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Le jour où j’ai monté un projet de tourisme solidaire dans le désert de l’Atacama (Part 2)


Le 29 avril 2011 | Par

Redacteur Invite

Ses articles

Hier, Sandra nous expliquait comment s’était monté depuis la France le projet de tourisme solidaire dans le désert de l’Atacama. Après la théorie, il fallait passer à l’étape de la pratique : embarquant mari et jeunes enfants, elle s’est rendue sur place au Chili pour un inoubliable périple d’une dizaine de jours. Récit illustré de la première moitié de ce fabuleux voyage.


Jour 1. Le géant de l’Atacama

Nous avons enfin rencontré Antonio (1) qui sera notre guide dans cette aventure. C’est le départ, et nous nous élevons au-dessus de Iquique, cette étrange cité, coincée entre la mer et la côte de l’altiplano, qui semble perpétuellement imbibée de nuages.
Brusquement, c’est l’altiplano, à 1000 m d’altitude, les nuages ont déjà disparus, et devant nous, le désert commence dans des couleurs rougeoyantes envoutantes.

Notre première étape est à multi facettes : Huara et le géant de l’Atacama, le sable du désert et les mines de Salpêtre. Le géant de l’Atacama, c’est un immense géoglyphe sur le chemin de l’Inca.

En arrivant, nous déposons notre pierre et nos tracas, sur le monticule du voyageur. Le géant est beau, énigmatique, il nous invite dans cette aventure d’un autre monde.

Les enfants sont impatients de toucher le sable du désert et nous les regardons se rouler dans des dunes magnifiques, l’instant est magique, le coucher du soleil nous surprend dans un nuage de poussière et les cascades de rire des enfants imbibés du sable de ce désert le plus sec du monde.

Jour 2. La Quebrada en el desierto.

Nous avons lâché le confort des douches chaudes de Huara, pour plonger dans le grand désert. Désormais, plus d’eau chaude et plus d’électricité à volonté, nous partons dans des villages oubliés au cœur du désert, qui disposent parfois de 2 heures d’électricité grâce à un groupe électrogène.

Nous voyageons dans des paysages fabuleux de sable sec aux couleurs changeantes sous ce soleil ravageur.

Le désert semblait interminable et soudain, le sol s’ouvre en une immense vallée verdoyante, la Quebrada de Tarapaca. Cet oasis semble être dans un autre monde, le paradis au milieu de l’enfer.

Lorenza  nous y attendait, elle nous avait préparé un repas typique copieux et délicieux.

Nous avons visité l’église où se trouve reconstituée une « scène » presque grandeur nature, nous avons découvert des grottes profondes et des pierres de cuivre. Nous avons rencontré des fermiers de ce bout du monde, élevant des chèvres, des lamas et des cochons d’Inde, cultivant un maïs aux multiples couleurs et dégustant des grenades.

Nous partons près de là, voir un champ de pétroglyphes. Un livre d’histoire s’ouvre devant nous, avec des centaines, peut-être des milliers de dessins gravés dans la pierre qui remplacent les textes de l’époque. Même sans comprendre, nous sommes littéralement fascinés.

Nous repérons des restes de murs et de rues, probablement d’un village, nous supposons que ces dessins ont différents âges, depuis 2000 ans jusqu’à ? Le dessin de conquistador ? Nous restons là à voyager entre ces pierres, comme projetés dans le passé. Seule la perspective de faire la route dangereuse dans le noir finit par nous arracher de ce lieu magique.
Antonio me demande d’appeler mes enfants, «pour que leur âme ne reste pas dans cet endroit trop fort». Je les appelle doucement, « ninos, vamonos » venez, nous partons…

Jour 3. La Chaman de Uscuma.

Nous avons remonté l’eau vitale de la Quebrada de Tarapaca pour arriver chez Molly, la Chaman quechua d’Uscuma. Celle qui a hérité des connaissances de ses ancêtres Incas et qui se soucie à présent de les transmettre à son tour. Molly nous a offert un repas élaboré avec soin, sans instruments métalliques (coutumes !), c’était incroyablement bon.

Nous avons passé la soirée dans une envoutante cérémonie de partage, puis à regarder ce ciel étoilé, sans nuages, sans lumières électriques. Nous avons vite appris à retrouver la croix du sud plongée dans la voie lactée.

Le lendemain, nous sommes partis dans les champs, découvrir leurs méthodes de culture ancestrales. Nous avons parlé, les mains dans la terre, au milieu des champs jaunes de maïs. Nous aurions pu prendre les magnifiques VTT préparés par l’association ASE pour faire une superbe randonnée sur les bords de la vallée, mais nos enfants étaient fatigués, nous sommes restés au bercail.

Jours 4 et 5. Huavina, la perle de la Vallée.

Nous voilà remontant encore la Quebrada pour arriver à Huavina, la « petite perle de la vallée. »

Ici tout est vert, l’eau coule à flot, la vie est concentrée dans le fond verdoyant de la vallée, entre les falaises asséchées du désert. Ici les vieux courent devant nous et travaillent dans les champs.

Angélica nous apprend la culture en terrasses et l’élevage de Lamas, nous découvrons, apprenons, partageons…

Rendez-vous demain pour suivre la suite et la fin du périple demain avec une incroyable ascension !

(1)  Antonio est aussi le président de la nouvelle association locale (Association touristique et culturelle de Huara) créée sous le droit chilien grâce à Sibylle Reynaud, stagiaire d’ASE pendant presque un an au service des habitants de Huara. Elle a réussi à motiver les villages de l’intérieur pour élire quinze d’entre eux qui vont maintenant être les interlocuteurs de la municipalité et de notre association française Art Sport Entraide, pour faire les choix de projets de développement susceptibles d’être soutenus par les structures officielles et par des associations comme la notre.

Sandra, notre rédactrice invitée, est une chercheuse reconnue dans le domaine des neurosciences. Outre son métier qu’elle pratique avec passion, elle se consacre avec la même énergie à sa famille et à la protection de l’environnement.

++ Pour aller plus loin++


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