C’est l’année internationale de la forêt mais… que connaissons nous des arbres ?
Nous ne connaissons pas grand chose des arbres et du réseau qu’ils forment avec l’ensemble de la biosphère. Chaque année, nos découvertes sont étonnantes.
La vie n’a conquis les continents qu’il y a environ 500 millions d’années et après à peine 100 millions d’années apparaissaient déjà les arbres. Sur ces terres qui couvrent moins de 30 % de la surface de la planète, les arbres ont conquis l’espace déployant leurs branches leurs feuilles, multipliant les surfaces de captage de la lumière solaire et compensant ainsi le peu de place que leur réservait la terre ferme.
Leur matière, ils la tirent de l’air. De substances inertes et minérales, le CO2, l’eau, la lumière, ils font de la matière vivante, organique qu’ils accumulent sur la terre. Sucres, hormones, vitamines, protéines, graisses… se transmettent d’être vivant en être vivant. Et commence alors le grand ballet de la chaîne alimentaire. Par leurs racines ils extraient les minéraux de la roches et là encore, les rendent disponibles sur la terre.
Le végétal casse la molécule d’eau et en extraie l’oxygène qui emplit l’atmosphère.
Des Forêts et des Hommes film officiel de l’Année Internationale des Forêts // Réalisation de Yann Arthus Bertrand pour les Nations Unies*
L’arbre fait le lien entre l’eau, l’air la terre et le soleil
Le végétal est l’usine chimique du Vivant
Son outillage génétique est d’une richesse à peine explorée. Et si du Vivant entier nous n’avons identifié qu’au mieux 6% environ des espèces, nos recherches biologiques, physiologiques, comportementales se sont surtout intéressées aux animaux.
Les arbres ne bougent pas mais ils communiquent
Nous commençons à découvrir des comportements végétaux que nous ne soupçonnions pas. L’arbre ne bouge pas mais il communique.
Les arbres sont capables de s’alerter de la présence de prédateurs. Ils sont capables de modifier leur composition chimique à l’approche de l’animal. Un acacia dont un animal commence à dévorer les feuilles, modifie instantanément leur composition et les rend astringentes, inappétentes, presque toxiques. Mieux, il émet de l’éthylène, une phytohormone. A la réception de celle ci, les acacias du voisinage se protègent immédiatement.
Un système nerveux végétal
Dans le sol, les racines sont parcourues à leurs pointes d’influx électriques et émettent en réaction des molécules chimiques qui diffusent, sont reçues par d’autres racines du même arbre ou d’une autre plante, qui alors réagissent au signal. Ce sont là les caractéristiques mêmes du système nerveux animal. Les racines forment sous terre autant de matière que nous n’en voyons dans l’air. Notre sol est-il parcouru d’un système nerveux collaboratif, interdépendant entre les végétaux qui forment un réseau informationnel et vivant insoupçonné ? C’est ce que nous semblons découvrir.

Feuille rouillée, par Richard
Les forêts sont les mère des pluies et les centrales de purification de l’eau
L’arbre a besoin d’humidité ? On a observé que les arbres tropicaux excrétaient des substances dans l’atmosphère qui ensemencent les nuages, agrègent la vapeur d’eau et font naître les gouttes qui coulent et qui abreuvent..
Les forêts sont les mères des pluies. Elles forment comme des mèches qui canalisent en douceur l’eau ruisselante jusqu’au sol. Leurs racines la retiennent la stockent, et associées aux multiples animaux du sol qui vivent des matières exsudées, les purifient. En retour les arbres transpirent et renvoient l’eau en brume douce vers l’atmosphère.
Le plus vieil arbre de la planète a plus de 40 000 ans
L’arbre peut vivre des milliers d’années. Le plus vieil arbre découvert a plus de 40 000 ans**. Ses matières toxiques, il les stocke, les transforme et en fait sa protection, la subérine, la lignine, ces matières qui forment son écorce et le protègent des parasites, des champignons des prédateurs. Il abrite multiples plantes qui s’enracinent au soleil sur le sommet de ses branches. Et qui produisent les remèdes qui nous guérissent. Car nous parlons le même langage. Le code génétique que parlent leur cellules est le nôtre.
Il n’y a pas d’eau potable sans les forêts et les marais du monde. Il n’y a pas de pharmacopée sans la diversité des plantes qu’elles recèlent, il n’y a pas la retenue des limons qui rendent nos terres fertiles.
N’OUBLIEZ PAS
N’oubliez pas. Aujourd’hui les forêts disparaissent à un rythme supérieur à celui qu’a jamais connu l’humanité. Nous transformons les forêts primaires du monde en plantations d’eucalyptus pour produire nos suremballages, nos prospectus publicitaires, nos PQ « 100 % pâte vierge », nos surimpressions dans nos bureaux… Et l’édition et le papier d’écriture représentent aujourd’hui moins de 30 % de notre consommation de papier.
Nous transformons les forêts primaires du monde en plantations de palmier à huile, pour nos détergents, nos shampoings, nos chips nos biscuits… Nous rasons les mangroves pour implanter des élevages de crevettes. La moitié des mangroves de la planète a disparu en un siècle. Depuis les années 1970, la crevetticulture – ces gambas qui inondent les supermarchés et restaurants du monde – en est la première cause. Et je ne parle pas du soja qui s’étend sur la forêt amazonienne pour alimenter une viande qui est devenue à 99 % industrielle dans les pays riches.

Forêt, par Richard
Sauver sa forêt, un parcours du combattant
Aujourd’hui L’Equateur appelle le monde entier à l’aider à préserver sa forêt plutôt que de la raser pour exploiter les champs pétrolifères qui se trouvent au dessous. Le Costa Rica a renoncé à son armée pour préserver ses forêts tropicales parmi les plus riches du monde. New York a refusé les centrales de potabilisation de son eau pour préférer préserver les forêts du nord de l’état qui l’alimentent et la purifient. Comme Munich. La Corée du Sud a reforesté entièrement son pays dévasté par la guerre il y a 50 ans. Sur tous les continents, des villageois repiquent, replantent pour refaire s’étendre les forêts tropicales qui protégeaient autrefois leurs villages des vents, de la sécheresse, des parasites ou de l’intrusion de l’eau saline. Des labels essaient de rendre la gestion de la forêt plus responsable comme le FSC que de plus en plus d’entreprises adoptent, même si tout n’est pas encore parfait.
Sans arbres la terre est mise à nue, sans arbres les hommes ne peuvent pas vivre
Bref, nous avons besoin de la forêt et nous l’oublions. Nous ne pouvons pas vivre sans les forêts du monde. Elles font l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les médicaments dont nous nous soignons.
Leur protection est une question d’argent et de choix. Elle est aussi une question d’information. Nous pouvons sélectionner ce que nous achetons, nous pouvons aussi exiger des politiques responsables au niveau international comme local.
++ Pour aller plus loin ++
*L’ONU a demandé à Yann Arthus-Bertrand de réaliser ce petit film pour le lancement de l’année de la forêt. Pour ce petit film, j’ai présélectionné les images, proposé des trames de narration et de sujet pour son équipe.
** Le houx royal de Tasmanie, il a 43 000 ans







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Site web de l’association conso-oeil
http://cons-o-eil.org/index.php
L’association de l’information sur l’affichage environnemental par la veille scientifique
[...] Et Ecolo Info complète le tableau : Ecolo-Info » Biodiversité » C’est l’année internationale de la forêt mais… que connaisson…. [...]
[...] 2011 est l’année internationale de la forêt. A cette occasion, le photographe indien Suresh Natarajan a réalisé douze portraits de modèles dans des tenues de femmes guerrières gardiennes des forêts. [...]
[...] C’est une belle découverte que j’ai faite à l’occasion de la première université d’été du réseau Imagine 2020. Au programme ? De la science à l’art, les forêts au cœur de la ville. De quoi aborder la question de la forêt en tant que lieu primordial de vie pour des centaines de millions de personnes ; un éco-système essentiel à la survie de l’espèce humaine par son rôle social, économique et culturel. [...]
[...] 2011 était l’année internationale de la forêt, ce fut également l’année de l’indignation. Des milliers des gens un peu partout dans le monde sont descendus dans les rues pour clamer leur désaccord avec les inégalités. Des dictateurs sont tombés et d’autres sont bien mal en point. De quoi réviser nos classiques et actualiser l’histoire du chêne - ou bien était-ce un olivier ? - et du roseau. [...]