Arbalange: du culotté et de l’engagé pour les crèches!
Le 21 juin 2010 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
Cela fait un petit peu plus d’un an que je suis l’aventure de Ludovic Plisson, à l’origine du projet sacrément culotté et engagé qu’est Arbalange, dont l’objectif est de répandre l’usage des couches lavables dans les crèches via un service de location-entretien de couches textiles. Son terrain d’expérimentation se déploie pour l’instant à Nantes et en région Nantaise. A l’occasion du lancement officiel du service, et alors qu’il fait partie des 10 finalistes de la Bourse du rêve de l’Entrepreneuriat organisé par le site Dreamshake, j’ai demandé à Ludovic de nous en dire plus sur son activité…
Bonjour Ludovic, alors dis nous, d’où est venue cette envie de répandre en masse l’usage des couches lavables dans les crèches?
En été 2007, j’ai passé des vacances sur une péniche avec mon neveu et ma filleule… et les deux portaient des couches textiles: chaque jour, c’était une dizaine de couches à l’avant du bateau comme des fanions à la proue du navire! C’était une découverte pour moi, d’autant que je n’en avais jamais entendu parlé, et que je n’ai pas d’enfant.
A cette époque, je travaillais chez Lancôme et j’avais envie de changement, de faire quelque chose de différent, de servir à quelque chose, et d’agir, à mon échelle, concrètement, pour une cause écologique. Je notais toutes mes idées sur un carnet.
Ce qui me touche le plus c’est la question des déchets, je considère que les objets jetables, à usage unique, sont la pire aberration du XXième siècle. L’idée de travailler autour des couches pour bébé avec un service associé, qui simplifierait l’usage et la généraliser, me permettait d’apporter un première réponse à cette question des déchets. Alors je me suis lancé !
De fil en aiguille, j’ai fait ma première étude de marché en 2008, j’ai lancé un sondage, j’ai démissionné, j’ai déménagé à Nantes et je me suis entouré. J’avais envie d’un projet collectif…
J’ai rencontré Caroline Shaw à Paris grâce à l’APCL (l’association pour la promotion des couches lavables) en janvier 2009, puis nous avons créé l’association et Nathalie Margo nous a rejoint à Nantes.
Nous avons mis 6 mois à trouver un modèle de couche convenable pour nous lancer et quelques autres mois pour caler le service… Fin 2009 nous avons testé une première fois le service avec 2 crèches partenaires et seulement quelques parents, puis en mars 2010 nous avons commencé le service quotidien. Nous avons 2 crèches permanentes mais nous organisons des semaines d’essais dans d’autres crèches, 3 à ce jour, et une dizaine en prévision… Une sorte de test grandeur nature jusqu’à juillet ! Mais le grand rendez-vous ce sera la rentrée prochaine!

Donc tu n’es pas seul à porter Arbalange?
Non, non… c’est justement l’objectif! D’être nombreux pour pouvoir changer les choses, positivement, ensemble et rapidement. Notre objectif: éradiquer le jetable des crèches… Il y a du travail, alors autant le faire en équipe!
Anne Gravot et Soraya Lafdali nous ont rejoint récemment pour nous aider dans cette tâche.
T’y connaissais tu avant en matière de couches, de bébé ou de crèches?
Je n’ai pas d’enfant, mais je commence à être de plus en plus entouré ! Par contre, j’ai toujours été attiré par l’univers de la petite enfance. Je me suis plongé dans le domaine, j’ai découvert les crèches, les maternités, les couches au fur et à mesure. Et puis je me suis rendu compte à quel point la naissance d’un enfant change la vie d’un couple. C’est un moment clé dans la vie, source de milliers d’interrogations nouvelles, de changement majeur, de responsabilisation… un moment clé pour sensibiliser les gens à l’écologie notamment.
Ce qui m’intéresse aussi c’est de travailler sur le modèle de l’économie de fonctionnalité, c’est à dire favoriser l’usage: tant que le chiffre d’affaires est corrélé à la vente de bien, il n’y a aucune incitation pour l’entrepreneur à réduire sa production physique. En revanche, s’il vend la fonction, son intérêt est que le support dure le plus longtemps possible, en y intégrant régulièrement des innovations technologiques. L’économie de fonctionnalité c’est vendre des services aux clients plutôt que des biens matériels. Dans cette optique, nous restons propriétaire de nos couches que nous mettons à disposition de nos clients. Ceci nous permet entre autre de recycler les couches en fin de vie.

Pour monter un tel projet, les démarches sont longues et fastidieuses n’est-ce pas? Qu’est-ce qui s’est révélé le plus difficile? Et plus facile?
Comme nous partons de zéro c’est forcément très compliqué! Tout est à faire, le marché n’est pas simple du tout – très morcelé, des prix tellement serrés, des produits très (trop?) efficace (mais à quel prix pour la santé, la nature, et pour l’enfant lui même) – les accueils collectifs de la petite enfance sont tellement variés avec de très nombreux décideurs (parfois très politique). De plus, nous ne sommes pas fabricant et nous n’avons pas de blanchisserie. C’est principalement un travail de logistique, de gestion client, de sensibilisation, de communication – un nouvel acteur qui fait le lien entre tous!
Notre premier objectif c’est la création d’emploi local et non-délocalisable dans un secteur qui n’en fourni pratiquement plus en France, notre deuxième objectif c’est évidemment de devenir un acteur incontournable du tri sélectif des crèches pour anticiper au mieux la mise en place de la future redevance incitative (elle va remplacer la taxe d’ordure ménagère d’ici à 5 ans – voté au Grenel 1 en juillet 2009 – et dépendra du poids et du volume des déchets) et enfin notre troisième objectif devenir les spécialistes sur la question de l’apprentissage de la propreté chez l’enfant.
Pour répondre plus précisément à ta question, je pense que le plus difficile c’est de ne partir de rien. Il faut se remettre en question en permanence, avancer malgré les échecs et tenir. Je n’ai heureusement pas connu la “solitude de l’entrepreneur” et je pense que c’est notre force : être plusieurs.

Tu as été aidé par une grande école: peux tu nous en dire plus sur cette collaboration? Est-ce possible pour d’autres porteurs de projets de s’adresser à eux comme tu l’as fait afin de réaliser les études préliminaires et la mise en place de certains aspects du projet?
Très tôt j’ai fait appelle à L’ESSEC. J’y suis allé un peu au culot au départ mais ça a payé ! Je le conseille à tout le monde, car les écoles cherchent se genre de collaboration, qui permettent aux élèves de travailler sur des projets concrets. Nous avons travaillé avec 4 élèves dans le cadre d’un cours de “Business Plan Social et Solidaire”. Puis, nous sommes rentré dans l’incubateur de l’ESSEC, Antropia, qui suit toute l’évolution du projet.
De même, nous avons contacté l’Ecole des Mines de Nantes pour travailler sur la gestion de nos tournées, et de fil en aiguille nous avons travaillé avec des élèves puis avec des professeurs-chercheurs*. Maintenant, nous sommes même engagé avec eux sur un projet d’envergure national !
Enfin, nous travaillons avec des Ingénieurs et techniciens de la PFTCI (issu de l’IUT de St Nazaire) sur une future machine de tri. Nous avons profité d’un dispositif d’Oseo pour financer cette recherche.

Quelle est la prochaine étape maintenant?
Réussir à avoir 600 enfants le plus tôt possible (soit à peu près 20 crèches)!!! Cela nous permettra d’atteindre notre seuil de rentabilité.
Quels sont les premiers retours sur l’activité de l’entreprise?
Toute cette période d’essai est très très riche en retour. Chaque jour ce sont de nouvelles découvertes, de nouvelles remise en question et de nouvelles idées!
Est-il prévu d’étendre par la suite le concept à d’autres villes?
C’est effectivement l’un de nos objectifs. D’abord sur Paris, mais sans doute aussi sur Marseille et Lille sous forme de franchise.
Nous n’avons plus qu’à leur souhaiter de continuer à porter ainsi la culotte de leur projet!
++ Plus de liens ++
- Le site internet: www.arbalange.com
- Le groupe facebook : “Arbalange, culotté et engagé : le baralange !“
- Arbalange, l’un des 10 finalistes de la Bourse du rêve de l’Entrepreneuriat organisé par le site Dreamshake (si leur projet vous plaît, allez les soutenir!!) Résultats le 25 juin!
- Des couches recyclées en carburants, Terra Eco
- Les couches lavables, ok pour moi! Olivier pour Ecoloinfo.com
Quatre étudiantes de l’École des Mines de Nantes se consacrent à ce projet, sous la direction de Christelle GUERET, enseignant-chercheur au département automatique-productique, pour optimiser les tournées en fonction de contraintes multiples: approvisionner et débarrasser les crèches autant que nécessaire en couches de trois tailles différentes avec des véhicules à compartiments distincts.
La logistique, l’optimisation, la performance de la supply chain sont des éléments clefs dans une démarche de développement durable. Or, c’est l’un des domaines d’excellence de l’École, qui y travaille dans le cadre de l’IRCCyN (Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes), sur des contraintes que les enjeux du développement durable rendent toujours plus nombreuses. Des recherches qui explorent à l’occasion des domaines inattendus, mais des recherches de pointe, toujours concrètes, avec à la clé d’incontestables succès, comme le démontre cette collaboration des chercheurs et étudiants de l’école avec le projet 100% « développement durable » de l’association ARBALANGE.






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Bravo pour ce super projet Nantais ! Et félicitations à l’équipe d’avoir su séduire le jury de la bourse du rêve, Reste à gagner l’une des 3 places lors de la cérémonie du 25 juin pour obtenir une aide de 10 000 euros mais c’est clair qu’ils ont des arguments !
Bravo à vous pour ce grand projet. Bonne continuation et bonne chance pour le 25 juin !
Merci beaucoup pour cet article Anne-Sophie et un grand merci à tous pour votre soutien !
On croise les doigts pour la Bourse du Rêve !!!! ;-)
Le projet Arbalange est lauréat CréaRîF 2009, pour le prix des pratiques environnementales : http://www.atelier-idf.org/crearif/crearif-entreprendre-autrement-2009/laureats-crearif-2009.htm#c125423893343
D’ailleurs, le concours repart cette année : http://crearif-entreprendre-autrement.org (réservé aux projets Franciliens par contre).
Bonjour,
Je viens d’apprendre que ce super projet tombait à l’eau…. l’entreprise vient de décider d’arrêter……….. Problèmes financiers ……………..Je trouve terrible de se dire que tout ce travail ambitieux et respectueux des hommes et de l’environnement ne pourra pas continuer d’apporter sa contribution vers une démarche plus écocitoyenne en matière de déchets ménagers …. A l’heure où on nous demande de réagir pour la sauvegarde de notre planète … Voilà un maillon très important qui vient de se casser !!!!
BONJOUR dommage que votre beau projet s’arrête la tout le monde ne pourrais pas donner un petit quelque chose pour sauver votre jeune entreprisse car vos couches c’ étais une bonne idées