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Les dirigeants à l’école du développement durable #5: “Le DD n’est déjà plus une question”


Le 2 juillet 2010 | Par

Anne-Sophie

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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Pour cette 5ième entrevue de la série « entretiens avec les auditeurs de la 15ième session du Collège des Hautes Études de l’Environnement et du Développement Durable (CHEE & DD), nous rencontrons aujourd’hui Jean-Luc Verreaux, Direction BU Emploi dans le Groupe BPI (Ressources Humaines) – avec toujours en tête la volonté de savoir ce que l’apprentissage du développement durable a changé en lui, et pour lui.

Pour Jean-Luc, il s’agit d’un processus progressif qui lui a donné l’envie de faire plus attention aux autres cultures.

Jean-Luc Verreaux – Photos: Nicolas SOULABAIL

Bonjour Jean-Luc! Alors pourquoi s’être inscrite au CHEDD? Vous y a-t-on incité? Etait-ce une démarche personnelle?

Après 20 dans le métier des RH, d’abord en entreprise puis en cabinet conseil, je ressentais profondément le besoin de me renouveler, de réapprendre, de réinterroger mes valeurs et mes choix de vie, de me reconnecter à moi-même pour inventer mes 20 prochaines années…

Le DD me semblait répondre à mes valeurs premières.

Le CHEE&DD, après quelques recherches, est apparu comme le top !

Quel(s) message(s) essentiel(s) retenez vous de votre formation?

Le DD n’est déjà plus une question. C’est une lame de fond qui conduira à tout réinventer. En ce sens, le DD n’est pas une discipline supplémentaire, mais une manière de revisiter l’ensemble des dimensions de notre vie et de nos organisations (politiques, sociales, professionnelles, familiales…) sous l’angle d’une meilleure équité sociale et du respect de notre environnement.

Je retiendrais aussi le fait que ce n’est pas simple de tout réinventer… complexe ou compliqué je ne sais pas, mais le bon sens n’est pas toujours suffisant.

Il faut vraiment que nous investissions nos efforts, notre temps, nos cerveaux, notre argent pour trouver les nouveaux modes d’un « vivre ensemble » qui nous fasse envie. Le mur n’est pas inévitable, d’autres futurs sont possibles. Il nous faut les inventer.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué? Cela a-t-il changé votre façon d’analyser le monde?

Un point qui m’a beaucoup marqué, c’est la progression. Au fil de la formation, nos réflexions s’aiguisent sans même que nous nous en rendions toujours compte, et par conséquent, elles deviennent plus affûtées, plus critiques aussi vis-à-vis des intervenants du CHEE&DD. Chahuter les idées parfois, ça bouscule tout le monde…

Cela a-t-il changé votre façon de travailler, ou la conception même que vous vous faisiez de votre métier?

Ma façon d’analyser le monde, certainement. Pour mon métier, c’est un peu tôt pour le dire. J’imagine que oui, mais je ne le percevrai qu’avec le temps.

Comment souhaitez vous mettre à profit ce que vous avez compris?

En arrêtant de vouloir changer le monde… ou tout du moins en essayant !

En me réappropriant mon espace d’action, les champs sur lesquels j’ai effectivement une prise pour décider et agir.

A titre plus personnel, et puisque cette année m’a aussi permis de retrouver le Mali, notamment par la musique, je ferai tout pour garder le contact avec l’Afrique. Nous avons tant à gagner à nous laisser bousculer par d’autres cultures, d’autres modes de vie, d’autres manières d’être ensemble. La réinvention de nouveaux modèles passera par la rencontre des cultures.

La question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous aimeriez répondre?

Un projet avec le pays mandingue, au sud ouest de Bamako. La pratique traditionnelle des percussions et plus particulièrement du jembé, très particulière à cette région est en train de disparaître, faute de relève dans les jeunes générations.

Elle a évolué au contact des influences musicales des différentes régions du monde et a elle-même influencé les autres cultures artistiques et musicales du monde. C’est une excellente chose, mais la source est en train de se tarir. Le fleuve est redevenu ruisseau et il s’assèche.

Nous portons un projet associatif d’aider à la conception et l’animation d’une école de musique et de danse à cheval sur l’Europe, sur Bamako et au village. Avec le secret espoir d’offrir à de nombreux « toubabous » la chance de rencontrer l’Afrique, mais aussi de susciter de nouvelles vocations musicales chez les jeunes du pays Mandingue.

++ Pour aller plus loin ++

Soutenu par l’Ecole Centrale Paris, il repose sur un partenariat établi avec l’ESCP Europe et l’Agro ParisTech. Le colloque de clôture de la 15ème session aura lieu lundi prochain, le 5 juillet, au Palais du Luxembourg à Paris sur le thème “Du soutenable au désirable, quel avenir pour le XXIe siècle ?“,

Il s’agira d’une journée avec des acteurs de tous horizons pour explorer, partager, observer, questionner et inventer le nouveau moteur du XXIe siècle :

  • un nouvel imaginaire sociétal
  • des dynamiques déjà engagées
  • du désir au passage à l’acte
  • Si vous souhaitez vous inscrire (participation payante), c’est par ici

    Naturellement, il existe aujourd’hui de nombreuses autres formations au développement durable en France et à l’étranger: renseignez vous dans les barres d’outils Ecolo-Info;-)


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