Pourquoi le désastre japonais nous laisse sans voix
Le 16 mars 2011 | Par Agnès
Totalement immergée dans un mode de vie écologique, je traque sans relâche dans le quotidien les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.
Difficile pour nous d’écrire sur Ecolo-Info ces jours-ci. Nous avons bien des sujets d’articles à vous proposer, mais l’envie n’est pas là, notre esprit est préoccupé, nous avons la nausée. Comme vous peut-être, notre attention est portée sur le Japon. Cela nous laisse sans voix, la tête remplie de points (rouges) d’interrogation.

La submersion d’informations
A l’affût de la moindre information, nous sommes branchés en permanence: à la radio, sur le web, les réseaux sociaux…
Les informations sont là, très nombreuses et variées, provenant de sources différentes et plus seulement de média structurés, comme c’était le cas avant l’ère d’internet. Les images et les témoignages relayés sur le web n’ont plus de filtre de mise en garde, ils nous parviennent avec toute leur âpre vérité.
Comment ne pas ressentir de l’empathie pour toutes ces personnes dans la souffrance ? Ce peuple dont nous suivons l’agonie, minute par minute. Cette prise directe et constante dans une tragédie survenue de l’autre côté de la planète est un phénomène nouveau, qui soulève beaucoup de questions perturbantes…
Comment réagirions-nous si un évènement aussi dramatique se produisait ici ? Sommes-nous préparés ? Que prendre avec soi lorsqu’on a juste une heure pour rassembler ses affaires ? Comment dépasser le stress et agir de la façon la plus salvatrice, pour soi et les siens ? Quels sacrifices serions-nous prêt à faire, à l’instar des personnels de la centrale de Fukushima ?
Toutes ces questions nous ramènent de la façon la plus brutale qui soit à notre fragilité d’humain, à notre finitude. Ces concepts en permanence niés par notre société de (sur)consommation qui aplanit tout, gomme toutes les aspérités pour ne laisser émerger que la recherche constante de plaisir.
Les Japonais ?
A bien y réfléchir, nous partageons le même constat que Vinvin, avec de la boue et de la tôle dans le cerveau : où sont les gens ? Où sont les Japonais ? Nous les voyons à peine sur les images, ou si peu. Nous les imaginons, nous devinons la détresse, mais le désastre de toutes ces âmes disparues échappe encore au discible. Le seul endroit où nous réfugier se trouve dans « toutes ces pensées diffuses (qui) s’entrechoquent quand on regarde les photos et les vidéos. Parce que nous sommes humains et pouvons nous projeter dans la douleur des autres. »
Comment ne pas penser à ceux qui sont en train de jouer la course contre la montre sur les centrales également ? Ces « liquidateurs » de Fukushima ? Ces hommes qui s’activent pour essayer, en vain dirait-on, de réduire l’angoisse oppressante d’un peuple, d’un monde.
« Fais chier cette planète ces jours-ci » conclut Vinvin. En fait, c’est comme un film cauchemar dont nous connaîtrions déjà la fin, sans être en mesure de la changer.
Quelle remise en cause de notre mode de vie ?
De cette société de consommation dans laquelle nous baignons tous, à des degrés divers, à quelle part serions-nous prêt à renoncer ? Ne sommes-nous pas dans un schéma totalement schizophrénique ? Nous voulons toujours plus de technologies dévoreuses d’énergie (smartphones, tablettes, ordinateurs dernière génération, écrans toujours plus plats…) mais nous occultons (volontairement ou pas) que tout cela a un prix.
Nous nous dirigeons douloureusement vers une catastrophe nucléaire d’ampleur inégalée. Pour l’instant elle se déroule au Japon, mais qui nous garantit qu’un jour elle ne nous frappera pas en France ?
Que sommes-nous prêts à lâcher vraiment de notre confort quotidien ? N’est-il pas là le véritable pouvoir de la rue, du citoyen ? Dans sa capacité à décroitre. Qui veut réellement décroitre ?
Quelle politique pour l’avenir ?
A bien y regarder, sous le déferlement des images, des chiffres et des témoignages, les principales questions restent sans réponses : que peut-il réellement advenir dans les heures qui viennent ? Quelles sont les conséquences concrètes de la fusion d’un réacteur nucléaire, non seulement sur place, mais aussi pour le reste de l’environnement ?
Nous nous sentons vraiment démunies, sonnées par l’ampleur humaine et environnementale de la catastrophe japonaise. Démunies et d’autant plus atterrées par le discours d’enfumage servi par nos politiques qui répètent sur toutes les ondes que dans notre pays, tout est sûr, tout est contrôlé.
Comment croire que nous serions, en France, tellement supérieurs aux Japonais, pourtant en pointe dans de nombreux domaines industriels ?
Comment continuer à soutenir des politiques qui affichent plus que jamais leur allégeance aux grands groupes ?
Mais bien plus encore: comment arriver à faire comprendre qu’une vision écologiste du monde n’est pas là pour réduire les possibles et provoquer un retour à l’âge de pierre ? Comment prouver que ces idées d’avenir ne sont pas celles de militants du passé ? Assez de ces clichés !! Il suffit de ces idées reçues avancées systématiquement par ceux qui ne veulent pas prendre le temps de réfléchir ni débattre sincèrement et sans frayeur de la marche du monde.
Nous ne pouvons plus attendre d’être au pied du mur et contraints pour agir. Ce ne sont plus des signaux faibles auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Le temps de la réinvention et de la mise en place de nouveaux paradigmes est réellement venu maintenant.
Agnès et Anne-Sophie







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je suis énormément dans l’émotion depuis plusieurs jours à cause de ce problème au Japon, c’est vraiment atroce ce qui arrive à ces gens, à ce pays…..mais comme me l’a fait remarqué un ami facebook d’autres peuples meurent de faim, subissent des guerres effroyables, l’Inde et l’Afrique puis Haïti sont les victimes du système « occidental » et tant meurent…..C’est horrible !!
Ce n’est pas de la politique seulement de l’humanisme.
Le message que je viens d’écrire entre en résonnance avec le vôtre.
Je partage inquiétude, douleur, effarement, indignation devant ce qui a été fait, ce qui aurait du être fait, ce qui devrait être fait… Les mots sont impuissants à dire…
[...] | Blog du Salon des …L'oralité décomplexée – Levier de pouvoir | Le nouvel EconomistePourquoi le désastre japonais nous laisse sans voix – Ecolo-InfoMinireyve» Blog Archive » COMPLICITÉ À TROISDixième édition du festival Voix publiques – [...]
Je vois tout cela depuis le Cambodge, la catastrophe japonaise, le monde qui se prépare à être solidaire tandis que la France ne veut pas envoyer d’argent aux « jaunes », et que l’on a assez de problèmes avec notre propre nucléaire !
Je suis triste pour ces japs mais heureux si leur catastrophe peut ouvrir les yeux à nos compatriotes sur les dangers du nuk.
En tout cas, l’info sera vite oubliée par le monde lorsqu’une nouvelle révolte commencera au Moyen-Orient…
[...] Pour lire l’intégralité de l’article sur Ecolo Info [...]
J’ai également un grand sentiment de révolte qui enfle depuis vendredi dernier.
Il est d’autant plus fort face à la mégalomanie des politiques. La défense de l’intérêt public a disparu au seul avantage de l’intérêt financier : lobbying et co.
Je voulais rappeler qu’il y a 15 jours, le gouvernement a publié un décret qui donne un très sale coup à la filière photovoltaïque. Seule ERDF, la filiale « green » d’EDF, pourra encore tirer son épingle du jeu. Ils n’abandonneront jamais le Nucléaire… Ils parlent d’un Grenelle du Nucléaire, mais s’il est démantelé de la même manière que le Grenelle de l’Environnement, quel en est l’intérêt? A part, le bonus/malus écolo qui a permis de porter l’industrie automobile (lobby), qu’en reste-t-il?
Sur le blog d’Effets de Terre de Denis Delbecq, j’ai lu tout à l’heure cette lettre d’Henri Proglio qui encourage ses salariés à défendre le nucléaire à la française (comprenez « nous on est plus fort que les autres ») : vous pouvez la télécharger dans cet article : http://effetsdeterre.fr/2011/03/17/il-y-a-peril-en-la-demeure-pour-le-nucleaire-francais/
Lundi dernier, il y a eu un mouvement qui proposait une heure de silence sur Twitter en hommage aux japonais. Oui et après ?
Pardon de juger, mais c’est de l’inaction !
Il faut agir !
Je ne suis pas partisane, je ne peux m’auréoler d’aucun titre d’opposition au pouvoir. A mon seul actif, des discussions avec ma famille et mes amis pour faire passer le message qu’il existe des solutions alternatives, que nous ne sommes pas obligés de continuer à foncer dans le mur.
Mais, aujourd’hui, et comme cela ne l’a jamais été avant, j’ai envie de faire entendre la voix des personnes qui parlent avec le coeur, des personnes qui pensent à leurs semblables avant de se préoccuper d’avoir le dernier gadget techno.
Merci d’avoir lu ces pensées en vrac…
Merci Agnès et Anne-So pour ce billet qui reflète parfaitement ce que nous vivons également chez nous.
Haïti nous avait touché de la même manière et voici ce que j’écrivais alors :
—
Assommé que j’étais, j’ai eu envie de me plonger dans ce qu’avaient pu écrire Voltaire et Jean-Jacques Rousseau suite au tremblement de terre de Lisbonne en 1755 qui avait fait entre 50 et 100.000 morts.
L’énorme différence est qu’à l’époque, il leur était impossible d’imaginer aller porter secours.
Ils ne pouvaient que se questionner sur “Une telle horreur a-t-elle un sens que nous ne percevons pas ?”
Aucun questionnement sur : “Comment puis-je les aider ?” “Pourquoi ma journée semble vide ?”
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Notre relation au temps, à l’espace a totalement changé en l’espace de quelques dizaines d’années.
Quand aux catastrophes mixes, nous n’en sommes certainement qu’au début…
[...] faut vraiment trouver une alternative à comment nous produisons l’énergie. Je suis un peu comme Ecolo-Info je n’ai pas le cœur à la fête et j’ai une profonde humilité pour ce peuple japonais qui est en train de payer en première [...]
[...] comme notre amie Anne Sophie d’écolo-info et comme nos camarades des éco-informateurs, cette semaine nous n’avions pas vraiment le cœur [...]
[...] Ecolo-Infos, 16 mars, pourquoi le désastre japonais nous laisse sans voix: http://www.ecoloinfo.com/2011/03/16/pourquoi-le-desastre-japonais-nous-laisse-sans-voix/ [...]
VSE-France
Une symbiose Vent – Soleil – Eau pour la France
30% d’électricité renouvelable en 2020. 60% en 2030 et 100% en 2040.
http://vse-france.over-blog.fr
Plus largement et pour dire les choses un peu différemment, ce qui va être en jeu, c’est l’entrée dans une nouvelle époque, celle où il va falloir apprendre à agir et gouverner “en pensant systématiquement aux conséquences” (pour citer un autre livre et reprendre le titre d’un chapitre annonciateur dans celui de Yannick Rumpala, Développement durable ou le gouvernement du changement total).