Beaucoup d’entre nous ont été interloqués par le discours de Mme Badinter jeudi dernier tout au long de la journée sur France Inter. Une lettre ouverte lui est adressée et est relayée ici par EcoloInfo. Pour l’illustrer, nous avons choisi les portraits de seulement quelques unes des femmes blogueuses d’EcoloInfo, mais toutes représentent si bien ce nouveau féminin.
Femmes et écolos: le nouveau féminin
“Ecolos, nouveaux machos” lance Madame Badinter qui croit voir dans une prétendue “sanctification de la mère et l’écologie radicale un danger pour les droits des femmes”.
Considérer que l’écologie, au nom d’un certain naturalisme, renvoie les femmes à la maison et les conduit à déserter la sphère sociale et professionnelle relève de la grossière caricature, voire d’une malhonnêteté intellectuelle reposant sur une méconnaissance manifeste des valeurs philosophiques de l’écologie et de ses acteurs dans le monde contemporain.


Anne-Sophie, Docteur en économie/Tête de réseau/Consultante, article paru dans le ELLE en octobre 2009 – Photo par Julie Rey
Le développement durable, l’agronomie et les sciences de la vie sont les domaines où les femmes ingénieures sont les mieux représentées. Les directeurs du développement durable des grosses entreprises les plus reconnues aujourd’hui sont des femmes. Les premiers cabinets de consulting en développement durable ont été fondés par des femmes, comme le comité 21 qui régit les agendas 21 sur le territoire et est toujours dirigé par une femme. Les personnalités politiques de l’écologie sont des femmes, de Gro Harlem Brundtland qui la première a imposé le concept de développement durable en 1987 à aujourd’hui Dominique Voynet, Cécile Duflot, Corinne Lepage, Nathalie Kosciuzco-Morizet ou même Ségolène Royal, l’une des seules personnalités politiques à parler de l’écologie au PS. Qui enfin a su le mieux faire résonner l’alerte écologique sinon la canadienne Rachel Carson et son “Printemps silencieux” dès les années 1960? Bref l’écologie est l’un des seuls secteurs d’activité où les femmes sont déjà en place du bas jusqu’en haut de la pyramide, et où elles peuvent faire valoir leur vision.
Non Mme Badinter, l’écologie ne va pas à l’encontre du féminisme. L’expérience montre qu’au contraire, elle est une opportunité pour le féminisme ! Nous ne renions rien des droits chèrement acquis par nos aînées, mais les visages du féminisme ont changé. Nous ne pouvons plus nous contenter d’analyser notre engagement à l’aune de structures mentales héritées des années 1970.

Elvire, The Mittens by Paul Hackmann
Nous affrontons désormais une nouvelle donne : la destruction accélérée des ressources naturelles de la planète, la survie même de l’humanité et le principe de responsabilité à l’égard de nos familles et au-delà, de nos sociétés toutes entières.
Femmes, écolos, mères, nous connaissons les risques du bisphénol A dans les biberons et savons que notre lait maternel est contaminé par des polluants chimiques. Mais nous savons, aussi, que le liquide amniotique est composé des mêmes éléments que le milieu marin et que dans notre corps circule de la “poussière d’étoile”, comme le dit joliment Hubert Reeves. Alors pas question de se replier dans nos foyers pollués au formaldéhyde!

Julie, Entrepreneur, et sa fille, Juin 2009
Considérer la couche lavable comme rétrograde, c’est regarder le doigt du sage qui montre la lune. Car il s’agit aussi de lutter contre une imbrication de systèmes qui, s’ils nous ont libérées du lavoir et de la nurserie, nous aliènent maintenant tant par leurs coûts environnementaux, financiers, humains que par les pollutions qu’ils entraînent.
Notre écologisme au féminin ne se résume pas à protéger nos enfants, il est un combat affirmant notre place d’êtres humaines – au-delà de tout anthropocentrisme – en lien avec la terre et toutes ses espèces vivantes, les racines, le ciel et les étoiles.
Il nous semble par ailleurs douteux de focaliser sur un clivage masculin-féminin: la femme serait garante de la fertilité, de la terre, emprisonnée dans ce rôle trop grand pour elle de gardienne de la vie ? Or, le combat écologique est truffé d’amazones, de guerrières, de chasseresses, telles l’Indienne Vandana Shiva, qui lutte contre l’introduction des OGM dans son pays ou encore la Kenyane nobélisée Wangari Maathai, qui se bat pour la préservation d’un écosystème viable. La femme écologiste ne s’affirme pas seulement comme mère potentielle mais aussi comme une combattante farouche, indépendante et entrepreneuse …

Nathalie et Sophie, septembre 2008
Nous refusons autant de nous déguiser en costume-cravate dans des structures de gestion économique et politique obsolètes, contre-productives et insoutenables, que de retourner au foyer revêtir le tablier, fut-il en chanvre!
En tant que femmes écologistes, nous nous battons au quotidien pour concilier activité professionnelle, mandats électifs et responsabilités politiques pour certaines (encore trop peu nombreuses) et rôle de mère, en cohérence avec le devenir de la planète que nous savons en danger.
Tel est l’enjeu de notre modernité, tel est notre défi.
Oui, les femmes portent toujours le lourd fardeau de devoir concilier leur désir d’être actives, socialement épanouies et maternantes. Mais renvoyons la responsabilité de ce fardeau à ce qui a créé cette distorsion : un système historiquement décidé par et pour les hommes.
Comment changer la donne si les femmes restent toujours les parias des structures de décision ? Le vrai défi d’aujourd’hui n’est pas de savoir comment faire entrer les femmes dans un système inchangé et destructeur pour la cellule familiale comme pour la planète, mais de changer le système pour que les femmes y pénètrent, faisant valoir leur point de vue, leur sensibilité et de faire émerger les valeurs écologistes et post-féministes d’aujourd’hui. C’est la condition indispensable à la métamorphose de nos sociétés vers un monde égalitaire et durable.
Nelly Bonnefous, Rédactrice en chef “Passage au vert” (Ushuaïa TV)
Odile Chabrillac, Fondatrice The different magazine
Isabelle Delannoy, Journaliste et co-auteure “Home”
Pascale d’Erm, Journaliste et présidente EcoMamans
Anne Ghesquière, Fondatrice FemininBio.com
Laurence Mermet, Conseillère information écoresponsable
Laure Noualhat, Journaliste Libération
On s’ajoute dans l’équipe:
Shabnam
Camille Choplin
Catherine Dauriac
Anne-Sophie Ly
Anne-Sophie Novel
Emmanuelle de Pétigny
Agnès Séjournet
Elvire Toulorge
Et toutes les autres qui veulent s’y joindre sont bienvenues en commentaires!!
Si vous voulez apporter votre soutien cf. le site Femininbio.com. Pour vous inscrire et participer au mouvement: vertesderage@gmail.com avec comme titre d’email “je soutiens”

Vertes de rage, lettre ouverte à Mme Badinter













le 17 février 2010 à 9:50:
[...] Je vous conseille fortement d’aller lire cette lettre ouverte à Mme Badinter. Les propos qu’elle a tenus sur France Inter la semaine dernière nous ont juste choqué, mes amies et amis et moi… Partager et découvrir [...]
le 17 février 2010 à 10:02:
Merci d’avoir mis les mots sur ce que je pense depuis que, choquée, j’ai découvert les propos de cette Mme Badinter!
le 17 février 2010 à 10:07:
Et si vous voulez écouter Badinter sur France info dans le 7 à 9…c’est par ici.
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/index.php?id=88376
le duo badinter et demorand dans la gestion des questions dans la 2e partie est surprenant…
le 17 février 2010 à 11:06:
Merci beaucoup pour cet article tellement plein de bon sens! J’ai été et je reste totalement choquée des propos de cet dame, comment peut-t-elle penser de telles choses, mal interpreter beaucoup de choses, et surtout comment est-t-il possible qu’elle soit autant diffusée malgrés les absurdités, les incohérences de son discours…. ?
le 17 février 2010 à 11:15:
[...] le rappelle Anne-Sophie Novel sur son blog Ecolo-Info , “beaucoup d’entre nous ont été interloqués par le discours de Madame [...]
le 17 février 2010 à 11:20:
J’avais entendu Badinter pendant le journal, elle parlait notamment de l’aliénation du à l’allaitement, ou un truc du genre. ça m’a fait bondir.
Superbe cette lettre ouverte.
Par ailleurs, les filles, vous êtes toutes super canon ! (et le premier qui dit que ce commentaire est macho…. je suis juste fière de mes coéquipières !)
le 17 février 2010 à 11:21:
Pour ajouter votre voix au mouvement, envoyez un email à vertesderage@gmail.com avec comme titre “je soutiens!”
le 17 février 2010 à 11:41:
Merci pour cette lettre ouverte….
le 17 février 2010 à 11:55:
Merci pour cette lettre ouverte….
le 17 février 2010 à 12:37:
Toute la rédaction du magazine est solidaire de votre initiative.
La Chouette de l’Ecolomag
le 17 février 2010 à 12:56:
[...] A l’initiative d’Isabelle et d’autres femmes éco-activistes disent ouvertement « Non, l’écologie, ce n’est pas un retour en arrière pour les femmes et nous en sommes l’exemple! » Ca se passe sur Ecoloinfo ici. [...]
le 17 février 2010 à 13:26:
Merci de cette lettre ouverte à laquelle j’adhère à 100% !!
le 17 février 2010 à 14:03:
Oui merci de mettre des mots sur nos réactions ! Je suis personnellement triste que cette femme intelligente et qui a tant fait pour la libération féminine et la parité n’ait pas su comprendre / entendre ce changement sociétal qui s’opère. J’étais ado dans les années 70 et je garde e mémoire sa lutte au côté de Gisèle Halimi et des “343 salopes” pour une maternité choisie et un droit à l’avortemet dans la dignité. ce n’était pas gagné à l’époque où je le rappelle, une femme ne pouvait pas avoir de compte en banque sans l’autorisation de son mari !
C’était il y a 30 ans. Autres temps autres mœurs. Quand j’ai eu ma fille (en 1986), l’allaitement refaisait surface. J’ai du me battre à la clinique pour nourrir mon enfant ! On leur donnait des biberons la nuit en douce pour qu’ils ne pleurent pas; et oui ! Ma compagne de chambre et moi-même avons alors décidé (“à vos risques et périls, vous avez besoin de vous reposer” !!!) de garder nos petits dans nos chambres. le scandale fut de taille parmi le personnel soignant, mais le gynécologue en chef nous a soutenues… Bref, vous êtes la génération montante, décidez pour vous même !
Mme Badinter, regardez autour de vous. Le monde change… Nous ne laisserons pas tomber nos combats. Avec tout le respect que je vous porte.
le 17 février 2010 à 14:24:
Je revendique mon droit à être mère, d’avoir été une employée performante et allaitante en même temps, d’être femme, et féminine, cadre, et performante, amante et libre…
La vraie liberté, n’est pas d’essayer de correspondre ou de ne pas correspondre à une image éculée.
La vraie liberté, c’est de choisir sa vie, de l’assumer, de le revendiquer, et de s’y épanouir !
Mme Badinter n’a rien compris : merci pour cet article plein de bon sens…
le 17 février 2010 à 14:51:
Bonjour Anne-Sophie
j’ai moi-même rédigé un billet sur ce sujet
http://les400clics.hautetfort.com/archive/2010/02/13/elisabeth-badinter-le-feminisme-la-maternite-et-l-ecologie.html
par ailleurs n’oublions pas que Mme Badinter est actionnaire de PUBLICIS qui détient les budgets Neslté et Pampers.
le 17 février 2010 à 14:52:
j’ajoute ce billet en lien sur mon blog
le 17 février 2010 à 15:36:
La femme qui plantait des arbres :
Wangari Maathai initiatrice du mouvement Green Belt : prix Nobel de la Paix 2004
http://greenbeltmovement.org/w.php?id=82
le 17 février 2010 à 18:14:
une autre analyse aussi qu’une amie vient de m’envoyer:
http://ecologie.blog.lemonde.fr/2010/02/16/peut-on-etre-feministe-et-ecolo/
les commentaires s’enchainent suite à ce billet. Des choses intéressantes à lire.
le 17 février 2010 à 19:44:
Quel bonheur de voir Mme Badinter “contrée” avec autant d’intelligence par des femmes qui ,
à juste titre, affirment que l’Ecologie ne s’oppose pas au Féminisme !!
Merci à vous !
“Vert de conviction….et de rage ” !
le 17 février 2010 à 20:04:
Je joins ma voix, la liberté des femmes c’est la liberté de faire ses propres choix en son âme et conscience non de suivre un idéologie, une intellectuelle ou un dogme plus qu’un autre. La liberté c’est le choix éclairé et assumé et moi non plus, je n’ai pas aimé les raccourcis de pensés et clichés qu’elle a véhiculé sur l’écologie, qui démontre tout au plus sa méconnaissance du milieu et qu’elle est capable elle aussi de tomber dans le piège des idées reçues.
le 17 février 2010 à 21:24:
Que cette femme écolo est elle désirable ! Responsable, lucide et moderne, indépendante et entreprenante. Vous êtes le monde de demain, elle est d’hier, nos enfants vous remercierons !
le 17 février 2010 à 22:04:
Merci pour cette lettre. Mère de trois enfants, mais FEMME avant tout! Je suis en congé parental et j’allaite mon bébé de 1 an, mais c’est moi qui l’ai choisi et j’en suis pleinement heureuse et épanouï, et après je reprendrai le chemin du boulot avec plaisir car moi même je me suis fais plaisir. Encore merci, car les propos de madame Badinter m’ont blessés.
le 17 février 2010 à 22:16:
Ici aussi j’ai eu un gros coup de gueule contre son discourt !!! Et je respire de voir que des femmes/ mères et entreprenantes écolos crient aussi leur rage !
Pour amener une pierre à votre lettre :
Je suis une jeune femme de 26 ans heureuse maman d’un bonhomme de 2 ans 1/2 et d’une libellule de 10 mois et tous les 2 en couche lavable depuis la naissance, allaiter, porter et masser et en plus de tout ça je travaille ! Et ces choix n’ont nullement été dicter par qui conque !! Nous étions même des “ovni écolo” dans nos familles respectives !
Bref maman/femme et travailleuse, ça existe ! je suis éducatrice spécialisée (avant en poste en hôpital psy) et maintenant auprès d’ados sourds ! Tout ça pour dire encore ici (et sur mon blog également) que Madame Badinter serait la bienvenue chez nous pour enfin ouvrir ses l’ ornières !
Merci encore pour votre belle lettre ouverte ;)
le 17 février 2010 à 22:24:
J’ai écouté le lien de Shabnam, c’est ouf…elle parle de culpabilité de la mère depuis les débuts de l’être humain !!! alors que les sociétés traditionnelles on toujours été matriarcales et que la société dirigé par l’homme n’est pas si vieille finalement et présente dans les pays occidentaux uniquement.
en gros ça voudrait dire que les femmes sont culpabilisés d’avoir des enfants !!!!! Le problème c’est que c’est juste comme ça !!! Elle déraille un peu non ?
le 18 février 2010 à 12:26:
J’ai été très triste d’entendre les propos d’E. Badinter l’autre matin car c’est une personne pour laquelle j’avais de l’estime.
Me revendiquant à la fois femme/mère et écolo, je me sens tellement éloignée de ce qu’elle décrit. Mon quotidien professionnel, associatif et personnel entièrement engagé au service de l’écologie est à des années-lumière de ce qu’elle évoque.
Et juste sur les couches lavables, leur plus ardent adepte dans l’équipe Ecolo-Info n’est-il pas un homme, n’est-ce pas Olivier (http://ecoloinfo.com/2008/10/15/les-couches-lavables-ok-pour-moi/) ?
le 18 février 2010 à 12:46:
D’autres éléments à lire sur le site des Verts (déjà sur des propos d’E. Badinter en 2008) :
http://idf.lesverts.fr/article.php3?id_article=1285
le 18 février 2010 à 13:50:
Je vais quand même lire son livre pour voir le cheminement de son discours. Mais je pense qu’elle est à 1.000 lieues de la réalité des femmes/mères écolos d’aujourd’hui ! http://ecologirl.over-blog.org/article-chere-madame-badinter-44986575.html
Merci pour ce beau texte et pour les portraits de notre joyeuse équipe. Je suis tellement fière d’en faire partie !
le 18 février 2010 à 14:49:
Contrairement à ce qu’annonce mon pseudo je suis bien une femme !
Je ne suis pas d’accord avec vous concernant cette attaque contre Mme Badinter et je pense que vous ne situez pas correctement le problème. Badinter défend les droits de la femme et reconnait toute l’utilité et la nécessité d’un combat écologique pour la planète. Quand elle attaque les couches lavables, elle déplore que l’utilisation de telles couches entraînent un retour aux méthodes anciennes, et aliénantes pour la femme. Elle a également évoqué les serviettes hygiéniques… ces progrès me semblent nécessaires pour une certaine liberté de la femme : moins de lessive, de repassage, dignité de la femme, possibilité de se déplacer librement… il faudrait plutôt s’en prendre aux industriels et leur suggérer d’utiliser des matières bio et biodégradables qui prennent soin de la planète et soient moins polluantes. Il convient également de lire attentivement l’oeuvre de Badinter pour mieux en comprendre ses idées, et notamment son combat pour la liberté de la femme.
le 18 février 2010 à 16:47:
Je suis interloquée par la présentation unilatérale que fait Madame Badinter de la femme – mère qui “reste chez elle” et/ou se revendique verte ou agit simplement dans le bon sens.
Dilpômée, (DEA Histoire de l’Art), cultivée et sociable, j’ai toujours fait des boulots pour financer mes études. Jamais je ne considérerai qu’une femme qui devient mère doit arrêter de travailler. Or, pour certaines, c’est un CHOIX, une parenthèse qui peut lui permettre de renbondir professionnellement sur d’autres domaines en mettant à plat ses compétences.
C’est l’article dans ELLE qui m’a fait bondir, ainsi que mon époux.
Il y a des professions qui s’exercent à la maison, depuis son domicile, et autorisent ainsi la gestion des enfants et du champ professionnel.
Bref, je voulais soutenir votre mouvement très légitime.
le 18 février 2010 à 18:14:
@George: votre remarque: “il faudrait plutôt s’en prendre aux industriels ” – la même remarque peut s’adresser à mme Badinter.
Pour notre part, nous émettons des critiques constructives aux industriels, à nous mêmes et à d’autres pour avancer dans la modernité et non pour retourner en arrière comme vous ou d’autres peuvent le croire.
Et nous avons soutenu les actions de Badinter pour les femmes par le passé.
Nous nous comprenons pas pourquoi elle a fait ces généralisations stigmatisantes qui démontrent une méconnaissance déplorable souligné dans la lettre que nous relayons.
le 18 février 2010 à 23:42:
Madame Badinter n’a rien compris à l’écologie… Elle fait des amalgames grossiers, Elle n’imagine pas la sensation de liberté que nous pouvons éprouver à ne pas écouter bêtement les diktats de notre société de consommation. Elle mélange tout et me déçois profondément…
Mais c’est bien, il y a du répondant…
le 19 février 2010 à 11:52:
Ils ont parlé de lettre “vertes de rage” sur Service public en fin d’émission aujourd’hui
le 19 février 2010 à 12:18:
je viens d’écouter Mme Badinter, et elle ne dit pas n’importe quoi!
elle tient un playdoyer pour une résistance aux pressions des discours des uns et des autres.Être écologiste c’est “bien” c’est “in” c’est nécessaire aussi, mais être le sujet de la pensée unique c’est lamentable.La femme est depuis 1968 maître de son ventre, qu’on la laisse être maître de sa tête.
la lettre ouverte à Mme Badinter est un faux procès à l’encontre de cette femme éminament respectable et dont vous pourriez être fière.
un homme.
le 19 février 2010 à 12:45:
D’accord avec van lippevelde, vous faites un faux procès à Elisabeth Badinter ! Vous êtes sans aucun doute sincères dans vos engagements respectifs et votre comportement écolo., mais ce que dit Badinter c’est qu’imposer ce mode de vie à toutes les mères (ce qui n’est pas votre cas, mais ce qui pourrait advenir si, comme l’avait évoqué NKM, on se met à taxer les couches jetables, par exemple), c’est leur enlever la liberté de choix et leur imposer de fait un retour à des tâches ménagères contraignantes (et souvent en plus de leur travail !). Je me suis renseignée sur les couches lavables : effectivement, ce n’est pas plus long à mettre qu’une couche jetable. Pour le reste, arrêtons de dire : 1) que c’est facile d’utilisation : le nettoyage reste fastidieux et je n’ose imaginer la partie de plaisir quand bébé fait dans sa couche des énormes cadeaux comme il sait si bien les faire ;-) ; 2) que les papas s’y mettent –> bien des études prouvent que les tâches ménagères reposent en grande partie sur les épaules des mamans. Les quelques exceptions qui existent, je n’en doute pas, dans des foyers où les hommes sont particulièrement investis / responsables etc. ne font que confirmer la règle qui est que les papas ne gèrent pas tout ce qui est hygiène et tâches ménagères dans 80% des foyers français. Il ne s’agit pas de faire le procès de l’écologie ou de dire que les couches jetables ne polluent pas ou encore d’être contre l’allaitement (ce qui n’est absolument pas son propos), mais qu’imposer des contraintes à des mères qui n’en veulent pas constituent une régression par rapport à une époque où les féministes se sont battues pour la liberté de choix des femmes et des mères.
le 19 février 2010 à 12:54:
Eh ben dites donc…. quelle volée de bois… vert !
J’ai 46 ans, 3 enfants (j’ai allaité les deux premiers, et pas le troisième qui va aussi bien que ses frères)
Je pense qu’au lieu d’invectiver E. Badinter par la voie d’internet vous pourriez essayer de discuter avec elle … vous savez un débat en face à face… dans Elle par exemple, comme votre camarade…
Je ne suis même pas sûre d’avoir écouté la même emission… moi aussi je suis écolo (pratiquante) mais je ne me suis pas sentie agressée ; son discours visait plutôt à mettre en garde contre le repli sur la sphère domestique qui pourrait avoir des conséquences néfastes pour certaines d’entre nous (je ne parle pas des surdiplomées, des fonctionnaires — dont je suis — et de toutes celles qui en règle générale pouront retrouver leur poste à la fin de leur congé mater.) ; je parle des femmes qui sont déja fragilisées par ce système économique… des précaires qui avec ou sans enfants ne sont pas sûres de garder ou de retrouver un boulot ;
Une petite remarque sur le lavage des couches (et même des servitettes hygiéniques pour les plus motivées) : vous avez intérêt à avoir une machine écomnome en eau et à utiliser une lessive qui ne déclenche pas d’allergie (et non on ne fait pas partir le caca avec de l’eau de cendre ou des bouboules en céramique…)
Cordialement
le 19 février 2010 à 13:21:
Merci, oui !
le 19 février 2010 à 13:29:
j’ai écouté attentivement les propos d’E. Badinter (interviewée sur France Inter). Ce que j’en ai retenu, c’est qu’elle lance une ”alerte” sur une certaine tendance actuelle qui selon elle fait de plus en plus pression sur les femmes, sommées d’être des mères parfaites, en allaitant et en faisant tout à 100% de manière bio, écolo, naturelle, etc. Son propos pointe le fait que, d’une époque à l’autre, la société édicte certaines conceptions, règles ou jugements sur ”la” bonne façon de s’occuper des enfants, et que ces ”Mère Parfaite, Modes d’Emploi” sont constamment assénés aux femmes qui culpabilisent si elles ne s’y conforment pas. Interrogée sur Canal+, E. Badinter a précisé qu’elle défendait avant tout le libre choix des femmes (ne pas être stigmatisée si elles n’allaitent pas ou pas longtemps, par exemple) et qu’il était temps de faire place et ficher la paix à la Mère Médiocre et au Père Médiocre que sont tous les parents.
je n’ai pas d’opinion particulière sur Elisabeth Badinter, son livre permet sans doute de se faire une idée plus précise de son analyse. En tous cas ses propos (provocateurs ?) lancent un débat très intéressant et donnent lieu à des réactions virulentes. Comme quoi, le féminisme n’est pas si ”endormi” que ça… ça, c’est une bonne nouvelle ! La lettre ouverte développe de très bons arguments mais pourquoi ”Vertes de rage”, ça fait un peu ”femmes susceptibles au bord de la crise de nerf”, non ?
le 19 février 2010 à 16:18:
Punaise!
Je trouve également que vous êtes injuste envers EB! Elle ne parle absolument pas au même niveau que vous. Alors que vous vous penchez sur votre vie privée et ce qui l’occupe, EB remonte à des proportions nationales voir internationales!
Le système patriarcal est toujours en vogue! Et je félicite celle d’entre vous qui considère avoir une bonne situation professionnelle! Mais au dernier avis, les femmes finissent toujours dans les mêmes schémas professionnels! Infirmière, secrétaire, fiières littéraires et cie… Au final, des métiers peu valorisés tant par le salaire que par les tâches qui y ont cours.
J’ai entendu hier soir EB sur France 5 et elle a bien expliqué ce qu’elle cherche à dire. C’est bien une politique de la liberté de choix qu’elle met en avant et pas autre chose! Et le questionnement qu’elle opère n’est pas celui que vous avez compris! Elle requestionne encore une fois le patriarcat de Christine Delphy à travers de nouvelles menaces qui pèsent sur la société et sur les femmes!
Elle requestionne à travers l’allaitement, les nouvelles normes de la société qui fait d’une femme une “bonne” femme et une “bonne” mère. De plus en plus, ne vous en déplaise, le retour à l’allaitement dans les maternités se fait! J’ai vu des femmes ressortir complètement anéanti d’hôpitaux qui voulait absolument faire remonter leur taux de femmes allaitantes à la naissance et qui poussaient les jeunes mamans à allaiter même contre leur gré! Une amie a fini par faire une dépression à cause de cela, se croyant être une mauvaise mère parce qu’elle n’avait pas envie d’allaiter.
C’est ça qu’EB dénonce. Et si elle n’a vu qu’une maternité, moi j’en ai fait plusieurs et cette tendance, je l’ai constaté aussi!
Renseignez-vous sur ce qu’est le naturalisme d’un point de vue sociologique et la façon dont il est invoqué pour reclure les femmes dans la sphère privée qui lui est “naturellement” dédiée. Ce naturalisme est dangereux pour la liberté! Et la liberté, elle va aussi dans le sens de ne pas culpabiliser celle qui choisissent ou ne peuvent faire autrement que de ne pas allaiter.
L’écologisme ne me dérange pas. Je trie mes déchets, j’ai grandi à la campagne dans le respect de la nature… Et si je trouve que les couches jetables sont effectivement un problème, je suis aussi d’accord que toute l’eau et les produits utilisés pour laver les couches lavables ne doivent pas être mieux pour la planète. De plus, vous passez par internet pour transmettre vos messages, mais sachez que c’est le nucléaire qui fait tourner vos bécanes! Très écolo ça!
Requestionner aussi vos pratiques avant de critiquer une personne qui met en relief un danger potentiel pour la condition des femmes…. et qui se bat pour l’égalité dans la répartition des tâches ménagères et dans les salaires! Quant chacun fera sa part de travail à la maison de manière équitable et permettant à chacun d’atteindre l’autonomie financière et donc la vraie démocratie à la maison, alors je serai déjà un peu plus d’accord avec vous…. Pour le moment, ce n’est pas le cas!
“L’inconscience de la domination est l’une des meilleures garanties de sa pérennité” Carnino
Vous avez compris la domination de classe (capitaliste si vous voulez), mais pas la domination patriarcale.
le 19 février 2010 à 18:04:
@ Valou: il est intéressant que le discours de Mme. Badinter dans l’émission d’hier des France 5 n’est déjà plus du tout le discours stigmatisant de la semaine dernière.
Vous savez: quand une personne dit “écolos nouveaux machos”, c’est qu’elle cherche aussi à provoquer, non? Il est normal et sain, me semble-t-il, que les écolos qui ne se reconnaissent pas dans cette étiquette réagissent contre cette critique générale qui n’avait pas lieu d’être.
le 19 février 2010 à 18:28:
et quelques autres articles qui aliment la réflexion:
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/17/lettre-a-mme-badinter-par-sandrine-blanchard_1307234_3232.html#ens_id=1308170
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/17/le-poids-de-notre-bonne-vieille-mere-nature_1307237_3224.html#ens_id=1308170
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/17/debat-au-feminin-pluriel_1307236_3224.html
le 19 février 2010 à 20:27:
Encore des défenseurs d’EB qui se sont renseignés sur les couches lavables mais n’en ont JAMAIS utilisé… ni vu d’ailleurs ! On ne peut nous reprocher de ne pas avoir compris les propos de cette femme si en même temps on ne sait pas de quoi on parle quand on parle couches lavables…
1. Quand bébé a fait caca il ya un petit papier qui les recueille et qu’on jette dans les toilettes avec
2.. Les lessives allergisantes je vous les laisse… ce serait effectivement un comble que d’utiliser de l’assouplissant, du V….R ou A….L pour laver nos couches. Ma lessive n’est pas à la cendre : je l’achète en grandes surface avec un petit label vert ;)
3. C’est quoi ce fameux nettoyage fastidieux ? Vous pensez qu’on a pris un abonnement au lavoir du quartier qui vient juste de réouvrir pour l’occasion ????
le 19 février 2010 à 20:49:
Il est facile de défendre EB alors que ca fait tant d’année qu’elle a un discours public. Comment peut-elle juger maintenant d’un phénomène de société récent alors que pendant 30 ans tout s’est passé selon son shéma a elle et ca n’a pas fonctionné.
De plus, on peut se demander a qui profite son livre et cette polémique ? a EB qui est philosphe ou a EB qui est actionnaire chez Publicis dont les principaux clients sont pampers et Nestlé ? N’y-a-t’il pas un conflit d’intérêt ? Nous sommes en droit de nous interroger….
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2764
le 19 février 2010 à 22:11:
Merci pour ces liens qui apportent d’autres points de vue…
A noter dans ”Ouest-France” d’aujourd’hui un article ”Les couches jetables suscitent la controverse” (http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Les-couches-lavables-dans-le-debat-feministe-_3639-1269471_actu.Htm) …un peu dommage de réduire le débat à une histoire de lessive !
En relisant une interview d’EB publiée par un magazine le 15 février (les réactions scandalisées m’ont quand même mis le doute, je me demandais si j’avais bien entendu la même émission…) on peut rappeler les autres thèmes évoqués : le rôle de la crise économique dans le recentrage sur la maternité (l’APE comme planche de secours pour les femmes les plus fragiles économiquement et le renoncement pour beaucoup d’entre elles à l’indépendance financière), le fait que ce retour à la maison soit parfois mal vécu (un tabou, parce qu’il est forcément formidable de s’occuper en permanence de son enfant et que travailler est forcément une source d’aliénation, pas d’épanouissement…) le temps partiel subi, les emplois sous-payés, les écarts de salaires hommes-femmes, la double journée épuisante pour celles qui travaillent et assument l’essentiel des tâches domestiques, le choix de certaines de renoncer à la maternité (26% des Allemandes et 39% pour les plus diplômées d’entre elles)… Solutions avancées par EB : une allocation plus élevée pour celles qui décident de se consacrer par choix à leurs enfants, et des emplois mieux rémunérés avec moins de temps partiel pour celles qui décident de travailler.
Conclusion de l’entretien : ”depuis le XVIIIe siècle, la société française considère qu’on ne peut pas définir la femme par la seule maternité. De cette époque, il nous reste deux héritages : 50% des mères retravaillent à temps plein après leur premier enfant, un record européen ! Et notre politique de crèches, garderies, nourrices, avec sa batterie d’aides diverses. On peut donc dire que les comportements des Françaises des années 2010 sont dans la continuité de l’esprit de liberté du siècle des Lumières. Mais pour combien de temps ?”
le 20 février 2010 à 9:15:
Elisabeth Badinter n’oppose pas écologie et féminisme, mais une certaine conception naturaliste et quasi religieuse de l’ecologie et la condition féminine actuelle. Les couches jetables, progrès indéniable pour la vie des mères y compris NK – et les établissements pour personnes agées – et l’allaitement “imposé” ne sont que des points mineurs de son intervention. Elle a aussi parlé des droits des femmes acquis au fil des luttes, comme l’IVG, qui sont remis en cause, tout comme sont fermés les centres de planning familial. Elle a souligné la durée très insuffisante du congé maternité (n’est-ce pas Rachida ?). Elle a souligné la menace que fait perser le gouvernement actuel sur la scolarisation des enfants des 2 ans, avec le remplacement des maternelles par des jardins d’éveil payants “sortis” de l’éducation nationale. Elle a aussi parlé de l’insulte faite à toutes les femmes que sont les signes religieux ostensibles de soumission aux hommes comme le voile islamique. Tous ces acquis pourraient dès aujourd’hui disparaitre dans un France où les questions environnementales seraient mieux prises en compte. Enfin, pour le scientifique que j’étais, entouré d’une majorité de femmes pendant plus de 40 ans, on assiste à une régression intellectuelle formidable, tout progrès scientifique et technique étant a priori considéré comme suspect (de l’effet pervers du principe de précaution) alors que la nature est tellement meilleure ! On oublie notament que c’est grâce à la chimie du médicament que les grandes épidémies, qui tuaient nourrissons et enfants, ont été éradiquées.
PS : le lait maternel contient naturellement des polluants tels que les dioxines qui s’accumiulent dans les graisses chez la mère. Ces composés sont présnets en plus grande quantité dans le lait de femme que dans le lait de vache)
le 20 février 2010 à 13:32:
je ne suis pas sûre qu’en arriver à discuter des couches jetables ou lavables aide beaucoup au débat…
mais cela démontre qu’un certain nombre d’entre nous cherche un mode de fonctionnement plus adéquat, qui prenne en compte et notre planète, et notre consommation, et notre santé ainsi que notre bien-être (qui n’est pas toujours celui qu’on veut bien nous promettre, dans la félicité du consommable!).
Et cela se fait par tatônnements, bien sûr.
Alors Il est normal que toutes ces femmes qui se sentent concernées pas leur devenir et celui de leurs enfants n’apprécient pas forcément qu’une figure comme Elisabeth Badinter leur tire dans le dos, par l’ exposé d’un point de vue qui somme toute, lui appartient.
Le féminisme de demain, c’est peut-être la liberté de chacune, celles qui veulent rester à la maison, celles qui veulent travailler, et la majorité qui doute de la morale des grands groupes qui leur vendent tout ce qui sert “la libération de la femme”, comme les couches, les petits pots, les plats tous prêts, mais aussi les machines à laver soit disant plus écologiques etc etc….
Mon féminisme à moi, c’est préserver ce qui a été gagné de haute lutte par nos ainées, mais aussi choisir mon mode de vie, et ne plus me faire manipuler par le capitalisme et le libéralisme ambiant, en étant actrice de mon mode de vie.
PS: savez-vous pourquoi sur vos nouveaux lave-linges il y a maintenant un bouton rinçage plus? parce que pour avoir une bonne note énergivore, les ingénieurs ont choisi de faire un rinçage insuffisant dans le programme normal. Et vous rajoutez le rinçage à part, ce qui ne compte pas dans les calculs de l’eau utlilisée!
le 20 février 2010 à 16:49:
Nous avons nous aussi jeté le pavé nature!
http://www.maybibou.fr/blog/2010/02/12/La-maman-nature-selon-Elisabeth-Badinter.html
le 20 février 2010 à 20:16:
Je voudrai juste dire à ceux qui se sont renseignés sur les couches lavables qu’ils ne les connaissent pas, et quand on ne connait pas quelque chose, c’est très limite de donner son avis dessus.
J’en ai pour ma fille. Et non les cacas ne sont pas une horreur à nettoyer: on place une feuille épaise réutilisable en cas de pipi que l’on jette aux toilettes s’il y a un caca! et sauf accident rare, il n’y a aucune matière fécale sur la couche, elle passe direct en machine.
Et pour ce qui est de l’eau consommée pour le lavage: il faut moins d’eau pour laver une couche lavable que pour fabriquer une jetable, et il faut peu de lessive aussi car il est recommandé d’en utiliser peu pour la durée des couches.
Pour ma part j’utilise des lavables car mon porte monaie pleure avec les jetables. Ma fille vient de faire une longue gastro, j’ai donc utilisé des jetables, mais 40 euros les 2 paquets de couche au secour! Nous n’avons aucune allocation familliale, aucune aide financière, et on fait vraiment attention au superflux (gel douche, crèmes inutiles…) Par ailleurs je suis heureuse de savoir que je ne pollue pas, mais c’est bien l’argent la première motivation!
Quand aux nouveaux discours et pressions contre lesquels E.B lance la guerre, ils sont où???????????
personne n’est venu frapper à ma porte pour me présenter les bienfaits de l’allaitement, je n’ai vu encore aucune pub à la télé en faveur des couches lavables ou de cuisiner soit même des aliments saints pour ses enfants.
Dans la famille? Moi j’ai presque de façon virulente subi la pression pour que je n’allaite pas, que je donne le biberon (mais enfin le lait de femme, c’est pas assez nourrisant! mais comment tu feras pour savoir si elle a assez prit?? mais tu verras elle fera pas ses nuits… tu vas empêcher le père de nourrir sa fille (pas du tout culpabilisant) il faudra faire analyser ton lait pour vérifier…)
Le corps médical? Pendant le suivis de grossesse jamais mon gynéco n’a prononcé le mot allaitement, la sage femme m’a juste posé la question tête bessée pour cocher la case! A la maternité? on a donné 3x derrière mon dos du lait artificiel, la première fois alors que ma fille était en réa, alors que j’avais tiré du lait, personne n’est venu me demander si j’avais du lait, ils ont direct donné du lait artificiel. Ensuite sortie de réa, 2 fois les nuits parce qu’ils ont préféré lui donner un bib plutôt que de me l’apporter pour une tétée (trop long…) Mon choix n’a pas été respecté en 2008! alors oui pour un second ça fait se poser la question d’accoucher à domicile car personne ne fera derrière mon dos ce dont je ne veux pas.
J’ai choisi d’allaité après avoir vu ma meilleure amie allaiter son fils et m’expliquer que s’il venait de boire que 2 min c’était pas parce qu’elle n’avait pas de lait parce qu’il avait soif, elle m’a expliqué qu’au début des tétées c’est de l’eau, à la fin c’est le gras, que le lait s’adapte en composition en fonction du climat exterieur + hydratant s’il fait chaud, en fonction du nombre de fois que tète le bébé, en fonction de son age, j’ai alors trouvé ça FORMIDABLE, ça m’a épatée! je me suis sentie très valorisée de savoir que je pourrai donner ça moi aussi, ça m’a motivée et donné confiance. Voilà c’est tout, aucun discours de pression ou de culpabilité pour moi!
le 20 février 2010 à 20:31:
Couti: j’ai oublié de préciser: oui E.B a stigmatisé, oui elle nous range dans des cases, oui c’est peut être volontaire pour créer un débat en si c’est bien son but, alors c’est légitime.
Je ne me sens pas du tout respectée par elle, elle dit vouloir respecter les choix de chacune, oui mais dans la limite de SA tolérance, elle respecte les choix mais elle dit sur france inter que le bébé doit payer sa part du “progrès” et doit donc recevoir du lait en poudre dans des biberons au bisphénolA!!! alors une maman qui donne du lait maternel au sein ne sent pas son choix respecté mais critiqué et moqué!
Elle respecte les choix mais elle trouve inadmnissible qu’on allaite à la demande! “ça n’est pas au bébé de décider de l’heure à laquelle il doit manger, ni à l’age où il doit se sevrer!” bien je suis désolée, mais dans ce cas elle ne respecte pas la mère qui allaite son bébé à la demande et qui choisi de se diriger vers un sevrage naturel. Elle dit qu’elle est choquée de voir une suedoise allaiter un bambin de 2 ans, et une maman tirant son lait au travail pour son bébé de 16 mois!!!!! Non je suis désolée mais elle ne respecte pas tous les choix. Comme tu dis, elle respecte le choix du non allaitement et moi je rajoute qu’elle ne respecte pas celui de l’allaitement long.
le 21 février 2010 à 21:58:
J’ai moi aussi été très déçue par E B, je suis très féministe pourtant mais je suis aussi mère de trois enfants…je suis très écolo et pourtant je suis totalement en accord avec moi même.
J’ai allaité mes enfants, je leur ai toujours préparé et je leur prépare encore des petits plats bio….j’ai un jardin et j’ai toujours travaillé…
Dommage que cette grande dame n’ai rien compris aux valeurs que l’on peut défendre ……
Après avoir écouté la radio, j’étais moi aussi verte de rage. Bravo à toutes ces femmes d’avoir réagi
le 22 février 2010 à 11:12:
Bonjour,
Je n’ai pas bien compris le “verte de rage” après avoir suivi les vidéos indiquées en commentaires. Il s’agit peut être de débats entre connaisseurs ou plutôt connaisseuses que je n’ai jamais suivi.
C’est dommage de devoir se mettre dans cet état pour sortir un stylo, une feuille de papier, une enveloppe et un timbre.
Le discours de Mme BADINTER me semble cohérent et j’ajouterais que votre ressentiment provient certainement plus du résultat cruel de la crise qui m’apparaît comme un changement beaucoup trop rapide des comportements, du langages et des tons utilisés lors de discours, interviews et autres dialogues de séries.
Finalement, on se rend compte qu’il faut réapprendre la langue française tous les jours en 2010.
Enfin bon, la vie parisienne, c’est du passé pour moi. Je n’ai participé à aucun débat en 2009, en ultra looser de la vie en société. C’est vous les filles qui avaient le choix et malgrè tout, ça ne vous convient pas ? C’est bien dommage et cruel.
le 22 février 2010 à 23:31:
Merci beaucoup pour cette lettre ouverte et cette réponse à ce discours stigmatisant qui ma aussi choqué. Faire l’amalgame entre retour au foyer, éducation des enfants et écologie est assez désolant et prouve un certain décalage par rapport à ce que vivent beaucoup de parents.
le 26 février 2010 à 22:12:
Je suis aussi verte de rage !! Et je partage à 100% ce que les auteurs d’Ecolo info ont exprimé dans cette lettre ouverte.
Madame Badinter, c’est un honneur d’être une femme écolo en 2010 ! Ces valeurs sont saines, belles et respectables !
le 26 février 2010 à 22:30:
s’enrager (vertement) pour si peu…je crois que MMe Badinter et tous les autres perdent du temps et de l’énergie pour rien.
Et si on respectait la façon de vivre et les convictions de chacun sans toujours avoir à émettre des commentaires pour prouver que l’on a troujours raison et que son voisin est nul ?
A bon entendeur….
le 27 février 2010 à 11:09:
d’accord avec vous Roussel, s’enrager pour si peu… Pour ma part je ne me sens pas plus en accord avec une Elisabeth badinter féministe qu’une Koscsiuko… ex ministre de l’écologie des beaux quartiers qui n’a eu pour seule proposition de taxer les couches jetables…… Navrant..
Il me semble quand même que Mme Badinter n’a pas évolué avec son temps… Et oui les féministes d’hier en sacrifiant leur vie de mère pour mener leur carrière ne sont-elle pas celles qui ont participé à l’essor économique de notre pays qui a débouché sur cette surconsommation à outrance que nous dénonçons aujourd’hui ?
Pour ma part, être une femme écolo aujourd’hui c’est revenir au vrai valeur, à une consommation raisonnée… Et oui, on peut aussi être une maman écolo qui n’allaite pas et ne lave pas ses couches mais qui à côté consomme bio et local, s’engage dans une amap, fait son pain, ses légumes, achète de l’occase le plus souvent, prend son vélo…
Alors arrêtons de stigmatiser les comportements des uns et des autres, l’essentiel étant à ce jour d’être en accord avec nous-même et de préserver le plus possible notre environnement pour nos enfants.
le 28 février 2010 à 17:54:
Il est vrai qu’il ya eu beaucoup de stigmatisation autour de ce débat ouvert lors de la journée consacrée à EB sur France Inter. Il faut dire que l’invitée n’y avait pas été de “parole” morte en lançant de façon si confiante et sure de soi “écolos nouveaux machos”. Pour ma part je comprends bien la “rage verte” ressentie par beaucoup à la suite de ces mots on ne peut plus méprisants et éloignés des réalités de chacun.
Penser cela, l’affirmer, le défendre , et pire l’écrire, c’est ne pas comprendre ce qui constitue l’essence même du mouvement écologiste actuel tel qu’il se déploie sous ses différentes formes, une conscience assez globale del’environnement, un respect général du monde qui nous entoure, un souci de l’avenir sain de nos enfants et du vivant sur la planète, une conscience globaledu vivant en somme. Dans cette conscience il n’y a pas de loi, à ma connaissance, édifiant le fait que pour en être, il faille faire ceci et cela, utiliser ceci ou cela. Le libre choix est une chose acquise dans la mesure où il s’exerce dans le respect de ce et ceux qui nous entourent.
Quant au féminisme, il me semble que pour ceux qui ont cette conscience du vivant, c’est un combat dépassé, apaisé, comme si pour l’écologie, le féminisme allait de soi ! (pour l’écologie, j’insiste, car j’ai pleinement conscience que ce combat à poursuivre de par le monde, et à ce titre j’ai bien aimé les paroles d’EB sur le voile, ainsi que son ironie à l’égard de la journée de le femme). Je disais donc : le féminisme va de soi pour l’écologie. Preuve en est les réactions nombreuses et vives d’hommes et de femmes lors de cette fameuse journée sur France Inter : beaucoup faisaient part du fait que les tâches ménagères étaient assumées en partage, et EB de rétorquer qu’ils étaient l’exception qui venait confirmer la règle, mais que l’étude récente démontrait queetc… Il serait très intéressant d’approfondir cette même étude en cherchant à déterminer dans les familles dites “écolos”, le pourcentage de femme ayant seule à charge le ménage… Dans un couple, il me semble que cette conscience du vivant se construit ensemble : on s’intéresse ensemble à une nouvelle façon de vivre, de manger, d’habiter… à comment échapper un minimum et du mieux que l’on peux à l’aliénation que nous propose cette terrifiante machine à consommer dans laquelle nous vivons.
En tout cas, tout cet échange (et les paroles d’EB auront eu cet intérêt) est très intéressant et riche. Bonne continuation à tous dans vos chemins respectifs. Ravie de les avoir croisés…
le 02 mars 2010 à 1:00:
je partage bon nombre de contributions faite. je voulais rajouter qu’à mon avis, le débat se pose en terme politique et social que écolo. Une femme ouvrière qui vit dans une certaine précarité d’emploi devra reprendre son travail beaucoup plus vite après sa grossesse qu’une fonctionnaire haut placé par exemple, et le congé parental très faible n’aide pas non plus.
je n’ai pas d’enfant, donc je ne vais pas polémiquer sur les couches lavables. mais par ailleurs, je voulais réagir à l’inquiétude de Mme Badinter sur le fait que de plus en plus de femmes dénigrent la pilule comme moyen de contraception. j’ai utilisé ce mode de contraception pendant 10 ans et cela m’a été très néfaste. j’ai donc décidé dorénavant d’utiliser un stérilet, qui, en plus d’être remboursé par la sécurité sociale (la pilule non !) est à mon avis beaucoup plus libérateur pour la femme que de devoir prendre un comprimé chaque jour à heure fixe, ce qui est assez aliéant il faut le dire, en plus de la catastrophe écolo que cela entraîne (poissons qui se féminisent …). on est tranquile pendant des années !!
par ailleurs je voudrais aussi intervenir sur les protections hygiéniques pour les femmes. comme beaucoup j’ai utilisé des serviettes et tampons pendant des années, jusquà découvrir la coupe menstruelle, ça coûte 30 euros et ça a une durée de vie de 10 ans, c’est donc ce qui’il y a de moins cher, et y’a pas de lessive à faire, on est tranquille pour la
le 02 mars 2010 à 1:02:
journée et c’est beaucoup moins crado que les serviettes et tampons, vraiment sans aucune comparaison possible. je vous engage donc à l’essayer, il y a différentes marques, mooncup étant la plus connue.
le 04 avril 2010 à 20:34:
Allez je me lance… Bon alors moi je ne suis “que” ecolo modérée. Je suis convaincue que laisser une planete poubelle a mes enfants c’est pas ce que je voudrais. J’eteins mes lumières, je prend le train, j’ai jeté mes biberons au bisphenol et j’ai allaité mes deux premiers enfants et je compte faire de meme avec n° 3 qui arrive bientot. MAIS j’ai lu le livre de E.Badinter et , mesdames, je pense que vous etes restées bloquées sur vos “postures” intégristes sans essayer de comprendre de quoi il s’agit. Cette brillante femme ne fait qu’expliquer des phenomenes indeniables aujourd’hui, mettre l’accent sur les sous entendus de certains discours sois disant bien pensants et finalement rechercher la raison pour laquelle malgres une poltique familliale qui laisse a desirer, la france reste le + fort taux de natalité a la grande surprise de tous les anthropologues.
Rien la dedans d’anti ecolo ni de reac pour un sous.
De mon coté, j’adhere a 100% a son discours, ce qui ne m’empeche pas de voter pour les verts et d’essayer d’elever mes petits bouts dans le respect de la nature et SURTOUT des autres etres humains avec qui ils vont devoir composer pour un moment encore!
Ma conclusion:
Si les femmes se serraient un peu plus les coudes plutot que d’essayer de polemiquer des que l’une d’entre nous essaye une analyse reelement feministe de la société, notre statut aurait peut etre une chance d’evoluer… C’est pas gagné!
le 09 avril 2010 à 3:05:
[...] celle qu’a lancée Élisabeth Badinter avec son livre Le conflit. La femme et la mère. Et qui en laisse certaines vertes de rage. Et in fine, on en revient encore au fameux conflit (qui ici est aussi un conflit [...]
le 16 avril 2010 à 9:49:
Comme dirait Laurette, je me lance aussi.
Après avoir lu les discussions précédentes, je tiens à souligner qu’il est appréciable (et rare) de consulter un site internet ayant pour sujet le fameux livre d’EB qui prend en compte des avis différents, sans insulte et dans le respect des convictions de chacun. Mon avis sur la question n’a que peu d’importance, mais nouvelle maman, j’ai tenu à lire ce livre (car sinon toute critique est impossible ou arbitraire): la seule chose que j’en tire va dans le même sens que le commentaire de Laurette. Il s’agit seulement d’une analyse de statut féminin dans les différentes sociétés (maternité, travail, …), à aucun moment je n’ai cru déctecter un quelconque discours partisan, ni aucun prosélytisme. Il s’agit juste d’un signal d’alarme, destinée à réveiller une conscience féminine (et non féministe): objectif atteint au vu des réactions qui fusent.
Merci d’avoir relancé le débat, c’est au moins une des qualité indéniable de ce livre.
le 23 juillet 2010 à 9:17:
[...] mémoire, souvenez vous de la lettre ouverte du collectif Vertes de Rage Partager [...]