Vive l’avenir ? L’opti-pessimisme de la jeune génération après Copenhague
Nous accueillons à nouveau un rédacteur invité aujourd’hui : Gilles Vanderpooten, 24 ans, Fondateur de l’association Vive la Terre, du Tour de France du développement durable, ainsi que Vive l’Avenir. Dans la réflexion, l’observation, l’interpellation et l’action, il partage aujourd’hui sa vision « opti-pessimiste » de la jeune génération après Copenhague. (Les photos qui l’illustrent sont celles de Richard d’EcoloInfo).
Massif de Belledonne, Isère, février 2006, (c) Richard Gonzalez
Les responsables politiques actuels seront-ils un jour convoqués par leurs enfants et petits-enfants devant un tribunal planétaire ?
Objectif déclaré : « Sauver la planète ». Ils étaient 30.000 pour cela à Copenhague – ceux qui préparent notre avenir. Un consensus fort ne pouvait que l’emporter, face aux menaces qui pèsent sur le futur de l’humanité. Nous, génération des 20-30 ans, pouvions dire paradoxalement « Vive la crise ! ».
Vive cette crise, économique et écologique (mais aussi sociale, éthique, politique), qui allait obliger nos décideurs, en charge de gérer le présent et de préparer l’avenir, à prendre pleinement conscience de leurs immenses et décisives responsabilités, et à agir en conséquence.
Au lendemain de Copenhague, la majorité des commentateurs a dénoncé « l’irresponsabilité des responsables ». La planète s’en sortira, mais l’humanité ? Mais nous ? Quel héritage ? Au-delà des querelles d’experts, notre interpellation est directe : Vous qui parlez de vos petits-enfants, qui seront nos enfants, avez-vous pris toute la mesure de vos non-décisions ? Quels parents et grands-parents êtes-vous, pour avoir pris le risque évident de nous entendre vous dire que vous avez trahi votre devoir le plus essentiel?
Alors que l’ampleur des changements et des bouleversements en cours et à venir appelle à une remise en question globale et à la prise de responsabilité collective, que nous offrez-vous sinon le spectacle d’une impuissance générale ?
En 1987 le rapport Brundtland définissait le concept de développement durable et appelait à considérer les «générations futures ». Elles arrivent ! Elles sont là !! Nous sommes là .
Old Tucson Studios, Arizona, juillet 2009, (c) Richard Gonzalez
Et prêts à vous interpeller : « Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! … ». La jeune génération vous a observés. Elle sait qu’elle ne doit pas tout attendre de l’action politique. Elle vous a pressés cependant de répondre à ses attentes…
Vous avez pris un risque considérable : celui de voir bientôt vos enfants et vos concitoyens devenir vos accusateurs. Serons-nous amenés dans 20 ans à nous porter partie civile dans un tribunal international pour juger le crime ultime et universel contre l’humanité ?
« Opti-pessimistes » nous sommes encore, selon les encouragements du sage Edgar Morin et du vénérable enthousiaste Stéphane Hessel. Pessimistes quant à la réalité de la menace et à l’efficacité politique, optimistes parce qu’il faut vivre et agir encore.
massif de Belledonne, Isère, décembre 2007, (c) Richard Gonzalez
Des solutions existent, dans le respect et l’exaltation de la diversité. Qu’elles se nomment agriculture durable et biologique, énergies renouvelables et non polluantes, économie sociale, commerce éthique et équitable, respect des hommes et des cultures, etc., elles contribuent au développement d’une économie relocalisée, socialement responsable, économe en énergie et respectueuse de notre Terre-Patrie.
Ces alternatives crédibles n’ont pas attendu que le temps du politique ou du législateur s’adapte aux exigences des impératifs écologiques, sociaux, sociétaux et reconnaisse leur interdépendance. Elles appellent toutefois plus que jamais le soutien des politiques mondiales, nationales, régionales, locales…
« Vive l’avenir ». C’est une lueur d’espoir dans une ère de désespérance. C’est le cri de la jeune génération qui s’inquiète mais se refuse à désespérer.
* Gilles VANDERPOOTEN, 24 ans, Fondateur du Festival Eidos du film de l’environnement (2006).
Créateur du Tour de France du développement durable (2008). Initiateur de l’Appel pour une France durable (2009) avec notamment Isabelle Autissier, Allain Bougrain-Dubourg, Dominique Bourg, Jean Jouzel, Amélie Nothomb, Jéromine Pasteur et Nicolas Vanier.










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C’est très fort quand tu dis ça : « Vous qui parlez de vos petits-enfants, qui seront nos enfants, avez-vous pris toute la mesure de vos non-décisions ? »
Effectivement, je pense que non.
Ton terme d’opti-pessimiste est trop fort aussi, je m’y retrouve complètement : opti car je porte en moi l’espérance solide du changement mais pessimiste dans l’imédiat quant à la réelle mobilisation de la classe politique.
Mais c’est là ou mon optimisme dépasse mon pessimisme, je pense en effet, que les nouvelles générations portent en eux le désir de changement et ce sont eux/nous, qui allons faire basculer le monde dans de nouvelles valeurs de vie.
C’est déjà en route n’oublions pas : « un arbre qui tombe fait plus de bruit que mille pousses qui naissent… »
En effet, beaucoup de bedaines politiciennes s’écoutent parler tout en se faisant tater le nombril par les médias…Je suis un éco-citoyen optimiste de 35 ans qui croit possible une réforme du PIB, nous amenant à réévaluer par la même occasion à son vrai niveau, le niveau d’endettement actuel que nous avons à supporter. Simple réforme comptable ou utopie du PID (Produit Intérieur Doux), il nous faudrait un Grenelle des Comptes Publics…Et vite, si l’on ne veut pas continuer à s’enliser dans la fausse mesure d’une croissance malsaine…Agissons par des opinions acérées et combatives auprès des décideurs! Soyons des éco-influenceurs, des éco-orienteurs, des éco-conseilleurs, toutes générations citoyennes confondues,
car cela dépasse beaucoup de nos aînés que d’avoir cru pouvoir décrocher la lune, tout en s’étant soudain aperçu de devoir surtout garder les pieds sur Terre en apprenant à exploitant autrement des ressources communes sinon dilapidées. Que Mère Nature en veuille aussi aux pétroleurs abrupts qui nous ont poussé à l’erreur avec tous leurs pétrodollars et les produits de raffinage non biodégradables dont on nous a arrosés! Intellectuellement courageux et combatifs, dans une telle situation historique, oui, il faut l’être…