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Matière grise pour évolution verte

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Avatar… seulement une fiction ?


Le 23 mars 2010 | Par

Matyas

Ses articles

Qui d’entre nous n’a pas vu Avatar ? Ce film a détrôné Titanic : il a fait le même nombre d’entrée en 5 semaines que Titanic en 10 mois ! Pourtant Titanic était déjà un record. Cela vous donne la mesure de l’engouement autour de ce film.

Cet article sur ce film mythique est venu s’enrichir des infos de l’association Survival ainsi que de discussions avec des amis Sàmis. Je termine donc juste cet article et tente d’aller derrière les images impressionnantes et le scénario touchant de cette super-production des États-Unis pour comprendre le réel message du film.

Avatar… seulement une fiction ? La question a de quoi dérouter, car bien que les effets spéciaux soient très réaliste, le film Avatar est une pure création de l’esprit. Malgré tout, je me permet de dire ici que l’histoire d’Avatar s’est passée sur Terre hier, se passe encore aujourd’hui, et se passera toujours demain si l’on ne change pas le fondement même de notre système, qui revient à reconsidérer notre rapport au monde, aux autres, au transport, à l’alimentation, à la consommation, à la notion de “besoin”, etc…

Tout au long de l’article je vais faire référence au discours de Seattle (v. 1786-1866), chef des tribus Duwamish et Suquamish, prononcé en 1854 devant le gouverneur Isaac Stevens. que je vous invite vivement à lire en entier en cliquant ici (et merci Brendan pour ton article sur la ville de Seattle !). Cela afin de vous montrer que James Cameron n’a rien inventé.

AVATAR

Tout d’abord voici la bande-annonce du film pour vous remettre dans l’ambiance :

Premier élément intéressant : James Cameron confie qu’il s’est inspiré de Danse avec les loups ou encore Pocahontas pour Avatar :c’est un hommage aux nations premières de USA, Amérindiens, Inuit ou Maya, dont leurs peuples, tribus ou ethnies se sont fait massacrés pour l’exploitation et la colonisation de leur territoire.”

IL ÉTAIT UNE FOIS…

… dans le futur, un ancien marine, aujourd’hui handicapé, qui remplace son frère jumeau pour une mission sur un autre planète, Pandora : les terriens colonisateurs souhaite exploiter le sol de cette planète pour en extraire un précieux minerai. Le hic c’est qu’un peuple à la peau bleu et aux allures félines, les N’avi, habitent cette planète, dont l’air est irrespirable pour les humains.

Je m’arrête là pour le résumé, vu le nombre d’entrées en salle, j’imagine que vous connaissez la suite.

Annoncé comme une révolution numérique, Avatar à été tourné avec une caméra 3D, qui à permis l’accès de cette technologie au grand public. Le film s’est tourné dans un hangar, où les acteurs jouaient, soit dans des décors représentant les vaisseaux humains disposés sur la planète, soit sur un fond vert ou bleu qui permet l’incrustation d’élément numériques travaillés sur ordinateur. La film a utilisé la technique des films “le polar express” de Robert Zemekis ou encore de “Renaissance”, l’étonnant film d’animation français de Christian Volkman, le capture motion.

Pour en savoir plus sur le tournage du film, cliquez ici.

Cette technologie a permis, après 4 ans de conception du film de donner vie à un monde d’une impressionnante réalité, qui me ferait presque croire à l’existence de ce monde, tout droit sorti de la tête du réalisateur de Titanic.

Titanesque, Avatar l’est car s’il est le film-le-plus-cher-au-monde, la vraie prouesse de ce film est d’avoir allié un esthétisme éblouissant à une histoire qui comporte une pluralité de thématiques intéressantes actuelles.

LE COEUR CONSCIENT

Tout d’abord, les écologistes se sont montrés plutôt ravi d’un film qui porte les valeurs des simplicités d’être, d’harmonie avec la nature et qui permet de montrer que ce que l’on ne voit pas à son importance.

Quand Sigourney Weaver dit : “Pandora et sa végétation sont remplies de synapses dont les Na’vis on accès, cela veut dire que tout est lié dans ce monde”, je ne peux m’empêcher de penser à l’excellent livre de Jean-Marie Pelt, “La Solidarité : Chez les plantes, les animaux, les humains”.

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?

L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple.

Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte sont sacrés dans le souvenir et l’expérience de mon peuple.

Car la sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme.

Seattle

Avatar nous rapporte à notre méconnaissance de notre propre planète et de la négation de la spiritualité des humains, en clair aux choses que l’on ne voit pas, que l’on ignore.

Ensuite, on assiste à la renaissance d’un être. Renaissance physique puisque une seconde vie est offerte au héros par le biais du corps de l’Avatar, mais surtout renaissance intérieure. En effet, cet ancien marine, prêt à mourir pour une mission dont il peine à comprendre les enjeux, n’avait plus vraiment d’espérance dans la vie jusqu’à la mort de son frère qui lui permet de rejoindre cette mission.

En plein cours de mission, l’intégration dans une communauté d’indigènes va le bousculer. S’il peine au début à habiter réellement ce nouveau corps, il s’immerge totalement dans un monde dont il n’a de cesse de comprendre petit à petit son sens profond : le lien qu’il établit, à l’aide d’une indigène désignée par la communauté, avec les animaux, avec les arbres, avec l’univers, le transcende, le bouleverse, ouvre son coeur et petit à petit il s’ouvre à la relation à l’autre. La vie circule à nouveau en lui, il se sent vivant dans un monde loin de tout artifice, un monde fait de respect d’un équilibre ancestral.


Petit à petit, touchant son être en entier (son âme ?), il s’ouvre à la pleine conscience « d’être » unifié, total, connecté au monde qui l’entoure et mélange ce qui est le rêve (le monde dans son avatar) et la réalité (son corps d’humain).

Quoi de plus symbolique que cette partie de l’histoire où Jake découvre tout simplement ce que veut dire la vie ?

Cette partie m’a particulièrement touché car je pense à l’aveuglement de nos sociétés qui vivent par déni ou par procuration et avancent dans la vie en s’attachant à des valeurs matérielles sans racines qui les écartent de la réalité, de “l’invisible” cher à St Exupéry, et donc de leur source intérieure.

Car finalement, en réfléchissant bien, ce « rêve commun de société humaine » n’est plus vraiment au service de la vie aujourd’hui ! L’exemple des villes est par exemple, révélateur :  autrefois regroupement pour un échange humain garantissant le mieux-être par le partage des richesses, on assiste aujourd’hui à l’inverse : l’homme est asservi par ce qu’il « doit » à la société.

« Métropolis » de Friz Lang (avant la version dessin animé) dénonçait déjà l’aliénation du système capitaliste productiviste, qui prive l’homme de sa dignité humaine pour le conditionner et le rendre dépendant de la société et du monde qu’elle a établi. L’homme machine…

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte.

Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles.

Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas.

L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.

Seattle

Jake s’échappe et va retrouver une autre réalité que celle du conditionnement mental et de la peur représenté par les humains dans le film. Il va chercher sa liberté, mais pas seulement physique : celle de son coeur que l’on peut qualifié de « conscient » ou encore d’éveillé, ouvert, disponible, réceptif.

“La vie est un mystère à vivre, pas un problème à résoudre” disait l’autre…

UNE GÉNÉRATION “ÉCRAN”

James Cameron met le paquet, c’est bien sûr du « cinéma », mais ce qu’il nous montre de manière manichéenne, nous devons le ramener à une analyse très réaliste de la direction qu’ont pris nos vies depuis la génération de nos grands-parents.

Le film reflète également cela : James Cameron est un enfant de la télé et cela est présent dans le film : le corps est séparé de l’esprit et il est donc facile de le mettre dans un autre corps, ici l’avatar ; le peuple se “connecte” aux animaux comme on se branche à un ordinateur ; etc…

Ce penchant me faire peur dans Avatar car cela nourrit une société « de fuite » qui croit vivre à travers certains activités ou attitudes très destructrices : les jeux vidéos en tout genre, émissions télé et films, activités à sensation, parcs d’attractions, mais aussi dans les rapports sociaux en projetant nos rêves et désirs sur les autres et ce qu’ils devraient être pour nous, ce qu’ils ne nous apportent pas, le physique que nous souhaiterions avoir, ce que nous rêvons de posséder, etc…

“Trop de télévision vu par les enfants peut avoir un lien avec un défaut d’attention courte”

James Cameron a donc mixé l’envie profonde de “vie originelle” genre Tarzan que nous avons, avec l’excitation d’une génération internet en mal de vivre.

Ce film nous pose la question : ne pouvons-nous pas « lâcher » notre volonté de tout contrôler afin de pouvoir suivre le courant de la rivière avec confiance dans le respect ? Peut-on réellement évoluer avec maturité dans un monde dirigé par l’esprit où le coeur n’a qu’une place que peu reconnu ? Où l’on souhaite ce qui nous fait rêver sans chercher à regarder la vérité en face ?

Dans Avatar, le héros, Jake Sully, retrouve la vie en se reconnectant avec le vivant, tout simplement. Pourquoi ne pas faire de même, semble aussi nous demander le film ?

Le héros, s’émerveille devant le micro et le macro, ne compte pas le temps (ah, ce temps qui dirige nos vies et génère nos angoisses de ne pas « y arriver »…), vit aux battements de cœur des animaux qu’il chevauche, aime sans compter, dépasse ses peurs, donne le meilleur de lui-même, lâche prise sur son « soi » pour s’oublier, ce qui lui permet finalement de découvrir qui il est.

Comme Jake Sully nous devons passer moins de temps devant nos ordinateurs, dans les magasins, devant la TV à nous nourrir de superficiel, d’artifices éphémères polluants nos esprits et nos corps. La nature, les animaux les peuples sont toujours là, ainsi que les océans, les montagnes, les rivières. Nous devons aujourd’hui nous taire et les écouter pour mieux comprendre qui nous sommes. « La connaissance est le premier pas vers la tolérance » a dit quelqu’un (Je vous renvoie vers le “plaidoyer pour l’orque” publié il y a quelques semaines). Nous devons ainsi nous connaître, nous les êtres vivants qui partageons cette planète, pour apprendre à vivre ensemble sur cette Terre.

C’est la force symbolique d’Avatar : nous montrer que nous avons tous accès au meilleur de nous-même tous les jours, par notre regard d’amour sur la vie.

L’EXOTISME DES INDIGÈNES… ET L’ACCULTURATION

Aujourd’hui, des peuples vivent toujours comme dans Avatar, le décor « cinéma » imaginaire du film en moins. C’est la force et la faiblesse du film : il nous fait comprendre le monde des peuples premiers, nos ancêtres en sommes, mais simplifie à outrance une peinture idéalisée de peuples pourtant menacés tous les jours par la soif de consommation de l’occident, c’est à dire nous, avec nous Iphone, nos ordinateurs et nos voitures.

Il ne faut pas se leurrer, Avatar c’est Molière : le film est construit sur l’étude des philosophies des nations sources d’Amériques. Même mon père en sortant de la salle m’a dit : « J’ai tout le temps pensé aux Sàmis et à leurs façons de voir et de vivre l’environnement ».

Ce n’est donc pas irréaliste de critiquer ce film sur ce point : n’est-ce pas un peu trop une vision blanc (humain-colon / sans conscience et destructeur) et noire (humain-indigène / conscient et respectueux) ?

L’humain-colon n’est-il pas, lui aussi un indigène qui a perdu ses racines comme l’on été les Européens colonisant l’Amérique ? Privés de leurs racines et donc mal dans leur peau, ils ont voulu recréer une sous-culture basée sur l’exploitation de l’homme.

© Matyas Le Brun

Ainsi, lorsque je suis revenu de cette expérience avec un peuple indigène, fort de 3 mois en plein désert blanc, sauvage et illimité, vivant avec les animaux, la lune et le soleil, j’avais du mal à regarder ce monde sophistiqué, inconscient, déconnecté de l’essentiel… Face à ce gouffre, j’ai commencé à retrouver petit à petit mes racines, à comprendre : ne venais-je pas, moi aussi du peuple des hommes qui vit au même titre que toute espèce sur Terre ?

Ainsi le colonel dans Avatar (LE modèle du blanc colon), n’est-il pas un indigène d’une autre planète qui a perdu aussi ses racines ?

En d’autres termes, ne pouvons-nous pas, au lieu d’idéaliser l’Amérindien exotique dans Avatar, demander à nos ancêtres de nous raconter d’où nous venons pour retrouver notre véritable identité, connectée à un territoire, à une nature et à un mode de vie qui y est lié ?

En effet, le monde indigènes, celui des premiers hommes, est basé sur la connaissance ancestrale de la terre, du territoire local, de la faune et de la flore, du climat… L’écologie avant l’heure quoi !


Cette connaissance locale des peuples est ce que l’on appelle « culture ». Oui, les cultures du monde, la biodiversité culturelle du monde sortent du ventre de la terre. Oui, les langues sont issues d’une observation minutieuse du vivant, transmis de génération en génération et sont indispensables à la survie dans une société connectée directement à la nature (voir mon article sur la biodiversité linguistique).


© Serge Anton

Quand je dis « culture » attention, je ne parle pas de Fnac, de DVD-Vidéos ou de pestacle lyrique. je parle de la diversité incroyable de cultures qui font le monde que nous sommes aujourd’hui.


Avatar vient à la source de ce sujet, nous sommes dans un processus d’acculturation très forte dont le premier symptôme est parvenu à notre conscience : le déni de nos origines, la Terre mère, source de vie. D’où le regain de l’écologie, qui n’est que le reflet de notre besoin d’amour et de respect envers la vie.

RÉVEILLONS-NOUS, NOUS DEVONS NOUS RECONNECTER CONCRÈTEMENT AVEC LA TERRE ET NOS CULTURES INDIGENES !!!!

CE N’EST PAS UN FILM !

Avatar nous rappelle avec violence que l’homme peut continuer encore longtemps sa quête de pouvoir pour l’argent.

Seattle ne nous avait-il pas averti, il y a plus d’un siècle alors que son peuple mourrait sous les balles, l’alcool et la famine ? Voici un extrait de son texte :

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants.

Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin.

Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas.

La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes.

Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Seattle, 1845

Le Chef Seattle – Source Wikipédia

Nous sommes aujourd’hui en train de saccager notre éco-système qui assure notre vie. Tout cela pour pouvoir téléphone, nous déplacer, travailler plus facilement.

Sommes-nous conscient que l’histoire d’Avatar se passe tous les jours sur notre Terre ?

Un peu plus tous les jours des hommes déforestent l’Amazonie, maison de peuples amérindiens, d’autres exproprient des nations de l’Arctique pour extraire du pétrole, d’autres payent pour voir des tribus en Afrique exécuter les danses qu’ils ne dansent plus chez eux, d’autres vont à l’autre bout du monde consommer du folklore qui signe la mort d’une nation, d’autres s’arment pour faire la guerre, pour faire régner l’ordre pour encore plus de contrôle.

Les Sàmis avec qui j’ai discuté du film m’ont dit avoir pleuré tout le long tellement ils ont trouvés véridique ce film qui est entre autre et encore aujourd’hui l’histoire de leur peuple.

Il est également intéressant de lire le rapport de Survival International sur le sujet :

Les peuples indigènes se félicitent du triomphe d’Avatar aux Golden Globes, ‘un film qui raconte la véritable histoire de ce que nous vivons aujourd’hui’.

Un Penan du Sarawak (partie malaisienne de l’île de Bornéo), a confié à Survival : ‘Nous, le peuple penan, ne pouvons vivre sans la forêt. Elle nous protège et nous la protégeons. Nous comprenons les plantes et les animaux parce que nous habitons ici depuis de nombreuses années, depuis des temps immémoriaux.

‘Les Na’vi d’Avatar se lamentent parce que leur forêt est détruite. Il en est de même pour nous, les Penan. Les compagnies d’exploitation forestière abattent nos grands arbres, polluent nos rivières et font disparaître notre gibier’.

Jumanda Gakelebone, un Bushmen du Kalahari a déclaré : ‘Nous les Bushmen sommes les premiers habitants de l’Afrique australe. Nos droits à la terre sont bafoués et nous appelons le monde entier à l’aide. Avatar me rend heureux parce qu’il montre au monde ce que c’est que d’être Bushmen et ce que notre terre représente pour nous. La terre et les Bushmen sont indissociables’.

Davi Kopenawa Yanomami, connu comme le Dalaï Lama de l’Amazonie, a expliqué : ‘Mon peuple a toujours vécu en paix avec la forêt. Nos ancêtres nous ont appris à comprendre notre terre et les animaux. Nous avons utilisé ce savoir avec précaution, parce que notre existence en dépend. Ma terre yanomami a été envahie par les orpailleurs. Il en est résulté la mort d’un cinquième de notre peuple, atteint de maladies que nous n’avions jamais connues auparavant’.

James Cameron s’est inspiré de la langue maori de Nouvelle-Zélande pour inventer celle des Na’vi.

Stephen Corry, directeur de Survival International

Avatar…seulement une fiction ???

Voici un extrait du documentaire pour lequel je recherche un producteur. Vous verrez que le sujet n’est pas éloigné d’Avatar :

WARMING LANDS (VF) de Matyas Le Brun
Uploaded by Matyas-Le-Brun. – Watch feature films and entire TV shows.

Explication : les cultures du monde dérangent l’homme industriel et les compagnies car elles occupent les territoires encore inexploités qui regorgent de dollars sous forme d’or noir, de minerai, de bois, de cultures agricoles intensives, etc…

Je suis déprimé par cette situation et l’aveuglement que nous y offrons alors que changer notre manière de consommer et donc de vivre, permet de changer la donne. Nous devons tous nous y mettre et maintenant afin que nos animaux ne mangent plus le soja OGM cultivés dans l’Amazonie, que nos beurres végétaux ne contiennent plus d’huile de palme d’Indonésie… la liste est longue.

En recevant le Golden Globe Awards pour Avatar, le réalisateur d’Avatar a évoqué l’une des idées centrales de son film qui “nous interroge sur le fait que tout est lié, les êtres humains les uns aux autres et chacun de nous à la terre”.

Nous devons donc l’intégrer et nous lever tous ensemble : c’est ce que la fable qu’est Avatar nous propose de regarder en face, en transportant sa symbolique cinématographique dans la réalité le plus actuelle.

Les Blancs aussi disparaîtront, peut-être plus tôt que toutes les autres tribus : contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge.

Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes, et la vue des collines en pleines fleurs, ternie.

Où est le hallier ? Disparu.

Où est l’aigle ? Disparu.

C’est la fin de la vie, le début de la survivance.

Seattle, 1845


6 commentaires à “Avatar… seulement une fiction ?”

  1. Richard says:

    Très beau travail d’analyse, qui donne envie d’aller revoir le film. J’espère aussi que tu trouveras vite un producteur pour ton docu.

  2. Matyas says:

    Merci Richard ! J’espère aussi :))

  3. rommmm says:

    Bonjour,

    Autant je peux être convaincu du bien fondé de l’idée du film, autant j’estime que ce qu’en a fait James Cameron est complétement raté. A tel point que je suis demandé s’il ne s’agissait pas d’une énième suite de la série des Rambo!
    Comment aussi accorder de la crédibilité aux personnages du militaire et du responsable du projet minier qui sont des non-sens au regard du modèle de la décision collective qui prévaut dans notre société actuelle?

  4. anne says:

    ton analyse est intéressante. Tu parles de sortir de notre vision du monde par le biais des ordinateurs et autres écrans, pour nous reconnecter à notre véritable nature, et je voudrais ajouter que j’ai été intriguée par le fait que ce soit la FOX qui ait financé ce film, me demandant ce qui leur valait ce nouvel intérêt pour l’écologie. Jusque là, les conservateurs américains ont plutôt préché contre des films comme l’Age de Glace de crainte que cela ne pollue les têtes des enfants avec des idées écolo. Quel intérêt la Fox peut-elle avoir à financer Avatar. Uniquement financier ? peut-être. Ou bien y a-t-il dans Avatar un message sous-jacent qui les intéresse ? je me demande si ce n’est pas vers la notion d’Avatar qu’il nous faut aller. Voici un Avatar qui réussit sa transition ! grace aux pouvoirs du peuple aimé, il réussit à quitter son corps d’humain pour vivre désormais dans le monde qu’il aime. Alors braves gens, ne vous souciez pas, face à la violence de ce monde, face à une société qui ne vous plaît guère, dans laquelle vous fonctionnez tout juste, investissez vous dans votre Avatar, vous voyez, on peut y arriver, on peut passer de l’autre côté. Et pendant ce temps, laissez nous gérer la triste réalité.
    mon analyse est peut-être un peu tordue, mais je dois dire que je me suis entraînée à me poser des questions là où on m’invite à ne pas m’en poser. La Fox a sorti la série 24 heures, avec le héros Jack Bauer, et devant la côte de popularité de cette série auprès de ma famille, j’ai accepté de la regarder à condition que nous fassions régulièrement des arrêts sur image en décryptant les “messages” qui nous étaient inculqués, tels que “la sécurité nationale justifie tous les moyens”, ou “même ceux dont les principes excluent l’usage de la torture finissent par craquer car c’est la seule chose qui marche”. Au sujet d’Avatar, je cherche peut-être un peu la petite bête, mais sait-on jamais. Rien de tel que d’abrutir les masses, par l’alcool, une mauvaise nourriture, les vaccins et autres pollutions, et maintenant leur investissement dans les mondes fictifs, que l’on nous promet malgré tout de plus en plus sensoriellement enrichis.
    voilà, j’ai fini avec cet arrêt sur l’image !

  5. Matyas says:

    @ rommmm, je suis tout à fait d’accord avec toi, c’est un portrait vraiment caricaturé…Je trouve que c’est les 2 personnages qui ne sont pas du tout crédible dans le film 100% d’accord avec toi.

    @ anne, je n’avais pas vraiment poussé la réflexion jusque là, mais effectivement, c’est aussi une forme d’incitation à encore plus de virtuel “malsain”, de négation de la réalité. Merci beaucoup pour cet arrêt sur image. Autant il est important de voir le “bon” dans toute chose, autant il faut être lucide. Et c’est le point sur lequel tu insistes, la féerie virtuelle est une façon de manipuler les masses, encore une fois et Avatar nous conforte dans notre négation de la réalité. Merci beaucoup de ton message :)

  6. [...] notre Histoire où certains ont imposé leur mode de vie par la force (symbolisé récemment par le film d’animation Avatar, comme l’explique Matyas). Ainsi ont été victimes les peuples premiers de notre planète, car leur mode de vie a été [...]

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