Le printemps des bonzaïs
Le 6 janvier 2011 | Par Agnès
Totalement immergée dans un mode de vie écologique, je traque sans relâche dans le quotidien les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.
Réservez votre soirée ce jeudi pour un extraordinaire documentaire proposé sur TV5 Monde à 21h : Le Printemps des bonzaïs. Les deux réalisateurs, Léa Domenach et Arnold Montgault, sont partis, pendant deux ans à la rencontre d’entrepreneurs sociaux français.
Développement durable, microcrédit, insertion, commerce équitable… les trois entrepreneurs rencontrés (une femme et deux hommes) ont une même certitude, un même combat : remettre l’humain au centre des priorités.
Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix : « Les pauvres sont des bonsaïs, la société ne leur a jamais donné les moyens de grandir ».
Trois entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire
Marie-Noëlle Besançon dans le domaine de la santé, Jérôme Schatzman dans celui du commerce équitable et Grégoire Héaulme dans la micro-finance, sont à un moment crucial de leur activité. Ils tentent de donner une dimension supérieure à leur projet ou à leur entreprise. Pour autant, la réussite n’est pas garantie. En plein combat pour « transformer l’essai », ils soulèvent les enjeux de l’économie sociale et solidaire et montrent comment leur position de pionnier les force chaque jour à inventer de nouveaux cadres pour faire face aux défis de l’avenir.
Le Printemps des Bonzaïs, c’est l’histoire d’hommes et de femmes qui cherchent les clés d’un développement responsable et construisent une économie plus juste, respectueuse des individus. Le film raconte aussi le parcours de ces « vies changées » : ceux qui grâce aux entrepreneurs sociaux ont retrouvé une utilité sociale, ont un revenu décent, ont eu les moyens de reprendre leur destin en main.
De la couturière brésilienne, à la vendeuse de soupe cambodgienne, jusqu’à l’ancien SDF bisontin, les bonsaïs se libèrent, grandissent et s’épanouissent grâce à des gens comme Marie-Noëlle, Jérôme et Grégoire.
Un petit avant-goût avec la bande-annonce :
Le Printemps des Bonzaïs – la B-A
envoyé par Rue89Video. – L’info internationale vidéo.
Interview des réalisateurs :
Léa, Arnold, comment est née l’idée du Printemps des Bonzaïs ?
Léa : C’est grâce à la lecture du livre « 80 hommes pour changer le monde », écrit par Sylvain Darnil et Mathieu Leroux, deux étudiants qui avaient fait le tour du monde des entrepreneurs sociaux et écrit leurs portraits. J’y ai découvert plusieurs exemples qui démontraient la possibilité d’allier le social et l’économique, où la rentabilité n’était qu’un moyen et plus une finalité.
Arnold : Léa m’a passé ce livre et tous ces d’exemples nous ont donné envie d’en savoir plus, de voir si des projets de ce genre existaient en France, avec quel succès, dans quels domaines… C’était deux ans avant la crise, on parlait de financiarisation à outrance, de boucliers fiscaux, on se demandait si un autre modèle économique était possible.
Vous avez choisi de réaliser un documentaire et vous vous défendez d’avoir mené une « enquête » sur l’entreprenariat social. Quelle est la différence ?
Léa : C’est une question de point de vue. On est parti avec un a priori positif mais on voulait se faire notre propre idée au fur et à mesure. Une enquête se veut objective et axée sur quelque chose de précis, alors que nous, nous défendons un regard, une vraie part de subjectivité. On ne partait pas réaliser « les dessous du commerce équitable », chiffres et rebondissements à l’appui.
Arnold : On ne souhaitait pas confronter nos personnages, mais les laisser vivre pour mieux comprendre leur action. C’est aussi ce qui nous a amenés à travailler sur des secteurs très différents les uns des autres. L’important était d’observer les recoupements en termes de valeurs et de motivations, pas d’étudier les comptes. Et puis on voulait faire un film positif. Prendre un peu à contre-pied les discours catastrophistes ambiants.
Comment avez-vous choisi vos personnages ?
Arnold : On voulait rencontrer des entrepreneurs sociaux français à un moment crucial de leur projet, des gens qui ne savaient pas si ça allait marcher ou pas.
Léa : On avait des grandes lignes. On a cherché des personnalités charismatiques, avec un message clair, des gens engagés dans le secteur de l’économie sociale…
Arnold : La psychiatrie, ce n’a pas été un choix spontané, on avait d’abord pensé travailler sur l’environnement. Et puis quand on est tombé sur Marie-Noëlle, on a tout de suite été conquis par son initiative. On aimait le fait que ce soit ni un sujet facile à traiter parce que la maladie mentale est un peu tabou, ni un sujet « convenu » car lorsqu’on parle d’économie sociale et solidaire on pense tout de suite au commerce équitable et moins au médico-social.
Léa : Le hasard nous a amenés à rencontrer Jérôme, un ami d’amis. Marie-Noëlle, c’est par le biais d’Ashoka. Le fait que ce soit une femme dans un milieu majoritairement masculin nous a également séduits.
Arnold : Pour Grégoire, c’est une autre histoire. Nous avions d’abord rencontré un autre acteur de la micro-finance au Brésil. Malheureusement sa structure a fait faillite et il n’était plus du tout motivé pour qu’on le filme. Nous avons donc recommencé les recherches afin de trouver quelqu’un sur le terrain, dont on pourrait suivre le quotidien, loin des bureaux parisiens. Et puis, on a trouvé Grégoire, qui travaillait pour « Entrepreneurs du Monde », une association dont on aimait déjà beaucoup la démarche.
Qu’est-ce qui vous a le plus étonné s au cours du tournage ?
Léa : La transparence dont nos trois personnages ont fait preuve. Ils nous ont complètement ouvert les portes de leur entreprise, on pouvait poser toutes les questions qu’on voulait, même chez Danone. Personne ne nous a dit «stop, on ne filme plus ».
Arnold : A chaque fois que nous sommes rentrés dans la démarche de quelqu’un, on s’est rendu compte qu’il allait plus loin que ce qu’on pensait. Jérôme nous avait dit travailler avec des couturières, mais on ne connaissait pas la dimension environnementale de son projet. On avait peur que la vie aux « Invités au Festin » soit trop lourde à filmer, et finalement on a été surpris de découvrir la douceur régnant dans ce lieu.
Avez-vous eu du mal à rencontrer Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix ?
Arnold : On l’a rencontré une première fois la semaine où il a reçu son prix Nobel. On lui a donné notre carte, il s’est montré très accessible. Mais il s’est ensuite écoulé deux ans avant que l’on puisse à nouveau l’approcher, entre appels perdus, secrétaires débordés et mails oubliés au Bangladesh, il était alors devenu une super star. C’est grâce à Danone Communities qu’on a pu l‘interviewer enfin, le 4 mars 2009, à Paris.
Léa : C’était court, nous n’avions que quinze petites minutes, mais on les a rentabilisées !
Qu’attendez-vous aujourd’hui du Printemps des Bonzaïs ?
Léa : On espère avoir fait un film qui donne envie de se lancer ou au moins d’en savoir plus. L’humain au centre de l’économie, c’est possible.
Arnold : Montrer qu’on peut faire évoluer le système, mais comme dirait Marie-Noëlle, « il faut vouloir le faire » !
++Pour aller plus loin++







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Merci Agnès, je vais le regarder !
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Je suis passée sur ecoloinfo au bon moment. Merci d’avoir diffusé ce fabuleux documentaire qui donne la pêche et montre que tout est possible!
J’ai adoré ce documentaire qui est très positif et bien réalisé. On prend le temps de s’immerger dans le quotidien de ces entrepreneurs qui mettent l’humain avant le profit et doivent tirer une richesse personnelle énorme de leur travail. J’imagine que le film sera rediffusé sur TV5 monde, j’invite tout le monde à le regarder.
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