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Les dirigeants à l’école du développement durable #1: “place à la réinvention!”


Le 28 juin 2010 | Par

Anne-Sophie

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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Créé en 1995, le Collège des Hautes Études de l’Environnement et du Développement Durable (CHEE & DD) prépare les dirigeants aux enjeux du développement durable. Soutenu par l’Ecole Centrale Paris, il repose sur un partenariat établi avec l’ESCP Europe et l’Agro ParisTech. Alors que le colloque de clôture de la 15ème session aura lieu lundi prochain au Palais du Luxembourg à Paris sur le thème “Du soutenable au désirable, quel avenir pour le XXIe siècle ?“, j’avais envie d’interroger quelques “auditeurs” du CHEE & DD afin d’en savoir plus sur leur perception du développement durable: après cette année de formation, ont-il eu un déclic ? Si oui, cela va-t-il changer leur façon de concevoir leur métier? Qu’est-ce qui les a le plus marqué durant cette année? Leur perception du monde en est-elle changée?

Au total, 7 élèves auditeurs de la 15ième session du CHEE&DD parisien se sont prêtés au jeu. J’ai longuement hésité entre la synthèse de leurs propos dans un “article fleuve” et l’envie de vous les retranscrire tels qu’ils m’ont été livrés. Les profils étant très différents, j’ai finalement décidé de vous livrer une interview de chacun d’entre eux cette semaine, de quoi nous mener à lundi prochain, jour de leur colloque!

Vous le verrez, il est passionnant de voir comment l’accompagnement au changement et la formation au développement durable ouvrent de nouvelles perspectives. Partager avec eux ces ressentis est très encourageant!

Aujourd’hui, nous commençons donc avec une femme, Virginie Langlois, rédactrice en chef de sites internet d’un groupe de presse. Son enthousiasme est total, et ses réflexions très poussées. Voyez par vous-même!

Virginie Langlois – Photo: Nicolas SOULABAIL

Bonjour Virginie: pourquoi s’être inscrite au CHEDD? Vous y a-t-on incité? Etait-ce une démarche personnelle ?

Printemps 2009: une synchronicité étonnante, entre une démarche personnelle de réorientation professionnelle et le colloque de l’an dernier. Au lendemain de ce colloque, j’ai eu l’intuition que cette formation était juste ce dont j’avais besoin pour mener à terme mon virage professionnel. Je n’avais nulle envie d’acquérir une boîte à outils spécial DD, ni le besoin de connaître les 10 meilleures recettes pour sauver la planète (ou les hommes), mais plutôt le désir d’être initiée aux enjeux stratégiques du DD.

Quel(s) message(s) essentiel(s) retenez vous de votre formation?

L’importance de voir autrement pour penser et agir différemment.
La nécessité de bien poser un problème et de savoir se poser les bonnes questions.
La posture d’humilité face à la pluridisciplinarité des champs du DD à explorer.
Place à la réinvention !

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué?

Pour rester sur le fond du cursus, parmi ce qui m’a le plus marqué, c’est découvrir que parler de développement soutenable, c’est aborder toutes les thématiques de la vie (environnement, économie, sociétale, aménagement du territoire, droit, relations internationales, etc …) et c’est aussi me rendre compte que le DD n’est pas une finalité, mais une nouvelle façon de voir le monde.

Sur le plan humain, c’est une expérience très riche, qui dépasse le cadre stricto sensu de la formation, puisque c’est la rencontre avec 25 autres auditeurs, d’horizons professionnels variés (entreprises, collectivités locales, ONG, ….), des “déjà au courant de tout” , des “très engagés” et d’autres qui ne le sont pas. D’ailleurs, la richesse de nos échanges s’est très vite poursuivie en dehors aussi !

Sur le plan intellectuel, c’est réaliser qu’aujourd’hui, un des plus grands luxes est de pouvoir prendre le temps de se poser, de réfléchir, sans pression, ni résultats d’objectifs. La posture d’apprenante est très confortable, bien évidemment ! J’ai été nourrie intellectuellement par les intervenants tout autant que par le groupe. J’ai vécu l’enthousiasme d’être questionnée, l’étonnement d’être bousculée dans mes certitudes, et l’aventure d’un cheminement.

Encore une chose, n’ayant pas une formation scientifique, le doute permanent des scientifiques qui sont intervenus et leur grande humilité m’a marqué. Désormais, je me méfierai encore d’avantage de ceux qui affichent des certitudes !

Cela a-t-il changé votre façon d’analyser le monde? Cela a-t-il changé votre façon de travailler, ou la conception même que vous vous faisiez de votre métier?

Il y a un avant et un après, car c’est le genre de cheminement qui ne touche pas qu’à une petite partie de l’individu. Alors, oui je vois le monde d’une autre manière, j’ai une plus grande conscience de ce qui se joue, un sentiment d’urgence et une certitude que j’ai mon rôle à jouer, à ma petite échelle et dans le domaine de mes compétences..

La voie des possibles est aujourd’hui beaucoup plus large que ce que je m’étais autorisée à penser en début de formation.

Et pour finir que mon intuition du départ s’est transformé en conviction !

Comment souhaitez vous mettre à profit ce que vous avez compris?

J’ai déjà plein d’idées, et je me donne le temps de l’été pour finir de les poser.

La question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous aimeriez répondre?

Et le colloque ?
Une aventure en tant que telle ! Une aventure du groupe, une mobilisation de ceux qui avaient envie de s’investir, et le moment de creuser un sujet au cœur de l’essentiel : “On fait comment pour changer et aller vers ce désir d’humanité ?
A une petite échelle, de l’intelligence collective au service d’un essaimage
Rendez-vous le 5 juillet pour en savoir plus !

++ Pour aller plus loin ++

Le site du Collège des Hautes Études de l’Environnement et du Développement Durable (CHEE & DD)

Le 5 juillet, le colloque sera une journée avec des acteurs de tous horizons pour explorer, partager, observer, questionner et inventer le nouveau moteur du XXIe siècle :

  • un nouvel imaginaire sociétal
  • des dynamiques déjà engagées
  • du désir au passage à l’acte

Si vous souhaitez vous inscrire (participation payante), c’est par ici


Un commentaire à “Les dirigeants à l’école du développement durable #1: “place à la réinvention!””

  1. rommmm says:

    Bonjour,

    Une petite digression par rapport à la photo: que voit-on en arrière-plan?

    Des gobelets jetables et un jus d’orange tout ce qu’il y a de plus conventionnel.

    Le développement durable ne commence-t-il pas par des choses toutes simples, de bon sens et dans le champs des possibles? “et une certitude que j’ai mon rôle à jouer, à ma petite échelle et dans le domaine de mes compétences…”

    Merci.

    Romain

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