La revue de web écolo du moment, c’est pas du vent !
Le 13 mars 2011 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
Depuis juillet dernier, j’ai le plaisir de réaliser une petite revue de web mensuelle dans l’émission “c’est pas du vent”, diffusée sur RFI et animée par Anne-Cécile Bras. Celle que je retranscris ici a été diffusée samedi 12 mars 2011 à 11H10 et vous pouvez la réécouter sur le site internet de l’émission. Nous y parlons énergie, forages pétroliers en Guyane, Gaz de schiste, eau potable financée par les banques, migrations climatiques, peuples indigènes en Amazonie, mais aussi d’un jeune tanzanien qui donne une version très drôle du film Commando où figure Arnold Schwarzenegger ! Bonne écoute et/ou bonne lecture donc:-)

Une actualité riche en énergie
Vous êtes nombreux à m’avoir écrit après la diffusion de la revue de web pour savoir comment trouver la vidéo sur l’histoire de l’énergie. Alors là voilà: elle a été réalisée par un américain, Niles Heckman, qui se sent fort concerné par cette thématique. Une vidéo très esthétique sur un fond musical comme vous pouvez le voir :
Small World Energy from Niles Heckman on Vimeo.
Pour lui, la désinformation énergétique est très répandue aux Etats-Unis et il avait envie de mettre son savoir-faire au service d’une réalisation sans but lucratif. Cette vidéo ne réagit donc à rien de précis, personne n’a été embauché ou payé pour le faire, il l’a réalisé afin de contribuer à l’éveil des consciences, en usant de visuels simples sans dialogue afin que chaque personne dans le monde puisse la comprendre. Le film commence par montrer les formes les plus destructives d’énergie (déforestation, charbon, pétrole, le gaz de schiste), sans oublier certains de leurs effets secondaires; puis il met en avant des solutions plus propres mais dont les effets annexes sont toujours fort dommageables (le nucléaire, les agro-carburants, l’hydroélectricité); pour terminer avec les énergies renouvelables (géothermie, marée-motrice, solaire, éolien) dont les impacts négatifs sur notre éco-systèmes sont les plus limités.
Forage pétrolier off-shore en Guyanne
Une autre sujet apparu sur la toile dernièrement: plusieurs ONG s’inquiètent d’un forage pétrolier off-shore au large de Cayenne, en Guyane française.
L’entreprise britannique TULLOW se prépare à engager dans quelques jours des travaux de forage à une profondeur record de 6000m (2000m de colonne d’eau et 4000m de sous-sol océanique). Pour rallier une poche pouvant éventuellement contenir des hydrocarbures, cette entreprise a reçu le soutien des multinationales SHELL et TOTAL, contribuant aux 100 millions d’euros d’investissements nécessaires. Le hic, comme l’explique la journaliste Eudoxie JANTET sur son blog, Locavore Guyanne, est que ce forage pose plusieurs problèmes. Le procédé de forage profond est similaire à celui utilisé en Louisiane, où a eu lieu la terrible marée noire dans le cadre d’un forage exploratoire également, et les réponses de la Tullow Oil en cas d’événement similaire ne sont pas adaptées au contexte guyanais.
Mais bien plus encore : si dérive de nappes de pétrole il y avait, elles toucheraient directement la réserve d’Amana-Iracoubo, sur le territoire du Parc Naturel Régional de Guyane (PNRG).
Enfin, le calendrier du forage coïncide avec l’arrivée des premières tortues marines vers les plages de l’Amana notamment, pendant les saisons de ponte.
Pour les ONG qui suivent le dossier, le projet comporte toujours des failles : suivi insuffisant des impacts des travaux sur l’écosystème, moyens de lutte contre la pollution mobilisables sous des délais trop longs… Dans un contexte international marqué par la catastrophe du Golfe du Mexique et compte tenu de la faiblesse des mesures de sécurité, les organisations environnementales demandent la suspension immédiate de l’autorisation d’ouverture des travaux…
Pourtant, le 12 octobre 2010, suite à la catastrophe dans le Golfe du Mexique, la Commission Européenne publiait un document intitulé « Le défi de la sécurisation des activités pétrolières et gazières offshore« en attendant que les résultats complets des enquêtes sur les causes de l’accident de Deepwater Horizon soient disponibles, que les efforts du secteur en vue de renforcer la sécurité des opérations apportent des résultats concrets et que la campagne pour renforcer le cadre réglementaire en Europe ait abouti, il convient de faire preuve de la plus grande modération et d’un surcroît de prudence, tant en ce qui concerne les opérations de prospection et d’exploitation en cours que les nouveaux plans et les nouvelles autorisations » (cf. cet article des Echos). De son côté, Daniel Ferey, le Préfet de Guyane argumente que l’exploitant Tullow Oil offre des garanties sérieuses et que les retombées financières devraient être importantes pour la Guyane… un dossier à suivre dans l’émission.
Gaz et huiles de Schiste
Passons maintenant à la polémique sur les gaz et huiles de schiste: la polémique sur leur exploitation gronde aux Etats-Unis, au Canada et maintenant en France. Le documentaire Gasland, qui dénonce les travers de cette technique d’extraction, a beaucoup fait parlé de lui sur la toile.
Mais dans l’ensemble des supports utilisés par les militants anti-gaz de schiste, on trouve une très bonne vidéo réalisée par les canadiens pour dénoncer le problème et exiger un moratoire pour que les choses se fassent proprement et dans l’intérêt des citoyens…
Des Canadiens qui ne manquent pas d’humour, car sur la toile j’ai aussi trouvé la création d’une jeune graphiste designeuse, Valérie l’Italien, qui a eu l’idée d’inventer une boisson gazeuse au bon goût de schiste… histoire de dénoncer la chose avec humour, car il a été prouvé que l’exploitation du gaz de schiste n’était pas sans conséquences sur l’eau contenue dans les nappes phréatiques avoisinantes (l’eau rejetée par une majorité des puits contient non seulement des molécules cancérogènes et mutagènes, mais qu’elle est aussi radioactive. Et tout cela peut se retrouver dans les nappes phréatiques). Autant dire que nous avons là entre les mains tous les ingrédients d’un cocktail explosif…
Certes, la question de notre avenir énergétique est posée, mais les choix effectués actuellement ne doivent pas négliger les coûts environnementaux et sociaux…
1001 Fontaines interpèle les banques
Et tant que nous parlons d’eau, alors que plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable, il y a une autre petite vidéo sur une initiative qui tourne bien sur internet en ce moment : il s’agit de la campagne d’une association, 1001 FONTAINES, dont l’objectif est d’installer des stations d’épuration d’eau dans les pays où vivent des populations qui n’ont pas accès à l’eau potable.
Là où cette campagne est astucieuse, c’est parce qu’elle a décidé d’interpeler LES BANQUES pour les inciter à donner de l’argent, l’idée de base étant que plutôt que de demander aux gens qui ont pas d’argent, autant demander à ceux qui en ont le plus…
Alors il ne s’agit pas ici de rentrer dans une forme de critique facile des banques, mais simplement de les interpeller, et de remercier par la suite celles qui auront donné bien sûr. La campagne a commencé le 1er mars et s’achève le 22 mars, lors de la JOURNEE MONDIALE DE L’EAU ou sera annoncé le montant des dons des banques, s’il y en a…
N’hésitez donc pas à faire passer le message !
Réfugiés climatiques et peuples isolés de la planète
Les Nations Unies annoncent qu’il pourrait y avoir plus de 150 millions de réfugiés climatiques en 2050, c’est-à-dire des personnes obligées de fuir leurs terres rendues inhabitables à cause des conséquences du changement climatiques et un documentaire qui a été nominé aux oscars circule actuellement à ce sujet.
Sun Come Up Trailer from Sun Come Up on Vimeo.
Sun Come Up dénonce la situation des îles Carteret, qui sont des îles de Papouasie-Nouvelle-Guinée situées 86 km au nord-est de l’île de Bougainville, dans le Sud-Pacifique. La montée du niveau de la mer oblige les habitants à partir de chez eux… et à trouver de nouvelles terres où d’implanter…
Dans ce film, les habitants sont menés par Nick Hakata et vont justement chercher de quoi s’établir à Bougainville, ce qui n’est pas aisé car Bougainville sort tout juste de 50 ans de guerre civile. Le documentaire témoigne donc non seulement d’une réalité à laquelle plusieurs populations sont confrontées, mais c’est aussi une histoire d’espoir et de générosité.
Et à l’heure où certains doivent quitter leurs terres, on découvre encore des tribus qui n’ont jamais eu de contact avec le monde extérieur. Et cette histoire se passe cette fois-ci en Amazonie: le blog Tout Allant vert a relayé il y a peu une vidéo dans laquelle on découvre une tribu d’Amazonie qui n’a jamais eu de contact avec le monde extérieur… C’est l’un des derniers peuples isolés de la planète.
L’histoire se passe au Brésil, où l’on suit le travail de José Carlos Mirelles, dont la mission consiste à protéger les territoires indigènes de toute intrusion. Toute la difficulté de son travail réside dans la façon dont les autorités nient l’existence même de ces tribus, et ce alors que la forêt est de plus en plus menacée. Pour la première fois, il a permis à une équipe de la BBC de l’accompagner.
Le risque pour ces tribus vient de l’exploitation forestière illégale qui sévit au Pérou. Il est donc plus que crucial de protéger leur territoire et repousser les envahisseurs car ces peuples sont à la fois une richesse culturelle de l’humanité et un mode de vie durable à préserver.
Pour en savoir plus, je vous invite donc à aller sur le site de l’ONG Survival France rubrique Peuples Isolés.
Deux campagnes au ton résolument positif (bonus web de la revue sonore)
Mais tout est question de regard en fait: si nous respectons le mode de vie de ces peuples, nous devons respecter leur habitat, et c’est justement sur la notion de regard que porte la campagne de l’ONG Mama Hope, une Organisation Sans But Lucratif dédiée entièrement à l’aide au développement de communautés auto-suffisantes en Afrique. Elle mène des projets qui touchent aujourd’hui près de 55 000 personnes, par des actions sur l’accessibilité à l’eau potable, la mise en place de systèmes d’irrigations, l’éducation, la santé, etc.
Dans le cadre de leur nouvelle campagne “Stop the Pity, unlock the Potential” (=Arrêtons la pitié, débloquons le potentiel), ils ont publiés une vidéo particulièrement réussie que j’ai trouvé sur le blog de OneBlood.
Alex a 9 ans, il habite en Tanzanie et il livre là un récit de sa propre version de “Commando”, le film avec Arnold Schwarzenegger… A la fin de la vidéo, Mama Hope nous invite à mettre fin aux stéréotypes et à ne pas voir le jeune Alex comme un orphelin, une victime du sida ou bien un enfant soldat, mais comme un petit garçon intelligent, curieux, heureux, créatif, empli d’espoir, imaginatif, bilingue…
Comme quoi il est bien de remettre les choses à leur place parfois… et de comprendre surtout que nous sommes tous connectés, thème d’une magnifique vidéo du WWF qui a également circulé sur le web dernièrement… et qui prend d’autant plus de sens dans un monde où nous sommes de plus en plus connectés.
WWF – We Are All Connected from Troublemakers.tv on Vimeo.
We are all connected a été joliment réalisé par Ogilvy & Mather Mexico. Un jeu de cordes nous permet de comprendre les liens qui relient la faune, la flore et nous, petits humains. De quoi finir cette revue de web en douceur et nous faire méditer…







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