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Matière grise pour évolution verte

Les Coulisses » Coups de gueule

Spectateur ou participant ?


Le 21 janvier 2011 | Par

Matyas

Ses articles

Si tout est dit dans le titre, j’aimerais ici pousser un coup de gueule devant la prolifération des écrans dans notre vie quotidienne, car à force d’en voir éclore partout je m’inquiète, je trouve que cela reflète un problème de société.

On croit être en contact avec tous ces groupes, Facebook, Myspace & Cie, et au bout du compte on se rend compte que le temps a filé et que ça fait déjà 4 heures qu’on est tout seul devant l’ordi, tout seule devant l’Iphone, tout seul devant la télé, tout seul dans un bar, tout seul dans la salle d’attente, tout seul, tout seul, tout seul.

Médias, ultra-rapidité, insatisfaction

« Nous n’avons jamais été autant en communication et aussi peu en relation »

Pierre Rabhi.

Et oui, c’est une vérité ! Car l’illusion d’être pleinement entouré est là : nous avons Gisèle sur Facebook, Gwendall sur Skype, la vie de Gertrude sur Twitter, maman au téléphone, papa en texto, Marco qui vient de passer à la télé, Soazig qui fait de la figuration au cinéma et attention, pas des moindres, Mamie qui nous a écrit une lettre par la poste ! Et oui ça arrive pas tous les jours que quelqu’un ait pris le temps de nous écrire une lettre.

Elle a le temps, elle.

« Le futur est fait d’une folle virtualité,
Qui semble être toujours gouverné par l’amour que nous avons,
Pour nos technologies inutiles et étourdissantes.

Quand je pense au bordel dans lequel on est,
c’est difficile de savoir par où commencer.
Si seulement je pouvais déjà me dégager
de toutes les addictions maladives
que l’humain à crée. »

Jay Kay (Virtual Insanity, 1993)

Lorsque j’avais écris sur lécolo Jay Kay - Jamiroquaï – j’avais traduit ses paroles et avait été étonné de leur lucidité. Et triste de me rendre compte qu’en 1993 il n’y avait pas 3/10e des technologies qui ont envahi notre quotidien depuis.

Mais ici réfléchissons ensemble sur le cas des écrans dans notre vie en prenant le cas de Marion.

Alors qu’elle sort du boulot dans lequelle elle est architecte et passe 90% de son temps devant l’ordinateur à concevoir des plans, à gérer des papiers administratifs et des clients par e-mail, la voici qui termine enfin à 19h.

Elle s’empresse de regarder son Iphone voir si la nounou n’a pas laissé de message, en prenant le métro elle envoie 3 textos, un à Richard pour la soirée de vendredi, au couvreur pour la pose mal faite de la maison rue Mitterrand et un à Tania, qu’elle retrouve ce soir pour aller au cinéma.

Elle sort du métro pour aller à la pharmacie prendre un tube de doliprane car elle a mal au crâne et là en faisant la queue, son regard s’attarde sur l’écran au dessus des serveuses de la pharmacie, qui vante les mérite du sitro-pétrolium, ce fameux sirop sans produits dangereux bien-sûr.

Elle regarde les dessins animés qui passent sur l’écran avec des tubes géants qui débarquent sur la Terre pour sauver les hommes malades quant elle entend juste la serveuse qui l’appelle en même temps que Tania lui répond par texto qu’elle sera bien dans le bar prévu à l’heure prévue, dans le quartier prévu, dans la ville prévu… Comme prévu quoi.

Elle pense ensuite en marchant dans la rue qu’elle avait absolument besoin d’aller faire une course. En rentrant dans le supermarché elle traverse les rayons et s’attarde une seconde sur le petit écran qui fait la pub avec des couches qui volent dans le ciel et des bébés qui rient et font du surf.

Puis elle se dirige vers le bar où elle a rendez-vous avec Tania et l’attend en regardant les clips de MTV qui passent sur l’écran fixé au-dessus des tables avec une blonde platine en soutien-gorge qui se déhanche sur de la techno. Elle va se casser une côte se dit Marion. Elle regarde.

Réponse de Richard pour vendredi par texto, super c’est ok pour aller au Futuroscope avec les enfants voir le nouveau spectacle en 4D des Minimoys de Luc Besson. Faut pas louper ça, les enfants lui réclament tous les jours depuis 6 mois.

Marion aperçoit Tania qui est dehors en train de consulter les horaires de train sur son Iphone et en même temps de parler à son frère pour la soirée du 30. Après un verre, elles partent au cinéma voir « Claire où l’illusion de la réalité » (en 3D bien-sûr), le film dont tout le monde parle donc il est forcément superbienmégagénial.

Se dirigeant vers la maison elle passe dans sa rue et regarde le restaurant éclairé dans la nuit. Des écrans sont disposés ici et là dans la pièce. Puis elle passe devant une maison où toute une famille est devant la télé. C’est fou cette société de la télé se dit Marion.

Elle passe s’acheter des cigarettes avant de rentrer et là, un mini-écran de télé fait défiler les numéros du loto. Marion ne peut s’empêcher de penser « si je pouvais gagner un jour …».

Arrivée chez elle, elle libère la nounou en se rendant compte que son fils est encore devant la télé en pleine partie d’un jeu vidéo. Elle s’énerve et le prie de bien vouloir aller se coucher. Puis elle se fait un thé et part continuer le livre qu’elle a commencé l’été dernier « Comment se sortir de l’addiction ».

Bien au chaud, son ordinateur 46 pouces l’attend près de son lit, elle s’y met juste quand Stéphane lui envoie un texto avec une photo de lui dans le grand blanc avec son équipe de montagne « à demain, je t’aime ». Elle regarde la photo attendrie « ça fait quand même 4 jours qu’il est parti avec ses potes dans la nature, mon rêve ! ».

Vous êtes-vous reconnu dans Marion ? Si oui, il est temps de changer quelque chose dans votre façon de fonctionner. Si non, portez votre attention sur votre temps devant un écran, quel qu’il soit, ainsi que sur la présence des écrans dans votre quotidien, et observez.

Nous sommes dans une société de communication, de médias, d’ultra-rapidité. Tout est fait pour que nous nous amusions, que nous nous « éclations », que nous ayions accès à l’entièreté des informations du monde et surtout que nous sachions la vie de notre voisin.

C’est une révolution et quand j’y pense j’ai des fois l’impression d’être dans un film de science-fiction (d’ailleurs, que ceux qui ont aussi parfois l’impression d’être dans Matrix ou Blade Runner mettent un commentaire ci-dessous !). J’ai l’impression que bientôt, les pubs vont nous reconnaître et prononcer nos noms, que des ballons montgolfières avec des écrans vont se balader dans le ciel et que les immeubles des villes seront des écrans géants.

Je me dis, est-ce que même ma grand-mère pourrait comprendre le monde dans lequel je vis, et surtout, pourrait-elle comprendre à quel point c’est important d’avoir le dernier Iphone, le dernier Mac, vu le dernier film et savoir le dernier potin qui finalement nous sert juste à faire la conversation puisqu’on l’a déjà oublié en changeant la couche de bébé le lendemain matin au réveil.


Non, elle ne pourrait pas comprendre car quand elle était jeune, il n’y avait pas de portables, pas d’ordinateurs, pas de télés, pas de films en 3D, peu de voitures… Par contre, elle a connu la guerre, la faim, les bons légumes du jardin, elle a parlé la langue de ses ancêtres, le breton, etc…

En son temps y’avait pas vraiment de confort ??? Brrrrrr pas assez de confort. Mais la question nait alors en moi : qu’est-ce que le confort ? Me rend-t-il vraiment heureux ?

Quand je regarde, je suis pas sûr : si je n’accède pas à mes mails dans la seconde, je peste, s’il y a trop de queue à la boulangerie, je trépigne, s’il y a un embouteillage, je râle. Nous avons tout ce que nous voulons tout le temps et pourtant ce n’est pas assez rapide. Les machines ont bel et bien révolutionné notre mode de vie… pour notre bien ?

Voilà : vraiment, franchement, entre nous, JE NE CROIS PAS.

Le vide, la vacuité

«Tu crois que ton corps à été fait pour rester assis à fixer un écran pendant toute ta vie ? »

Chieu Van Huyn.

Ce que veulent les médias, c’est bien souvent nous vendre leur « trucs », leur stuff comme dirait notre amie Annie Léonard, qui a reconstitué en dessin le puzzle du fonctionnement de la société d’aujourd’hui. Nous sommes des bonnes cibles d’une économie de marché qui fonctionne toujours et encore plus sur l’exploitation des ressources et des hommes pour plus de consommation, de fric, de flouz, de pièce de monnaie, de caillasse, d’oseille.

Jay Kay (qui a bien changé depuis sa période écolo, voir mon article sur le sujet ici), dira plus loin dans ces paroles :

« Rien ne changera notre façon de vivre tant que nous ne saurons que prendre et ne pas donner ».

Si ce n’était que les pub qui nous disent qu’on est « con » parce qu’on n’a pas le dernier sèche-linge qui fait télévision, mais ce sont aussi les informations du journal qui nous montrent la mort en permanence : attentats, vols, tsunami, tremblements de terre, crash, meurtres, drogue… Moi qui ne regarde plus la télé depuis 1998 (et oui c’est vrai), je suis vraiment choqué et touché par le journal télé. Franchement, c’est super déprimant et je me sens impuissant face aux malheurs du monde dont je voudrais me sentir responsable malgré tout.

Le journal c’est le cauchemar pour moi et surtout quand il vous annonce « voici des images inédites du massacre prises par un caméraman amateur »… si le film du soir c’est « massacre à la tronçonneuse »,  vraiment je me demande comment cette boite carrée est venue s’immiscer dans notre intimité pour nous rendre encore plus faibles, plus vulnérables, physiquement et psychologiquement. La télé, vous devez l’admettre, c’est vraiment un truc de dingue qui sert plutôt à nous manipuler et à nous endormir qu’à nous ouvrir l’esprit.

Imaginez un monde sans télé ! Imaginez le temps que nous aurions de libre pour aller dans les bois, ramasser des pommes de pin pour le feu, pour aller surfer, pour aller danser, pour agir avec une association agricole bio, pour aller créer avec ses copains de projets formidables, pour protéger la nature, changer le système d’éducation, apprendre à se respecter et à partager, pour s’aimer… Pour vivre… enfin… quoi… merde, il serait temps non ?

Donc mon plus sincère conseil : jetez votre télévision, soyez plus efficace sur votre ordinateur et passez-y moins de temps, ne consultez pas votre téléphone toutes les 2 secondes (surtout quand vous êtes avec un ami), remplacez vos jeux vidéos par le sport, la danse, le chant… surtout, surtout, impliquez votre corps, votre être tout entier dans cette activité. Consacrez-y du temps à cette activité que vous n’arrivez pas à faire depuis si longtemps – pour toutes les bonnes raisons du monde on vous croit- seul, en famille, avec des amis, des collègues, peu importe mais allez-y !

Ressentez ce qui se passe dans votre corps, loin des ondes parasites du quotidien, car ce que l’on ressent quand tout s’arrête, c’est le monde, c’est la joie profonde d’être vivant. Et ça nous avons du mal dans notre quotidien chronométré à trouver de quoi ressentir cette joie d’être sur Terre.

L’espace qui va se créer sera ressenti comme un vide, mais bientôt vous verrez, vous vous sentirez mieux, moins nerveux, plus dans la réalité de la vie. Vous aurez envie de passez plus de temps avec vous, à développer votre créativité et vos talents (car oui, nous en avons tous reçu de manière égale), avec les autres, avec vos enfants, pour leur montrer comme le monde est beau et comme ils peuvent participer à la transformation de la société et au miracle de la nature.

Les écrans nous plongent dans un autre monde, attention de ne pas s’embarquer pour une autre planète, n’oubliez pas le monde physique dans lequel évolue notre corps est ce qui nous rend vivant et qui nous amène à être en connection avec ce qui nous entoure. Faire de la place pour s’écouter, c’est se mettre en relation avec les éléments qui nous entoure, les humains, les plantes, les animaux, les éléments de vie.

Participer à l’univers

Car oui, nous sommes des enfants de l’univers, nous l’oublions bien souvent.

Trop préoccupés par nos « priorités », par le conditionnement dans lequel la pression social nous maintient bien à l’étroit, nous avons oublié que les saisons existent, que la nourriture vient des plantes, des animaux, de la terre. Qu’une personne a pris soin de faire grandir cette nourriture pour notre subsistance, que le soleil se couche et qu’il se lève, qu’un enfant qui pleure demande qu’on le regarde dans les yeux et qu’on le console et pas qu’on l’engueule, que l’océan nous apporte de l’air pour que nous puissions respirer et être vivants sur cette terre, que la pluie nous permet de boire à notre soif, grâce à l’eau qu’elle fait tomber dans les rivières, remplissant nos sources.

Justement, en parlant de source : sachons reconnaître nos besoins, notre source intérieure. Sachons écouter notre corps, si mal mis en condition devant ces écrans, avec les yeux qui fatiguent, les mains qui tremblent et les oreilles qui explosent.

Notre source intérieure nous appelle constamment à nous écouter pour avancer de la meilleure façon : avec un esprit clair et reposé dans un corps plein de vitalité et d’énergie positive.

J’ai lu il n’y a pas longtemps les paroles d’un moine zen sur ce sujet, les voici :

« Avez-vous déjà vu la nuit disparaître ? Peu de personne réalisent vraiment ce qui se passe chaque jour. Avez-vous déjà vu venir le crépuscule ? Et entendu la mélodie du milieu de la nuit ? Avez-vous déjà observé la beauté du lever de soleil ? Vous vous comportez comme un aveugle. Alors que le monde est si beau, vous vous contentez de vivre dans la flaque de votre propre misère. Elle vous est si familière que lorsque l’on essaye de vous en tirer, votre résistance est des plus fortes. Vous ne souhaitez pas sortir de votre misère, de votre souffrance. Pourtant la joie est omniprésente. Il suffit de vous en rendre compte et de devenir un participant au lieu de rester un spectateur.

Participez à la nuit qui s’en va, au crépuscule qui vient, aux étoiles et aux nuages. Participer doit devenir votre mode de vie. Alors, votre existence entière sera une joie, une extase. Vous ne pourrez plus rêver d’un univers qui soit meilleur.

Participer à la création de quelque chose d’une grandeur et d’une beauté supérieures à ce que vous ne pourriez réaliser seul, est magique. Non seulement votre contribution vous nourrira, mais elle apportera une touche précieuse au tableau d’ensemble ».

Nous sommes sur cette Terre pour participer à la beauté du monde dans lequel nous avons été mis (puisque finalement on n’a rien demandé, mais on est quand même bien content d’en profiter), alors participons à un monde plus juste, plus beau, plus sain et non une société de consommation d’écrans lobotomisants qui polluent notre mental et brouille notre esprit. Cela nous éloigne de toutes nos possibilités et de nos talents pour savoir vivre ensemble dans le monde de demain, qui sera humain, écologique… et logique tout court :)

N’ayons pas peur de notre lumière intérieure et de notre source d’eau vive qui naîtra de cette saine vacuité, de cette vie sans « écrans », plus connectée, à l’univers, à la nature, à la beauté du jour qui se lève. Ayons conscience que nous avons un corps auquel nous devons du respect avant tout, c’est ce qui nous appartient dans ce monde et ce dont nous devons prendre soin.

Sachons faire les bons choix et dès maintenant (d’ailleurs j’ai assez passé de temps devant l’ordinateur pour vous écrire cet article, donc : Kenavo, je vais profiter du soleil dehors et marcher sur la plage !).


11 commentaires à “Spectateur ou participant ?”

  1. Nathalie dit :

    Salut Matyas !

    Je suis d’accord avec ton coup de gueule, à un point près que je pense qu’on peut faire les deux et qu’il ne faut pas en vouloir aux écrans qui ne sont que des objets.

    Comme dans tous les domaines, les excès sont mauvais. Les écrans (de PC, de TV, de cinéma, d’information) nous ont simplifié la vie, le tout est de savoir utiliser ce temps gagné pour faire d’autres choses moins virtuelles.

    Nous savons tous les deux que nos voyages n’auraient pas la même saveur (surtout pour nos parents) si les écrans ne nous avaient pas permis de partager ces choses magnifiques que nous avons ressenties et vues.

    Avec Nicolas nous n’avons pas de TV et nous en sommes très fières et heureux :) C’est notre petite victoire contre le lavage de cerveau, mais ça ne nous empêche pas de passer nos vies professionnelles derrière un écran (ce qui a l’avantage pour moi de me permettre de bosser de chez moi et donc de prendre du temps en journée pour aller boire un thé avec mes copines).

    Enfin, je voudrais te féliciter pour cette belle phrase, qui est très importante et TELLEMENT vraie :  » ne consultez pas votre téléphone toutes les 2 secondes (surtout quand vous êtes avec un ami), »

    A bientôt en vrai, j’espère !!
    nat

  2. Fanette dit :

    Conclusion : tu as un compte twitter ?

  3. Laurence dit :

    Comme Nathalie, je pense que tu te trompes de « cible ». Ce n’est pas le fait d’avoir un écran qui fait que l’on doit avoir celui dernier cri ou y passer des heures. Cela, ce sont des choix faits en âme et conscience.
    Personnellement, j’ai un GSM d’il y a 8 ans que je laisse parfois (souvent dirons certains) éteint et je l’allume tout de même parce qu’il est important pour certaines personnes de pouvoir me contacter (babysitting, …)
    Pour ce qui est de la télé, je pense qu’il peut être pas mal de passer une certaine période sans, pour apprendre ou réapprendre à faire ces choix. Cela nous est arrivé, on a passé 6 mois sans télé, et maintenant, je ne la regarde que pour le JT (et s’informer reste important, selon moi. Rejeter en bloc les infos parce que c’est déprimant, ce n’est pas pour moi développer son esprit critique).
    Enfin, pour l’ordinateur, rien ne t’empêche de l’utiliser sans participer à facebook, twitter et co… Parce que même si les écrans ont des travers, ils ont aussi beaucoup d’intérêt qu’il ne faudrait pas leur dénier.

  4. Anne-Sophie dit :

    Coucou Matyas!
    Tout cela me fait penser à ce que raconte Paul Virillo, il est bien dans cette posture aussi:-)
    On devrait lancer la journée sans écrans!
    D’ailleurs aux USA une expérimentation a été faite en ce sens l’été dernier avec des scientifiques, ils n’ont pas tenu plus de 5 jours… moi c’est cette addiction qui m’inquiète, et les effets sur notre capacité de concentration que d’être sans cesse dans les flux d’information!
    Bises!

  5. Cathou dit :

    Un très bon billet que je viens de lire, là ! Je vous laisse parcourir, une texte qui m’a profondément touchée, datant du mois de Janvier 2011.

    Pierre Rabhi était dans l’assistance. J’ai été vers lui et lui ai demandé s’il était optimiste sur la capacité des humains à s’en sortir. Ce qu’il m’a répondu m’a bien convenu et j’en ai fait une des citations qui m’accompagnent dans ma vie :

    « Nous sommes sur un bateau qui est en train de couler. Sur le bateau, il y a les optimistes sur le pont. Ils ne s’inquiètent pas trop, tout en reconnaissant le caractère particulièrement grave de la situation, et font comme d’habitude, discutent, jouent, lisent, mangent… Ils disent qu’il y a toujours eu des solutions à tous les problèmes de l’humanité, et que la solution arrive. On ne sait pas d’où ni quand elle arrivera, mais elle est en chemin.

    Et puis, il y a les pessimistes. Ils pensent que rien ne va se solutionner et que la situation est désespérée. Certains d’entre eux se jettent à l’eau, d’autres se replient sur eux-mêmes. Pour eux, la situation est sans issue. Et dans la cale du navire, il y a les gens comme nous. On écope l’eau tant qu’on peut. »

    Par Yves Mathieu (Directeur de Missions Publiques, spécialisée dans l’accompagnement de programmes de démocratie participative et d’amélioration des politiques publiques . Il est depuis janvier 2007 volontaire dans l’organisation The Climate Project fondée par Al Gore).

  6. Albert dit :

    Merci Matyas pour ce long billet que j’ai pu lire sur mon écran ;-)

    Je te rejoins dans ton questionnement et d’autant plus qu’avec les 3 minots qui m’observent à la maison, je me sens un devoir permanent d’exemplarité.

    Depuis maintenant 25 ans que l’informatique s’invite dans mon quotidien et plutôt à l’aise avec ces techniques, j’ai plus d’une fois penser tout arrêter.

    Mais comme le disent Nathalie et Laurence, c’est aussi une question d’usage.

    Je pense avoir la chance d’avoir grandi avec, d’en comprendre les mécanismes, d’avoir une forte capacité à prendre du recul et de repérer les addictions qui me guettent : mais quid de ces jeunes qui vivent le nez dans l’écran ?

    Quels outils pouvons-nous leur proposer afin qu’ils comprennent la différence entre un usage raisonné et une compulsion ?

    Ton billet m’a aussi fait pensé à un billet que j’ai publié l’année dernière sur notre blog et où je citais Henry Miller dans un texte de 1952 :

    “Les gens affirmerons qu’ils dévorent les journaux et collent leur oreille à la radio (parfois les deux en même temps !) afin de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde, mais c’est là pure illusion.

    La vérité c’est que dès l’instant où ces pauvres gens ne sont pas actifs, occupés, ils prennent conscience du vide terrifiant, affreux qu’il y a en eux.

    Peu importe, à dire vrai, à quelle mamelle ils têtent, l’essentiel pour eux est d’éviter de se retrouver face à face avec eux-mêmes.

    Méditer sur le problème du jour, ou même sur ces problèmes personnels, est la dernière chose que désire faire l’individu normal”

    Personnellement, j’ai décidé d’une « journée sans écran » au moins une fois par semaine.
    Une journée où mon ordinateur ne s’allume pas et où, volontairement je me coupe du monde distant pour me consacrer à 100% à mon entourage.

  7. Laurence dit :

    A Albert: pas mal la solution. Je pense que des séjours de rupture (camp guide, camp nature, …) peuvent faire beaucoup de bien. Généralement tout objet électronique est interdit et de toutes façons, après quelques jours, ils sont devenus inutiles vu qu’entre les arbres, il n’y a pas de prises.
    Après, est-ce que les jeunes ne se jettent pas sur leurs écrans sitôt rentrés, si mais malgré tout, ces ruptures sont, je pense, très bénéfiques.
    (petite anecdote: lors d’un camp, les parents envoyaient dans leurs lettres des comptes-rendus de secret story! (émission de téléréalité basé sur un concept que je n’ai jamais vraiment compris)).

  8. Matyas dit :

    Ma réponse en différée :)

    Merci à vous pour vos partages et réponses !
    J’aurais beaucoup à dire…

    Albert ta phrase me touche BEAUCOUP…
    Nathalie & Laurence je crois qu’il est important d’être lucide sur la place de nos écrans dans nos vies…
    Cathou Pierre Rabhi est mon mentor !

    J’ai des copines qui se sont fait opéré de la main…droite évidemment et ce sont des personnes qui sont écrivains et journaliste et passe leur vie devant les écrans…
    De même pour les yeux, on peut facilement voir qui passe des heures devant son ordinateur…

    Ce que je pense c’est qu’il est urgent de passer moins de temps devant l’ordi !

    Mat

  9. Yo léopard,

    On est jamais tout seul dans un bar.

    bisous.

  10. Détends toi l’écran te parles prend ton Nespresso, une malback et devient addict à la vie!!!!!
    nan respire c’est tout man.

    Kiff la life, c’est ça qui est bon, rien ne sert de rouspéter il faut agir. Débutons par tous voter pour Nicolas Hulot.

    Yahoo, Youtube, Porn addict, c’est la même guerre, c’est une addiction.

    Si la Montagne ne viens pas à maHomet, maHomet ira à la Montagne.
    bisous

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