Consommez autrement… à l’occasion !
Le 10 mars 2010 | Par Emmanuelle
La communication des entreprises, c'est mon domaine. En 2009, j'ai créé mon entreprise, Alterm, qui conseille les entreprises et les associations sur des démarches de mécénat et partenariats.
L’article d’Isabelle sur la consommation structurante m’a fait penser à mes propres façons de consommer, à la fois personnelle et familiale. Avec la question : toujours plus, toujours neuf… est-ce toujours utile ? Vous n’avez jamais eu une overdose en rentrant dans un magasin, en voyant tous ces portants remplis de vêtements neufs ? Et pourtant…
Ethique et « côté fille » : une association pas toujours incompatible
Et pourtant, j’avoue, et je revendique mon « côté fille » : j’adore les fringues et les chaussures, j’aime faire les boutiques, flâner, dénicher le petit truc sympa… Mais bon, le budget ne suit pas, et puis… la conscience non plus. Car, c’est vrai : quand on commence à réfléchir à sa propre consommation, on regarde d’un autre oeil cette abondance de biens, ces bacs débordants, tous ces petits hauts, bon marché certes, mais souvent fabriqués loin et par de petites mains. Bien sûr, de nouvelles marques émergent, des créateurs travaillent sur des vêtements éthiques, bio, de nouveaux concepts apparaissent autour de nouvelles matières (merci à Julie et à Catherine de nous les faire découvrir). Mais les prix restent encore élevés, même pour du prêt-à-porter, et je ne trouve pas toujours ce qui me plaît.
Ce sont en effet de vraies boutiques, avec des vêtements triés par marque, par couleur ou par style. Les responsables ont le souci de créer des vitrines qui donnent envie, qui tiennent compte des saisons, des tendances. Pour avoir assisté une ou deux fois à des dépôts, j’ai pu voir qu’elles sont exigeantes sur la qualité et sur l’actualité du vêtement. Mais, en même temps, j’y trouve des choses qui me plaisent sans coller aux « diktats » de forme ou de couleurs des magasins de vêtements neufs.
J’aime y aller régulièrement, j’ai mes adresses à Nantes, à Paris. J’ai fait des achats à Toulouse, j’en ai repéré un qui a l’air sympa à Bordeaux.* Quand je me rends quelque part, j’aime dénicher le dépôt-vente qui change de l’ordinaire. Et pour les enfants, pareil ! Je sais ce dont chacun a besoin et je vais d’abord voir en dépôt-vente. En général, je trouve ce que je veux, de très bonne qualité et à des prix vraiment intéressants.
* Voir quelques bonnes adresses en fin de billet.
Cette réflexion sur l’achat d’occasion m’a poussée à m’intéresser aussi aux vide-dressings, ces blogs où des « fashionistas » vident leur placard qui débordent (parfois, c’est d’ailleurs hallucinant…) en vendant les pièces dont elles ne veulent plus. C’est un phénomène qui s’est beaucoup développé l’année dernière, il existe même des annuaires de vide-dressings. Vous pouvez y faire de bonnes affaires, les échanges argent/vêtement se font par mail, chèque ou paypal.
Pour aller au-delà du placard
Je ne viens d’évoquer ici que les achats d’occasion de vêtements, mais le phénomène existe pour d’autres biens de consommation, comme les meubles, les voitures, les articles de loisirs, l’électroménager…
Une autre possibilité d’achat de seconde main en plein boum : les sites internet de petites annonces, type « Le bon coin« . Il existait bien sûr Ebay sur lequel vous pouviez trouver tout (et n’importe quoi), mais son fonctionnement pouvait rebuter (il s’est d’ailleurs aligné par rapport à ses concurrents). C’est vraiment intéressant. Et vous pouvez même allier seconde main et consommation locale, en choisissant de ne regarder les annonces que d’une région.
Je ne peux pas non plus oublier les vide-greniers, ventes de plein air où chacun vend ce dont il veut se débarrasser, vêtements ou autres (meubles, vaisselle, articles de sport…), à des prix négociables. Nous y avons trouvé des cartables, un évier en faïence blanche pour notre cuisine… Ces vide-greniers sont aussi une manière de faire comprendre aux enfants qu’ils peuvent eux aussi trier et mettre de côté les affaires dont ils ne veulent plus, mais qui sont encore en bon état (un bon point pour parler du respect de ses affaires !). Ils apprennent à fixer un prix raisonnable et savent qu’ils pourront récolter un peu d’argent pour s’acheter ce dont ils ont envie.
Enfin, un autre maillon de la chaîne de l’occasion est constitué par les recycleries, type Emmaüs, ou encore Trocantons, expérience locale en Loire-Atlantique.
Ces lieux remplissent souvent quatre fonctions :
- Collecter, en lien avec des déchetteries ou avant la collecte d’encombrants.
- Valoriser. Les objets peuvent être nettoyés et réparés, si possible, ou bien détournés de leur usage premier, ou encore démantelés, pour servir de pièces détachées. L‘enfouissement n’est plus alors la seule destination des déchets.
- Revendre, ce qui permet de financer la structure.
- Sensibiliser. Les recycleries font un travail important d’éducation au tri, au recyclage auprès des écoles, des consommateurs. Elles incitent aux changements de comportement.
Mais surtout, l’achat d’occasion ne diminue pas la consommation pour autant. Il ne fait qu’en modifier la typologie. Il est souvent réalisé par des consommateurs convaincus, par choix personnels, alors que d’autres, réticents à acheter du « déjà porté, déjà utilisé » continueront à acheter neuf. Mais quand un consommateur, ou plutôt consomm’acteur, dévoile que tel ou tel objet, ou vêtement, est un achat d’occasion, cela peut aussi sensibiliser à la surconsommation excessive actuelle, et au fait qu’il faut peut-être se donner la peine, et le temps, de chercher un peu avant d’acheter neuf et plus cher.
Mes bonnes adresses :
Nantes :
Troc et chic
Les songes
Pour enfants : Le plan Troc, 7 rue Lafayette.Paris :
Chercheminippes (6e)
La Marelle, Galerie Vivienne (2e)
N’hésitez pas à m’envoyer vos propres bonnes adresses. Un annuaire des dépôts-vente de France et de Navarre… ça vous tente ?! ;-)
++ Pour aller plus loin ++
- Article de l’Entreprise du 25/01/2010 sur les tendances de consommation d’aujourd’hui et de demain.
- Selon une étude TNS / Sofres de mars 2008, reprise dans un article du Journal du Net « France : Les cyberconsommateurs (15/02/2010) » :
- Les vêtements de seconde main et l’environnement (31/01/2010)
- Les vêtements de seconde main pour un nouveau mode de consommation (30/01/2010)
- Un article de La Libre Belgique sur les achats d’occasion pour Noël (24/12/2009)





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Merci Emmanuelle, pour ce tour complet de la question…
Ma mère est une grande adepte des puces, de vides greniers, caves et débarras de la grande tante et -mise à part la période un peu délicate de l’adolescence où je me révoltais contre les jeans d’occasions et aurais préféré le pull rose neuf de Benetton-, je crois qu’elle m’a transmis le virus.
Pendant des années j’ai dévalisé le Secours Catholique dans une petite ville de la Sarthe, où ma grand mère travaillait bénévolement le mercredi avec ses copines. C’est donc presque une histoire de famille…
En dehors de l’aspect écologique, de la notion de partage et celle de la « décroissance », consommer différemment peut aussi devenir ludique..
Quelle plaisir par ailleurs de dénicher des vêtements, des objets , des livres introuvables dans le commerce..
J’ai d’ailleurs une paire de bottes rouges à talons, presque neuves, très années 70, qui font fureur à chaque fois que je les sors.
Depuis quelques années, je déniche les bonnes affaires également sur le net, voici deux de mes sites préférés.
http://fr.freecycle.org/accueil/
Freecycle permet de donner ou de récupérer gratuitement tout sorte d’objet, vous y trouvez l’annonce de celui qui se débarrasse de son canapé à côté de celle qui cherche un siège de bébé. Pas de troc, ni de vente, les personnes s’arrangent entre eux pour récupérer les objets.Pratique quand on n’a pas la possibilité d’amener son lave-linge chez Emmäus, par exemple…
http://www.le-vide-dressing.fr/
Un petit site soigneux qui permet de mettre en vente ses vêtements, ou d’en acheter, sans frais de commissions. Ebay n’étant plus la seule bonne adresse pour dénicher des bons plans…
Bonne journée…
pour ma part j’ai décidé d’investir dans des vêtements et des chaussures plutôt intemporels et de bonne qualité, pour arrêter avec la mode des fringues jetables à la H&M pour ne citer qu’eux. J’en achète moins et moins souvent, et je suis mieux habillée qu’avant. Finalement ça me revient moins cher (un manteau de 200 euros tient facilement 3 hivers ou plus plutôt qu’une sape à 50 qui fait la tronche après 3 mois, pareil pour des boots à 400 plutôt qu’à 50 qui sont encore impeccables après plusieurs années). En plus, les bons produits sont souvent produits dans des conditions plus éthiques que les cochonneries, enfin pas toujours…mais parfois oui.
Merci pour cet article Emmanuelle.
J’ajouterais l’adresse d’Urgania (sur Cholet) http://www.aboneobio.com/blog/post/2008/08/28/588-recycler-le-textile-l-exemple-d-urgania et sur la toile aussi récemment la Marchande de merveilles :http://www.marchandedemerveilles.com/ qui lance en plus un nouveau service pour les vêtements de prématurés en partenariat avec Anatole Biz (spécialiste des articles pour prématurés) http://eboutique.anatole.biz/epages/dcb1b9fe-32e8-11dd-95c0-000d609a287c.sf
Je suis à fond sur les dépôts vente pour le bébé : ils grandissent tellement vite nos petits bouts que ça ne vaut pas le coup d’acheter neuf ! Il y a une nouvelle adresse à Bordeaux, Cours de l’Yser à 2 pas du marché des Capus. Très jolie boutique, accueil adorable et un max de choix !
Pour moi, je n’ai pas encore trouvé le dépôt vente qui me plaît. Mais je compte proposer à mes copines un troc avec le ménage du printemps !
et une belle robe d achetee aujoud hui dans une boutique « vintage » pour pas cher…
a lire : the scavengers manifesto, un super livre sur l histoire du 2e main et gens qui adorent ca, comme nous…ah les belles trouvailles…
Je suis pour ma part une convaincue des dépôts-ventes, dons, troc… Je le pratique depuis longtemps pour ma fille de 5 ans et demi qu’il faut rhabiller de pied en cap au moins deux fois par an, et des chaussures de rando au kimono pour le judo en passant par la petite blouse « trop chic » (dixit la demoiselle), je trouve toujours mon/notre bonheur !
Je récupère aussi des vêtements de la fille d’une copine qui après avoir fait une saison sur ma fille trouvent leur place dans l’armoire de ma nièce ou sur les portants d’un magasin d’insertion de ma ville qui fait du dépôt-vente.
Petite anecdote : un w.e où j’étais absente, ma belle-mère a offert une robe à ma fille achetée dans une petite boutique du centre-ville. Quand mon mari m’a dit le prix qu’elle avait payé, j’ai poussé de hauts cris car cette somme correspondait quasiment au budget que je consacre à l’habillement de ma fille pour la demi-saison !
Camille : Tu connais Arsenic et vieilles dentelles (rue des 3 Conils) ?
J’ai créé une carte google map avec une série de magasins d’occasions: http://maps.google.be/maps/ms?hl=fr&ie=UTF8&msa=0&msid=111907157674001444856.00047372119547c00164d&z=11
Beaucoup de magasins petits rien et oxfam, mais aussi des magasins « indépendants ».
Dernièrement, j’ai acheté quelques vêtements en seconde main, mais s’habiller de pied en cap en occasion est quand même difficile et prend du temps, surtout qu’il faut parcourir toute la ville pour aller dans ces magasins.
Hello !
J’ai été vachement surprise par le nombre de magasin d’occasion ici, en Nouvelle-Zélande. Il y en a beaucoup beaucoup plus qu’en france ! Même dans les toutes petites villes (genre centre ville sur une rue) il y en a au moins 3 !
Quand je vivais à Paris, j’allais aussi dans des « Op’ shop », mais ce qui m’agaçait, c’est que soit les habits étaient très style vintage et années 70/80 ou alors carrément genre les fringues de ma grand-mère … Et pis ça sentait le renfermé lol (je sais, ça s’en va au lavage ;) ).Généralement, on voyait tout de suite que les habits portaient venait de ce genre d’endroit (mais je ne dis pas cela de façon péjorative).
Je ne comprends pas pourquoi on a si peu de « Op’ shop » comme dans les pays anglosaxons (enfin c’était comme ça aussi en Ireland et au Canada d’après ce que j’ai vu) , c’est-à-dire avec des habits plus « conventionnels » et un peu plus nouveaux.
Qu’en pensez-vous ? Serait-ce une différence culturelle ou juste une coïncidence ?
[...] que nous le montrait Emmanuelle, inutile de se précipiter sur du neuf pour refaire sa garde-robe, le monde de l’occasion est riche de bonnes [...]
Merci pour cet article très riche!!
Je suis pour ma part une adepte des dépôts-vente… J’adore fouiner dans ces endroits et trouver la perle rare à des prix défiants toute concurrence…
J’ai créé un site web permettant de vendre et acheter des vêtements d’occasion car je pense que c’est une bonne alternative :
- On évite ainsi le gaspillage! Trop de vêtements ‘dorment’ dans nos placards
- On peut y trouver des bonnes affaires…
N’hésitez pas à me donner vos avis!
Merci pour cet article très riche!!
Je suis pour ma part une adepte des dépôts-vente… J’adore fouiner dans ces endroits et trouver la perle rare à des prix défiants toute concurrence…
J’ai créé un site web permettant de vendre et acheter des vêtements d’occasion car je pense que c’est une bonne alternative :
- On évite ainsi le gaspillage! Trop de vêtements ‘dorment’ dans nos placards
- On peut y trouver des bonnes affaires…
N’hésitez pas à me donner vos avis! Le site est http://www.quasi-neuf.com...
[...] Assumer mon côté fille ne me pose généralement pas de problème : j’aime les magazines féminins et profite souvent du week-end pour lire avec délectation celui auquel je suis abonnée. Mais pour la première fois l’autre jour, sa couverture m’a rendue mal à l’aise et je n’ai pu m’empêcher de me dire “mais où allons nous ??” [...]
[...] Assumer mon côté fille ne me pose généralement pas de problème : j’aime les magazines féminins et profite souvent du week-end pour lire avec délectation celui auquel je suis abonnée. Mais pour la première fois l’autre jour, sa couverture m’a rendue mal à l’aise et je n’ai pu m’empêcher de me dire « mais où allons-nous ?? » [...]