A ne pas louper: le musée du Quai Branly dévoile « l’Orient des femmes »
Les peuples d’orient sont au cœur de l’actualité… et à Paris, l’Orient des femmes est à l’honneur avec l’exposition actuellement organisée au musée du quai Branly. Véritable hymne à la féminité orientale, on nous propose là une autre vision des femmes qui peuplent ce croissant fertile qui va du nord de la Syrie à la péninsule du Sinaï.
Embellir pour exister
Au-delà de sa portée historique et ethnologique, la collection présentée (150 costumes et parures traditionnels du Proche-Orient) est exceptionnelle. Toutes les éléments ont été sélectionnés par le couturier Christian Lacroix, avec le concours de Hana Chidiac, responsable des collections Afrique du Nord et Proche-Orient du musée. Une invitation à la découverte esthétique de l’art vestimentaire féminin, un orient dévoilé.
Guidé par la couleur des fils sur le coton noir, l’argent lamé ou la soie rayée des doublures, la coupe des robes ailées et la teinture des étoffes nouées, Christian Lacroix a su déceler les pièces les plus remarquables. Hana Chidiac
De ce travail en commun est né un parcours poétique ponctué de pièces somptueuses qui, pour la plupart, sont exposées pour la première fois en France. Chacune des créations présentées raconte un pan de l’histoire de ces femmes dont les mains, les gestes, les goûts et le talent, ont donné aux étoffes, aux fils de soie ou de lin ou de coton, une part d’elles-mêmes, composant chaque pièce comme une oeuvre d’art. Des savoir-faire développés et transmis de mères en filles car « chaque robe est une autobiographie », confie Christian Lacroix : robes de fête, manteaux, voiles et coiffes composent le trousseau de la mariée.
Hommage à l’art millénaire de la broderie, l’exposition dévoile l’intimité de ces femmes qui, pendant des siècles, ont cherché à créer des modes pour s’embellir et exister au sein de sociétés qui les ont longtemps marginalisées.

Un Orient dévoilé
Carrefour politique, économique et culturel entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, le Proche-Orient a été le berceau de riches civilisations qui ont laissé leurs empreintes dans différents domaines artistiques dont l’art vestimentaire, encore méconnu du public. Marqueur social, géographique ou religieux, l’art millénaire des textiles et de la broderie, est avant tout un langage.
Depuis les années 1970, l’image et la physionomie de la femme du Proche-Orient ont changé. De nos jours, ce que l’on nomme « la tenue islamique » s’impose partout. De couleur sombre, elle recouvre le corps des femmes sans en rien laisser paraître et conduit, de fait, à l’abandon progressif des costumes traditionnels orientaux – entraînant ainsi la disparition des derniers témoins d’un art vestimentaire séculaire.

L’exposition s’attache à présenter les costumes des villageoises et Bédouines dont la richesse et l’éclat ont provoqué l’admiration des voyageurs du siècle dernier. Beaucoup furent déconcertés d’ailleurs, comme le commente le géographe Jacques Weulersse : « Ils s’attendaient à des vêtements de pauvres paysannes, ils découvrent des costumes de ballerines d’opéra ». (Paysans de Syrie et du Proche-Orient, Paris, Gallimard, 1946)

A l’exception de cette émouvante robe d’enfant du 13e siècle retrouvée dans une grotte au Liban (ci-dessus) et prêtée par le Musée national de Beyrouth, les pièces exposées datent pour la plupart de la fin du 19e siècle à nos jours. Elles sont issues des collections du musée du quai Branly et de la plus exceptionnelle collection privée de costumes et parures du Proche-Orient, celle de Madame Widad Kamel Kawar (Jordanie) qui, récemment confiait au journal Le Monde: « Le vêtement traduit le désir de plaire et donne à la femme des armes pour séduire. Ce charme est tel qu’une loi assyrienne demande bientôt aux épouses des hommes libres de couvrir leur chevelure attrayante « ce long filet où se prennent les hommes », lorsqu’elles quittent leur demeure. »
++ Détails sur l’exposition ++
« L’Orient des femmes vu par Christian Lacroix » - Musée du quai Branly, 37, quai Branly, Paris 7′.
Jusqu’au 15 mai 2011.
Entrée: 8,5€.
Catalogue, coédition Quai Branly/ActesSud, 164 pages, 32C.

++ En savoir plus ++
- L’exposition est le fruit de la rencontre entre un regard scientifique oriental et un regard artistique occidental. Christian Lacroix s’inspire dans ses créations des costumes et des traditions orientales et occidentales des 18e , 19e et 20e siècles et autres inspirations provençales, ethniques ou baroques.
- Hana Chidiac est née au Liban. Diplômée en histoire de l’art et archéologie, elle est responsable, depuis 2002, de l’unité patrimoniale des collections Afrique du Nord et Proche-Orient au musée du quai Branly. Elle a réalisé de nombreuses expositions temporaires à l’Institut du Monde arabe où elle travailla de 1983 à 2000 (Yémen, au pays de la Reine Saba ; Les ribats de Tunisie ; Yémen, la parole révélée ; Beyrouth, le temps retrouvé ; Châteaux Omeyyades de Syrie…).
- Profitez-en pour visiter également l’Exposition temporaire : « Dogon ». Du 5 avril au 24 juillet 2011. Réalisée avec le soutien de la Fondation Total et Fimalac. Pour la première fois en France, cette exposition-événement présente, sur 2000 m², l’histoire de l’art et de la culture dogon, à travers plus de 300 œuvres issues de collections du monde entier. Plus de dix siècles d’histoire des peuplements, des influences artistiques et culturelles sont parcourus à travers un rassemblement unique de chefs-d’oeuvre incontournables et de pièces du quotidien inédites, témoins du peuplement progressif du pays dogon et de la définition des différents styles de sculpture qui y ont été identifiés.







Ondes Vertes
Panier du mois
Bibliothèque
Agenda
Liens
Tchats & Débats
Questions réponses
Sondages

Troisième expo la plus visitée depuis l’ouverture du musée Quai Branly…