiser les objets ou de rendre vos vieilleries totalement désirables !? Non ? Suivez moi alors, que je vous montre les perles d’objets écoconçus que j’ai découvertes au VIA (centre de Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement), à Paris.
L’exposition Via Design 2011 (qui dure jusqu’au 26 juin 2011) permet de faire le point sur nombreuses innovations, tant en termes de matériaux, d’éco-conception et de techniques expérimentales que de recherche de nouveaux procédés industriels.

Sur 300 mètres carrés, le public peut découvrir treize prototypes – mobiliers, luminaires, objets, installations - conçus par la jeune garde du design français et financés par VIA. Leurs projets sont répartis en une Carte Blanche, onze Aides à Projet et un Projet Partenarial : je vous en ai sélectionné trois, remarquables pour leur pertinence en terme d’éco-design. De belles innovations qui nous parlent par leur modernité de forme et d’intention.

Comment répondre aux nouveaux enjeux ?
La Carte Blanche VIA se singularise par des réflexions prospectives permettant de poser les bases de nouveaux modèles et de répondre aux nouveaux enjeux en matière de consommation et d’usage.
La Carte Blanche VIA 2011, {objet} trou noir 1, 2, 3, 4, de Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard, propose une réponse à plusieurs problématiques environnementales dues à la surproduction : recyclage, disponibilité des matières premières et de l’encombrement.
Trois hypothèses sont proposées :
- La première valorise une matière méconnue – la « matière dernière » – qui provient de la récupération des déchets ultimes de notre société,
- La deuxième démontre que chaque objet peut être décomposé en pièces « détachables » qui permettent chacune d’autres utilisations,
- La troisième pose le principe d’objets élémentaires qui, utilisés seuls ou combinés, peuvent avoir plusieurs fonctions.
Cette recherche démontre qu’en dé-spécialisant les objets on pourrait réduire leur nombre sans renoncer à la diversité des usages.
En quoi consiste l’{objet} trou noir 1, 2, 3, 4 ?
Les designers valorisent les propriétés thermiques et esthétiques du Cofalit, produit issu de la vitrification des déchets amiantés du bâtiment rendus inertes, en créant des briques, des tuiles et des tomettes, à la fois réfractaires et diffusantes de chaleur. Elles seront utilisées pour la construction de poêles, de radiateurs et de revêtements de sol.

La deuxième, « Pièces détachables », met en évidence comment les pièces détachées qui composent un objet (l’aspirateur) peuvent chacune devenir autonome pour composer des objets à part entière (ventilateur, coupe, seau, balai) ou comment, associées entre elles, elles peuvent générer d’autres objets (tabouret, lampe, chauffage d’appoint et… aspirateur).
Enfin, la troisième, « Art ménager » propose un service de table dont les pièces assemblées entre elles permettent de créer de l’électroménager (plaque à induction, poêle, cuiseur vapeur, grill, bouilloire, yaourtière, réchaud, etc.). Cette recherche démontre qu’en déspécialisant les objets on pourrait réduire leur nombre sans renoncer à la diversité des usages.

L’émergence de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques
Parmi les onze Aides à Projet et le Projet Partenarial VIA, plusieurs tendances fortes se dégagent. On note ainsi l’expérimentation de nouveaux matériaux comme la poudre PLA, un bioplastique compostable à base de maïs ou d’algue (qui commence à fortement intéresser des designers déjà très implantés, nous vous en parlerons plus tard), mise en forme pour le module de rangement Case12 d’Antoine Phelouzat.
Constitué de pièces indépendantes et compostables, ce meuble de rangement à la géométrie structurelle et isostatique est composé de cubes évidés à quatre faces bordés de deux collerettes à 45 degrés qui assurent leur rigidité structurelle et permettent un emboîtement parfait selon différents types de configuration.

Comment métamorphoser des objets caducs en objets désirables ?
La réponse est donnée par le projet b.a-ba16, 17, 18, 19, initié par Cyrille Candas et porté par Le Relais – émanation commerciale de la communauté Emmaüs – qui, par un procédé de flocage, réussit à transformer des objets récupérés et tombés en disgrâce en objets attractifs. Donner une deuxième vie à ces affreux fauteuils de jardins en PVC ? Facile. Et c’est vrai que c’est presque beau.

Focus: comment ça marche ce double recyclage ?
D’abord les textiles rejetés (environ 10 à 15 %) sont recyclés pour obtenir une fibre à floquer qui est ensuite appliquée aux vêtements et objets domestiques tombés en désuétude pour les transformer. On crée ainsi une nouvelle chaîne de production interne.
Après avoir redonné vie à des tee-shirts et d’autres vêtements, ce service de « rénovation » s’élargit à des objets et à des mobiliers collectés directement par Emmaüs tels que des chaises de jardin en plastique, des lampadaires ou des ordinateurs caducs.
Pour garantir une pérennité à cette technique et générer des postes de travail solides, Cyrille Candas conforte la visibilité de ces nouveaux produits par la mise en avant d’une marque « b.a-ba ».
Afin de valoriser également les acteurs de cette production, il est prévu d’estampiller chaque produit avec le nom de celui qui l’a conditionné en plus de la marque. Cette double personnalisation renvoie à la conception même du service : la pièce unique au sein de la production en série.
Et pour que le programme soit complet, Cyrille Candas prévoit de travailler sur la mise en rayon des produits dans une nouvelle boutique attachée au Relais : Ding Fring.
Ce projet a été soutenu successivement par le Centre francilien de l’innovation puis par VIA.
++ En savoir plus ++
Télécharger le catalogue pour explorer les projets
L’exposition dure jusqu’au 26 juin
Où ?
VIA / Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement
29-35 avenue Daumesnil, 75012 Paris
T. +33 (0)1 46 28 11 11







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Cool! Il ya des nouvelles companies interessantes qui utilisent la matière dernière pour la production de leurs produits. C’est très bon pour l’environnement!