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Pourquoi Barbara Kingsolver est mon idole


Le 17 janvier 2011 | Par

Agnès

Ses articles

Totalement immergée dans un mode de vie écologique, je traque sans relâche dans le quotidien les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.

Son nom est déjà apparu subrepticement dans certains de nos articles, mais jamais encore nous n’avions pris le temps de nous arrêter pour de vrai sur l’œuvre de cette grande dame. Il est plus que temps, car s’il est une figure incontournable de l’écologie en littérature et plus particulièrement du locavorisme, c’est bien elle. Elle ? Barbara Kingsolver, mon idole dans le domaine.

A l’occasion de la réception de l’Orange Prize for fiction, prix décerné pour son dernier ouvrage, Un autre monde

Une auteure engagée

Je suis entrée dans l’univers de Barbara Kingsolver par son livre « L’arbre aux haricots » et immédiatement, j’ai été séduite par son écriture, par cette agréable sensation d’être en terrain connu, par l’histoire que je découvrais, par tout ce qui a fait que je me suis sentie immédiatement embarquée dans son univers. Parce qu’elle décrivait magnifiquement aussi bien les sentiments et les émotions humains que mille et un détails de la nature, les enjeux et les problématiques de sa préservation. Je sentais chez elle un lien très profond, très sincère avec l’environnement et un réel souci d’agir pour sa protection.

Lorsque j’ai ensuite lu « Un été prodigue », son plaidoyer pour la défense de l’environnement était encore plus prégnant. Sa façon d’entremêler les destins de ses trois héroïnes avec des cas concrets en lien avec la nature (programme de réintroduction du châtaigner en Amérique, reconquête de territoires par des coyotes, usage de pesticides…) est unique.

Elle a vraiment l’art de faire passer des messages environnementaux majeurs sans que jamais cela n’apparaisse plaqué ou trop grossier. Bien au contraire, tout y est fluide, naturel et par conséquent ses messages sont d’autant plus marquants.

Et quel bonheur de respirer des odeurs de terre humide ou de chèvre-feuille en lisant ses mots au fil des pages !

L’essence littéraire du locavorisme

Mais ma plus grande émotion « kingsolvienne » reste incontestablement « Un jardin dans les Appalaches », publié aux Etats-Unis en 2007. Cet ouvrage a, dès les premières pages, résonné en moi comme une évidence, j’adhérais à chaque idée, chaque phrase. Tout me semblait si limpide, clair, intelligible, un vrai bonheur !

De quoi traite ce jardin dans les Appalaches ? De la formidable aventure tentée par l’auteure avec sa famille, qui a choisi de quitter le désormais trop aride état de l’Arizona, pour s’installer dans une ferme, dans les Appalaches, où ils vont tenter une expérience un peu dingue : réussir à se nourrir exclusivement de ce qu’ils feraient pousser, des animaux qu’ils élèveraient, ou bien de ce que produiraient des exploitants proches de leur ferme.

C’est leur choix de s’engager résolument dans la voie du locavorisme et leur parcours de néo-locavores dont Barbara Kingsolver fait le minutieux récit dans cet ouvrage. Saison après saison, mois après mois, elle nous livre tout, les réussites, les bonnes surprises, mais aussi les échecs, les interrogations.

Entourée de sa famille dans son jardin

Et nous ne pouvons que réaliser, avec tristesse, amertume ou colère, à quel point nos modes de vie nous ont éloigné des choses fondamentales de la nature. Nous sommes aussi bien obligés de reconnaître combien notre dépendance vis à vis des grands circuits de distribution et de l’industrie pétrochimique est étroite. Le constat que la plus grande majorité d’entre nous serions incapables de nous nourrir si nous ne pouvions pas acheter nos aliments est sur ce point implacable.

Tout le talent de Barbara Kingsolver consiste à ne jamais verser dans le misérabilisme  ou le défaitisme, pas d’atermoiements non plus dans ce jardin extraordinaire, y compris lorsque son mari, qui intervient également dans l’ouvrage via de petits encarts, dresse l’état (déplorable) des élevages industriels d’animaux ou montre ce que cache réellement le low-cost.

Bien au contraire, c’est une incroyable ode à la vie que nous adresse Barbara Kingsolver, elle nous interroge sur nos modes d’alimentation (la partie sur l’élevage des dindes et la victoire remportée est vraiment révélatrice de nos dysfonctionnements) et nous incite à retrouver l’essentiel.

Bref, vous l’aurez compris, je vous recommande vivement la balade dans ce jardin, elle est autant vivifiante que vitale !

++ Pour aller plus loin++


5 commentaires à “Pourquoi Barbara Kingsolver est mon idole”

  1. [...] This post was mentioned on Twitter by Ecolo-Info, Locavore Spirit. Locavore Spirit said: Pourquoi Barbara Kingsolver est mon idole!!! Je plussoie:-) http://bit.ly/hWX5Pw via @ecoloinfo [...]

  2. Camille dit :

    Depuis le temps que j’en entends parler ! Il faut vraiment que je le lise Un jardin dans les Appalaches, je sens que je vais adorer ! Merci Agnès pour cette belle déclaration !

  3. [...] :: Que les animaux enfermés dans ces élevages seraient incapables de survivre dans le milieu naturel tant ils triturés génétiquement. L’incapacité des dindes à se reproduire avait fait l’objet d’une expérience très révélatrice dans l’ouvrage de Barbara Kingsolver, Un jardin dans les Appalaches. [...]

  4. eva dit :

    Ouf, par ce livre, j’ai enfin des réponses. Je viens juste de le terminer…Merci Agnès d’en parler si bien.
    Même en France, ça peut marcher. Il y a plein de solutions à portée de main pour limiter les dégâts, faisons-le au moins pour les générations à venir. Des films comme « solutions locales pour un désordre global », le discours de Pierre Rabhi depuis si longtemps, des documentaires alarmants (sur Monsanto par exemple, ou les OGM), etc… tout cela ne semblent pas faire peur à la majorité des gens. Je crois qu’il est vraiment temps de s’alarmer !
    Maintenant, je vais lire ses autres livres. Avec plus de légèreté.

  5. piot dit :

    bon, moi aussi j’essaie d’être locavore, je l’ai été de 22 à30 ans, presque facilement, je jardinais, j’élevais des lapins et j’achetais le demi cochon au paysan du coin , mes deux petites filles ont démaré leur vie c omme ça et on bu du lait de chèvre aprés le lait maternel, comme on dit c’était du bonheur. Mais c’est plutôt l’intelligence affective de ses personnages qui me séduit plus que tout…

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