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Le Japon vert?


Le 9 mai 2010 | Par

Nathalie

Ses articles

Voyageuse dans l'âme et jeune maman, j'aspire à me/à vous poser toujours plus de questions pour aller vers un bonheur responsable, simple, économique et écologique !

Tout est une question de point de vue. Au Japon, plus qu’ailleurs, nous avons réalisé que le moule culturel joue un rôle prépondérant sur l’opinion que l’on se fait des choses. Y compris sur l’écologie !

Difficile donc, de tirer des conclusions sur la manière de vivre des japonais. Ce n’est pas le premier pays que nous visitons où l’eau n’est pas une ressource naturelle rare (en tout cas, là où nous sommes allés ?). L’abondance allant souvent de pair avec le gaspillage, même dans la plus responsable des fermes nous étions surpris par les litres d’eau gâchés pendant la vaisselle ou le nettoyage.  Il faut dire que les Japonais sont très à cheval sur la propreté et cela engendre souvent bon nombre de comportements irresponsables. Dans les bains publics (les onsens) personne ne vous regarde de travers si vous passez une demi-heure à vous savonner avant de rentrer dans le bain, en laissant couler gaiment la douchette. Il faut ce qu’il faut pour être propre!

Pollution et emballages à gogo

L’air au Japon semble très pollué, dans les grandes villes mais également à la campagne. Nous sommes tombés malades et avons beaucoup soufferts d’allergies dans les grandes villes. Beaucoup de Japonais se baladent avec des petits masques sur le visage (jetables…) pour éviter pollution et allergies.

En parlant de jetable, tout est à usage unique au Japon, question d’hygiène mais aussi de praticité. Les baguettes de bois pour les repas, les boîtes à lunch en plastique (des millions vendues chaque jour, certains étudiants ne se nourrissent que de cela et nous y avons eu le droit tous les jours à notre premier wwoof). La consommation de bouteilles en plastique doit exploser tous les records mondiaux, puisqu’au Japon, il y a des distributeurs de partout (en haut des montagnes, dans les campagnes les plus reculées, dans les temples, dans les toilettes, dans les magasins…)  et ceux-ci sont très utilisés : je n’ose imaginer le coût des réassorts. Le plus alarmant, ce sont les quantités astronomiques d’emballages entourant toute chose. Impossible de ne pas être envahis de sacs plastiques. Nous avons fait de notre mieux pour les refuser le plus souvent possible, mais en moins de temps qu’il en faut pour sortir 100 yens, votre brioche est déjà emmaillotée dans 3 emballages différents. Le pire c’est que si vous refusez poliment les sacs plastiques, les vendeurs/caissières ont l’air complètement désemparés! Pour les produits manufacturés, c’est encore pire, tout est emballé individuellement. Pour un sachet de cookie ou de gâteau de riz sec, il y a au moins 3 couches avant d’arriver au biscuit convoité.

Ce problème d’emballage est décuplé par le fait qu’il est extrêmement difficile de trouver une poubelle au Japon. Le tri est fait dans les maisons (quoique je ne comprends pas bien comment, car encore une fois c’est très différent de chez nous… ). Dans les lieux publics, il n’est pas rare de devoir marcher plus d’une demi-heure avant de trouver une poubelle. Etonnamment, les villes sont pourtant impeccables! Il est vrai qu’une armée d’employés de la voirie nettoient la ville à toute heure du jour et de la nuit, mais les Japonais sont en général vraiment propres et ne jettent jamais un papier par terre (les touristes en revanche…).

En ville comme à la campagne, nous étions déçus par le manque de produits biologiques. A vrai dire je n’en ai jamais trouvé dans les supermarchés et le seul magasin écologique rencontré était outrageusement cher. Il en va de même pour le commerce équitable, qui ne semble pas être développé (sauf chez Starbucks!)

Ceci étant…

C’est un portrait bien sombre que je vous dresse des mœurs écologiques japonaises, sachez néanmoins que nous avons noté des choses positives! Par exemple, l’utilisation du vélo. Il y en a beaucoup en ville et les infrastructures sont faites pour faciliter la vie aux cyclistes (parking, location économique, larges trottoirs et voies cyclables). De même, les transports en commun sont très bien développés et propres (mais très chers). En ce qui concerne les voitures, nous avons halluciné sur le nombre de modèles hybrides sur le marché! Ils en ont bien plus que chez nous et nous avons même croisé une Mercedes hybride. Une autre tendance positive, il est vrai que les Japonais mangent peu de viande et beaucoup de produits dérivés du soja et des haricots. Le poisson est aussi en vogue (pas que dans les sushis !) et ce fut un plaisir de goûter des nouvelles saveurs. Question énergies renouvelables, nous n’avons jamais vu autant de panneaux solaires thermiques et photovoltaïques! Il n’est pas rare de voir le toit d’une maison couvert de 8 à 16 panneaux…

En conclusion, je dirais que même si rien ne nous autorise à juger le style de vie au Japon, on peut cependant espérer une prise de conscience dans les années à venir, notamment en ce qui concerne le suremballage.


6 commentaires à “Le Japon vert?”

  1. Shabnam says:

    La différence culturelle écologique…

    Il faudrait une campagne: le meilleur déchet, est celui qu’on ne produit pas…
    le ministère de l’environnement a tenté de réintroduire le Furoshiki, mais d’après ce que tu as vu, ça n’a pas pris!
    dommage.

    http://www.ripegreenideas.com/2007/08/le-sac-tout-faire-le-furoshiki.html

  2. Nathalie J- says:

    Je ne sais pas quel est la position du gouvernement, mais j’ai remarqué que des Japonais sont des gens très respectueux et surtout des règles. Je pense que si le gouvernement demandait avec un peu de fermeté quelque chose, ou avec plus de conviction disons, cela prendrait bien.
    Le Furoshiki, on en a vu une seule fois, dans une boutique très mode genre Hermes à Kyoto, à des prix outrageux et en plus c’était trop moche ! Même dans la boutique bio de nos hôtes de wwoofing, ils n’en parlait pas … je crois que c’est tombé aux oubliettes et c’est dommage, car c’est super ! En revanche, sur un tout autre sujet, on a vu plusieurs fois des sous vètements anciens, les Fundoshis
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fundoshi

    En revanche, il y a PLEINS de sacs/cabas à réutiliser proposésr dans les grands magasins. Souvent, il y a des inscriptions en français dessus (qui ne veulent rien dire, c’est trop rigolo j’en ai rapporté un pour me poiler en souvenir …) et au final les femmes les utilisent surtout comme des sacs à main mais pas pour faire les courses. Je crois que les femmes aiment bien se trimballer avec tout leurs sacs et leurs achats dedans, ça fait très mode …

    J’ai oublié de vous parler des toilettes aussi. Les femmes au Japon sont très pudiques. Enfin je ne sais pas si c’est le bon terme, disons qu’elles aiment “bien paraitre”. Quand elles vont aux toilettes, il parait qu’elles n’aiment pas qu’on les entende soulager la nature, alors elles tirent continuellement la chasse. Cela posait de gros problèmes de gaspillage d’eau, surtout en ville dans les nombreuses toilettes publiques. Du coup, ils ont inventé une boite qu’on installe dans les toilettes et quand on appuie sur un bouton cela reproduit le bruit de la chasse d’eau … Ahahahha !! Ca va très bien avec les toilettes super hi-tech qui nettoient et sèchent les fesses.

  3. Sabrina says:

    Revenant d’un voyage au Japon, je suis tout a fait d’accord avec tous tes commentaires. Juste un petit détail néanmoins: je vis au Danemark, “symbole vert” en Europe, et les transports en commun (courte et longue distance), beaucoup moins bien développés qu’au Japon, sont pourtant deux fois plus chers… Ce qui rend les transports japonais pour moi assez accessible, surtout avec leur système de pass. Le Danemark se donne une image de leader vert, mais ne l’applique pas forcément tout le temps (même si c’est déjà cent fois mieux que ce que fait d’autres pays européens, mais bon, on pourrait s’attendre à mieux encore de la part d’un pays à peine 6 millions d’habitants..)

  4. julien says:

    D’habitude j’apprécie vos articles, mais pour celui ci, soit j’ai mal compris le message, soit vous vous êtes mal remis du décalage horaire…

    Qu’en est-il de la sur-pêche dans votre japon vert ?

    Vous me direz avec un titre comme celui ci on peut parler de tout et de rien dans ce billet…

  5. Nathalie J- says:

    @ Sabrina : C’est intéressant comme information, nous souhaitions nous rendre au Danemark à la fin de notre voyage justement. Il y a quelques éco-villages très interessants qui reçoivent des bénévoles. Bon, nous avons plutôt opté pour les pays asiatiques finalement ;)

    @ Julien : Je suis à présent en Thaïlande et il n’y a que deux heures de décalage avec le Japon. Il n’y a pas de message particulier dans mon article, seulement des informations sur des faits constatés et ressentis lors de mon voyage. La sur-pêche n’est pas un sujet que j’ai au l’occasion d’aborder ou de constater, je ne préfère donc pas parler de ce que je ne connais pas, mais si vous avez des informations à ce sujet, je serais ravie de les connaître.

  6. Cécile says:

    Bonjour !

    J’habite au Japon depuis deux ans et, même si les gens font des efforts, il y a quand même beaucoup de gaspillage… Je rajoute à votre liste la climatisation à outrance, avec les portes grandes ouvertes.

    Le recyclage, lui, est très bien organisé. Selon les jours, il faut jeter les déchets ordinaires (tout ce qui se brûle), les bouteilles en plastique, le verre, le papier et enfin les déchets qui ne se brûlent pas.

    Les produits bio ne se trouvent que dans les magasins spécialisés. Quant au commerce équitable, disons que les Japonais préfèrent faire travailler leur pays avant tout…

    Soyons francs, même si j’adore ce pays, c’est davantage un pays de consommation à outrance qu’un pays écolo.

    Quant à la question de la pêche, c’est encore différent.

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