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Matière grise pour évolution verte

Eco-Habitat » Jardinage

Des jardins familiaux aux jardins partagés : jardinons tous ensemble en ville !


Le 17 septembre 2010 | Par

Nathalie

Ses articles

Voyageuse dans l'âme et jeune maman, j'aspire à me/à vous poser toujours plus de questions pour aller vers un bonheur responsable, simple, économique et écologique !

Demandez à vos grands-parents s’ils se souviennent des jardins ouvriers.
Pour ceux de nos aïeux qui ont été contraints de déménager de la campagne à la ville au début du siècle, les municipalités avaient aménagé des parcelles cultivables au sein des agglomérations ou à proximité. Ces initiatives avaient pour but de renforcer la cohésion sociale auprès des populations déplacées mais aussi pour permettre aux ouvriers des usines de faire pousser des fruits et des légumes, pour compléter à moindre coût leur alimentation quotidienne.

Ces jardins remportent un vif succès et l’adhésion de nouveaux jardiniers est massive. Si l’on ne comptait qu’une petite centaine de jardins ouvriers ou « familiaux » en France au début du siècle, ils sont plus de 250 000 en 1945 ! Avec l’explosion du concept, arrive un carcan administratif, notamment l’obligation pour ces jardins d’être régis par une association de loi 1901. Il est donc interdit de commercialiser le produit du labeur des jardiniers, il faut également que certaines règles de proximité des habitations des utilisateurs soient respectées.

Aujourd’hui, les jardins collectifs sont regroupés plus ou moins officiellement sous 3 grandes bannières :

-          Les jardins familiaux, qui sont les anciens jardins ouvriers. Ce sont des parcelles de terrain pas toujours heureusement situées (au bord des grandes routes, dans des terrains vagues où la terre est médiocre, sans infrastructure d’irrigation…) ou bien sujettes à la spéculation immobilière et au développement urbain qui en signerait la mort. Les terrains sont parcellés et exploités individuellement. Les jardins familiaux sont de moins en moins nombreux, ils sont absorbés par l’urbanisation massive. Un projet de loi a vu le jour en 2003, pour les protéger grâce à un cadre administratif précis, mais celui-ci n’a pas été voté par le Sénat.

Même s’ils se raréfient, ils ont au moins le mérite d’exister et permettent souvent à des familles de profiter d’un petit bout de nature nourricière bienvenue.

-          Les jardins d’insertion (sociale et par l’activité économique), s’adressent à des personnes en difficulté sociale ou en situation d’exclusion. Ils s’intègrent dans le cadre des chantiers de réinsertion et permettent de créer du lien social dans des milieux en crise ou éclatés. On les trouve parfois dans les quartiers subissant la désertification, ou dans des environnements où la mixité sociale est réduite. Se retrouver autour d’un petit lopin de terre a des avantages thérapeutiques. On recréer le lien avec la nature, avec les voisins, on favorise l’échange intergénérationnel, on rencontre de nouveaux amis, on découvre un centre d’intérêt… Certains jardins d’insertion sont là pour favoriser le retour à la vie professionnelle. On y apprend un métier, on cultive, on récolte et on vend le fruit (ou le légume !) de son labeur. L’argent est réinvesti dans le jardin et servira à aider de nouvelles personnes. Le réseau Cocagne est un exemple de jardin d’insertion par l’activité économique qui confectionne, pour des adhérents-consommateurs, des paniers bios.

-          Les jardins partagés ou jardins communautaires, sont là pour répondre à la demande croissante de nature des habitants de quartiers urbains. Le concept s’importe des Etats-Unis depuis une dizaine d’années et s’inscrit dans la regrettable raréfaction des jardins familiaux (pour les raisons précédemment citées). Ces jardins sont créés et gérés de manière collective. Ils sont souvent petits mais productifs et dynamiques.  C’est le ras-le-bol du bitume et du béton qui incite des gens motivés et souvent bénévoles à organiser des fêtes, des actions pédagogiques, des évènements culturels dans ces lieux. Il existe également des jardins partagés financés par un groupe de personnes mais gérés par un ou plusieurs jardiniers salariés qui partagent ensuite la récolte entre tous les « investisseurs ». Les jardins partagés sont de plus en plus nombreux dans les grandes villes françaises et sont soutenus par les mairies qui débloquent des terrains ou mini-espaces urbains.

Si vous souhaitez vous lancer dans une aventure de jardin collectif, le plus simple est d’aller vous renseigner à la mairie sur l’existence d’un de ceux précédemment cités. Si ce n’est pas le cas, pourquoi ne pas en créer un ? La démarche enthousiasmera sûrement vos voisins, amis ou enfants.

Vous pouvez également en parler à une école, les enfants adorent jardiner ! Vous trouverez ci-dessous un guide pour vous aider dans votre démarche.

++ Pour aller plus loin ++


4 commentaires à “Des jardins familiaux aux jardins partagés : jardinons tous ensemble en ville !”

  1. [...] via Ecolo-Info » Créer/Bâtir » Des jardins familiaux aux jardins partagés : jardinons tous ensemble…. [...]

  2. Arno dit :

    Un exemple de jardin partagé sur Poitiers : http://www.jardinature.fr

    Une association avec un maraiché salarié pour une soixantaine de panier bio et de saison par semaine sur 5000m2 à proximité du centre ville.

  3. [...] Lire l’article: Ecolo-Info » Créer/Bâtir » Des jardins familiaux aux jardins partagés : jardinons tous ensemble…. [...]

  4. [...] le 18ème arrondissement, le Jardin Baudélire. Le jardin partagé est un élément important de la démarche d’un quartier en transition. C’est un point de départ pour illustrer ce qu’est un circuit court en participant à [...]

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