Parents écolos = enfants lavés du cerveau ?
Le 22 octobre 2010 | Par Agnès
Totalement immergée dans un mode de vie écologique, je traque sans relâche dans le quotidien les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.
En tant que personne sincèrement convaincue par des principes de vie le plus possible respectueux de l’environnement et des humains, j’ai naturellement appliqué dès que j’ai eu ma fille ces principes à son éducation, son hygiène, son alimentation… Autant cela passe relativement inaperçu aux yeux des autres tant qu’ils sont tout-petits, autant ces choix qui démarquent nos enfants des autres sont de plus en plus perceptibles lorsqu’ils grandissent et qu’ils se confrontent aux autres. De là à penser que l’endoctrinement est en marche dès le plus jeune âge, il n’y a qu’un pas…

Des extra-terrestres bien intégrés ?
A l’arrivée de ma fille, j’ai investi avec délectation de nouveaux champs d’application pour notre mode de vie écologique : celui des tout-petits. Et j’ai alors beaucoup appris, même si avec le recul mon plus grand regret est de ne pas avoir réussi à tenir le pari des couches lavables (dirais-je à ma décharge qu’il y a six ans en arrière, ce n’était quand même pas aussi répandu que maintenant ? ).
Avec son père nous ne souhaitons surtout pas faire de notre fille une extra-terrestre, totalement décalée par rapport à ses camarades, avec un mode de vie excluant et l’empêchant de se socialiser « normalement ». Nous avons l’ambition de réussir à ne pas trahir nos convictions les plus profondes tout en permettant à notre fille d’être à l’aise au milieu des autres.
En grandissant elle réalise de plus en plus qu’elle ne fait/mange/vit pas exactement de la même façon que ses copains d’école. C’est pourquoi nous nous appliquons à toujours lui expliquer le pourquoi de nos choix et de nos actes.
- Pourquoi nous ne l’emmenons pas manger des hamburgers et/ou des nuggets dans la surface commerciale d’à côté.
- Pourquoi nous ne lui donnons pas les mêmes marques de céréales, de yaourts, de crème à tartiner ou de bonbons que les autres.
- Pourquoi je préfère lui acheter ses vêtements dans des dépôts-ventes ou dans des vide-greniers.
- Pourquoi nous n’irons jamais passer quelques jours dans un grand parc d’attraction de Seine et Marne.
- Pourquoi nous ne consentirons jamais non plus à lui offrir cette poupée blonde aux formes trop parfaites.
On pourra bien sûr nous accuser d’être uniquement dans le refus ou le rejet. Pourtant, il n’en n’est rien, car pour chaque chose écartée, nous lui proposons une alternative, cohérente avec nos choix de vie. Certes, pas de pâte à tartiner de marque italienne dans mes placards, mais à la place, ma propre recette de pâte à tartiner qui suscite toujours l’enthousiasme (et qui ne doit pas être aussi mauvaise, vu la rapidité avec laquelle elle disparaît ;-) ). Pas de parcs d’attraction non plus, mais à son jeune âge, ma fille a déjà visité un nombre respectable de villes européennes, elle a l’habitude (et le goût) de fréquenter des musées, les films vus au cinéma ou en dvd ne sortent pas tous exclusivement du même studio étasunien.

Il n’en reste pas moins qu’il y a toujours une distance entre le discours et la vie. Et même si notre petite fille semble convaincue par nos explications, je sais bien qu’elle aimerait parfois envoyer valser tous nos généreux principes pour pouvoir comme ses copines aller faire les courses le samedi dans la grande surface locale et recevoir plein de cartes à échanger lors des récrés.
Alors inévitablement, il y a des compromis. Tout comme en tant que locavore, je m’autorise des exceptions Marco Polo, de la même façon, nous appliquons ce principe avec notre fille (ce qui explique notamment la présence d’une console de jeux japonaise dans le salon). Pourtant, dans l’ensemble, je sais qu’elle adhère, mais plus important, j’espère que ce que nous construisons avec elle lui servira de base solide pour sa vie d’adulte.
Le goût de l’autre
Je crois sincèrement qu’il est aussi de notre responsabilité de parents de lui expliquer les travers de ce monde et puisque nous nous soucions particulièrement de la dégradation de son environnement, actuel et surtout à venir, il est légitime pour nous de commencer à lui ouvrir les yeux. A quoi bon lui faire croire qu’elle vivra sa vie durant au pays des Bisounours ?
Etant consciente que beaucoup de choses ne me conviennent pas, et dans la mesure où il y a des alternatives, je choisis les alternatives (manger bio par exemple). Inévitablement, au travers des choix de vie que nous faisons (pour notre alimentation et nos produits d’hygiène et d’entretien, dans nos façons de nous déplacer…) elle est sensibilisée à de nombreuses thématiques environnementales. En nous accompagnant à notre Amap, elle vit une autre façon de remplir le frigo. En passant des journées chez les producteurs de notre Amap, elle apprend le lien avec la terre, lorsque nous faisons le choix du vélo pour aller à l’école ou le train pour nous déplacer, elle assimile qu’on peut faire autrement qu’avec la voiture.
Je m’interroge cependant lorsque je discute avec des personnes qui ne sont pas aussi engagées que nous : est-ce une si grande faute de vouloir préserver nos enfants des pesticides et autres composants chimiques, de chercher à les préparer pour ce monde plus difficile dans lequel ils devront vivre ??
Doit-on pour autant m’accuser de laver le cerveau de ma fille ???
Parce que ce que nous souhaitons avant tout lui transmettre, c’est la diversité, la pluralité.
Nous refusons oui, de l’enfermer dans un monde aseptisé, uniformisé, qui a le même goût, d’un bout à l’autre de la planète. Nous voulons qu’elle vive dans un monde qui ne gomme pas les différences, un monde qui comporte des saveurs différentes.
Un mode qui ne reste pas figé sur un seul modèle, mais décline les possibilités, les choix.
A 6 ans, notre fille a parfaitement intégré les principes de base de l’écologie : elle vivrait comme une véritable faute le fait de jeter quoi que ce soit par terre, demande lorsqu’elle a un doute dans quelle poubelle elle doit mettre ce qu’elle a à jeter, éteint depuis toujours une pièce lorsqu’elle la quitte et menace même son père de la venue du panda lorsqu’elle le prend en flagrant délit de pièce laissée allumée.
Le métier de parents écolos est la chose la plus difficile qui soit et c’est chaque jour qu’il faut remettre l’ouvrage sur le métier.
Comment parvenir au délicat équilibre de convergence entre ses convictions écologiques profondes et les sollicitations permanentes auxquelles sont soumises de jeunes enfants ?
Vous faîtes comment vous pour être de bons parents écolos/bios ?






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Je ne suis pas parent, ni même complètement écolo pour être honnête, je me contente des règles de base et consomme bio, tant que cela ne me demande pas d’effort trop conséquent. Cependant, je crois que les parents doivent transmettre à leurs enfants leurs valeurs et leurs convictions. Quant au côté écolo, je me dis que si on éduque ses enfants de cette manière, alors ce comportement deviendra naturel pour eux, et ils préserveront ainsi la planète…
Il fait peur le chanteur …
Elle est marrante sa chanson mais c’est un peu cliché non ? Les hamburgers avec des steaks de soja, des poireaux bios et de la crème de sésame c’est bon aussi nan ? :o)
J’déconne ! Chez nous c’est steak haché (bio oui … même charal en fait maintenant !) et grosses frites maison avec de bonnes patates et de la bonne sauce tomate qui tâche et même des oignons, du fromage fondant et des ptits cornichons. Et tout bio tout bon !
Ce midi, c’est pâtes au patidou et fromage rapé ;o)
Elle est super ta fille Agnès ! De toute façon, on a beau faire du mieux possible, à un moment les enfants ils font bien ce qu’ils veulent et comme les copains. Quand sa lui arrivera, il faut se dire qu’elle se souviendra plus tard de toutes les choses que vous avez voulu lui transmettre quand elle sera autonome.
Gros bisous
[...] This post was mentioned on Twitter by Ecolo-Info, SoAnn and Arnaud Ginions, Annie ZesteDeNature. Annie ZesteDeNature said: RT @ecoloinfo: Today's Post… Parents écolos = enfants lavés du cerveau ? http://bit.ly/cJc2Xf [...]
Ah là là il est à mourir de rire le chanteur, sans blague, fallait la trouver celle là:-)
J’adore cette chanson !! ;-)
ça fait tellement du bien de nous moquer un peu de nous même !
Ce que tu vis Agnès me semble assez proche de ce que nous vivons avec nos enfants.
Comme vous, nous essayons de leur expliquer les raisons de nos choix et surtout d’être bien clair sur le fait que c’est un choix, que d’autres vivent autrement, et que chacun est libre.
Plus ils grandissent plus les questions sont pertinentes et cela me fait toujours plaisir lorsque je vois qu’ils font la différence entre une envie déclenchée par une publicité et un besoin.
Effectivement, le monde dans lequel nous vivons ne nous aide pas vraiment, et par moment nous avons l’impression de passer pour des radins ou des « pas drôles », mais ces moments ne durent pas et lorsque je croisent des enfants élevés 100% dans le mode consumériste, je me dis que nous ne faisons pas trop fausse route.
Pas d’école pour être parents…
Nous pouvons juste donner à nos enfants le maximum de clés pour qu’ils puissent à leur tour tenter de déchiffrer le monde dans lequel nous vivons.
Je n’arrive pas à comprendre le lien entre parents écolo et enfants lavés du cerveau !
Pour moi, c’est tout le contraire, quand on inculque une éducation bio à nos enfants c’est qu’on a eu une certaine reflexion et qu’on a beaucoup expliqué les choses à nos enfants, c’est donc les rendre plus intelligents face au monde qui nous entoure et qui maltraite les êtres vivants et la planète.
je ne peux pas dire que je suis une mère écolo, mais tout ce que je peux faire comme amélioration dans ma vie et celle de mes enfants je le fais. Et c’est vrai que les enfants sont très réceptifs.
Moi, j’ai l’impression aussi que mes enfants sont des extraterrestres mais pas pour les mêmes raisons. Je tiens à leur inculquer quelques valeurs que je trouve importantes comme le respect de l’autre, la politesse, la gentilesse. Ma fille de 14 ans n’a toujours pas de portable, mes enfants ne regardent pas la tv le soir et vont coucher à 21 h00 pour leur bien. et bien ce n’est pas le cas de leurs amis bien souvent !
Pour revenir au bio, j’aimerais être bio à 100 % mais je n’y arrive pas et surtout faute de moyens, le bio, c’est quand même cher ! pffff!
@ Vivement : c’est juste parce que ce sont des réflexions que j’ai déjà entendues…
Pour ce qui est du bio, as-tu essayé de voir autour de chez toi s’il existe des Amap ou des circuits courts ? Consommes-tu beaucoup de viande ? Parce que lorsque tu baisses de façon significative la part de viande dans ton alimentation, ton budget baisse aussi de façon significative.
@ Albert : oui je pense aussi que nous vivons des choses assez semblables. Tiens, faudra qu’on joue à celui qui est le parent le plus bio la prochaine fois, comme Pascal Parisot le propose dans la chanson ;-))
@ Anne-Sophie : je l’avais déjà trouvée sur mon défunt blog !
@ Nat : c’est tellement bon de se moquer de cette façon de nos petits travers ;-)
@ Loupy : Voilà, c’est que nous faisons, nous transmettons nos valeurs et nos convictions. En espérant qu’elles trouvent leur chemin.
Tout le monde « lave le cerveau » de sa descendance, on impose tous nos choix de vie à nos enfants.
Quand ces choix suivent parfaitement la société sans plus de réfléxion, cela fait de nous de bons parents, quand ces choix sont différents mais mûrement réfléchis alors nous sommes des parents imposant leur « mauvaise » volonté à nos enfants… cette logique est pure bétise.
Je n’ai pas encore d’enfant, mais si j’ai la chance d’en élever plus tard, je n’aurai pas peur de les faire vivre, penser et agir de façon alternative pour leur bien et celui de toute la planète dont ils feront partie…
N’ayont pas peur d’être des bio bio bio bio bio haha!
Je pense que ce ne sont pas aux gens qui ont un mode de vie responsable de se justifier, mais à ceux qui ont un mode de vie irresponsable de s’expliquer. Ils n’en ont pas conscience et donc vous accuse de sectarisme (lavage de cerveau) : c’est facile et donc très facilement retournable.
C’est comme demander à quelqu’un pourquoi il n’a pas d’enfant : mieux vaut demander pourquoi faire des enfants (= créer de nouveaux humains), vu que l’espèce humaine n’est pas vraiment en voie d’extinction. Il n’existe pas en réalité 100% de la population qui se sent une âme d’éducateur, et on ne demande pas aux parents géniteurs tout ce qu’on peut demander aux parents adoptants : on marche toujours sur la tête, quelque soit le secteur abordé.
C’est toujours plus facile d’être irresponsable.
Je ne pense pas qu’il faille avoir peur d’être différent (et donc de ne pas faire partie des irresponsables). Justifier toute action auprès de quelqu’un, est-ce nécessaire, si cela fait partie d’un ensemble global et cohérent, donc une évidence pour vous comme pour lui aussi. En lui donnant les outils pour développer l’autonomie et l’intelligence par soi-même, être capable de prise de recul et d’esprit critique, il ne sera certes pas dans tous les groupes ni le plus populaire : mais pour quoi faire…? Faut-il une intégration à tout prix ? je ne crois pas vu les résultats.
Merci de partager votre expérience ! et non vous n’êtes pas seuls. Mon fils n’a connu que les couches lavables, et depuis qu’il a 18 mois il ne porte plus de couches et il demande le pot (sauf bien sûr quand ses jeux sont trop captivants).
Bravo pour vos efforts, c’est très bien que vous enseignez le respect de l’environnement et de soi et qu’en même temps vous lui expliquiez tout. Bravo, j’espère que j’aurai assez de patience pour faire de même…
C’est vrai que lorsque l’on est à contre-courant et sujet à se remettre en question, on n’en arrive parfois à se demander si on n’est pas dans l’extrême.
Quand je croise une famille ultra-religieuse-pratiquante, ma première pensée est : « les pauvres enfants, endoctrinés, limités dans leur exploration du monde, coincés dans des valeurs si rigides… « . A les voir faire, j’ai toujours la sensation qu’ils manquent de vie, de spontanéité. Comme paralysés par la peur de vivre dans ce monde qui nous entourent.
Et puis… je pense à moi.
Je n’ai pas d’enfants, mais si c’était le cas ils passeraient surement aux yeux d’autrui pour de pauvres petits coincés dans un mode de vie écolo à l’extrême.
Finalement, je pense qu’il est sain d’élever ses enfants en suivant ses principes et ses valeurs. A condition de prendre le temps de répondre à toutes leurs questions (difficiles souvent sont les questions des enfants !), de leurs montrer qu’être différent n’empêche pas d’apprendre à se connaitre et à s’apprécier, de ne pas oublier que le cœur de la famille ne sont pas nos valeurs mais le plaisir d’être ensemble… et d’être capable – quand l’adolescence viendra – de voir nos enfants garder une partie de nos principes de vie et d’en rejeter d’autres.
Que ferez-vous si à 25 ans votre fille choisie de travailler pour l’industrie du pétrole ou du nucléaire ? ou qu’elle se prend de passion pour le tuning auto ? Aurez-vous la sensation d’avoir rater quelque chose ou la regarderez-vous en vous disant qu’elle a bien grandi ? Se sentira-t-elle seulement le droit de faire ce choix ?
Ma vie de papa bio ressemble fort à la vôtre.
Je fais aussi des compromis, mais je n’accepterai pas que l’on me dise que mon fils est « lavé du cerveau » sans qu’une certaine violence me monte des entrailles.
Ce sont tous ces enfants gangrénés par la doctrine consumériste (via TV et autres média) dont le cerveau est à passer au karcher oui !
Nos enfants sont juste élevés comme les parents l’ont toujours fait depuis le début des temps, avec bon sens et le plus possible en accord avec la nature.
Qu’est-ce qu’être « bio » sinon perpétuer ce qui a toujours permis à l’Homme d’être en bonne santé ?
C’est aussi refuser un système qui emmène toute l’humanité vers sa perte.
Diantre quelle drôle d’idée !
Une fois que la prise de conscience est faite pour nous, adultes, il semble difficile de ne pas appliquer ces nouveaux principes de vie à nos enfants… J’ai parfois l’impression d’être une extra-terrestre alors j’imagine que pour les enfants ce doit être plus compliqué encore !
Tant que tout se fait dans la réflexion et le dialogue, l’enfant intègre les règles de fonctionnement de sa famille et peut alors les expliquer à ses petits camarades. J’ai hâte d’y être !
J’adore votre façon de voir l’éducation. Je n’ai que 18 ans mais pourtant! Avoir des enfants, c’est une idée que moi et mon amoureux qui à 22 ans envisageons réellement ! Bien-sur pas tout tout de suite mais quand même.
Et ce n’est pas si facile pour moi de faire la part des choses entre ce qui est écolo et bio et ce qui n’est qu’un déguisement marketing. J’imagine la tâche encore plus ardue lorsqu’il s’agit de produits pour nos propres enfants!
Et donc, votre exemple m’inspire! Merci de faire de si bons témoignages
Lara.ge
http://lapassion.blogspot.com/