Les bleus, les retraites, Porte, Henry, Guillon non non non!
Le 24 juin 2010 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
C’est “couillon” (!), mais j’ai la chanson “non non non” de Camélia Jordana en tête… et ce alors que l’humeur est morose en France: le pays prend des bleus dans tous les sens, les journalistes – quand ils ne sont pas virés ou ignorés, n’en peuvent plus du manque de moyens et de liberté dont ils souffrent dans l’exercice de leur métier, les travailleurs militent contre la réforme des retraites, les ONG qui travaillent sur la préparation du G20 et sur les conditions des pays en développement se font snober par les footballeurs qui sont reçus dans les bureaux de l’Elysée, et j’en passe… car si nous parlions de la santé, de l’éducation, de la préservation de la biodiversité… il y aurait aussi de quoi se mettre en colère.
Malaise…?
Je ne sais pas pour vous, mais honnêtement, parfois, j’ai comme l’impression que nous ne sommes pas entendus, qu’on a beau y faire, agir, se battre, il n’y a rien à espérer des équipes au pouvoir? Comme le dirait Bix, je n’y crois plus (y a-t-il cru?;-)
Si je dis NON NON NON, c’est parce qu’aujourd’hui, j’ai vraiment la sensation que nos points de vue sont totalement ignorés… que “des modes de pensée convenables” nous sont dictés alors que “les modes de vie raisonnables et durables” sont largement ignorés.
Or n’est-ce pas Voltaire, comme le souligne bien Isabelle, qui affirmait les choses suivantes:
“Le droit de dire et d’imprimer ce que nous pensons est le droit de tout homme libre, dont on ne saurait le priver sans exercer la tyrannie la plus odieuse. Ce privilège nous est aussi essentiel que celui de nommer nos auditeurs et nos syndics, d’imposer des tributs, de décider de la guerre et de la paix; et il serait déplaisant que ceux en qui réside la souveraineté ne pussent pas dire leur avis par écrit.”
ou encore :
“Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement. Chaque citoyen peut parler par écrit à la nation, et chaque lecteur examine à loisir, et sans passion, ce que ce compatriote lui dit par la voie de la presse. Nos cercles peuvent quelquefois être tumultueux : ce n’est que dans le recueillement du cabinet qu’on peut bien juger. C’est par là que la nation anglaise est devenue une nation véritablement libre. Elle ne le serait pas si elle n’était pas éclairée ; et elle ne serait point éclairée, si chaque citoyen n’avait pas chez elle le droit d’imprimer ce qu’il veut.”

Source: Les Indégivrables de Xavier Gorce
Continuez donc, Messieurs, à utiliser le foot à foison pour cacher maladroitement les malaises de notre civilisation… Mais n’oubliez pas: “sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur” disait Beaumarchais dans le Mariage de Figaro.
Pour ma part, j’avoue avoir envie d’autre chose aujourd’hui, comme le dit si bien Zaz, pour boucler la boucle, essayer de rester légère… et finir en musique… Et vous??






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Merci Anne-So pour ce billet qui remplace celui que je devais donner aujourd’hui et que je ne réussis pas à coucher sur le clavier.
Mais finalement, bien content de ne pas l’avoir posté mon billet quand je vois le tien.
Je voulais parler d’éducation.
Parler de l’importance de la transmission et de l’exemplarité.
Et là, tu nous montres justement combien l’exemple n’est pas donné.
Je voulais parler d’activisme par le rire (excellent petit livre “Désobéir par le rire au éditions du passager clandestin) et tu nous rappelles que les bouffons sont mis au placard.
La GROSSE question que j’ai actuellement est : “qu’est-ce qui est le plus efficace ?” :
– mettre mon énergie à dénoncer le système, à crier ici et là, à manifester, à dire qu’il faut changer les choses
ou bien
– simplement faire. vivre aussi simplement que possible, en refusant de façon concrète les compromis et en offrant à mes proches un environnement aussi calme et serein que possible ?
“be the change you want to see in the world” disait Gandhi
“soyez” et non “dites”… serait-ce une partie de la réponse ?
Que dire ? moi je n’ai pas envie tout les jours de finir en musique…mais pour ma part j’aurais plus envie de suivre Gandhi.
Merci Albert et Julien pour vos commentaires!
Je pense pour ma part que les deux ont du bon: être exemplaires et dénoncer en même temps, ce qui permet d’être crédible, de montrer que c’est possible, et maintenir le cap de ses convictions…
Pour les retraites, je vous conseille de bon billet d’Angélie:
http://bit.ly/bKS6CF
Merci Anne-Sophie pour cet article.
Pour répondre à la question d’Albert je dirais que ne rien dire et ne rien faire c’est collaborer.
Bonjour,
merci pour ce billet que je ne découvre tardivement qu’aujourd’hui, en cherchant exactement les réponses aux mêmes questions : user de toute son énergie pour dénoncer ou faire? Le problème avec “être exemplaire” et “dénoncer” c’est que pour cela il faudrait qu’en face il y ait de vrais arguments à débattre et des idées nouvelles à discuter parce que personnellement, ce que je trouve décourageant, ce sont plutôt les personnes qui sont d’accord avec ce que vous dénoncez mais qui n’ont pas l’envie/l’énergie (sous des prétextes plus ou moins acceptables, dont le plus affreux est que la politique se fait “au-dessus”) d’essayer de faire changer les choses.. et quand on n’est pas soi-même sûr de ce que veut dire “exemplaire” il est normalement conseillé de chercher avec les autres, non? alors comment on fait quand les autres n’ont juste pas envie de s’impliquer?
En tout cas, merci pour ce post et merci pour ce site tout court !