Faut-il laisser les enfants croire au Père Noël ?
Le 8 décembre 2010 | Par Camille
J’essaie de vivre ma vie selon un précepte simple : la sobriété heureuse. Je suis une altermondialiste optimiste et crois dur comme fer que le changement du monde commence par soi-même.
Le mois dernier, je m’interrogeais sur la capacité des bébés à apprendre à lire. Aujourd’hui, j’ai envie de profiter à nouveau de l’espace de discussion offert par Ecolo-Info pour ouvrir un autre débat : faut-il laisser les enfants croire au Père Noël ? Entre mensonge et réalisme, conte de fées et vérité, je n’ai pas encore tranché…
Mes noëls enfantins
J’ai été élevée dans la tradition catholique. Je me souviens de ces noëls où nous dînions légèrement puis partions dans la neige et le froid assister à la messe de minuit en famille avec grands-parents, parents, frère, sœur, oncles, tantes et cousins. Chants joyeux, odeurs d’encens, crèche colorée et sourires familiaux rendaient ce moment festif unique dans l’année. Mais ce qui était encore plus savoureux, je dois bien l’avouer, était de savoir que lorsque nous rentrerions à la maison, nous aurions la joie de découvrir et déballer nos cadeaux !
Curieusement, je ne me rappelle pas de l’existence d’un Père Noël, et de la découverte de sa non-existence. Il existe bien des photos de mon cousin déguisé en Père Noël rouge, blanc et barbu avec une petite Camille effrayée sur ses genoux, à la limite de la paralysie. Mais depuis mes 4 ans, cela ne s’est pas reproduit. J’ai posé la question à ma mère et elle ne se souvient plus du discours qu’elle nous tenait à ma sœur, mon frère et moi.
Me voici mère à mon tour et j’avoue ne pas savoir que raconter à mon petit garçon quand le moment sera venu.
A l’origine, le Père Noël était vert !
Le Père Noël, une légende internationale
Le Père Noël fait partie des légendes de notre civilisation au même titre que les cloches de Pâques et la petite souris. Certes, Noël est devenu depuis quelques années une fête consumériste, poussant les gens à dépenser toujours plus pour « faire plaisir » à leurs proches et surtout leurs enfants, à grands renforts de papier cadeaux vite utilisés, vite froissés, vite jetés. Le Père Noël que l’on connaît est également devenu rouge grâce (à cause) de Coca Cola, une world company symbole d’une société que je n’aime pas. Mais Noël est également une tradition, un moment fort de l’année, une parenthèse enchantée dans un hiver souvent long et rude.
Mais là n’est pas la question. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’existence de Noël mais de savoir si l’on peut décemment mentir à ses enfants sous prétexte que tout le monde le fait !
Si j’écoute le « camp des oui »…
Le Père Noël relève de l’imaginaire collectif. Tel un personnage de conte de fées, il existe encore dans la mémoire de nombre d’adultes aujourd’hui. Il fait partie de la magie de l’enfance, des souvenirs qui réchauffent le cœur. Alors oui, il faut mentir à son enfant et un jour il apprendra la vérité et le fait que ses parents la lui ont cachée. Cela fait partie de la construction psychologique de l’enfant et il en verra d’autres… Pourquoi pas ? Après tout, la vie est faite de déceptions et d’étapes. Mais la notion de mensonge me gêne. Depuis toujours…
Puis il est devenu rouge, la couleur de Coca Cola
Ce dont j’ai envie pour le moment
Je n’ai pas envie de mentir à mon fils. Actuellement, j’imagine lui dire que le Père Noël fait partie des légendes comme dans les contes du monde entier que nous lirons ensemble. Bien des légendes et personnages peuplent notre monde selon les sociétés et les croyances. Chacun est libre d’y croire mais personne ne peut remettre en cause l’existence de tel ou tel personnage. Je détesterais que mon fils aille voir ses petits camarades en les traitant d’idiots s’ils croient au Père Noël. C’est malheureusement ce qui arrive à un certain âge, en grandissant.
Ce qui me gêne également est le fait que les enfants écrivent leur liste de cadeaux et remercient le Père Noël. Qu’en est-il des grands-parents qui auront fait le sacrifice de trouver LE cadeau qui faisait tant rêver l’enfant ? Doivent-ils se contenter d’un « Merci Père Noël » qu’ils prendront pour eux ? N’est-il pas plus judicieux de dire à l’enfant qui lui a offert ce cadeau qu’il aime tant et lui apprendre dès le plus jeune âge à dire merci et à avoir de la gratitude pour ce qu’on lui offre ?
Mon fils n’a que 15 mois et nous avons encore le temps d’y réfléchir… mais le temps passe si vite !
Et vous qu’en pensez-vous ? Comment abordez-vous la question avec vos enfants ? Comment imaginez-vous l’aborder avec vos futurs bambins ou les enfants proches de vous ? Je serais heureuse de connaître votre avis sur cette question… déterminante !








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Sujet + que d’actualité en cette période de Noël : j’ai hâte d’avoir des commentaires sur cet excellent article..
Ne croit-on pas au Père Noël toute notre vie ????
Bonjour, je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à penser ça ;) J’ai d’ailleurs moi aussi publié un article sur mon blog à ce sujet. Mon chéri voulait vraiment faire croire mon fils au pere noel. Perso,le fait de « mentir » à mon fiston ne me plait pas. Du coup on a decidé de dire que Le pere noel « fabrique » les cadeaux et que ce sont les papis/mamies etc … qui les offrent. C’est un bon compromis. Et puis c’est pas parcequ’on est pas « fan » du papa noel, qu’on aime pas les fetes de fin d’années ;) Il y a pleins d’autres choses à faire decouvrir à nos enfants…
[...] This post was mentioned on Twitter by Ecolo-Info, SoAnn. SoAnn said: Faut-il laisser les enfants croire au Père Noël ? http://bit.ly/fMsQRc via @ecoloinfo [...]
Bonjour Camille,
Comme, petits, on ne nous a jamais fait croire au Père Noël, nous n’avons pas transmis cela aux enfants.
Effectivement, ils lisent, ils en parlent, ils le voient… Mais, c’est comme une légende, une histoire, un conte.
Et le fait de savoir que ce sont les Papis et Mamies, oncles, tantes, cousins, papa et maman qui offrent, c’est aussi un bon moyen pour dire que ce serait bien de faire un dessin, quelque chose de ses mains pour remercier et offrir à son tour.
Par contre, une fois qu’ils sont à l’école, ils faut les prévenir que certains enfants y croient, et donc qu’ils doivent garder le secret comme quoi il n’existe pas, car sinon, on a les parents, voire la maîtresse sur le dos… ! ;-)
Bonjour,
Ma petite contribution, en vrac:
- je me souviens du jour où je n’ai plus cru au pere noel, je ne l’ai pas vecu comme une trahison, mais plutôt comme un passage, je devenais « grande » et complice des grands, puisque je ne devais pas vendre la meche à mon petit frere. C’était plutôt valorisant.
- pour les grands parents et autres, on a toujours dit « ce cadeau, c’est Papi et Mamie qui l’ont demandé pour toi au père noël ».
En tout cas, je vais laisser mes enfants y croire.
Bonjour !
Et bien quelle grande question !
Je me souviens également avec douceur mes noël de petite fille croyant au père noël. Mais d’un autre côté je suis aussi gênée que toi de mentir aux enfants. Je ne suis pas maman mais je redoute quand même le temps ou il me faudra faire un choix. Surtout que dans la famille de mon homme il est inconcevable de ne pas jouer le jeu à fond.
Ton approche se conforme à la pédagogie Montessori (que j’admire), en effet dans sa pédagogie elle conseille de profiter de la richesse de cette période de l’année tout en gardant à l’esprit que le personnage du père noël est issus d’un conte. Raconter l’histoire du père noël à son enfant et s’il demande des précisions, lui dire que « selon le conte » c’est lui qui apporte les jouets. Néanmoins pouvoir remercier la personne qui offre un cadeau est aussi un formidable « outil » pour l’enfant de se construire au sein de sa famille et de ses amis. En gros le père noël c’est comme les fées dans les sous bois. On peut y croire si l’on veut pour rêver mais on sait que ce n’est pas la réalité. C’est la réalité de l’imaginaire.
Pour conclure je ne souvient pas de la manière dont j’ai appris l’inexistence du père noël, c’est ma petite maman qui me l’a raconté. Je l’ai appris à l’école avec mes camarades. Quand je suis revenue à la maison le soir je boudais et je ne voulais pas dire pourquoi. Je suis montée dans ma chambre et j’ai pris mon magnétophone avec lequel je joué très souvent. J’ai alors enregistré mon message dessus et je suis allé donner la cassette à ma maman, puis j’ai filé en courant.
Ce qu’elle à entendu ce jour là la marqué et elle s’en souvient comme si c’était hier. Dans mon message je la traité de méchante maman et de menteuse avec toute ma hargne de petite fille…
…
Mon message est très confus (j’ai bu trop de café aujourd’hui et je ne contrôle plus mes neurones ^^)
A bientôt.
Je suis ravi que tu abordes le sujet, car comme toi j’ai la même expérience, j’ai cru au père noel seulement parce que je voyais mes camarades de classes y croire mais au fond de moi il fesait parti des légendes.
Au sein de notre famille, Noel est le moment de l’année où la famille doit faire de son mieux pour se réunir, se retrouver, chanter les chants de Noel et oublié les soucis du quotidien…Et attendre avec autant d’impatience que les enfants, le moment où ils vont foncer vers le sapin pour découvrir leur cadeau et voir leur sourire s’éblouir devant un présent ( pas forcément celui qu’ils ont demandé). A la maison je ne lui en parle pas , c’est lui qui nous en parle car il entend ( voit : merci la télé) parler de lui , je ne lui demande pas ce qu’il veut pour Noel et la « liste » a faire pour Le père Noel me dérange énormément, car il n’y a vraiment plus de surprise au final et ce n’est pas un du ( contrairement à l’acte de demandé à l’enfant de faire une liste). Je préfère ma maison remplie des gens que j’aime plutôt que vide d’amour mais pleine de cadeaux.
Je fais tout pour éviter le bourrage de crâne.
Ce week end d’ailleurs je me suis amuser à demander à mes petits cousins ( 5 et 7 ans) qui n’arrêtaient pas de parler du père Noel, pourquoi nous fetions Noel et bien : GROS BLANC et oui à part le père noel qui vient vider sa hote et bien ils ne connaissent pas la raison de ce Noel et pas besoin d’être catholique ou chrétien car n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’une fête païenne… A mediter
Chez moi on est plutôt du côté « légende du père Noël », et je ferai pareil avec ma fille, mais bah ! En lisant tous ces commentaires, je me dis que l’essentiel est peut-être la façon dont on l’aborde : peut-être que si les parents insistent mordicus sur cette histoire, il y a plus un sentiment de mensonge ensuite ? Peut-être aussi que tout ça dépend de la relation entre les parents et l’enfant ?
Et puis de toutes façon, Noël et père Noël sont des choses très différentes… Le deuxième a quand même été crée par coca-cola !!!!
Bonjour,
Pour ma part je n’ai pas encore d’enfants mais je pense que cette question est une question masquée car au fond ce que vous souhaitez savoir c’est si oui ou non il est parfois nécessaire de mentir à ses enfants, et pour moi, la réponse est sans appel: c’est OUI. Il ne faut pas faire d’amalgame entre Noël, la politesse et la bonne éducation (comme vous semblez le faire: « leur apprendre à dire merci »), les enfants ont toute leur vie pour apprendre à dire merci et ça c’est une autre histoire! Et ne croyez-vous pas que ce qui importe aux grands-parents/parents c’est de voir leur enfants/petits enfants avoir les yeux qui brillent par leurs présents plus que la satisfaction égoïste que l’enfant leur ait dit merci?
Mais pour en revenir plus précisément à votre question OUI, il est important de les laisser croire au Père Noël et à tout autre personnage imaginaire, l’imagination n’est il pas la définition même d’un enfant? si vous leur supprimez ces personnages (les princesses, les super héros…) alors il leur reste quoi? la crise financière? la misère dans le monde?… Pour moi cette question est l’expression même de la « maladie » de notre siècle à savoir de vouloir absolument effacer les barrières entre l’enfant et l’adulte (ex: il n’y a plus de mode « petits et grands »: maintenant si je veux m’habiller comme maman je peux; stimulez votre enfant avec le dernier logiciel « bidule » si vous souhaitez que votre enfant devienne médecin ou avocat, etc…) mais le but premier d’un parent n’est-il pas de protéger son enfant? hors en lui supprimant tous ces personnages, l’enfant ne peut plus se réfugier dans ce monde imaginaire qui l’apaise et par conséquent, il est confronté à la dure réalité des choses sans avoir rien demandé! Croyez-vous qu’il soit très prudent de se risquer à ça lorsqu’on sait qu’il est déjà très difficile pour un adulte lui même de faire face à la réalité du quotidien?
En définitive, je pense qu’il faut absolument préserver la part de rêve et de naïveté qui, au risque de me répéter, caractérise l’enfance et l’empêche de devenir une « bête humaine »…
Je ne suis pas pessimiste mais simplement réaliste car je constate, malheureusement ,que dans la société actuelle, l’enfant n’est plus le centre du monde idolâtré mais est devenu un simple moyen marketing!
A suivre…
Pourquoi devoir dire toutes les vérités tout de suite? Le père noël c’est juste un concept qui fait rêver quand on est tout petit. Il apprendra par lui même bien assez tôt sa non existence en se confrontant aux autres enfants déjà désillusionnés. Mais avoir sa toute première désillusion est importante je trouve, et je ne pense pas que ce soit aux parents de le faire, car c’est quelque chose qu’il devra faire face en trouvant lui même la réponse. Et la véritable petite enfance, celle de l’innocence totale ne dure que trop peu de temps. Les grands parents pourraient éventuellement se contenter d’un « merci papa noël » en connaissance de cause. Il aura d’ailleurs toute sa vie pour dire merci par la suite: pourquoi vouloir immédiatement lui retirer le rêve? Personnellement, le jour où j’ai appris la vérité, je ne me suis pas dis: « mes parents m’ont menti ». J’ai surtout pensé qu’ils ont fait des efforts considérables pour entretenir la légende et j’ai souri. La vérité, la réalité, n’est pas forcément belle, ni drôle, alors développer l’imaginaire c’est salvateur, même pour plus tard.
Présenter le Père Noël comme un personnage de contes et légendes, en laissant les enfants libres d’y croire est une approche équilibrée. Je partage l’avis de Grenouille qui associe le mensonge au fait que les parents insistent « mordicus » sur l’existence du personnage. Un peu de flou, de doigté, d’écoute, voire d’humour permettent de doser la part de doute qui peut exister dans l’esprit de l’enfant.
Vouloir lui éviter une désillusion est un but louable. Mais en le confrontant d’emblée à la réalité, ne va-t-on pas le priver d’une part de rêve, de magie, de souvenirs heureux pour toute sa vie ? Le prix à payer pour éviter cette désillusion, une parmi d’autres, est-il justifié ?
Comme grand-père, je n’attends pas de merci formel pour les cadeaux à mes petits-enfants. Seule la joie de donner a de l’importance. Regarder le déballage fébrile au pied du sapin, en direct ou par video interposée, voir leurs yeux briller à chaque découverte compte beaucoup plus que de me savoir associé au cadeau. Le temps viendra bien vite, d’ailleurs, où le Père Noël aura retrouvé sa place de légende dans l’esprit du petit enfant, et où on rendra à César… pardon, on attribuera à chaque donateur, le cadeau qu’il aura apporté.
Joyeux Noël.
Je me souviens du moment où j’ai cessé d’y croire : il était venu à l’école maternelle avec un jean et des baskets sous son manteau.
Quand mes enfants étaient petits nous nous sommes posés cette question. En fait, on parle du Père Noël comme d’une entité un peu abstraite. C’est lui qui amène les cadeaux. Par contre quand un de nos enfants disent que de toute façon c’est papa et maman qui mettent les cadeaux, on ne dément pas.
De toute façon, on explique avant tout à nos enfants Noël comme une fête religieuse. Et je me souviens de mon fils ainé qui à 5 ans nous a dit « Le Père Noël, c’est comme les Rois Mages. Il amène les cadeaux pour fêter la naissance de Jésus. » Après on a dû lui apprendre que le PN n’était quand même pas un personnage biblique, mais à part ça, aucun des 3 enfants n’a été traumatisé d’apprendre que finalement c’était juste une histoire.
Et d’ailleurs, Jules, 9ans aujourd’hui nous a dit : Le PN, maman, je n’y crois qu’à Noël, parce que c’est un rêve ».
C’est pas beau tout ça ?
Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.
Fait-il toujours dire merci ?
Parce que le don n’est qu’une forme d’echange ?
Le pere Noel c’est la partie de l’histoire qui permet de recevoir quelque chose dont on ne se sent par redevable. Ca n’arrive jamais ou presque dans la vie. On peut l’expliquer comme ca cette histoire…et dire qu’on ne dit meme pas ‘merci Pere Noel’ !
A mon avis, ce débat dépasse largement le fait de mentir ou pas à son enfant, même si cette question est tout de même cruciale au niveau personnel.
Il est clair que le Père Noël est un instrument au service de la société de consommation. Dév…elopper l’imaginaire de l’enfant est indispensable mais pourquoi utiliser un personnage qui n’apporte rien à l’enfant en terme d’identification émotionnelle ? On ne connait rien du Père Noël si ce n’est qu’il apporte des cadeaux aux enfants qui ont été sages, mais aucune valeur à laquelle s’identifier si ce n’est d’acheter toujours plus de cadeaux. Il y a quantités d’autres façons de construire l’imaginaire de nos enfants et sans doute des bien plus saines : des contes remplis d’aventures et d’émotions, des histoires qui lui apprendront le partage et la confiance en soi, plutôt que de vouloir toujours plus de cadeaux inutiles.
Le Père Noël, comme beaucoup de « traditions », nous empêche d’imaginer de nouvelles façons d’élever nos enfants. On reproduit les mêmes schémas parce qu’on a « toujours fait comme ça », et on vit avec des réflexes, des habitudes, tueuses de liberté et de créativité.
La vérité est que l’on élève nos enfants dans un imaginaire mensonger pour les préserver de la vie, dure et injuste, qu’ils auront bien le temps d’affronter plus tard. Plus que le mensonge des parents, c’est le mensonge de toute une société. Moi je crois que la Vie est extraordinaire, c’est la société que nous avons construite et que nous entretenons chaque jour qui est dure et injuste.
Si tous les enfants du monde grandissaient dans la joie du partage, dans le bonheur de la découverte de l’autre et dans l’appréciation des dons de la Vie à leur juste valeur, le monde changerait en une seule génération.
Pour ma part, je ne peux pas envisager que ma fille n’y croit pas ! Petite, ma maman m’a toujours raconté des tas d’histoires rocambolesques : la gentille sorcière aux grands pieds qui habitait dans une petite boîte de la salle de bains, sa… baguette magique qui lui permettait d’obtenir de mon frère et moi ce qu’elle voulait, les cloches de pâques, la petite souris et le père noël bien sûr. J’ai donc grandi avec un univers imaginaire très développé et je m’y suis très bien sentie. J’en garde aujourd’hui d’excellents souvenirs et c’est peut-être aussi pour ça que je ne suis jamais très loin des planches d’un théâtre…
Il me semble que tout est dans la façon de faire des parents pour révéler aux petits la réalité terre à terre de l’existence.
Je crois qu’il faut être à l’écoute de la nature de chacun de nos enfants. Je n’agirais pas de la même manière avec un enfant à la logique implacable (comme l’aînée de mon conjoint !) ou avec un enfant hypersensible à l’imagination féconde… Mais pour tous, je leur expliquerai POURQUOI la légende du père noël et la NÉCESSITÉ de développer leur imagination.
Voilà pour ma position à moi… :)
Merci à tous pour vos réponses ! J’aime ce genre de débat qui font réfléchir et avancer. Je regrette l’agressivité d’un de ces commentaires, chacun est libre de penser ce qu’il veut et d’éduquer ses enfants comme il le souhaite. Le débat est là pour confronter des idées par pour juger l’éducation des autres.
Je pense que mes réflexions vont continuer à mûrir jusqu’au jour où la question se posera pour de bon.
Ce que je retiens de tous ces échanges est qu’il faut s’adapter à chaque enfant, garder la part de rêve (que je compte bien développer au maximum !) et ne pas insister lourdement d’un côté ou de l’autre. Après tout, l’enfant se construit lui aussi ses propres croyances… comme par exemple le monstre sous le lit qui attrape les pieds :)
Ludovic a toutefois soulevé un point essentiel : le fait qu’il donne des cadeaux aux « enfants sages ». Là on rejoint un principe d’éducation basé sur les récompenses et les punitions qui ne me plaît guère. Je ne souhaite pas que mon enfant soit « sage » ou « gentil » dans l’unique but de recevoir une récompense ou un cadeau à Noël… Mais on ouvre là un nouveau débat… pour un prochain article ?
Pourquoi devoir dire toutes les vérités tout de suite? Le père noël c’est juste un concept qui fait rêver quand on est tout petit. Il apprendra par lui même bien assez tôt sa non existence en se confrontant aux autres enfants déjà désillusionnés. Mais avoir sa toute première désillusion est importante je trouve, et je ne pense pas que ce soit aux parents de le faire, car c’est quelque chose qu’il devra faire face en trouvant lui même la réponse. Et la véritable petite enfance, celle de l’innocence totale ne dure que trop peu de temps. Les grands parents pourraient éventuellement se contenter d’un « merci papa noël » en connaissance de cause. Il aura d’ailleurs toute sa vie pour dire merci par la suite: pourquoi vouloir immédiatement lui retirer le rêve? Personnellement, le jour où j’ai appris la vérité, je ne me suis pas dis: « mes parents m’ont menti ». J’ai surtout pensé qu’ils ont fait des efforts considérables pour entretenir la légende et j’ai souri. La vérité, la réalité, n’est pas forcément belle, ni drôle, alors développer l’imaginaire c’est salvateur, même pour plus tard.
« Je ne souhaite pas que mon enfant soit “sage” ou “gentil” dans l’unique but de recevoir une récompense ou un cadeau à Noël… Mais on ouvre là un nouveau débat… pour un prochain article ? »
Je ne pense pas du tout qu’il s’agisse d’un autre débat… On parle souvent d’imaginaire pour le pere noel, mais comme tous les personnages de la mythologie, y est évidemment attaché une morale très prégnante.
L’idée que le pere noel et tout ce qui s’y rattache est « bon » est la source de toutes les dérives. Qui est le VRP des caries, essayez d’échapper à l’avalanche de bonbons à noel à l’école ?… Qui est le VRP de la montagne de cadeaux sous le sapin (80% du chiffre d’affaire annuel des magasins de jouets).
Qui parle d’imaginaire, il y a un pere noel à chaque coin de rue, dans chaque magasin ?
Il a été le principal vecteur de l’idéologie qui nous même à notre perte… Alors oui, de la mesure, ce ne sont que des enfants. Personnellement, je n’ai rien contre le pere noel, et pour cause, il n’existe pas, mais néanmoins, on en a vraiment fait une ordure (film culte…)
Qu’est-ce qu’on fait, on explique à nos enfants qu’il a moins de cadeaux que les autres parce que « notre » pere noel est plus écolo que les autres :) ?
La position du personnage imaginaire au même titre que les autres me plait particulièrement. Etant en Bretagne, les fées et les elfes sont bien plus réels que le pere noel…
Pour le positionnement de principe, je pense que la façon dont on a ressenti la découverte de la vérité doit être importante… Personnellement, mes parents n’en sont pas ressortis grandis :)
Omission, jusqu’à devoir expliquer la légende…
Je pense que faire croire au Père Noël n’est pas vraiment mentir.
Chez moi, c’était un peu différence, parce que comme j’habite en Belgique, Saint Nicolas venait le 6 décembre apporter des cadeaux par la cheminée (et on y coyait tous) et à Noël tout le monde s’offrait des cadeaux sans qu’il n’ait jamais été question d’un Père Noël. J’avoue que je ne sais plus comment j’arrivais à faire cohabiter ces deux réalités surtout avec tous les pères noël qui nous entouraient, mais faut croire qu’en tant qu’enfant on veut croire à certaines chose.
Le jour où j’ai découvert la vérité, je n’ai pas vraiment été déçue mais plutôt épatée du travail que faisait nos parents et grands-parents (chez eux, saint nicolas passait pour nous). J’étais impressionnée et je voulais absolument maintenir le mythe pour mon petit frère. Je l’observais aussi pendant ces périodes pour voir « quand » est-ce qu’il découvrirait la vérité.
Une chose est sûre, je continuerai pour mes enfants.
Je pense vraiment qu’il faut dire aux enfants (s’ils nous posent la question), que le Père Noël existe dans le monde des histoires (c’est-à-dire dans notre imaginaire), car il y a le monde réel manifesté, et le monde imaginaire, celui de nos pensées, nos rêves, des histoires…où se trouve le Père Noël.
Bonjour à tous,
Merci Camille pour ce sujet d’interrogation, il est vrai que la question est de savoir si l’on doit mentir ou non… Mais est-ce réellement du mensonge, n’est pas plutôt de la peur de ne savoir que répondre à son enfant lorsqu’il nous demandera.
Ne serait-ce pas non plus de la peur de le voir « s’affronter » aux autres enfants lorsqu’il aura l’âge du doute… Tant de question je l’avoue que je me pose aussi pour mon fils de sept ans qui y croie encore bien que je pense qu’il a déjà des doutes.
Justement ces doutes me font penser que la réponse n’est pas de décider si on doit ou non leur « mentir » ou pas. Mon plaisir est de voir ce que cela procure. Le père noël est pour moi, mon fils et tous les enfants que je connais dans mes proches, un univers de magie, de rêves, de plaisirs de sourire, d’envie, de délice. Un royaume où l’on aime se perdre pour avoir un moment dans sa vie la joie de sourire, de la surprise.
Camille, tu parles des grands-parent, mais pose leur la question, je sais que ceux de mon fils (mes parents) n’ont que du plaisir à voir leur petit fils courir par dessus le lit le matin de Noël pour aller découvrir au pied du sapin ses cadeaux (ceux apporté par le « père noël de papé et mina ! » (large sourire). C’est un peu de légende, de conte que chacun de nous adulte nous redécouvrons à travers nos enfants, petit enfants et arrière petits enfants.
Pour faire un lien avec la religion, car c’est la base de toute cette symbolique, nous apportons depuis toujours une approche religieuse à Noël via la crèche, l’histoire de Jésus et de sa venue au monde. C’est une autre forme d’histoire qu’il faut préserver. Mais est-ce une histoire de conte ou une histoire avec un grand « H ». Le doute, la peur de… est partout dans notre société qui nous conditionne au matérialisme et à l’achat presque forcé pour des évènement comme Noël.
Pour conclure, je trouve que Noël est un jour de l’année où le partage, la joie d’être rassemblé est avant tout le plus important. Donc, je continue à penser que mon fils à droit à ce moment de magie où j’adore voir ses yeux pétiller au petit matin. Et si mon fils me pose la question un jour de doute « Papa, est-ce que le père noël existe vraiment ? ». Alors je lui répondrais « Pourquoi ? tu as des doutes ? Qu’en penses tu toi ? » et nous construirons ensemble la réponse et j’expliquerais toute cette magie dont il a profité et cet univers qui est celui de Noël avec le partage de la table en famille, de se retrouver…
Je suis un grand rêveur, mais dans notre société si matérialiste, laissons nos enfants ce beau moment de vie. Et soyons là pour les accompagner dans la transition dès lors qu’ils douteront.
A très bientôt dans nos rêves ;)