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Matière grise pour évolution verte

Société » Climat

De la parole aux actes !


Le 22 avril 2010 | Par

Ses articles

Voilà quelques mois que je me questionne quant au statut de l’information écologique.

Pour favoriser cette réflexion, j’ai choisi de faire une pause dans mon activité (certes très occasionnelle) de blogueur. Ce temps aura cristallisé pour moi de nouvelles perspectives que j’attribuerais à une phase toute jeune de l’écologie.

La relation de l’homme à l’écologie et l’environnement traverse une période de gros remous et j’ai l’impression que les conséquences s’en feront sentir peu à peu, et dans un périmètre bien plus large que les sempiternelles recommandations et autres bonnes pratiques.

L’histoire est en marche

Ceci dit, l’histoire est en marche, et en marge des dégâts subis dans nos rangs (ceux qui sont dévoués corps et âme à la cause écologique), il semble que l’organisation de la ‘résistance’ au modèle en place se précise, et prenne une forme plus pragmatique et moins séductrice qu’auparavant.

Green Run, Shabnam de Ripe Green Ideas

Il y a eu le Grenelle, dont certains doutaient de la sincérité.

Copenhague ensuite, entaché d’une polémique sans frontières (le climategate) et conclu dans une ambiance bien morose.

Au début de l’année, nous avons eu droit aux frasques de M. Allègre, dont les allégations sont de plus en plus exposées aux médias.

Enfin, plus récemment, le comportement de nos politiques a fini d’achever le moral de ceux qui croyaient encore à un sursaut de bon sens humain : le report de la taxe carbone ainsi que les commentaires de M. Sarkozy ont bel et bien cristallisé le ras-de-bol de l’écologie, général, qui semble s’installer chez une majorité des Français.

Le Grenelle a eu cette vertu de rassembler des représentants de l’ensemble de la société civile. Les thèmes abordés ont été traités en bonne intelligence, et si les traductions juridiques des engagements pris mettent du temps à voir le jour, il n’en demeure pas moins que les collectivités, ou les entreprises, ont pu à cette occasion prendre la mesure des enjeux, et ont depuis lors adopté de beaux engagements volontaires pour aller de l’avant.

Link, Shabnam de Ripe Green Ideas

Ceux qui voient le Grenelle comme une manœuvre de communication de nos dirigeants n’ont pas saisi l’ampleur de l’évènement… et c’est peut-être justement faute de communication intelligible de la part du gouvernement, contaminé par les pubs toujours plus verdisantes dédiées aux produits de consommation. Autrement dit, l’essentiel n’a pas été correctement communiqué (de forts engagements des transporteurs, du secteur du BTP, de la Poste ou bien d’autres…)

Copenhague a montré les limites du système. Les politiques ne sont pas assez solides pour prendre de vraies décisions relatives au climat. Du coup, comme pour trouver une excuse, on remet dans la balance la véridicité des conclusions du GIEC ou l’ajustement structurel pharaonique que devront nécessairement mettre en place les pays en voie de développement. Ce sont pourtant eux qui se sont exprimés le plus violemment à la tribune de la conférence.


Chavez à Copenhague 1/2 Sous-titré fr
envoyé par librepenseur007. –

Chacun est reparti chez soi fin décembre, avec l’espoir que ce ne fut qu’un mauvais rêve.

Mais ceux qui attendaient beaucoup de Co

penhague ne resteront pas sur leur faim… ils ont compris que le changement devrait venir de ceux qui le souhaitent… Gandhi résonne encore dans nos esprits !

Pour moi, la vraie révélation quant à ce qui se passe a surgi avec ce nouveau pamphlet d’Allègre… qui offre aux éternels sceptiques, ou à ceux qui sont du bon côté de la barrière financière, une excuse toute trouvée pour ne rien changer.

Quoi qu’en disent les spécialistes, les médias se ruent sur le débat et l’on assistera sans nul doute à une baisse de popularité de la cause climatique.

Green Stopped, Shabnam de Ripe Green Ideas

Allègre aura au moins eu le mérite de créer le débat que certains attendaient, et de mâcher le travail à ses détracteurs en leur fournissant les fouets avec lesquels il souhaitait être corrigé (cf. les falsifications de graphique dont il est accusé…).

Il n’est pas responsable du ras-le-bol croissant des citoyens, il offre une porte de sortie avec marqué ‘on ne saura pas le fin mot de l’histoire’ dessus.

Une nouvelle phase : place au pragmatisme

Il me semble que l’écologie rentre dans une nouvelle phase…

Chronologie subjective :

Il y a d’abord eu la prise de conscience. Difficile dans un monde découvrant la consommation à outrance, la mondialisation, la profusion.

Elle a néanmoins animé des communautés d’utopistes, et défini une ligne de conduite et des valeurs.

La société de consommation, et l’avènement de technologies toujours plus individualisantes, allant même jusqu’à nous épargner le contact humain pour discuter ou faire ses courses, ont mis les théories de Dumont ou de Chico Mendes entre parenthèses, et la conscience des hommes à une autre école.

Depuis le début des années 90, les désordres annoncés commencent à se faire sentir, et la prise de conscience revient sur le devant de la scène. On organise la Conférence de Rio, le mot ‘développement durable’ rentre dans le langage courant.

Toute cette période est marquée par d’intenses recherches sur les effets réels de l’homme sur sa chère planète bleue…et les constats dramatiques achèvent de culpabiliser la population. Et pis encore : les prédictions des scientifiques les plus alarmistes se trouvent dépassées d’une année sur l’autre…on sent que le système s’emballe.

Les entreprises inspirées par Pascal, disent alors : si l’homme croit vraiment en son autodestruction, autant lui donner un peu d’espoir en montrant ce que nous faisons de bien ! Communication verte, responsable !
Petit à petit, elles se prennent presque malgré elles au jeu, en initiant des bonnes pratiques réelles, et réalisent que l’économie ainsi créée était au moins aussi rentable que le business as usual…ce qui mit fin à la première étape de cette histoire ! Nous sommes dans cette transition.

Il faut espérer, maintenant, que la seconde étape s’amorce aussi rapidement que l’étalon posé par les Trente Glorieuses, et il y a fort à parier que c’est possible : internet décuple la vitesse de propagation des idées.

Cette seconde étape, c’est celle qui me freine pour écrire, celle qui me fait croire que l’économie de demain sera propre et intelligente ou ne sera pas…et elle devra être !

Passée l’époque de la sensibilisation, de la validation des modèles scientifiques…

Change, Shabnam de Ripe Green Ideas

Oui, l’Homme est définitivement intelligent, et il a su comprendre le monde qui l’entoure jusqu’à le modéliser dans un langage qu’il a lui-même créé (les mathématiques…)

Oui, l’Homme aspire à être heureux, et de nombreux ‘outils’ disponibles, héritages de l’économie de marché, l’aident à y parvenir.

Oui, ce confort occidental restera un objectif pour les pays en voie de développement tant qu’ils n’en goûteront pas largement les plaisirs.

La deuxième phase qui vient sera celle de l’action.
Ces ‘solutions’ que tout le monde attend, sont déjà en route…mais ceux qui les déploient ne sont pas là pour communiquer, ils sont là pour réussir, pour montrer qu’il est possible, dans un monde à ce point capitaliste, d’éviter les pièges habituels et d’utiliser le système de manière vertueuse.

Ces cas d’école d’économie vertueuse explosent. Ils s’inspirent de la nature, de nos erreurs, de la hauteur des enjeux…et journalistes et citoyens semblent pris de vitesse. Ils continuent à parler du constat ou des petits gestes pour les uns, à douter de l’évidence pour les autres…alors que partout s’activent ces nouveaux entrepreneurs, qui testent tant bien que mal de nouveaux modèles économiques, dessinent un nouveau paradigme grâce à la coopération…

Voilà ce qui me laisse moins de temps pour écrire…

Cette mise en pratique est pour moi la continuité logique de la mise en lumière, et je me frotte déjà aux premières difficultés de cette mission.

Il est nécessaire de continuer à veiller sur ce qui se passe, à relayer les informations… c’est la partie émergée qui donne un cap à tous ceux qui doutent ou se cherchent. Pour ceux qui ne se sentent pas l’âme de détective ou de journaliste, une fois que l’on a la foi dans le combat, il faut mettre les mains dans le cambouis…et ce monde continuera d’avancer porté par de belles utopies, car ça y est, nous créons ce monde que nous voulons…l’histoire est en marche.


4 commentaires à “De la parole aux actes !”

  1. bonjour,
    ton papier est tout simplement excellent ! Bravo pour l’interêt de ta démarche.
    Je partage cette idée que nous entrons dans le temps de l’action et des solutions. Si les politiques ne bougent pas assez vite, le monde économique lui n’a pas perdu de temps. je suis assez épaté de voir comment aux quatre coins du monde – au cours de notre périple – des entrepreneurs et des citoyens sont réellement dans le temps de l’action.
    J’ai un reproche à faire vu d’ici… En France le combat pour un autre développement, plus raisonnable, exclut trop de gens de la cible, à commencer par les plus pauvres d’entre nous.
    En Amérique du Sud, en Asie, le temps des solutions est aussi au service des plus désherités !
    En tout cas bon vent pour la suite.
    Bien amicalement,

  2. David dit :

    Belle écriture…et réflexion poussée. Le savoir est là. Maintenant place au savoir-faire et au faire!

  3. Shabnam dit :

    Viva les Action Men and Women ; )

  4. Matyas dit :

    Merci Max, super article !
    C’est bon à entendre…

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