En janvier 2008, nous vous présentions la fabuleuse vidéo de Free Range Studios, The Story of Stuff, qui a depuis été visionnée plus de 8 millions de fois à travers le monde. Aujourd’hui, à quelques jours du début des négociations sur le climat de Copenhague, nous avons le plaisir de vous présenter leur nouvelle vidéo: The Story of Cap and Trade, un film d’animation de 9 minutes qui porte un regard provocateur et humoristique sur le système de CAP and TRADE, une des principales solutions au changement climatique à l’étude à Copenhague et au Congrès des Etats-Unis. Etant en contact avec les équipes du Free Range Studios, nous nous sommes occupés de la traduction française de cette nouvelle histoire mise en ligne il y a quelques heures…

Dans cette vidéo, on retrouve la formidable Annie Leonard, Directrice du Story of Stuff Project, expliquer simplement le processus de Cap and Trade – traduit en français par “marché de négociations et d’échange de crédits d’émissions“, “marché des droits d’émissions”, ou encore plus simplement “le commerce du carbone“.
Le diable se cache dans les détails
Faisant appel à la même franchise qui a valu son succès à The Story of Stuff, et à des animations flash qui montrent clairement les gagnants et les perdants, The Story of Cap and Trade met l’accent sur les “diables qui se cachent dans les détails” des propositions actuelles du cap and trade: les permis gratuits délivrés aux gros pollueurs, les fausses compensations carbones, et surtout, l’égarement vis-à-vis du considérable travail nécessaire pour faire face à la crise climatique.
Ce film présente les personnes au cœur du cap and trade, y compris celles de chez Enron qui ont inventé le commerce de l’énergie, et les financiers de Wall Street tels que Goldman Sachs. Les personnages animés du film accompagnent les spectateurs à travers à la fois la théorie du commerce des émissions de carbone et la pratique dans le monde réel, leur rappelant que lorsqu’une bulle de 3 trillions de dollars explose, elle peut tout entraîner dans son sillage.

Pour Annie Leonard, il est difficile de résoudre un problème avec la logique qui l’a créé: “The Story of Climate Solutions aide les spectateurs à comprendre ce que les dirigeants du monde ont à proposer, et soutient que nous pouvons et devons mieux faire. Nous publions ce film maintenant, dans la dernière ligne droite vers Copenhague, afin de nous assurer que les Américains et d’autres comprennent clairement les solutions proposées, et pour les encourager à faire pression sur nos leaders afin d’obtenir de véritables solutions au changement climatique.”
“Les propositions actuelles du cap and trade confient le futur de notre planète à ceux-là mêmes qui ont engendré le problème au départ. Nous avons besoin de solutions au changement climatique justes et efficaces, pas de poudre aux yeux ou de dons aux pollueurs”, affirme Daphne Wysham, Co-Directrice du Sustainable Energy and Economy Network.
The Story of Cap & Trade met également l’accent sur des solutions plus efficaces pour faire face à la crise climatique. Il s’agit premier épisode d’une série de six courts-métrages qui seront réalisés dans l’année à venir par Story of Stuff Project avec Free Range Studios et plus d’une douzaine des plus importantes organisations pour le développement durable dans le monde.
Le site Web du film servira de portail interactif hébergeant des informations sur les actions que les gens peuvent entreprendre afin de lutter contre le changement climatique. Il référence des dizaines d’organisations travaillant sur des solutions réelles à la crise climatique, propose aux internautes différentes façons de s’impliquer, et contient des informations et ressources téléchargeables, y compris un script du film.
La vidéo
The Story of Cap & Trade from Story of Stuff Project on Vimeo.
Pour ceux qui ne comprennent pas l’anglais, Amaury Sautour, via le réseau WiserEarth, a accepté de traduire pour vous les propos d’Annie Leonard. C’est pas beau ça?;-)
“Je suis vraiment heureuse que le Monde se réunisse enfin pour tenter de stopper le changement climatique. La première fois que j’ai entendu dire que nos dirigeants allaient se réunir pour parler de solutions, j’ai eu un grand soupir de soulagement. Pas vous ?
Et puis je me suis dit, attends une minute. Qu’est-ce qu’ils prévoient de faire exactement ? J’ai donc creusé la question. Et je dois vous dire que les solutions sur lesquelles ils travaillent ne sont pas toutes ce que j’appellerais des solutions. En fait la solution principale, la bourse du carbone ou cap and trade, est un gros problème.
Bon, je sais que c’est la dernière chose que vous voudriez entendre, mais le futur de notre PLANÈTE est en jeu, et on doit donc prendre le temps de comprendre ce qu’il se passe ici.
Ok, voici les gens au cœur de cette soi-disant solution. On y retrouve les gens de chez Enron qui ont inventé le commerce de l’énergie, et les financiers de Wall Street tels que Goldman Sachs qui nous ont fait cadeau de la crise des subprimes.
Leur travail consiste à développer de tous nouveaux marchés. Ils expriment leurs revendications, et dès que tout le monde veut en être, ils volent d’énormes sommes d’argent pendant que le marché se transforme en bulle puis explose.
Eh bien leur dernière bulle vient d’exploser et maintenant ils ont une nouvelle idée de marché – faire du commerce sur la pollution aux émissions de carbone. Ils sont sur le point de créer une nouvelle bulle de 3 trilliards d’euros, mais quand celle-ci va exploser, elle ne va pas ruiner que nos portefeuilles, elle pourrait tout ruiner.
Alors comment fonctionne le cap and trade?
Eh bien, en gros presque tous les scientifiques sérieux sont d’accord sur le fait que nous devons réduire les quantités de carbone dans l’atmosphère à 350 ppm si nous voulons éviter un désastre climatique. Aux Etats-Unis, cela signifie la réduction de nos émissions de 80% – peut-être même plus – d’ici 2050. 80% !
Le problème est que la majorité de notre économie mondiale repose sur l’énergie fossile, et rejette donc du carbone : les usines qui fabriquent nos choses, les bateaux et camions qui les transportent partout dans le monde, nos voitures, bâtiments et appareils électroménagers, bref à peu près tout.
Alors, comment allons-nous réduire les émissions de carbone de 80% sans revenir au train de vie de La Petite Maison dans la Prairie ?
Eh bien, ces gens du Cap and Trade disent qu’un nouveau marché d’échange de carbone est la meilleure façon d’y arriver.
La première étape serait de convaincre les gouvernements à travers le monde de se mettre d’accord sur des limites annuelles d’émissions de carbone. C’est le “cap“ (plafond). Je pense que cette partie est géniale.
Comment peuvent-ils s’assurer que les émissions restent en dessous de ce plafond ? Eh bien, les gouvernements distribueraient une certaine quantité de permis de polluer. Chaque année, il y aurait de moins en moins de permis jusqu’à ce que nous ayons atteint notre objectif.
Les entreprises innovantes vont s’y mettre en développant des énergies alternatives propres et en faisant plus d’économies d’énergie. Avec la raréfaction des permis, ceux-ci prendront de la valeur, alors évidemment, les entreprises qui en ont en plus voudront les vendre à celles qui en ont besoin.
C’est là que le commerce intervient.
La logique est que tant que nous restons en dessous du plafond, peu importe qui pollue ou qui innove. Nous atteindrons notre objectif climatique, et éviterons la catastrophe. Ah oui, au fait, ces gens font du profit en tant que courtiers de ce racket, je veux dire marché, au carbone qui pèse plusieurs trillions de dollars.
Sauver la planète, s’enrichir, quoi de mieux ? Certains de mes amis qui s’intéressent vraiment à notre avenir soutiennent le cap and trade. De nombreux groupes environnementaux que je respecte, également. Ils savent que ça n’est pas la solution parfaite, et n’aiment pas l’idée de confier l’avenir de notre planète à ces gens là, mais ils pensent que c’est un premier pas important, et que c’est mieux que rien. Moi, je n’en suis pas si sûre.
Et je ne suis pas la seule. Un mouvement grandissant de scientifiques, étudiants, agriculteurs et entrepreneurs visionnaires sont en train de dire ”Attendez une minute !”.
En fait même les économistes qui ont inventé le système du cap and trade pour gérer des problèmes plus simples comme la pollution aux engrais et au dioxyde de soufre, disent que le cap and trade ne marchera jamais pour le changement climatique. Voici pourquoi je pense qu’ils ont raison.
Dès lors qu’il est question d’escroquerie financière, comme les subprimes ou le système pyramidal de Bernard Madoff, ce sont des détails qui font le mal, et il y a de nombreux détails en jeu dans les propositions du cap and trade.
Le premier détail est connu sous le nom de Permis Libres, qui est la raison pour laquelle certaines personnes appellent ce système “Don du Carbone” (NdT : Cap and Giveaway, lit. Plafonner et Donner). Avec ce plan, les industriels pollueurs vont recevoir une vaste majorité de ces permis gratuitement. Gratuitement !
Plus ils auront pollué, plus ils en recevront.
C’est comme si nous les remerciions d’avoir été la source du problème.
En Europe, où ils ont essayé de mettre en place un système de Don du Carbone, la valeur des permis a été très volatile, le coût de l’énergie a explosé pour les particuliers, et devinez quoi ? Les émissions de carbone ont en fait grimpé ! La seule chose qui a marché est que les pollueurs ont engrangé des milliards de dollars de profits supplémentaires. Des économistes du MIT (NdT : Massachussets Institute of Technology) disent que la même chose risque de se produire ici, aux Etats-Unis.
Ces milliards viennent de NOS poches. Une véritable solution serait d’utiliser cet argent pour stopper le changement climatique.
Au lieu de simplement donner des permis aux pollueurs, nous pourrions les leur vendre et utiliser l’argent pour :
- construire une économie verte
- ou donner un dividende aux citoyens pour les aider à payer une essence plus chère pendant la phase de transition vers cette économie verte
- ou le partager avec ceux qui sont le plus atteints par le changement climatique.
Certaines personnes appellent cela payer notre dette écologique.
Puisque nous, les pays les plus riches, avons émis le plus de carbone pendant des siècles, et avons eu un train de vie plutôt confortable pendant tout ce temps, n’avons-nous pas pour responsabilité d’aider les plus touchés?
C’est comme si nous avions fait une énorme fête, n’avions pas invité nos voisins, et puis leur avions demandé de payer la facture. C’est juste pas sympa!
Saviez-vous qu’au cours du siècle prochain, à cause du changement climatique, des îles nations pourraient être totalement immergées, et l’ONU prétend que 9 agriculteurs africains sur 10 pourraient perdre leur capacité de production de nourriture.
Une vraie solution ne devrait-elle pas bénéficier à ces gens-là au lieu des pollueurs?
Le second détail est appelé Compensation carbone.
Les permis pour compensation carbone sont créés quand les entreprise soi-disant suppriment ou réduisent le carbone. Elles reçoivent alors un permis qui peut être vendu à un pollueur qui veut l’autorisation d’émettre plus de carbone. En théorie, une activité compense l’autre.
Le danger de la compensation carbone est qu’il est très difficile de garantir que du carbone est réellement supprimé avant la création de permis. Et pourtant ces permis ont une valeur réelle.
Ceci créé une dangereuse motivation de fabriquer de fausses compensations – de frauder.
Dans certains cas, frauder n’est pas la fin du monde, mais dans ce cas précis si. Et il y a déjà beaucoup de fraude:
Par exemple, en Indonésie, la société Sinar Mas a abattu les forêts indigènes, causant des destructions écologiques et culturelles majeures. Ensuite, elle a utilisé ces terres à l’abandon qu’elle a créées pour planter des palmiers. Devinez ce qu’elle peut avoir en retour ? Eh ouais, des permis pour compensation carbone.
Moins de carbone ? Non. Plus de carbone ? Tu parles !
Les entreprises peuvent même gagner des permis pour compensation carbone sans rien faire du tout.
Par exemple, les exploitants d’une usine polluante peuvent prétendre avoir planifié une expansion de 200%, finalement réduite à 100%. Pour cette revendication insensée, ils reçoivent des permis pour compensation carbone – permis qu’ils peuvent vendre à d’autres pour entraîner plus de pollution ! C’est complètement stupide !
La liste des escroqueries continue et les pires d’entre elles ont lieu dans le soi-disant Tiers-Monde, où de grandes entreprises font ce qu’elles veulent, à qui elles veulent. Et avec des normes et réglementations indulgentes sur les compensations carbones, elles peuvent obtenir des permis pour à peu près n’importe quelle raison.
Mais les compensations de carbone tiennent-elles une grande place dans les propositions du cap and trade? Et comment! Le dernier projet de loi sur le cap and trade aux Etats-Unis repose presque intégralement sur les compensations carbones pour atteindre les objectifs de réduction des 20 prochaines années!
Si l’objectif est d’injecter de l’argent dans une bulle économique, tout type de compensation convient parfaitement. Cela demande de nombreux intermédiaires financiers, ce qui veut dire beaucoup d’opportunités pour eux de gagner de l’argent. Et avec ces gens-là à la tête du marché, le but numéro un sera le transfert d’argent, pas sauver le monde.
Les détails un et deux, Cap and Giveaway et Compensation Carbone, rendent le système injuste et inefficace. Mais le dernier détail, ce que j’appelle Distraction, le rend véritablement dangereux. Vous voyez, il existe de vraies solutions autour de nous, mais le cap and trade avec ses lacunes et ses promesses de richesse a fait oublier aux gens qu’elles existaient.
Pour commencer, nous ne sommes même pas proches d’un accord sur le plafond des émissions de carbone, et c’est pourtant là tout le principe du cap and trade. Mais au lieu de trouver un accord juste et solide, nous mettons la charrue avant les bœufs et nous précipitons sur des projets de compensation carbone.
Avec tous les faux projets de compensation carbone, les dons aux pollueurs, et l’échec de la prise en compte des injustices provoquées par le changement climatique, pensez-vous que le Tiers-Monde va vouloir accepter un plafond global ? J’en doute. Si une proposition du cap and trade nous empêche de vraiment plafonner les émissions de carbone, c’est un dangereux égarement.
Nous n’avons pas besoin de laisser ces gens-là inventer la solution. Nous – nous, nos gouvernements – pouvons créer des lois et le faire nous-mêmes.
Dans mon pays, il existe déjà des lois – le Clean Air Act (NdT : Loi pour l’Air Pur) – qui confirme que les émissions de carbone sont un polluant que notre agence pour l’environnement est en droit de plafonner.
Qu’est-ce qu’on attend alors? Plafonnez les émissions de carbone!
A la place, une proposition de loi de cap and trade en 2009 remet en question le Clean Air Act, laissant au marché seul le soin de résoudre le problème. Si une proposition du cap and trade affaiblit notre capacité à produire des lois solides, il s’agit d’un égarement.
Les citoyens préoccupés du monde entier doivent se prononcer et exiger que nos économies soient repensées libres des énergies fossiles. Mais avec le cap and trade les citoyens pensent que tout ira bien si nous utilisons juste un peu moins nos voitures, changeons nos ampoules, et laissons faire ces gens-là pour le reste. Si le cap and trade engendre un faux sentiment de progrès, il s’agit d’un dangereux égarement.
Ces propositions du cap and trade sont surtout là pour protéger la routine du monde des affaires.
Actuellement, les Etats-Unis financent les énergies fossiles plus de deux fois plus que les énergies renouvelables. Hein? On ne devrait financer aucune énergie fossile!
Ces gens-là ne semblent pas réaliser que la façon la plus simple de préserver l’atmosphère du carbone est de laisser celui-ci au sol.
Rick Boucher, membre du Congrès américain et partisan bien connu de l’industrie houillère, a voté pour le cap and trade. Il a dit que ce dernier “renforce l’argument en faveur de l’utilisation du charbon dans les services publics“.
Aucune loi encourageant l’utilisation du charbon ne peut stopper le changement climatique. Point final.
De solides plafonds, des lois fortes, une action citoyenne, des taxes carbones pour rembourser la dette écologique et créer une économie verte, voilà ce dont nous avons besoin pour sauver notre avenir.
La prochaine fois qu’une personne vous dit que le Cap and Trade est la meilleure chose que l’on puisse espérer, ne la croyez pas ! Encore mieux, parlez lui. Elle veut probablement aussi un avenir exempt de changement climatique. Peut-être aura-t-elle simplement oublié que les compromis ne sont bons que jusqu’à un certain point, où une solution n’est plus vraiment une solution.
Je sais que nous rêverions tous ne rien sacrifier, sauver la planète et s’enrichir en le faisant. Mais soyons réalistes ! Il s’agit de la plus grande crise à laquelle l’humanité ait jamais fait face.
On ne peut la résoudre avec la mentalité – leur mentalité – qui nous a conduit dans cette panade. Il nous faut du neuf.
Ca ne sera pas facile, mais il est temps de voir grand. Il est temps de concevoir une solution qui fonctionne vraiment.”
Bref, encore bravo à Annie Leonard et ses équipes! La logique du marché carbone et ses limites doivent couler de source pour vous maintenant, non? Même si, en Europe, le système ne marche pas trop mal cela dit?
++ Notes et liens ++
- Annie Leonard est l’auteur du prochain livre, The Story of Stuff, publié par Free Press chez Simon & Schuster (mars 2010).
- The Story of Stuff,
- The Story of Cap and Trade
- Free Range Studios
ACTUALISATION du 2/12/09:

The Story of Cap and Trade: pourquoi on ne peut résoudre un problème avec la logique qui l’a créé?













le 01 décembre 2009 à 11:21:
[...] Ecolo-Info » Informer/Partager » The Story of Cap and Trade: pourquoi on ne peut résoudre un prob… ecoloinfo.com/2009/12/01/the-story-of-cap-and-trade-pourquoi-on-ne-peut-resoudre-un-probleme-avec-la-logique-qui-l%E2%80%99a-cree – view page – cached The Story of Cap and Trade: pourquoi on ne peut résoudre un problème avec la logique qui l’a créé? [...]
le 01 décembre 2009 à 17:02:
Je ne suis pas du tout d’accord avec ses conclusions.
Si elle pointe de gros problèmes dans le système, pourquoi ne pas proposer de garde cette solution qui me semble bonne tout en créant des mécanismes pour corriger ces problèmes.
Je sais bien que ce n’est pas facile, je ne suis pas économiste, mais il me semble qu’en mettant en place un organisme solide (très solide) de réglementation et de vérification on pourrait éviter les fraudes.
Quand aux pays émergents, il faudrait évidemment les soutenir via un fonds alimenté par les pays riches.
Mais là, il faut que ces derniers soient prêts à mettre la main au portefeuille.
Dommage qu’elle rejette si clairement ce système.
le 01 décembre 2009 à 19:32:
Salut Barnabé !
“Pas d’accord avec les conclusions” est-ce à dire que tu es néanmoins d’accord avec l’argumentation? Je crois en revanche qu’Annie Leonard pose une question essentielle. C’est celle de l’apprentissage. Apprendre à faire quelque chose que l’on a jamais fait. Apprendre des gestes et des attitudes (y compris mentales) pour faire de la place à autre chose… j’enseigne le chant. Comme tout apprentissage (instrument) il faut intégrer de nouvelles “utilisations de soi même”. Si on tiens à conserver les sensations connues, si on s’accroche à des gestes respiratoires habituels, si on garde une posture corporelle inappropriée et que l’on ne se décide pas à essayer autre chose, rien ne bouge, par définition. Il s’agit de faire appel à l’humaine capacité humaine d’inventer. Pas de faire du neuf avec du vieux !!! Le “challenge” (passionnant) est de CHANGER notre relation au monde, aux valeurs des choses, à la consommation, aux systèmes économiques, au système bancaire et à la fabrication de l’argent….Trouver une autre façon de penser l’existenceet de passer (allez! 70 ans en moyenne) sur la planète bleue. La notion de pas riche ou pauvre est obsolète :-)
le 01 décembre 2009 à 19:33:
Et merci à Anne sophie d’avoir mis ce doc en ligne. Ça nous permet de parler… un peu.
le 01 décembre 2009 à 23:30:
Waooo!!!! super ce billet Anne-So!!
et moi, je me disait que c’était mieux que rien… mais oui! il n’y a pire que les vérites à moitié!
Merci! Je ne me distrairai pas!! :D
le 02 décembre 2009 à 16:33:
Allo!
Merci beaucoup pour cette vidéo, très pédagogique!
Pour répondre à Barnabé, oui, en théorie, sur le papier, on peut régler les problèmes par une meilleure régulation. Le problème, c’est que nous ne vivons pas dans le monde des bisounours, et que cette régulation va directement à l’encontre des intérêts des financiers et des multinationales qui se feront plus d’argent avec une faible régulation ou une régulation inadaptée.
On peut espérer que les gouvernements vont s’emparer du sujet mais justement, on peut faire confiance au lobbying de ces entreprises pour faire échouer toute tentative de régulation stricte. Quand on voit ce qui se passe en ce moment suite à la crise financière et les quelques tentatives de régulation qui sont en train d’échouer lamentablement, pas besoin de se demander trop longtemps ce qui va se passer. D’où la réflexion indispensable sur de réelles alternatives!
Pour le marché européen qui ne marche pas trop mal, il s’est quand même déjà cassé la gueule deux fois, une fois par phase, la première à cause de trop d’allocation de quotas, la deuxième à cause de la crise économique. Et à cause de ce prix du carbone trop bas, on a une taxe carbone faible en France et la Commission Européenne réduit son ambition en matière d’efficacité énergétique (voir l’article d’Hervé Kempf “Le marché des fous” récemment) donc là c’est carrément contre-productif! Mais il n’y a pas encore trop de compensations, ça sera pire à partir de 2013….
Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin, voir les derniers rapports des Amis de la Terre US et UK sur le sujet :
> http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-des-Amis-de-la,4500.html
> http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-derives-du-carbone.html
> http://www.amisdelaterre.org/Un-nouveau-rapport-sonne-l-alarme.html
Cheers
le 02 décembre 2009 à 16:59:
Merci Yann pour ces précisions!!
le 03 décembre 2009 à 17:07:
@ Bridget: oui.
Le raisonnement me parait juste. Seulement comme je l’ai dit, je ne pense qu’il faille rejeter en bloc le système.
Je ne pense pas non plus qu’il ne faille faire que ça.
Mais le problème est que si nous, écologistes convaincus, sommes prêts à changer de système et à utiliser autre chose qu’une bourse d’échange. Les industriels sont pour la plupart convaincus que c’est le seul moyen acceptable.
A écouter mon prof d’économie, il n’y a aucune objection au capitalisme et toutes les personnes qui souhaitent des alternatives n’ont tout simplement rien compris.
le 04 décembre 2009 à 19:42:
Cette video est powerfull! Cap and Trade est vraiment une tres mauvaise solution pour toutes les raisons présentées et réumées par ce slogan envoyés contre des traders du marché des quotas: Our Climate, not your Business!
Une autre raison fondamentale, bien mise en avant par Steven Stoft (on l’a traduit sur le site de taca) c’est que le marché de quotas n’implique pas les individus. Si quelqu’un fait un effort pour consommer moins d’essence, comme le quota d’essence (= cap) est fixe, le seul impact que ça aura, c’est de faire baisser le prix du quota (qui deviendra relativement plus disponible). C’est donc un résultat absurde.
C’est pourquoi Stoft et beaucoup de grands économistes, et beaucoup d’autres, proposent, comme notre association taca une taxe carbone (un prix sur le carbone) avec redistribution pour permettre aux personnes les moins fortunés de faire face à cette augmentation du prix du carbone (qui est nul aujourd’hui)
le 07 décembre 2009 à 2:04:
Le cap and trade est une aberration sur le long terme me semble-t-il. A court terme, je ne trouve pas cela inintéressant, car cela peut permettre de financer des projets innovants dans les critères de l’économie verte et ainsi sortir de notre ère économique non respectueuse de l’environnement. Sur le long terme, l’idée de construire une économie verte solide (c’est à dire basée sur des échanges non émetteurs de CO2, et non sur la compensation) me paraît plus intéressante.
le 08 décembre 2009 à 13:51:
L’enjeu est effectivement de mettre un prix sur le carbone. Son cout pour la planète est identique à Montréal, LA ou Pekin. Mais comment faire pour que son prix soit le même partout et au plus tôt ?
Oui, le C&T ne fonctionne pas bien. Oui, c’est un pb de gouvernance mondiale. Mais j’ai du mal à penser qu’il se réglera par un accord international sur l’instauration d’une Taxe Carbone identique partout dans le monde (Ils ont déjà du mal en Europe. Avec la Chine, le Canada, les US..). Je remarque que ceux qui remettent en cause le C&T sont d’horizons assez divers, du militant climatique au très gros pollueur. Sont ils tous contre la limitation des émissions (le CAP) ou tous contre les échanges (le TRADE) ou bien tous contre les deux ? Défendre l’idéal est louable, sauf si celà autorise à ne rien faire pendant ce temps. On n’a pas le temps d’attendre, il faut renforcer la gouvernance du C&T.
le 19 février 2010 à 8:43:
[...] Pour ceux qui ont du mal en anglais, l’animation The Story Of Stuff se trouve traduite en Francais sur Youtube, et l’animation The Story of Cap & Trade est traduite par ecrit sur Ecolo-Info. [...]
le 23 mars 2010 à 14:59:
[...] ++ The story of Cap and Trade sur Ecolo-Info [...]
le 31 mars 2010 à 19:51:
[...] » ; je suis en revanche très déçu par son petit frère « the Story of Cap and Trade » (voir ici pour le script en français). Ce petit film d’animation, très bien fait, se veut une critique en règle du système de [...]
le 13 juillet 2010 à 11:32:
[...] pour l’instant qu’en anglais (on trouve tout de même une traduction sur ce site), Annie Leonard revient sur les négociations de Copenhague où nous confions notre futur aux [...]