Make Sense, ou comment aider les entrepreneurs sociaux
Le 29 mars 2010 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
Il y a des projets comme ça: vous tombez dessus par hasard et puis vous trouvez ça génial! Tout d’abord parce que cela est bien présenté et assez bien agencé. Puis parce que cela fait sens, innove, sort de l’ordinaire. Et c’est tout cela qui m’a plu dans la démarche de Christian Vanizette et Romain Raguin, dont l’objectif est de mettre au point un outil destiné à aider les entrepreneurs sociaux dans la réalisation de leurs projets. Ici, le web n’est pas utilisé comme un réseau social (rencontre entre les personnes) mais comme un outil destiné à se faire rencontrer les compétences (puis les personnes bien sûr). J’ai donc décidé d’en savoir plus sur leur initiative en posant quelques questions aux 2 compères…

Anne-Sophie pour Ecoloinfo.com: quand et comment est née cette idée (le constat de départ)? Depuis quand travaillez vous dessus? Quel a été votre parcours avant?
Christian: Cette idée, « MakeSense », est née dans un café. Nous avons donc investi 1,50 euros (prix du café) dès le départ!:) Ce café, nous l’avons pris après nous être impliqué dans un projet de notre école de commerce appelé « Ethomed ». L’objectif d’Ethomed est d’investir sur des projets socialement responsables et économiquement viables. Cependant avec Romain nous nous disions que ces types de projets avaient peut-être besoin d’autre chose que d’un simple apport financier pour avancer. Peut être avaient-ils besoin de contacts au moment opportun, de savoirs actionnables, des partenariats avec des entreprises pour accéder à leurs technologies/réseaux…
Depuis ce fameux café (cela fait maintenant 1 an et demi), nous mûrissons cette idée en la présentant à diverses personnes et dans divers milieux ( Business, ONG, académiques ). Cela nous coûte le prix d’un café à chaque fois, et ces personnes partagent avec nous des retours de qualité. Avec cela, nous affinons l’idée. Après la France nous sommes maintenant en train de présenter cette idée en Inde. C’est un peu comme un pot en argile que nous travaillons continuellement (et il n’est pas encore fini ! ).
Concernant notre parcours: Romain vient de Lyon, moi de Tahiti et on s’est rencontrés à Marseille dans notre école de commerce grâce ce fameux projet Ethomed. Durant notre parcours pédagogique nous avons pu acquérir diverses expériences, Romain a eu une expérience en banque privée au sein de JPMorgan, mais aussi une expérience en milieu carcéral avec l’Association Genepi dont il faisait partie. Pour ma part, j’ai travaillé dans des projets associatifs pour aider les entrepreneurs et aussi au sein du service Innovation d’une compagnie high-tech du sud de la France.

Christian : Pourquoi Romain ?
Parce que c’est le gars le plus honnête que je connaisse, qu’on tripe sur la physique quantique, le social business, Jimmy Hendrix et qu’il est toujours à l’heure au café alors que moi non.
Romain : Pourquoi Christian ?
Car il est excellent pour faire des connexions d’idées mais aussi sur les personnes. Aussi parce vu qu’il est toujours en retard au café c’est toujours lui qui paye.
Quels sont les principaux objectifs de votre périple? Et après, retour en France ou…?
Le principal objectif de notre périple est de rencontrer les entrepreneurs sociaux pour leur présenter une application web que nous sommes en train de créer et dont ils sont censés être les principaux utilisateurs! Nous avons commencé par l’Inde car il y a de nombreux entrepreneurs sociaux et aussi parce que nous voulions aller dans cette région du monde. Ensuite, on s’est dit que ça pourrait être sympa de faire voyager d’autres personnes intéressées par le sujet avec nous, c’est pour cela que nous faisons des vidéos et interviews de ces mêmes entrepreneurs (Ok, c’est aussi pour apporter de la visibilité à MakeSense donc n’hésitez pas à partager ces vidéos sur twitter, facebook…;)
Nous revenons en France début Juillet pour continuer à travailler sur cette application web et sur le concept MakeSense. Soit on trouve des clients entreprises qui voudront travailler avec nous après avoir vu nos vidéos, soit on cherche des investisseurs pour nous permettre d’aller plus loin. Je ne sais pas si nous allons continuer le voyage ailleurs dans la mesure où on a déjà des personnes qui nous ont contactés pour faire la même choses en Amérique latine et qu’on rencontre des gens en Inde qui veulent continuer à faire ce que nous faisons. On construit MakeSense un peu comme un projet « Open-source ».
Pour bien cerner les objectifs de notre périple, n’hésitez pas à regarder cette vidéo:
About MakeSense ( à propos de MakeSense ) from christian vanizette on Vimeo.
Avez-vous rencontré d’autres personnes parties ainsi à la rencontre d’entrepreneurs sociaux… car vous n’êtes pas les premiers. Qu’est-ce qui vous différencie?
Oui, nous avons eu la chance de rencontrer Grégory de Latitude Responsable, ils ont fait un voyage génial! Nous avons manqué de peu les deux étudiants qui font le tour de micro-entrepreneurs à vélo, mais nous allons rencontrer en Inde les étudiants qui ont monté le projet Socialter et qui sont aussi partis à la rencontre des entrepreneurs sociaux. On cherche aussi a rentrer en contact avec les étudiants de l’association Asiemut qui font un voyage similaire au Bangladesh.
L’idée c’est de se connecter avec eux pour demander ensemble aux entrepreneurs quels sont leurs challenges du moment. Plus on est à « sourcer » ces challenges, mieux c’est! Chacun des projets apporte sa pierre à l’édifice en construisant des cas d’école (Latitude responsable, Asiemut, etc.) , en réalisant des formations (cas de socialter)… Nous, nous avons choisi une autre approche: celle de demander aux entrepreneurs leurs challenges, de mettre ces défis en vidéo pour que ce soit parlant pour vous, qui êtes derrière vos écrans d’ordinateurs, et que chacun puisse ensuite se connecter avec eux. Bon, le truc c’est que les indiens parlent anglais mais je suis sûr que les français peuvent faire un effort!:)
Quel sera le modèle économique de makesense.org (car si je comprends votre objectif, c’est de faciliter les mises en relation via le web?)
L’objectif de MakeSense est d’être un Social Business, comme la grameen Bank du professeur Yunus ou comme Babyloan. Il nous faut donc, en effet, avoir un business model viable. L’approche que nous avons choisie est de faire en sorte que l’application web que nous construisons soit complètement libre, gratuite et ouverte. Nous souhaitons donc nous rémunérer non pas en ligne avec cette plateforme mais hors ligne avec l’organisation de challenges d’innovation sociale plus complexe à résoudre, mêlant entreprises, entrepreneurs et investisseurs. L’idée c’est que les entreprises et investisseurs rémunèrent MakeSense pour organiser ces challenges et réunir les bonnes personnes. Nous vendons un nouveau processus « d’Open Innovation » qui fait sens pour chacun des participants, parce que c’est pour le bien commun.

Pourquoi avoir choisi de communiquer essentiellement en anglais? Pour que le projet soit directement d’envergure internationale?
Oui. Le monde du social business est un petit monde. Si vous ne communiquez qu’en français et qu’aux français vous n’avez pas assez de densité pour favoriser les interactions entre individus et entrepreneurs. Si vous communiquez en anglais, vous touchez davantage de personnes, l’univers avec lequel vous interagissez est plus dense. L’idéal serait de communiquer en français et en anglais mais nous n’avons pas assez de ressources pour l’instant (nous ne sommes que deux )… avis aux volontaires:)
Si j’ai bien compris en lisant votre blog, vous recherchez 2 autres collaborateurs actuellement, c’est bien ça?
Actuellement nous avons un ami, Peter, qui vient de finir son doctorat en sciences de l’informatique et qui réalise l’application web et une amie, Agathe, en école de graphisme qui nous fait les design, logos etc.
Cependant, pour aller plus loin nous recherchons deux autres associés, c’est-à-dire des personnes qui vont prendre une part aussi importante que la nôtre dans l’entreprise. Nous recherchons un passionné de « Design thinking » qui sait aussi dessiner pour donner vie aux idées, pour qui chaque image ou expérience est source d’inspiration. Enfin, nous cherchons aussi un génie maitrisant les technologies du web et qui a un petit penchant pour l’intelligence artificielle. Si c’est un gentil « hacker » un peu rebelle c’est un plus :)
La question que je ne vous ai pas posée et que vous aimeriez que l’on vous pose?
« Que peuvent faire tout de suite, les personnes qui vous lisent derrière leurs écrans ? »
Alors c’est très simple messieurs et mesdames. Vous pouvez:
Regarder les vidéos des entrepreneurs sur le blog et les aider à résoudre leurs challenges si vous avez les compétences.
Nous aider a faire passer le mot à propos de MakeSense grâce aux réseaux sociaux en partageant les vidéos, en devant fan de notre page facebook (quoi ce n’est pas déjà fait ?!)
Prendre vos billets d’avions sur expedia.fr et nous rejoindre en Asie munis de votre caméra HD:)
Bon, on n’ira pas les rejoindre en Asie cette fois-ci, mais saluons bien fort l’esprit très Web 2.0 et collaboratif du projet! Bon courage à tous les deux et rdv très bientôt quand l’application sera lancée surtout:-)
++ Liens ++
- Make Sense, le site
- Make Sense, le blog
- Pour un aperçu très clair de l’application web de MakeSense.org
- Le fil twitter
- Le compte Vimeo avec les vidéos du projet
- These guys just want to make some sense






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