Qu’est-ce que la biodiversité?
Le 17 janvier 2010 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
La jolie bébête que vous voyez sur la photo ci-dessous est, dixit Richard, un “Greater Texas earless Lizard (Cophosaurus texanus scitulus), “l’un des plus jolis reptiles d’Amérique du Nord, trouvé au Sabina Canyon, dans le sud-est de l’Arizona, fin juillet 2009.”
Richard l’a choisie en pensant que la chaleur qu’il symbolise peut faire un choc thermique avec l’hiver qui s’avance sous nos latitudes. “Je n’ai pas spécialement de texte pour accompagner le cliché, je ne sais pas grand’chose de la vie de cette bestiole, qui n’a même pas de nom français (grand lézard sans oreille du Texas, sous-espèce chihuahuane?)… On peut toutefois rappeler son mode de défense. En fait, quand il est attaqué par un oiseau de proie ou une moufette par exemple, il agite son corps et recourbe sa queue pour faire apparaître et disparaître les vives couleurs de sa face ventrale. Ces brusques changements d’apparence déconcertent le prédateur. Il est aussi capable de s’enfouir très vite dans le sable ou sous une pierre. Ces mêmes couleurs attirent hélas l’oeil des terrariophiles qui en ont fait un gros trafic…”

Cophosaurus texanus scitulus – Crédit: Richard Gonzalez
Et là est le drame pour tous les amoureux de la nature (et les autres, qui ne s’en rendent tout juste pas compte): ainsi que l’exprime si bien notre Cher Ami dans un de ses derniers billets sur la Beau Diversité, ceux-là “s’émeuvent des dégâts d’un nouveau bétonnage, comparent avec désolation leurs carnets de notes au fil du temps et s’efforcent d’interpeler les décideurs avec leurs petits poings pas très musclés . Ces gens n’appartiennent ni à l’UMP ni au PS, ne s’aveuglent pas de théories, ils observent, écoutent, constatent, par tous temps, avec désormais la peur au ventre plus que le baume au coeur. Chaque jour apporte au naturaliste son lot de misères nouvelles: une haie qu’on déchiquète, un marais qu’on assèche, une autoroute qu’on élargit, tous ces gestes répétés depuis les années 1950 et dont on sait qu’ils ne produisent pas le bonheur qu’on n’a cessé de nous promettre. Il faut rendre hommage à ces gens pour leur investissement permanent, soutenir leurs efforts, aussi minimes soient-ils, quand ils essaient de recreuser une mare (une petite étendue d’eau pleine de rainettes et de tritons, si possible) ou d’installer des nichoirs pour les chouettes (un oiseau qui fait houuuu la nuit).“
Cotoyer les fins connaisseurs de faune et de flore permet bien souvent d’adopter un nouveau regard sur le monde, cela ouvre les sens et décuple la sensibilité. Nous devrions tous suivre des cours des biodiversité (au-delà des sciences-nat…), d’autant que le contact de la nature décuple les facultés intellectuelles (voir à ce niveau les travaux en noétique par exemple).
Qu’est-ce que la biodiversité?
Si l’on devait définir simplement la biodiversité, je crois que j’utiliserai l’image utilisée par Franck Courchamp, directeur de recherche au laboratoire Ecologie, systémique et évolution au CNRS. Dans un entretien accordé récemment à Antoine Spire sur la biodiversité, il compare la biodiversité à une toile d’araignée.
En effet, toutes les espèces sont liées les unes avec les autres par des liens qui tissent une véritable toile d’araignée. La biodiversité est l’ensemble de la diversité biologique, de l’ensemble des espèces et au sein même des espèces. Si on retire un lien, le reste de la toile reste. Mais si on retire trop de fils, un pan de la toile risque de s’effondrer et d’entraîner tout le reste dans sa chute.

La biodiversité, c’est aussi l’ensemble des interactions entre génétique et environnement. Les espèces interagissent entre elles, la biodiversité est le résultat de l’évolution.
Sont en interaction l’organisme qui affronte son environnement et sa structure génétique. Ces 2 facteurs sont en continuelle évolution. Les organismes vont être confrontés à des environnements, des prédateurs et des éléments bio-chimiques différents.
Chaque espèce est toujours adaptée au mieux à son environnement. Mais l’environnement change et donc les espèces s’adaptent. Sauf quand l’environnement change trop brutalement.
La nature n’est pas un paradis, chaque espèce lutte pour sa survie. La nature est un combat perpétuel de tous les jours pour la survie de chacun.
A la fin de l’année, une évaluation monétaire de la perte de biodiversité devrait être présentée à la 10ème conférence de la Convention sur la diversité biologique en fin d’année au Japon. Mais comme le précise le journal témoignage, une première estimation a été révélée en 2008. “Se référant à la valeur des services éco-systémiques dont aurait pu bénéficier l’Homme si la biodiversité n’avait pas subi de pertes et s’était maintenue respectivement aux niveaux des années 2000 et 2010, les auteurs de l’évaluation estiment ce que représenterait la perte annuelle monétaire en 2050, du fait de la perte de ces services ; la dégradation des services écologiques pouvant représenter jusqu’à 7% du PIB mondial en 2050, ou encore 13.938 milliards d’euros par an”. Des estimations de la Banque mondiale affirment que le secteur de la pêche a subi une perte de richesse de 2.200 milliards de dollars entre 1974 et 2004 à cause de la surpêche.
Sait-on combien d’espèces d’animaux et de végétaux existent sur terre?
Si l’UICN publie chaque année la liste rouge des espèces menacées, il demeure, comme le rappelait Courrier International en novembre dernier, que les bases de données sur les espèces animales et végétales ne sont pas encore harmonisées.
Alors que le Catalogue of Life a collecté pour l’instant plus de 1,1 million d’espèces, l’Encyclopedy of Life a rassemblé plus de 150 000 pages sur des espèces connues et observées, ainsi que 1,4 million d’ébauches d’articles. Seulement, les efforts pour essayer d’harmoniser et mettre en commun tout cela se heurtent à des problèmes de modèle économique et de mode de collaboration. Les chercheurs réfléchissent donc actuellement à un “plan de route numérique” afin de mettre au point un “laboratoire virtuel”. Une affaire à suivre donc…
++ Liens ++
- Vidéo “Comment préserver la biodiversité (extrait)” en date du 8 janvier 2010
- Les secouristes de la nature, journal du CNRS, Janvier 2010 avec notamment cette interview très intéressante du chercheur Jean-Michel Salles au sujet de l’estimation de la valeur de la nature.
- Rapport du Centre d’analyse stratégique français : “Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes”, avril 2009.
- 10ème conférence de la Convention sur la diversité biologique en fin d’année au Japon
- La beau-diversité, Richard, A part soi
- www.biodiversite2010.fr
- Le site d’information de l’ONU: www.cbd.int/2010
- UICN
- Un déluge de données à harmoniser | Courrier international
- L’Encyclopedia of Life (EOL), du Consortium for the Barcode of Life (CBOL), du Catalogue of Life (CoL), FishBase, International Barcode of Life (iBOL).
- Le site Internet Global Biodiversity Information Facility (GBIF)
- Collège international de philosophie, nouvelles perspectives sur l’empathie: neurosciences, psychanalyse, philosophie, Octobre 2009 sur France Culture.
N’oubliez pas, mercredi 20 janvier, premier café débat sur la biodiversité dans tous ses états!







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Félicitation, très bon article !
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Très pop cet Iggy !
Très bel article effectivement, clair et concret !
Pour info, une autre approche sur le sujet, pour nos lecteurs polynésiens : http://www.2dattitude.org/nature/biodiversite/item/135-biodiversit%C3%A9-et-puis-quoi-encore-?