Consom’attitudes: l’expo indispensable sur la consommation responsable!
Le 19 avril 2010 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
Il y a un petit peu plus d’un an, j’avais le plaisir de vous faire rencontrer le créateur du jeu Clim’City (rebaptisé Clim’Way depuis) réalisé par Cap Sciences à Bordeaux. Aujourd’hui, nous retournons dans ce temple de la science bordelais où a lieu depuis février l’exposition Consom’attitudes. J’ai rencontré pour vous Vincent Sennes, le commissaire de l’exposition, afin d’en savoir plus sur le montage de ce passionnant périple dans la consommation responsable…

Bonjour Vincent! Alors dis nous, qui est à l’origine de cette exposition? Combien de temps a été nécessaire pour la réaliser?
Consom’Attitudes a pour origine la volonté de l’Ademe de créer un outil de sensibilisation et d’apprentissage en vue du futur affichage environnemental des produits, orientation phare (et encore en vie) du grenelle de l’environnement. C’est donc sur la base de ces fonds Grenelle qu’a vu le jour ce projet. D’autres partenaires se sont ensuite greffés à l’aventure, et notamment l’Europe (FEDER).
C’est un projet sur lequel a commencé à travailler Eric Gorman (interviewé sur Ecolo-Info au sujet de Clim’Way, NDRL) dès janvier 2009. Je l’ai rejoint à la mi-mai 2009, notre duo assurant le commissariat de Consom’attitudes. Compte tenu de l’inauguration officielle, le 2 avril 2010 mais surtout de l’ouverture aux scolaires (17 février 2010), on peut considérer que c’est un projet d’un an qui a vu le jour.
De mon côté, je fus le seul à temps plein sur cette affaire, fraichement libéré de mes obligations et projets universitaires…

A l’entrée de l’O2 Market, au sein de l’expo
Sur quoi portait ton doctorat exactement? Et sur quoi porte ton post-doc maintenant?
En 2008, j’ai soutenu ma thèse portant sur l’évaluation et la réduction des impacts écologiques liés à la consommation des ménages – conception méthodologique et confrontation à l’Entre-deux-Mers (Gironde, France). Mes travaux (à télécharger sur la base de donnés HAL-SHS!) portaient notamment sur la caractérisation des relations entre les personnes et leurs environnements de proximité (logement et espace public) via la consommation.
Aujourd’hui, je suis de retour à la recherche en m’intéressant aux démarches territoriales de développement durable, les fameux Agenda 21 qui fleurissent à l’échelle des collectivités et des établissement scolaires. Mon objectif est de voir comment les pratiques de consommation responsable peuvent traduire l’efficacité et la cohérence de ces différentes politiques qui, bien souvent, se superposent.
Quel est le principe phare, la ligne directrice de l’expo?
Si l’exposition a un objectif central, c’est bien de chercher à faire comprendre pourquoi aujourd’hui on parle tant de consommation responsable et d’apporter des clés à chacun pour faire évoluer d’une part les attitudes de consommation et d’autre part les comportements de consommation. Il s’agit d’une approche tenant compte de la diversité des situations rencontrées et proposant à chacun une évolution que nous n’avons pas la légitimité de définir. En revanche, notre projet est d’apporter un accompagnement sous la forme d’un balisage des sentiers possibles. Ces objectifs sont plus larges que ceux pour lesquels nous avons obtenu un financement. Mais appuyé par un comité scientifique pluridisciplinaire, nous avons convaincu l’Ademe de la nécessité de faire évoluer l’approche initialement souhaitée.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile à mettre en oeuvre? Le plus sympathique?
La phase de concertation entre les différents acteurs de l’exposition fut certainement l’un des éléments les plus riches, surtout après une recherche doctorale assez isolante. Les échanges, donc, mais aussi le côtoiement de divers métiers reste un aspect vraiment délicieux de la réalisation d’une exposition.
D’un point de vue personnel, être force de proposition et bénéficier d’une relativement bonne confiance de la part des autres est aussi une dimension appréciable du travail. Il n’y a pas vraiment de points négatifs, sauf peut-être parfois le sentiment qu’on pourrait avancer de manière plus efficace. Cela renvoie à la méthode générale de conception d’une exposition, dont on s’aperçoit qu’elle est essentiellement orale et que chaque projet a ses spécificités et ne peut donc accueillir l’ensemble des préconisations issues d’un autre projet.
Une autre difficulté, mais c’est un ressenti je pense très personnel, tient en l’espace du numérique dans une exposition. Bien sûr, l’objectif est de combiner les différents types de supports de médiation (panneaux, manipulations, questions, écrans, ateliers…). Mais ce numérique a un coût économique élevé, un poids environnemental très lourd et il n’est pas forcément de la plus grande stabilité (dépendance à l’énergie, à des logiciels, à des serveurs, à des réseaux…). Sans remettre en cause l’usage de cette technologie, c’est de garder à l’esprit que le support est au service du message et pas l’inverse qu’il est parfois difficile de faire.
Il y a ensuite le point de vue des autres, cette exposition étant une étape dans des itinéraires très complexes, faisant intervenir des connaissances, des pratiques, des normes…
Personellement, je trouve que la mise en scène est très recherchée, les informations très complètes et le périple fort instructif mais… quels sont les retours et les impressions de la part des visiteurs qui sont déjà passés par là?
Comment Consom’Attitudes intègre-t-elle l’itinéraire responsable des visiteurs? Il semble hâtif d’y répondre pour le moment et surtout, il faut se munir d’une méthode solide pour obtenir des résultats élaborés. Pour ce faire, un stage de Master 2 est actuellement réalisé: en plus de voir dans quelle mesure une structure de médiation scientifique parvient à faire évoluer les connaissances des visiteurs, il constitue une étape prometteuse dans le cadre des politiques d’innovation et d’amélioration continue de Cap Sciences, et, de manière plus globale, dans le cadre d’un projet territorial cohérent de développement plus responsable.
Vous l’aurez compris, Consom’attitudes est une plongée pédagogique passionnante dans notre consommation! A ne pas louper si vous avez l’occasion de vous y rendre!
++ Liens ++
- Le site de l’exposition Consom’attitude, fort complet et à consulter sans hésitation
- Cap Sciences sur Dailymotion






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