How do you wwoof : au Japon !
Le 13 juin 2010 | Par Nathalie
Voyageuse dans l'âme et jeune maman, j'aspire à me/à vous poser toujours plus de questions pour aller vers un bonheur responsable, simple, économique et écologique !

Saviez-vous que vous pouvez faire du wwoofing au pays du soleil levant ? Une bonne nouvelle pour les inconditionnels de ce pays qui souhaiteraient le visiter sans se ruiner.
Le wwoofing, comme je vous l’expliquais dans mes articles précédents de cette série, n’est pas seulement un moyen « cheap » de voyager. C’est aussi un formidable vecteur de rencontre et c’est l’expérience ultime pour quiconque souhaite s’immerger réellement dans la culture d’un pays. Quoi de mieux que le partage de la vie des habitants, les vrais locaux, les purs les durs ! Au Japon plus qu’ailleurs, le wwoofing est passionnant. Cependant, ne vous attendez pas à avoir beaucoup d’opportunités dans des endroits « bios ». D’après notre expérience, il semblerait que le concept d’échange de services marche bien, mais pas souvent dans un contexte « alternatif ».

Nous avons passé presque deux mois de Tokyo à Kyoto, en passant par des petites bourgades aux noms exotiques comme Nakatsugawa, Kashimo… Nous avons wwoofé deux fois et ces deux expériences se sont révélées aussi fortes et contrastées l’une que l’autre !
A Azumino, près de la ville de Matsumoto, nous avons été reçus par Takanobu-San et sa famille. Ils possèdent une exploitation de pommes où plus de 20 personnes travaillent à temps complet, au verger mais aussi aux livraisons et exportations. Nous sommes arrivés en pleine saison d’élaguage des arbres, c’était la fin de l’hiver (un moment glacial pour lequel nous n’étions pas préparés…) et il fallait apprêter les arbres avant la floraison des magnifiques bourgeons blancs annonçant l’arrivée prochaine des pommes. Ce fut un travail vraiment difficile, monotone et surtout éreintant, puisque nous étions aux vergers 8 heures par jour ! Au Japon, on wwoof comme on travaille et on ne plaisante pas sur les horaires. Pareil pour les jours de congés qui rétrécissent et sont même parfois contraints aux jours de pluie.

Notre hébergement était plus que correct, une chambre très simple avec le traditionnel futon, ainsi qu’une couverture chauffante. Côté activités sociales, nous étions mitigés… Pour la plupart, les Japonais ne parlent pas anglais, ce qui était malheureusement le cas dans la famille de Takanobu-san. Il était le seul à parler anglais, le reste de la famille essayant tant bien que mal de communiquer avec nous. Cela ne facilita pas notre insertion, puisqu’après avoir remarqué notre inaptitude à la langue japonaise, ils nous ont apporté des « bentos » (repas dans des petites boîtes en plastique) dans notre salon, nous coupant ainsi des moments en famille. Nous étions tristes, car isolés. Le soir, nous partagions néanmoins des activités avec le couple. Nous sommes allés dans des onsens, puis nous avons fait du yoga, ainsi qu’un cours de calligraphie, une soirée karaoké et même un « speach contest » où l’on nous a remis un trophée pour une tirade récitée en japonais devant une assemblée! On peut donc dire que le contrat était rempli, même si tout cela s’éloigne vraiment du wwoofing dont nous avions l’habitude dans d’autres pays.

Notre second wwoofing a pris place à Kashimo, un tout petit village entouré de rizières et de forêts de bambous. Nous avons rejoint la famille de Masa-san, qui compte 2 enfants, beaucoup d’amis et de wwoofers. Ce wwoofing était l’opposé du précédent. Nous étions on ne peut plus intégrés à la famille, pour les repas, les activités de la journée, le petit verre de saké du soir et nous allions même jusqu’à partager l’eau du bain (oui, c’est la coutume dans les familles japonaises traditionnelles). Nous avons renoué avec nos vieux démons, c’est-à-dire le travail à la ferme, la cuisine bio et diverses tâches autour d’un mode de vie « alternatif ». Nous avons beaucoup appris sur les coutumes japonaises, les mœurs, la religion, la vie de tous les jours… En bref, ce fut un échange inoubliable qui nous laissa les larmes aux yeux à notre départ.

Vous voyez donc que nos deux expériences très distinctes sont néanmoins totalement différentes de celles des précédents pays. Je pense que les mots d’ordre du wwoofing Japonais sont le travail et la motivation. Sur le site du wwoofing, qui peut faire peur de par son austérité, on ne trouve qu’une petite centaine de personnes recevant des « gaijins » (non japonais pour étranger) comme nous. C’est un concept qui n’a pas vraiment l’air de prendre, où disons plutôt que le curseur concernant « l’échange » ne se positionne pas au même endroit. Attendez-vous à faire vos heures et mériter vos grains de riz ;)
Loin de moi l’idée de vous décourager, si c’était à refaire, nous recommencerions et nous en ferions même plus ! Un conseil néanmoins, expliquez bien à vos hôtes, par mail et au préalable, ce que vous recherchez. Etes-vous du genre à partager chaque moment avec eux comme chez Masa-san où aimez-vous votre indépendance et votre liberté pour faire des activités de votre côté ? Souhaitez-vous travailler dans un contexte en particulier, voulez-vous votre chambre ? Insistez bien sur les détails qui comptent pour vous et rappelez-vous que ce qui est normal pour vous ne le sera sûrement pas pour eux ! Ce sera une expérience inoubliable et très enrichissante pour les deux parties.

J’en profite ici pour faire une parenthèse sur l’immigration au Japon. Le visa vacances travail est disponible pour les français souhaitant d’y installer un an maximum. Il est, paraît-il, plus difficile à obtenir que celui du Canada ou de l’Australie, mais tout à fait envisageable. Nous avons rencontré des voyageurs qui nous ont appris qu’il est facile de trouver des petits travaux plutôt bien rémunérés. Si vous aimez beaucoup le Japon et que vous êtes bilingue anglais, vous pouvez aussi postuler pour un poste de professeur d’anglais, c’est très courant pour les Américains et les Australiens !
++ Le site du wwoofing au Japon
++ Les articles précédents « How do you WWOOF ? »
++ Le site du voyage de Nathalie et Nicolas






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Comme toujours un article délicieusement dépaysant et fourmillant de conseils pratiques. Merci Nathalie !
Merci pour ce billet dépaysant… et ce sans quitter notre petit chez nous ;-)
Je m’en vais le transmettre de ce clic à quelques amis que je sais être fan du pays du soleil levant…
Le wwoofing au Japon ça doit être top ; bien de mettre en miroir deux expériences différentes, on se rend mieux compte de la réalité des situations car effectivement le wwoofing n’est pas forcément synonyme de croisière tranquille.
Merci d’avoir partagé cette expérience!
bonjour à bonjour à vous, je travaille pour France 2, j’aimerai vraiment pouvoir vous voler 15 minutes au téléphone pour vous demander des ifnos sur le woofing. j ai deja lu vos textes mais j’aimerai encore vous en parler un peu… je cherche aussi des gens qui partent « woofer » en mai ou juin 2011..merci d’avance, je suis au 06 26 54 92 06 ou gaymarion@hotmail.com. bien cordialement
[...] wwoofing. Nathalie et Nicolas vous en ont régulièrement parlé sur Ecolo Info, ce système vous garantit le gîte et le couvert en échange de quelques heures de travail aux [...]