Odyssée du Flocon à la Vague 2010: du saumon de l’Adour à l’âne bigourdan
8 avril 2010 – A la fin d’un long périple qui dura plus de douze heures (merci la SNCF sans qui rien n’eût été possible), ayant emprunté tous les moyens de communication inimaginables, du train (Paris – Bordeaux-Toulouse > 25 kg CO2), au car (Toulouse-Tarbes> ? CO2), à la voiture (Tarbes – Bagnères de Bigorre > bilan carbone de la journée explosé!), me voici installée au relais des Pyrénées, le centre hôtelier pour sportifs initié par le champion cycliste Laurent Fignon. Un endroit de calme absolu caressé du regard par les pics enneigés.
Je prends donc la conférence de presse en cours.
L’Odyssée du Flocon à la Vague est un raid écologique pensé et animée par des sportifs, pour transmettre des messages essentiels d’attention, de sauvegarde et de protection des espaces naturels et de la biodiversité.
Pour suivre le programme, identifier les partenaires et comprendre les enjeux, voir notre post de mardi.
L’eau, source du tout
L’eau est bien évidemment au centre des débats. Comme nous le rappelle monsieur Abbadie, président de l’Agence de l’Eau, “l’eau est un besoin mais c’est aussi un plaisir; un outil de santé et de communion“. Et de se réjouir d’annoncer que la baisse de sa consommation est le “signe fort d’une prise de conscience palpable” dans la région.
Et bien, réjouissons-nous avec lui. L’eau n’a jamais été aussi propre depuis des dizaines d’années, dans les Pyrénées en tout cas. Les champions de canoë-kayak confirment. Les gros problèmes de pollution du Gave de Pau, dus aux stations d’épurations ou à des usines de mégisserie, sont en voie de régulation.
Les “accidents” restent ponctuels même s’ils sont parfois plus violents, mais les actions menées avec Surfriders Fondation finiront par porter leurs fruits: “on se rebaignera dans nos rivières“, nous promet monsieur Abbadie, tout en faisant le parallèle avec les “dépôts d’ordures titanesques” finalement éradiqués dans les années 90.
Mais pour cela il faut des sous. Hélas, notre douce France porte le bonnet d’âne côté financements publics des stations d’épurations, risquant des condamnations au niveau européen si elle persiste dans ce “non sens”.
Si les municipalités sont volontaires, les financements, eux, ne suivent pas. Mais le président de l’Agence de l’Eau de conclure, finalement optimiste: “On est passé du temps des incantations à celui des applications“. Tout cela passera par l’éducation. Nous suivrons donc, dès cet après-midi, après les épreuves de ski de la matinée, la caravane du Village Initiative Responsable (VIR) qui s’installera de ville en ville pour porter la bonne parole et accueillir les enfants pour des jeux et Quizz interactifs.
Les bébêtes du jour
Année de la Biodiversité oblige, l’accent est mis sur les espèces de la région. Chaque jour donc, je vous parlerai de la bébête du jour. Aujourd’hui, il y en a deux.
- Le Saumon de l’Adour
Preuve de la propreté des eaux régionales, il n’y aurait pas eu autant de ces amphihalins (poissons de rivière et de mer) dans l’Adour depuis 100 ans, toujours selon monsieur Abbadie. “Je ne suis pas environnementaliste, mais il faut restaurer les éco-systèmes et garder la Nature “naturelle“… Une grande manifestation autour du saumon devrait voir le jour en Dordogne cet automne, à la période d’éclosion des œufs.
Voici ce qui se raconte sur Biziona, le blog du slow food basque
Autrefois, les saumons étaient si abondants dans les eaux de l’Adour qu’il était stipulé par contrat devant notaire que les employeurs n’en serviraient pas plus de trois fois par semaine à leurs ouvriers ! L’histoire raconte aussi que les moines de certaines abbayes des environs de Peyrehorade demandèrent à leur prieur de les relever de leur voeu d’obéissance s’il continuait à leur être servi du saumon à tous les repas. Le bon prieur promit qu’ils n’en mangeraient qu’une fois par jour et pas plus de trois jours par semaine… et le calme revint.
- Les ânes bigourdans
Râblés, costaud, mais le regard si doux, ces petits ânes ont fait les beaux jours de la région. Ce sont eux qui ont permis la construction de l’Observatoire du Pic du Midi, portant inlassablement cailloux, pierres et matériel à plus de 2500 m. Aujourd’hui, ils sont réintroduits pour tenter de remplacer le 4/4 dans des endroits inaccessibles comme certaines cabanes de bergers en transhumance.
Bernard Crespel, l’initiateur de tout l’événement, qui va se confirmer comme un infatigable et passionnant commentateur des épreuves tout au long de l’Odyssée, nous raconte ses petits ânes.
© photo et vidéos Catherine Dauriac
A demain pour la suite de l’Odyssée !
++Pour aller plus loin ++









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Merci Cat pour cette belle madeleine : je me revois voilà bien des années, trottinant à côté de l’âne bigourdan où était juchée ma soeur pour aller jusqu’au cirque de Gavarnie : )
J’adore les ânes, tous, et celui que tu as photographié est splendide !
A demain !
elle est où cette image d’âne, suis miro ou quoi ?
Visionné tes deux vidéo.TB.
[...] les 4 premiers articles sur l’Odyssée du flocon à la vague (1, 2, 3 et 4), 4 journées d’épreuves sportives, 4 milieux naturels traversés, 10 équipes de 4 champions, [...]