Amazonie: l’inacceptable a été oublié
Florent et Nicolas, partis depuis mi-février 2011 pour effectuer un tour du monde d’un an pour la planète, sont nos aventuriers du moment. Après le Brésil, ils nous envoient une série de photos commentées spéciale Amazonie, de quoi nous présenter les populations indigènes d’Amazonie, revenir sur le thème de la déforestation – malheureusement encore incontournable, et faire connaissance avec Marta, jeune Surui, terrifiée par l’état d’urgence de la situation indigène.
Comme me l’a confié Florent par email, cela a beau faire 30 ans que l’on en parle, « la situation reste toujours aussi dramatique, aussi bien pour la forêt que pour ses habitants. Sauf que maintenant, on en a même oublié que c’était inacceptable«
Surui avec son arc

Ici, un chasseur Surui, dans son village situé dans l’état de Rondônia, au Sud-Ouest de l’Amazonie brésilienne. Dans cet état, connecté pour la première fois par la route au début des années 70, tous les groupes indigènes ne sont pas encore identifiés.
Les peuples indigènes sont les membres de sociétés non industrielles qui vivent en marge du pouvoir national du territoire où ils sont situés. Ce sont les habitants originels de leurs terres, mais ils restent souvent en minorité par rapport aux groupes dirigeants de leurs pays.
Depuis le début du 16ème siècle, en Amazonie, une grande partie des peuples indigènes ont disparu ou ont été assimilés aux sociétés d’origine européenne. Au Brésil, plus de 700.000 « indiens non-assimilés » luttent pour préserver leur culture et leurs modes de vie. Au total, 215 ethnies sont répertoriées, utilisant environ 188 dialectes. En Amazonie brésilienne, on estime aussi à plus de 50 les groupes indigènes « non contactés », parmi environ 70 dans le monde. Tous ces peuples possèdent un fort attachement culturel, émotionnel et spirituel à leur terre, qui les nourrit et les héberge. Leur destin reste donc fondamentalement lié à celui de la forêt.
Déforestation en Amazonie

Ici, une zone déboisée dans l’état de Rondônia, l’un des plus touché par la déforestation. Les arbres qui repoussent naturellement dans la zone sont empoisonnés pour garder ces terres disponibles pour l’agriculture et l’élevage.
La « forêt vierge », loin de toute civilisation et jamais approchée, est une vue de nos esprits occidentaux avides d’aventures dans « l’enfer vert ». Depuis des millénaires, l’Homme est partie intégrante de l’évolution de la forêt. En Amazonie, les peuples amérindiens ont cultivé des arbres fruitiers, déplacé certaines espèces, aménagé des aires pour vivre. Des siècles d’évolution lente, sans que la couverture forestière ne diminue de manière sensible. Puis, dans les cinquante dernières années, une déforestation massive et ininterrompue.
Les raisons ? La conversion des forêts en terres agricoles, souvent tirée par les marchés internationaux, les mines d’or et de cuivre, la construction de voies de communication et d’énormes ouvrages hydroélectriques. Des mécanismes que nous avons bien connus en Europe avant que nous commencions à reboiser. Les forêts tropicales recèlent d’une biodiversité immense et leur défrichement constitue une perte inestimable pour la planète et pour l’humanité.
Jusqu’à maintenant, corruption, intérêts économiques internationaux, manque de pertinence des aides accordées, ont empêché de trouver une solution pérenne à ce problème. D’ailleurs, en découvrant la réalité du terrain, on peut se demander si les institutions internationales la recherchent vraiment, cette fameuse solution…
Marta floue

Sting, comme tant d’autres, le crie haut et fort depuis la fin des années 80 : respecter le droit des peuples amazoniens et protéger la forêt tropicale sont des objectifs indissociables. On pourrait penser qu’en 20 ans la solution s’est améliorée, mais il n’en est rien : la situation d’une grande partie des indigènes d’Amazonie est à l’image de celle de la forêt qui les abrite, dramatique. De nos jours encore, les « colons » et les maladies qu’ils amènent déciment les populations ; les anciens n’ont pas le temps de transmettre la culture aux nouvelles générations ; les savoirs ancestraux, qui leurs permettaient de vivre grâce à la forêt, sont perdus, et pourtant le système économique de « l’homme blanc » ne leur a pas réservé de place. Aides économiques nationales et internationales restent majoritairement inadaptées, car bien loin de leurs systèmes de valeurs, et le travail de sauvetage laissé aux ONG locales est énorme. La protection des populations et des cultures indigènes se heurte aux mêmes barrières qui mettent en échec la préservation de la forêt.
Marta est une jeune Surui de 17 ans. Elle est fière de sa culture et de ses origines, heureuse de nous apprendre quelques mots de son langage, le Tupi Mode, et porte sans qu’on la prie les tenues traditionnelles de sa communauté. Mais lorsqu’elle nous questionne, le regard de Marta est amer : comment l’homme blanc, que nous représentons bien malgré nous, pourra-t-il réparer le mal qu’il a fait avec de l’argent ? Une jeune femme dont la sagesse nous laisse sans voix, non sans nous rappeler Severn Cullis-Suzuki lors de la Conférence de Rio en 1992… En attendant une réponse, son avenir ainsi que celui de sa communauté restent dans le flou.
++ Le site d’un an pour la planète







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Mais on trouvera aussi des articles très intéressants sur http://www.blada.com/.
C’est vrai que le fait de préserver la forêt en Amazonie permet aussi d’éviter la disparition de toute une tradition. Venez discuter avec Wilfredo Macchiavello, le guérisseur de Santa Rosa (Alto Huayabamba, Pérou) sur la page facebook Pura Vida & Co : http://www.facebook.com/puravidaandco