Sous l’eau !
Le 15 octobre marque depuis 2007, le jour du Blog Action Day : partout à travers le monde, les blogueurs s’unissent pour écrire sur un thème commun dans le but de susciter un débat mondial et de conduire l’action collective.
Le thème retenu cette année est celui de l’eau (après l’environnement en 2007, la pauvreté en 2008 et le réchauffement climatique en 2009).
Pourquoi avoir choisi le thème de l’eau ?
Parce qu’à l’heure actuelle, près d’un milliard de personnes sur la planète n’ont pas accès à une eau propre et potable. C’est une personne sur huit d’entre nous.
L’eau insalubre et le manque d’assainissement de base causent 80% des maladies et de tuer plus de gens chaque année que toutes les formes de violence, y compris la guerre. Les enfants sont particulièrement vulnérables, car leur corps ne sont pas assez fort pour combattre la diarrhée, la dysenterie et autres maladies. L’ONU prévoit que d’un dixième de la charge de morbidité mondiale peut être évitée simplement en améliorant l’approvisionnement en eau et l’assainissement.
Mais, l’eau se déplace au-delà d’une question de droits humains. C’est une question d’environnement, une question bien-être animal, une question de durabilité. L’eau est un problème mondial qui mérite un débat mondial.
A l’occasion de cette journée dédiée à l’eau, nous vous proposons aujourd’hui l’article de Judith Jakubowicz, notre rédactrice invitée du jour, qui met en lumière la situation très critique d’îles d’Océanie, les îles Carteret, sous la menace d’une submersion imminente.
Les îles Carteret appartiennent au territoire de la Papouasie Nouvelle-Guinée, en Océanie. Elles sont au nombre de cinq et forment un atoll qui s’étend dans l’Océan Pacifique en arc de cercle, tel un fer à cheval. Ces îles sont aujourd’hui condamnées à disparaître dans la décennie à venir à cause de la hausse du niveau de la mer qui menace l’espace habitable, les cultures (donc les ressources), et la potabilité de l’eau.
Ces plaies qui frappent les îles ne sont certainement pas perçues comme un châtiment divin par la population, accablée. « C’est à cause des usines des pays industrialisés que le climat change et donc que la mer monte, affirme le directeur de l’école primaire de l’île. Ce sont donc à ces mêmes pays de nous aider à faire face à cette catastrophe, car sans eux, nous aurions encore de beaux jours à vivre ici. »
Mais en quoi la hausse du niveau de la mer peut-elle réellement être imputable à l’activité industrielle ?
Les îles Carteret, comme d’autres de la même région, sont situées sur le cercle de feu du Pacifique. Cette zone est à la jonction des plaques tectoniques Australasiennes et Indiennes ce qui est à l’origine de tremblement s de terre importants. Certains experts affirment donc que ces mouvements de plaques sont responsables à la fois de l’élévation de certaines îles comme de la submersion d’autres.
En revanche, en 2005, le sérieux rapport de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) affirme que l’érosion des plages, la perte de terrain, les inondations, les marées géantes, et la salinisation des sols seraient dues à une cause bien connue : le changement climatique.
L’augmentation prévue du niveau de la mer dans les îles du Pacifique sur les prochaines années oscille entre 2 et 9 mm par an, ce qui est deux à quatre fois supérieur aux taux connus sur les 100 dernières années. L’IPCC reconnait donc le rôle primordial joué par l’activité humaine.
Quelles sont les solutions pour faire face à ce désastre climatique?
Les habitants de l’île représentés par l’ONG Tulele Peisa et dirigée par la charismatique Ursula Rakova, ont réalisé diverses tentatives afin de retarder l’ultime vague qui ensevelira l’île. Pendant vingt ans, ils se sont battus en plantant des mangroves, ces rangées de palétuviers donnant l’impression d’avancer sur leurs propres racines, utilisées pour protéger les plages contre leur érosion. Malgré tous les efforts de la population pour encourager leurs croissances, les graines plantées ont le plus souvent servi de repas pour les poissons locaux et on compte sur les doigts d’une main les arbres ayant émergé.
En parallèle des mangroves, les habitants ont érigé des barrières de pierres et de coquillage visant à arrêter notamment les marées devenues dévastatrices en milieu d’année. Ces marées géantes pénètrent dans les terres et détruisent les cultures de taro, de patates douces, de bananiers, et de papayers par l’effet de salinisation. Mais les barrières non plus ne sont pas victorieuses et l’océan continue d’infiltrer les sols de l’île, privant les habitants de nourriture.
Il reste aujourd’hui une alternative : un rêve contre une difficile réalité. Rufina Moï, belle-sœur d’Ursula Rakova et vieille sage des îles Carteret, partage l’utopie de surélever le niveau de son île en y apportant du sable. « Si le gens [les pays industrialisés et la province de Bougainville] accordaient réellement de l’importance à notre problème, nous pourrions le faire. Sans ça, que va-t-il advenir du peuple des Carteret ?»
Cependant, la solution la plus réaliste actuellement semble être la relocalisation d’une grande partie de la population des Carteret. Même si les moyens manquent à ce jour, l’objectif est d’installer près de 80 familles dans la province de Bougainville, à Tinputz. L’Eglise Catholique prête des terres aux familles des Carteret : à chacune est potentiellement alloué un hectare pour leur maison et leur champ personnel, et deux autres pour les cultures de rente afin de financer l’éducation de leurs enfants et les soins primaires de santé. En avril 2009, trois pères de famille se sont rendus à Tinputz pour exploiter leurs terres. Le but étant d’y faire venir leur famille lorsque les terres suffiront pour subvenir à leurs besoins. Malheureusement, l’intégration n’a pas été aisée puisque deux d’entre eux sont rentrés sur leur île en septembre 2009, après des querelles avec les propriétaires terriens.
Comment remplir une jarre qui fuit ?
Judith Jakubowicz, jeune femme de 26 ans passionnée de voyages et des peuples premiers. Judith travaille aujourd’hui en France dans le secteur de l’entrepreneuriat social et du développement, après avoir habité à l’étranger (en Asie : Singapour et Hong kong, et en Europe : Hollande) et évolué dans ces mêmes domaines.
++ Pour aller plus loin++
- Pour soutenir l’association Tulele Paisa, contacter Ursula Rakova : ursula@online.pg.net










Ondes Vertes
Panier du mois
Bibliothèque
Agenda
Liens
Tchats & Débats
Questions réponses
Sondages

[...] This post was mentioned on Twitter by Ecolo-Info, Kleenup Me. Kleenup Me said: Sous l’eau ! http://j.mp/d9wjJL [...]