Un bout de nature habite chez moi!
Le 19 novembre 2009 | Par Laurent
Vivant au cœur des Alpes et amoureux de nature, je vois dans les activités de plein air et les sports nature un moyen de sensibiliser à la protection de l’environnement. Et plus concrètement, un moyen de retisser notre lien à la Terre.
Dans notre société majoritairement urbaine, la nature n’a que peu de place au quotidien. Peut-être est-ce pour cette raison que l’homme ressent le besoin de peupler sa maison de verdure ou d’avoir un animal de compagnie au sein de son foyer. Dans notre petit nid, Dame nature s’appelle Caïa. Comme pour tous les chiens de race, la première lettre de son nom fut imposée par son année de naissance. Si nous avions pu choisir, nous aurions remplacé le C par un G pour Gaïa, déesse grecque de la Terre. Parce qu’elle représente notre lien avec la Terre, parce qu’elle nous rappelle ce que nous sommes…
POURQUOI AVOIR CHOISI UN CHIEN NORDIQUE ?
Sûrement pas pour les mêmes raisons que ses compagnons humains d’origine, les Nenets. Pour cette tribu de Sibérie, le samoyède est tout à la fois un chien de berger pour les rennes, un chien de chasse pour le morse, le loup voire même l’ours, une nounou pour les enfants (il les lave avec la langue et les protège) et une couverture… Il partage la vie quotidienne et sociale des hommes comme un membre de la famille en participant aux tâches quotidiennes.

Nenets au milieu de son troupeau de renne et accompagné par son samoyède
Alors pourquoi avoir choisi de partager notre territoire avec un samoyède? Tout simplement pour sa nature sauvage, une nature que nous voulions au sein de notre foyer comme un rappel incessant de ce qu’elle représente et de ce que nous sommes. De plus, vivre avec un chien nordique n’est pas synonyme de simples petites balades répétées mais également de longs parcours en nature le week-end pour assurer une stabilité et un bien-être à l’animal.
UNE ADAPTATION NÉCESSAIRE
Je me souviens très bien de notre première visite dans l’élevage de samoyèdes. L’éleveuse nous a tout de suite indiqué : « Si vous souhaitez un chien qui obéit tout le temps au doigt et à l’oeil, je vous déconseille le samoyède. Avec ce chien, vous aurez un nouveau membre dans votre famille, vous devrez établir une hiérarchie comme avec un enfant mais aussi accepter son caractère. Les samoyèdes en ont! Ils apprennent vite mais ne répètent pas le même tour pour rien, sont parfois têtus, ils ont des jours avec et des jours sans. Bref vous devrez accepter leur nature et vous adapter aussi! « . Je crois que c’est cette dernière phrase qui m’a décidé à adopter ce nouveau compagnon. Ces contraintes, je les voulais comme une occasion de réapprendre les règles de la nature et se rapprocher un peu plus d’elle.

Notre samoyède dans son élément
L’arrivée de cette petite boule de poil à la maison semblait facile au premier abord. Elle passait sa journée à découvrir les lieux et apprendre la cohabitation avec le chat de la maison et la nuit à dormir à même le sol devant la porte d’entrée, un coin qu’elle s’est choisie au bout de quelques jours. J’imagine qu’elle a compris que c’était le point d’entrée et que c’est un bon lieu pour le gardiennage. Les semaines suivantes ont été plus chaotiques : grignotages en tout genre de matières prohibées, usage illégal du recours à l’aboiement en période de couvre-feu, organisation de course poursuite avec le chat, et j’en passe…
Face à ces troubles incessants à l’ordre public, il a fallu agir et c’est là que la prise de conscience a commencé… Hé oui, on ne parle pas à dame nature comme on parle à un autre individu! La tentation est alors grande de hausser le ton, de hurler voire de distribuer des fessées. Au bout de quelques jours, petit coup de fil à l’éleveuse et nouvelle prise de conscience: grossière erreur de comportement du chef de meute… Pour vivre en harmonie avec la nature, on ne doit pas chercher à la soumettre mais établir un dialogue avec elle.
Parfait ! Établissons le dialogue… Illustration par un petit extrait des changements de comportement :
- Plus on hurle, plus le chien hurle: il interprète notre comportement comme une incitation au jeu. Forcément ça pouvait durer longtemps en bavardage… Désormais, on parle avec un ton sec et ferme et un volume sonore standard.
- On ne met pas de fessées, on fait comme maman chien: on attrape la peau du cou, on renverse sur le dos pour mettre la bébête en position de soumission et on attend le retour au calme.
- On établit la hiérarchie de manière juste et non-violente : pas de stationnement dans les zones de passage (hormis la nuit), on n’enjambe pas le chien, on ne caresse pas quand on part ou on rentre à la maison, etc.

L’éducation et la recherche de complicité par le jeu
Une adaptation ponctuée par quelques cours d’éducation canine nécessaires… Cet épisode montre bien notre besoin de tout contrôler et de soumettre la nature à nos comportements alors qu’une cohabitation saine et durable doit passer par un apprentissage réciproque et raisonné pour une vie proche de la nature.
L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU CHIEN OU DE L’HOMME
Une récente étude publiée dans le magazine New Scientist indique que l’empreinte écologique d’un chien est deux fois plus importante que celle d’un 4×4. Suite à cette étude, de nombreux articles sont parus pour indiquer que posséder un chien est une aberration écologique, et j’en passe… John Barrett du Stockholm Environment Institute est même allé jusqu’à prétendre que « Posséder un chien est un luxe extravagant à cause de l’empreinte de la production de viande ».

Des articles qui, je l’avoue, me laissent perplexe voire me révoltent un peu… L’aberration écologique ne vient-elle pas une fois plus de l’homme? Non content de polluer voilà que ce satané bipède veut rejeter la faute sur son meilleur ami! Au lieu de fustiger le chien, il faudrait sans doute se poser la question des raisons de cet impact environnemental: nourriture pour chien qui parcourt des kilomètres insensés, (sur)emballages source de gaspillage de ressources, etc. Une fois de plus, on rejette sur la nature nos propres aberrations et on se montre suffisamment aveugle pour ne même pas nous rendre compte que cet impact du chien est une fois de plus le nôtre et certainement pas l’apanage de cette petite boule de poil! Nul doute que si on permettait à nos chiens de vivre comme aux côtés des Nenets, leur impact environnemental serait négligeable. Cet impact mis en exergue et jeté en pâture aux analystes de tout poil (si je peux me permettre le jeu de mot) n’est que le reflet de nos propres comportements!
Il suffit de revenir à plus de simplicité pour diminuer ce soit-disant impact animal. Voici quelques exemples d’initiatives écologiques pour nos compagnons.
DES INITIATIVES ÉCOLOGIQUES
La simplicité étant la solution de bien des maux de notre société, pourquoi se fournir en produit manufacturés dont le plaisir d’achat est plus à destination de l’acheteur lui-même que de l’animal. Prenons par exemple le cas de la laisse: au lieu de fabriquer un produit évolué à base de métal ou de cuir (j’en ai même vu avec des paillettes…), pourquoi ne pas ré-utiliser une corde usagée, par exemple d’escalade ou d’alpinisme ? On ne parle ici même pas de recyclage mais seulement de ré-utilisation. C’est ce que propose Krebs Recycle aux Etats-Unis.

La laisse Kreps Recycle
Il existe également des boutiques en ligne telles que Chien Nature ou Albert le chien qui proposent des produits tels que des produits en chanvre plutôt qu’en polyester, des produits de phytothérapie ou des aliments bio. Encore une fois, penser simplicité et utilité avant tout, votre chien a plus de besoin de compréhension et de partage d’activités que de besoins matériels… Et vous aussi !
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Deux choses
- le nom : il vous suffisait de vous passer de cette tradition et de nommer votre compagnon comme il vous semblait le mieux.
- le « poids écologique » : effectivement, cela reste très surprenant. Mais il ne faut pas oublier que c’est une étude américaine, alors que les américains dépensent beaucoup plus que nous pour leur chien, et que la vie urbaine d’un animal de compagnie n’est pas du tout la même que celle rurale ou péri-urbaine. Reste la question de la viande. Autant il est facile d’expliquer à un humain qu’il consomme trop de viande (je ne dis pas de le convaincre, mais lui expliquer) autant c’est plus complexe pour un animal carnivore…
En ce qui concerne le nom des chiens de race, c’est un peu plus compliqué qu’une simple tradition… Un chien de race lorsqu’il est adulte, doit passer devant un jury pour être « confirmé » comme chien de race et la lettre du nom est alors importante… Pour que ses bébés soient considérés par la suite comme des Samoyèdes, on avait pas trop le choix. Le système étant ce qu’il est…
La voisine qui partage la cour et le jardin avec la société dans laquelle je travaille a récupéré il y a quelques mois un chien abandonné. Cette créature déboussolée et apeurée a repris du poil de la bête, elle est devenue en peu de temps notre « mascotte » accueillant les employés avec enthousiasme le matin tout en restant « hierarchiéquement » parlant rattachée à la voisine.
Tout comme l’on pratique le co-voiturage, on pourrait également envisager partager la gestion d’un animal domestique pour réduire l’empreinte écologique… Je plaisante un peu, mais pourquoi pas l’envisager ?
Et c’est vrai qu’au contact matinal de ce chien, -juste avant de prendre mon café- je me sens également plus proche de la nature…Ce qui m’inquiète juste un peu, c’est que par moment je suis tellement plus contente de retrouver ce chien que de revoir mes collègues ou mon patron….
Super cet article !
Il me fait réaliser :
1- que les samoyèdes ne sont pas un peuple (je l’ai cru après qu’un ami me demande si j’habite avec les samoyèdes !)
2- le samoyède est un chien très présent chez les samis. Dans le village ou j’ai habité, il y avait 2 samoyèdes très affectueux qui partait souvent en ballade avec moi :))
Ton article est vraiment intéressant, notamment sur l’empreinte écologique du chien tout autant que sur ton bout de nature chez toi.
C’est vrai que nous voulons dominer la nature, c’est intéressant de réfléchir sur notre rapport au chien qui est qd mm l’animal le plus domestique sur la planète.
Merci Laurent !
En fait je viens de regarder sur Wiki, samoyèdes ce sont bien les samis !!! C’est en fait le nom russe des samis russes de Kola et les chiens s’appellent aussi comme cela. C’est drôle, tu as un sami chez toi !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Samoy%C3%A8des
C’est drôle :) Je savais pas que la tribu des samoyèdes et les Samis de Russie étaient les mêmes personnes !!
Cela m’étonne pas que les samoyèdes que tu a connu étaient très affectueux, ce sont des êtres à la fois sauvages et tellement attaché à leur entourage. J’ai lu que les samoyèdes dormaient avec leur famille pour leur tenir chaud. Dernièrement, j’ai voulu essayer en dormant allongé avec la tête posée sur notre petite chienne Sami… Au bout de cinq minutes, je me suis relevé… elle m’a regardé en pleurant pour que je continue à l’utiliser comme oreiller :) Ce sont des chiens étonnants qui reflète un côté envoutant et magique, un peu comme le peuple qui les as domestiqué !