Union Européenne : trois jours pour sauver les remèdes naturels !
Je vous propose de donner un coup de pouce à la pétition lancée par Avaaz jeudi 28 avril au soir pour l’ajournement de l’application de la directive européenne THPMD qui concerne les plantes médicinales. Cette directive impose des procédures non seulement inadaptées à ces remèdes mais aussi extrêmement coûteuses pour les fabricants qui, ne pouvant les supporter, risquent fort de devoir mettre la clé sous la porte.
Elle sépare également la vente de ces plantes (sous toutes leurs formes: plante séchée, huile essentielle, teinture…) de l’indication de leurs propriétés thérapeutiques, ce qui met un coup de frein immense à la dynamique actuelle renaissante sur l’aromathérapie et la phytothérapie en général. Le recours est possible, il est donc urgent de réagir !

Une logique inlassable
Cela rejoint d’autres sujets similaires qui souffrent des mêmes discriminations : les Préparations phytosanitaires peu préoccupantes, ou l’affaire du purin d’ortie largement suivie sur les blogs en 2006 et les variétés anciennes de semences non inscrites au catalogue officiel des semences.
Pour ces trois cas, le mécanismes est le même, elles soumettent ces disciplines à des procédures réglementaires :
- inadaptées à la nature même de ces disciplines qui sont vivantes et donc complexes,
- inadaptées à la structure économique des producteurs et diffuseurs, qui sont petits, variés, à l’opposé de la centralisation monopolistique des grands groupes pharmaceutiques
- isolant toutes les étapes de la filière et rendant impossible son développement. Pour les préparations médicinales, les petits labos (tels pranarom, Dorcteur Velnat, sevessence…) ne pourront plus vendre qu’une liste autorisée limitée de leurs produits mais ne plus en mentionner les propriétés ni proposer de remède combiné. Pour les semences par exemple c’est le même mécanisme, les producteurs de semences ne peuvent en cultiver le fruit. Ceux qui cultivent ne peuvent pas vendre, les sachets sont limités à 5g… ce qui confine la production de fruits et légumes anciens aux jardiniers amateurs.
Ces trois cas relèvent tous d’un patrimoine de connaissance collectif multiséculaire – sinon multimillénaire, dont tout un chacun se voit privé de l’usage : la fameuse protection du patrimoine immatériel de l’humanité. Ici complètement bafoué.
Le recours est possible
Et c’est là que cela devient intéressant : le recours est possible. J’attire votre attention sur ce point de la lettre d’Avaaz relayé ci dessous :
« Nous pouvons empêcher cela. La « directive THMPD » a été adoptée dans l’ombre de la bureaucratie, mais ne résistera pas à la lumière de l’examen démocratique. La Commission Européenne peut retirer ou amender cette directive et un recours en justice est actuellement ouvert pour le faire. Si les citoyens de toute l’Europe agissent ensemble aujourd’hui, cela donnera de la légitimité à ce recours et augmentera la pression sur la Commission. »
Si un tel recours est mis en place, alors cela donne aussi des billes pour les acteurs des préparations phytosanitaires peu préoccupantes et de la filière des variétés anciennes, car elles relèvent du même sujet : la privation progressive d’un patrimoine de connaissances qui nous est commun.
Si vous souhaitez vous mobiliser, on ne peut donc que vous encourager à signer et à relayer fortement cette pétition dans vos réseaux : objectif un million de signatures. En trois jours !
Le courrier d’Avaaz.org
« Chers amis,
Dans 3 jours, une nouvelle directive européenne interdira une grande partie des remèdes à base de plantes, nous privant de traitements sains et gonflant les profits de l’industrie pharmaceutique. Lançons un appel gigantesque pour que la Commission Européenne revoie cette directive et que nos gouvernements refusent de la mettre en oeuvre. Allons jusqu’à 1 million de voix pour sauver les remèdes à base de plantes:
Dans 3 jours, l’Union Européenne va interdire une grande partie des remèdes à base de plantes, obligeant certains d’entre nous à prendre des médicaments chimiques qui gonflent les profits de l’industrie pharmaceutique.
La directive européenne érige des barrières d’accès importantes à tout remède à base de plantes qui n’aurait pas été sur le marché depuis 30 ans, ce qui inclut pratiquement tous les remèdes traditionnels chinois, ayurvédiques et africains. C’est un changement draconien qui donne un avantage aux grandes entreprises pharmaceutiques et ignore des milliers d’années de connaissances médicales.
Nous devons faire entendre un gigantesque appel contre ces mesures. Ensemble, nos voix peuvent faire pression sur la Commission Européenne pour qu’elle révise la directive et sur nos gouvernements pour qu’ils refusent de l’appliquer, tout en apportant une légitimité à un recours devant les tribunaux. Signez en cliquant ici, faites suivre ce message à tous et allons jusqu’à un million de voix pour sauver les remèdes à base de plantes.
C’est difficile à croire mais, si un enfant est malade et qu’il existe un remède à base de plantes sûr et naturel pour traiter cette maladie, il pourrait devenir impossible de trouver ce remède.
Le 1er mai, la directive va instaurer des barrières majeures pour les remèdes manufacturés à base de plantes, exigeant des coûts énormes, des années d’effort et des expertises sans fin pour que chaque produit soit approuvé individuellement. Les entreprises pharmaceutiques ont les ressources pour passer ces obstacles mais des centaines de petites et moyennes entreprises de phytopharmacie en Europe et dans le monde vont disparaître.
Nous pouvons empêcher cela. La « directive THMPD » a été adoptée dans l’ombre de la bureaucratie, mais ne résistera pas à la lumière de l’examen démocratique. La Commission Européenne peut retirer ou amender cette directive et un recours en justice est actuellement ouvert pour le faire. Si les citoyens de toute l’Europe agissent ensemble aujourd’hui, cela donnera de la légitimité à ce recours et augmentera la pression sur la Commission. Signez en cliquant ici et faites suivre ce message à tous.
Il existe des arguments pour une meilleure régulation de la médecine naturelle, mais cette directive draconienne met à mal la possibilité pour les Européens d’effectuer des choix sûrs et sains. Agissons pour notre santé et notre droit à choisir des médicaments à base de plantes sans danger.
Avec espoir et détermination,
Ricken, Iain, Giulia, Benjamin, Alex, Alice, Pascal, Luis et le reste de l’équipe d’Avaaz.
++ SOURCES ++
- Europe : mon plaidoyer pour les plantes médicinales
- Se soigner par les plantes sera-t-il bientôt interdit?
- La Directive THMPD:
- Recours en justice contre la directive par l’association ANH (en anglais)







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Pas du tout d’accord avec votre interprétation alarmiste et biaisée de la directive européenne THPMD. Ce texte ne concerne pas les plantes « en général », mais uniquement les plantes « médicinales », c’est à dire celles dont le vendeur affirme au consommateur qu’elles soignent. Ce sont donc des médicaments.
Il est parfaitement normal, sain et souhaitable que la vente des médicaments soit encadrée. Cette directive ne fait que reconnaitre que les plantes médicinales, qui sont des médicaments traditionnels connus depuis longtemps, peuvent faire l’objet d’un contrôle simplifié par rapport aux médicaments « ‘chimiques » de l’industrie.
Pour les médicaments « chimiques », qui sont nouveaux par définition, on demande des preuves très sérieuses que 1/ le médicament ne fait pas de mal. 2/ il fait du bien. D’où des études et des tests scientifiques poussés, longs et très coûteux. Pour les plantes médicinales, on demande « seulement » de fournir une documentation (par tous les moyens: livres, articles, témoignages, etc.), indiquant que la plantes est utilisée depuis longtemps, et que l’on a donc du recul vis à vis de ses effets.
C’est un moyen de protéger les consommateurs/patients vis à vis de ces « plantes miracles », qui apparaissent d’un coup, sont censées soigner tout, et sont vendues fort cher dans des magasins spécialisés. Ça ne concerne pas les plantes médicinales vraiment traditionnelles qui sont bien connues.
Là où ça pose tout de même un problème, c’est pour les plantes médicinales issues de traditions orales, comme celles d’Afrique ou d’Amérique du Sud, par exemple. Dans ces cas-là, il est difficile de réunir une documentation « historique ». Mais ce n’est pas le cas pour les traditions européennes, chinoises ou indiennes.
Sinon, ce texte ne concerne absolument pas les plantes non-médicinales, c’est à dire celles dont on ne prétend pas que ce sont des médicaments. Les compléments alimentaires ou les tisanes, par exemples, qui répondent à une réglementation totalement différente.
D’ailleurs, parmi les organisations qui dénoncent la directive européenne THPMD, vous avez remarqué qu’on ne trouve aucun véritable « petit producteur » de plantes médicinales? Intéressez-vous vraiment à ceux qui sont « derrière » cette opération de dénonciation, et vous verrez qu’il s’agit surtout de défendre les intérêts commerciaux de quelques gros importateurs.
La compréhension de tardif de votre texte me dit qu,il a la bonne version…vous, vous essayez de piégé le monde à signé et pour beaucoups se font piégé…si je me trompe dites-le moi dans un texte qui dit ce que vous voulez dire…pas de passé par des embranchements incompréhenible…!!!
Ce en sera pas la première fois qu’on fait voter une loi apparemment étroite qui finira par s’élargir pour avantager un lobby. Voyez, par exemple, les GPS qui sont tous surtaxés pour la copie privée alors qu’ils ne proposent pas tous les fonctionnalités conditionnelles prévues par la loi…
L’information du consommateur est indispensable je ne le renie pas mais imposer des barrières supplémentaires à une médecine saine favorisant ainsi la pharmaceutique chimique est pour moi une attaque directe qui vise à faire ralentir la progression inéluctable des médecines douces.
Dire que certaines plantes, huiles essentielles dont dangereuses, effectivement, si on les utilise mal, tout comme pas mal de produits courants les sodas, le sel, l’alcool, mais encore les produits ménagers…
Je pense que l’intérêt de la pétition et de l’opposition à cette loi réside dans le fait de montrer l’engouement et l’importance parfois capital des thérapeutiques naturelles pour un grand nombre de personnes.
@ Orryane
Il n’y a pas une « médecine douce » et une « médecine dure ». Il y a, avant tout, des médicaments actifs, qu’ils soient naturels ou industriels, et tout le reste, ce n’est tout simplement pas de la médecine.
A partir du moment où un produit est actif, il faut prendre des précautions, car il peut représenter un danger. Et certains médicaments naturels sont aussi dangereux que des médicaments chimiques. Il existe des contre-indications, des problèmes de dosages et des interactions toxiques entre plantes et médicaments.
Un seul exemple: le « simple » millepertuis. Le conseil d’un médecin ou d’un pharmacien est indispensable avant de prendre cette plante, car elle a des interactions dangereuses avec certains traitements contre le sida, contre les rejets de greffe, avec certains antidépresseurs et même avec certaines pilules contraceptives.
Si la plante n’est pas un produit actif, ce n’est donc pas un médicament. Ça reste une tisane ou un complément alimentaire, qui sont en vente libre jusqu’à preuve du contraire.
Cependant, il y a un vrai problème avec certains commerçants qui vendent des plantes en laissant entendre qu’elles font du bien, qu’elles soignent, mais ne s’embarrassent pas de le justifier. Il y a parmi eux de gros importateurs de « plantes miracles », vendues officiellement sous le régime des compléments alimentaires, mais qui sous-entendent de manière détournée qu’il s’agirait « plus ou moins » de plantes médicinales. Ce sont ceux-là qui sont visés par la directive européenne, pour les forcer à sortir de l’ambiguïté qu’ils créent volontairement: soit ce sont des plantes médicinales, et ils doivent le justifier et être contrôlés, soit ce sont des tisanes, et alors on n’induit pas le consommateur en erreur en laissant entendre que ce sont des médicaments.