Mangez bio qu’ils disaient… Arte TV et Global Mag mettent les pieds dans le plat
Le 9 mai 2011 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
Voilà une expérience intéressante que nous proposent Global Mag, Arte TV, l’Agence Capa et Owni.fr à partir de ce lundi 9 mai 2011: la télévision augmentée et interactive pour s’immerger dans la France de l’agriculture biologique. Pour en savoir plus sur ce mode d’enquête d’un nouveau genre sur un sujet qui nous intéresse plus que fortement, j’ai été poser quelques questions à l’équipe réalisatrice…

L’idée de départ est fort simple : trois ans après les bonnes volontés exprimées lors du « Grenelle de l’Environnement », où en est-on vraiment ? La bio progresse, mais n’a pas atteint de masse critique, car la bio a la réputation d’être chère…
Comment, dans ces conditions, comprendre les blocages français, qu’ils soient matériels ou culturels ? Comment s’immerger dans le « pays réel », sans a priori, sans volonté bien-pensante de séparer les citoyens éclairés des autres ?
Réponse : en choisissant une unité de lieu, et en tirant tous les fils socio-économiques qui mènent au bio.
Pourquoi la bio ne décolle pas en France ? Ce qu’en pensent les acteurs agricoles à Chartres
Les journalistes derrière cette série documentaire transmédia – dont la réalisatrice Laure Nouahlat – se sont immergés dans la France agricole productiviste, en Eure-et-Loir, royaume des grosses exploitations céréalières. Là-bas, la bio reste ultra-minoritaire : avec seulement 40 agriculteurs passés en bio sur 3000, l’Eure-et-Loir est le département le moins bio de France.
L’équipe a donc mené son enquête à partir de la ville de Chartres. Comme l’explique Alban Fischer, membre de l’agence Capa :
« On cherchait une ville moyenne, dont la population intra-muros frisait les 40000 habitants et l’ « hinterland » les 100000. À cette échelle, chacun est à « une poignée de main » de n’importe qui d’autre dans la ville. La ville de Chartres s’est imposée, car c’est assez petite ville pour que les gens se connaissent. Mais suffisamment grande pour avoir son service de cancérologie, ou encore toute la gamme des grandes surfaces, de la supérette à l’hypermarché. Chartres est aussi une capitale agricole, centre politique d’un territoire particulièrement fertile »
Et voilà en exclusivité comment débute la série, avec Laure Nouahlat aux manettes :
Une approche journalistique originale
La méthode d’enquête utilisée est également fort originale, car l’immersion locale des journalistes se double d’un questionnaire national :
« Nous souhaitions cette double approche. Comprendre localement les blocages sociaux et économiques, mais aussi découvrir les initiatives, les gens qui se bougent, qui refusent l’ordre établi et pour ça, rien de mieux que l’immersion. Nous voulions aussi analyser la question d’un point vu macro, essayer de comprendre globalement la situation. »
Pour cela, un questionnaire interactif en dix questions a été développé avec l’aide d’Owni.fr
Une France de contrastes et en mal d’informations sur la bio
Et qu’est-ce qui a le plus retenu leur attention au cours de ce travail ? Pour Alban Fischer :
« Le plus marquant c’est le contraste entre ces agriculteurs archaïques qui ne veulent pas que les choses bougent, cette génération 4×4 qui passe l’hiver à Megève et qui détruit la terre grâce laquelle elle a bâti sa fortune et ces jeunes pionniers qui ont décidé d’aller de bousculer les conventions, qui galèrent financièrement, mais qui donnent du sens à leur métier.
Et enfin le consommateur qui est souvent mal informé, qui louvoie entre ses peurs (pesticides, engrais…) et son budget alimentation, qui a été divisé par deux depuis les années 1960″
Reste à savoir ce que donneront les résultats du questionnaire… Une façon de passer du local au global et de boucler la boucle. Les résultats seront donnés en direct, région par région, et sous forme de graphiques. Basés sur des expériences individuelles et des impressions, ces résultats sont aussi comparés avec les données objectives… Comme le montre cet extrait de ma propre réponse au questionnaire :

Les plus affamés de bio sont-ils là où le bio est faible, ou bien là où il est fort ? Les plus impatients sont-ils à chercher chez les plus mal servis, ou paradoxalement chez les mieux servis ? En d’autres termes, l’offre créé-t-elle la demande ? Les internautes pourront, en tout cas, se situer sur la carte de France du bio !
Sans oublier la suite de la série, car l’équipe continue à tourner toute la semaine du 9 au 14 mai…
++ Pour récapituler ++
Le projet se compose:
- D’une série reportages tournée à Chartres et diffusée dans l’émission Global Mag du 9 au 13 mai à 19h30 sur Arte
- Lundi 9 mai, Laure Nouahlat cueillera des salades avec des maraîchers bio en essayant de savoir comment ils s’en sortent.
- Mardi 10 mai, elle ouvrira une bouteille d’eau minérale dans ces villages agricoles pollués où l’eau n’est plus potable.
- Mercredi 11 mai, elle s’incrustera dans un lycée agricole, pour voir ce que l’on apprend aux agriculteurs de demain.
- Jeudi 12 mai, elle prendra son plateau à la cantine et testera les menus enfants.
- Vendredi 13 mai, elle s’offrira un gueuleton au grand Monarque, le restaurant étoilé de Chartres, mais prendra ses lunettes vertes pour lire la carte.
- D’un questionnaire interactif, développé par Owni.fr, sur la perception des Français sur le bio
- D’une web série diffusée sur les sites d’Arte, de Libération et de l’Écho Républicain du 18 au 31 mai.
Le 24 juin, un reportage-bilan sera diffusé dans Global Mag, toujours sur l’antenne d’Arte, faisant la synthèse de l’enquête et des résultats du questionnaire.







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Une très belle initiative de reportage « in-situ »
Très chouette reportage.
J’aime bien voir que des agriculteurs passent au bio.
Et je pense que comme on le voit dans le reportage du 10, il ne faut pas hésiter à donner des primes à ceux qui passent au bio et à sanctionner les autres au-delà d’un certain seuil de pesticides utilisés.