Comme un triathlon…
Le 20 mai 2010 | Par Laurent
Vivant au cœur des Alpes et amoureux de nature, je vois dans les activités de plein air et les sports nature un moyen de sensibiliser à la protection de l’environnement. Et plus concrètement, un moyen de retisser notre lien à la Terre.
Notre quotidien alterne avec ses hauts et ses bas, à fortiori lorsque l’on s’est engagé dans un projet d’alter-entreprise. Des périodes de doute nécessaires mais pas toujours facile à appréhender. Après deux mois parsemés de petites réflexions tantôt sans issues tantôt inspirantes, je me décide à reprendre le chemin du clavier. Conscient que la vie est comme un perpétuel triathlon : hier je nageais, aujourd’hui je me suis remis en selle, et demain je courrai de nouveau après un bonheur que je présume identifié !
Le sport s’affiche à la craie
Etape 1 : Je nage…
Pour s’épanouir, il faut savoir ce que l’on est. Or dans ce monde où tout doit être quantifié, étiqueté puis catalogué, comment se décrire sans se retrouver immédiatement dans une case ? Les contradictions avec lesquelles j’évolue au quotidien rendent la réponse pas si évidente : je revendique une prise de conscience écologique mais j’ai mis deux ans à me décider à covoiturer… Je prône des valeurs sportives mais j’adore la compétition… J’incite à la pratique de sports nature alors que je sais pertinemment que plus de pratiquants implique plus d’impact…
Eco Panda, les maillots en nylon recyclé
Etape 2 : …je me remets en selle…
Ma culpabilité s’est transformée en recherche de plus de conscience suite à des propos tenus par Pierre Rabhi lors d’une conférence : « Nos vies sont faites de contradictions liées à la société dans laquelle nous vivons : vous trouvez cela normal, un petit bonhomme de 50 kg transporté par un véhicule d’une tonne ? Je me console en me disant que je vais prêcher la bonne parole… ». Une courte explication teintée d’humour pour une quasi révélation : je dois accepter mes contradictions dans leur globalité, les connaitre pour mieux les reconnaitre. Mais qui dit vivre avec, ne dit pas forcément ne pas améliorer ses comportements.
Renovo, un vélo sublime et durable avec son cadre en bois
Etape 3 : … et je cours !
Et comme nous ne sommes pas fait pour stagner, je rechausse mes baskets et continue à tracer mon chemin. Au quotidien, je ne parle plus de culpabilisation et dans le sport, je ne vois plus qu’une simple pratique mais une voie d’exploration. Emmener une personne vers la pratique d’un sport nature, c’est surtout lui donner les clés d’accès à un chemin non tracé. Un chemin qui mènera à un lac où nager sera nécessaire et où la remise en selle sera à son initiative. Faire découvrir un sport nature, c’est délivrer une licence pour la pratique d’un triathlon perpétuel, donner les clés d’une prise de conscience à construire et qui nous rapprochera de la cohérence et donc d’une forme de paix intérieure.
Sebola, les tee-shirts pour courir avec sa conscience (fabriqués en France en polyester recyclé)
Un triathlon sans fin
Lorsque l’on s’engage dans des projets bercés par la passion de l’autre et de l’environnement, il n’est pas toujours évident de conserver sa motivation et son envie au gré des obstacles. Pourtant, il suffit de constater les impacts que l’on est capable de générer pour reprendre confiance. Entreprendre, c’est aussi et surtout ouvrir des portes pour soi et pour les autres. C’est aussi accepter que chacun peut suivre à son rythme, son propre chemin. Tout ce petit monde se donnant rendez-vous régulièrement dans les airs de transition comme dans un triathlon…
++ Pour aller plus loin ++










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Merci Laurent pour cette réflexion, tu as bien raison! Cela donne envie de se remettre en selle ton billet;)
J’aime beaucoup, d’ailleurs je vais piquer ta métaphore pour une amie qui nage beaucoup en ce moment, il est temps qu’elle se remette en selle. Merci Laurent et n’oublie pas que si tu nages trop tes amis sont là pour te lancer une bouée.