Avant la reprise que beaucoup vont probablement connaître demain (eh oui eh oui, les bonnes choses ont toute une fin, et c’est pour ça qu’elles sont bonnes n’est-ce pas!;-), laissez moi vous parler de mes vacances et des quelques adresses et bons plans écolos que j’ai découverts pendant les 15 jours où nous sommes partis avec mon ami. Nous avions en effet décidé de partir en “accueil paysan” et avons appris tellement de choses et rencontré tant d’acteurs engagés que je ne résiste pas à l’envie de vous en parler… De quoi vous filer mes bonnes adresses qui pourront peut être devenir le prochain lieu de vos pérégrinations…!
La douceur des Cévennes
Notre périple a commencé par les Cévennes (après quelques arrêts sur notre chemin à Albi, la cave du Roquefort Papillon et Millau), où nous avons passé quelques jours à la Magnanerie du Serre, chez Geneviève Mataillet, en pleine Vallée Française. Plusieurs amis nous avaient parlé des Cévennes en nous disant que c’était formidable, et en cherchant un lieu où aller début juillet, j’ai été séduite par la description du lieu:
Entre Florac et Alès, sur le versant méditerranéen des Cévennes et à 730 mètre d’altitude, notre propriété de 15 hectares est un refuge de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Au milieu de nos vergers de châtaigniers conduits en agriculture biologique, se blottit notre maison, une ancienne magnanerie rénovée en mariant bois, pierres et enduit à la chaux.
A notre table d’hôtes (15 € le repas), vous goûterez notre cuisine végétarienne composée de fruits, légumes et produits issus de notre production, de celle de nos amis paysans ou du commerce équitable.

Comment résister dans ces conditions!:-) Je n’avais plus qu’à croiser les doigts pour qu’il reste de la place car, as usual… nous avons décidé de notre destination au dernier moment… Quelle joie, donc, lorsque Geneviève nous a dit que sa chambre d’hôte (qui ressemble plus à une suite avec 2 chambres – une avec lit simple – et une immense salle de bain trooop cosy) était disponible, sauf pour une nuit où nous avons du dormir dans la tente (comme vous le voyez ci-dessous, même dans la tente, quand on ouvre le matin, c’est le bonheur!!).

Au petit matin de la nuit passée sous la tente!
Pour ceux qui ne connaissent pas les Cévennes, eh bien il s’agit d’un lieu en effet magnifique, où l’on trouve des châtaigniers partout (en dessous de 700 mètres d’altitude en général), mais aussi des mûriers de vers à soie (utilisé dans les magnaneries – les vers à soie s’appellent les “magnans”) et beaucoup de schiste.

Pour grimper dans la vallée Cévenoles, il ne faut pas avoir peur des petites routes: que de surprises en arrivant chez Geneviève la première fois:-) Mais après, c’est un pur plaisir! A la Magnanerie du Serre, on a un panorama sur toute la Vallée Française, et les jours de beaux temps il est même possible d’apercevoir le Mont Ventoux, c’est dire…!
Nous avons profité de notre séjour là-bas pour faire de la randonnée bien sûr (je vous conseille vivement la balade de la Fladonnenque, très agréable, où vous croiserez de jolis gardons et des mas de toute beauté!), pour découvrir Saint Jean du Gard (je vous conseille le musée de la vallée Cévenole, très bien fait!), Florac (où nous avons fait le plein de spécialités régionales avant de repartir), mais aussi Saint Germain de Calberte (petit coin très mignon où nous avons loupé – arrivés trop tôt – au Temple protestant une exposition de peintures et céramiques par Christine Beau et Nathalie Massenet… elle avait l’air trop belle mais nous n’avons pas pu attendre l’heure du vernissage pour y aller…) et Anduze (où se trouve la fameuse bambouseraie).

Une oeuvre légère et magnifique qui se trouve dans la Bambouseraie – je crois qu’elle est de Paca Sanchez mais je n’en suis pas certaine à 100% – Paca Sanchez et Bernadette Chéné sont deux artistes ayant investi les allées et les arbres de la Bambouseraie cette année
La Magnanerie du Serre à Saint Hilaire de lavit
Notre séjour chez Geneviève Mataillet (et Bernard, son mari) a été d’autant plus agréable que nous avons appris plein de choses grâce à eux! En effet, Geneviève et Bernard étaient auparavant dans la région parisienne, et c’est en 1989 qu’ils se sont installés à Saint Hilaire de Lavit. Geneviève est professeure de Yoga et c’est en 2002 qu’elle décide de s’installer comme castaneïcultrice, afin de “préserver le travail des anciens” me précisera-t-elle.
Dans la région, les châtaigniers souffrent d’une maladie et il est nécessaire de bien s’occuper des châtaigneraies afin de préserver ce patrimoine unique. Lorsqu’elle s’installe, Geneviève décide également d’ouvrir une chambre d’hôte et des gîtes, dont la rénovation ont toutes été conçues avec des matériaux respectueux de l’environnement. “Lorsque l’on a l’immense privilège de vivre dans une nature magnifique, comment de pas être sensible aux questions environnementales?” Ce sont d’ailleurs des panneaux solaires et une chaudière à bois produisent l’eau chaude sanitaire et le chauffage. Et de futurs gîtes (actuellement en construction) seront également éco-conçus. Ce n’est donc pas pour rien que la magnanerie du Serre a signé la charte européenne du tourisme durable (CETD) dans les espaces protégés vise à garantir un tourisme de qualité, respectueux de l’environnement et qui contribue au développement économique et social. Le Parc national des Cévennes l’a signée en 2002. En novembre 2008, 37 entreprises touristiques sur son territoire en étaient signataires et 26 en cours de procédure d’agrément.
A terme, Geneviève et Bernard aimeraient aménager le lieu afin d’être en mesure d’accueillir des personnes handicapés (malentendants ou déficients visuels). Ils prévoient également d’y organiser des cours de Yoga en petits groupes (l’idéal serait dans une yourte) et souhaitent inciter les séjours en d’autres saisons que l’été. Ils vendent aussi quelques produits locaux fabriqués pour certains par Geneviève (dont la cuisine est délicieuse croyez moi!!): crème de châtaignes bien sûr, châtaignes séchées, cèpes séchés, jus et compote de pommes, etc… Là aussi nous avons fait des provisions!

Enfin, précisons que Geneviève possède de très beaux chevaux, ainsi qu’un âne, deux brebis et 7 chats! Nous avons même eu l’occasion durant notre séjour de découvrir le métier de maréchal ferrant: je n’avais jamais vu un cheval être ferré et il s’agit là d’un “savoir-fer” traditionnel! Une véritable pédicure dont la réalisation est assez magique à voir… pourvu que le cheval se laisse faire bien sûr…
Bref, ce fut véritablement un vrai moment de bonheur que de rester chez eux! Je pense que l’on y retournera, et pourquoi pas même en hiver, il paraît que c’est magnifique aussi à cette période de l’année.
Le Mont Gerbier de Jonc et la Grange de la Garde
Ensuite, nous avons poursuivi notre chemin un peu plus haut, du côté de Sainte Eulalie en Ardèche, où une bonne amie m’avait conseiller d’aller chez Fabien Landry, à la Grange de la Garde: elle y avait déjà séjourné quelques fois pour suivre des stages de confection de cosmétiques bio.
Et là ce fut un autre type de découverte: celui des plantes et du monde des herbalistes (il n’y a plus d’herboriste en France depuis un décret de 1941). Fabien est en effet un passionné de phytothérapie (découvertes des plantes médicinales et utilisation) au point de suivre actuellement les cours de l’école des plantes à Lyon.

Il s’est installé depuis quelques années déjà dans la région, avec sa femme et ses enfants, et il peaufine son savoir tout en accueillant des hôtes de passage ou pour les stages qu’il organise au moins deux fois par an. Nous y avons dégusté des mets composés de plantes récoltées par Fabien dans son jardin (que certains qualifieraient de “sauvage” mais que d’autres reconnaîtront comme “naturel”): apéritif à la reine des près ou à la gentiane, salade à base de violette et de pimprenelle, soufflés aux orties, pizza aux herbes… Bref, nous nous sommes régalés avec ces saveurs plus ou moins nouvelles pour nos papilles!

Le Mont Gerbier de Jonc
La région de Sainte Eulalie est également très belle: le lac d’issarlès est magnifique, et je fus ravie de voir enfin les sources de la Loire et le Mont Gerbier de Jonc (c’était une envie d’enfant… en tant que Nantaise d’origine… il paraît que le département du 44 est le plus représenté dans les touristes en plus… allez savoir pourquoi!).

A l’une des sources de la Loire… pas mal de l’avoir dans son potager:-)
A ne pas manquer dans le coin non plus: Borée, et notamment le Tchier de Borée, une oeuvre récente (2001) qui intrigue car de loin on ne voir qu’un cercle de dolmens. En se balladant sur le thier nous avons remarqué que des caractères chinois et du I-Qing y étaient sculptés. Nous avons alors demandé à un des sculpteur qui était sur place s’il pouvait nous en dire un peu plus… et il s’avère ce sont eux, les sculpteurs, qui ont proposé de créer du lien par le biais de l’art et de la culture en prenant comme prétexte l’histoire et le nom du village “Borée.

Serge Boyer, sculpteur, enseignant aux Beaux Arts d’Avignon, qui nous a gentiment renseigné
Par son tracé, l’ère du Tchier de Borée est reliée à la marche des étoiles. Elle apporte la connaissance des rites des saisons et celle de la lumière (solstices, équinoxes). Jardin philosophique des contes et des légendes, il porte dans son sein des éléments symboliques, mythologiques et poétiques éclairés par une dimension imaginaire d’utopie… Passionnant non?
C’est aussi à Borée que nous avons vu une exposition sur la médecine et la sorcellerie fort instructive (l’expo se termine le 31 août 09 pour ceux qui sont dans le coin!)… où le cerne le poids des croyances dans les réflexes quotidiens.
La région d’Avignon
Enfin, notre périple s’est terminé dans la région d’Avignon, au Thor, chez un bon ami. Nous en avons profité pour découvrir Avignon, Arles, Nîmes... ainsi que le Mont Ventoux (et ses bio-ventoux) bien sûr où j’ai apprécié de voir autant de papillons (et surprise de voir autant de cyclistes, j’ignorais qu’il s’agissait d’un rite de passage dans ce sport!)

Pour les noms, j’attends les précisions de notre expert chez Ecolo-Info, le merveilleux Richard!

Dans la région (où tout est très beau mais dis donc qu’il y fait chaud!!) je crois que mon coup de coeur va pour l’Isle sur la Sorgue qui accueillait, lors de notre passage, l’une de ses foires à la brocante et aux antiquités (l’Isle sur la Sorgue est aujourd’hui le troisième centre européen pour le commerce des antiquités après Londres et Paris!).
J’y ai aussi rencontré la créatrice de mode éthique Marie-Hélène Gautier (LeAF Generation), qui y a ouvert une très jolie boutique de mode éthique en avril 2009 (EdeN, Ethique Désir Nomade). Les articles qu’elle y propose sont triés sur le volet et plaisent beaucoup à voir le nombre de personnes qui étaient là:-) Ne la manquez pas si vous avez l’occasion d’aller dans le coin!

Marie Hélène Gautier devant sa boutique… Mention spéciale aux ballerines ouvertes;-)

Enfin, j’allais oublier Fontaine de Vaucluse, un merveilleux petit village là aussi, où il fait bon se poser sur les bord de la Sorgue, sous les arbres… les pieds dans l’eau et les yeux dans le vert de l’eau si transparente…
++ Mes Bonnes Adresses ++
- Accueil Paysan, avec la description de la Magnanerie du Serre
- Cévennes Eco-Tourisme avec là aussi la description de la Magnanerie de Geneviève
- La randonnée de la Fladonnenque
- La Bambouseraie (en pleine saison la queue à l’entrée peut faire penser à celle de Disneyland… mais après ça va, c’est tellement grand qu’il y a beaucoup d’espaces!:-)
- La Grande de la Garde, Saint Eulalie, Ardèche
- Le Tchier de Borée
- Expositions médecine et sorcellerie, réalisée par le SEREST
- Les antiquaires de l’Isle sur la Sorgue
- Office de tourisme de l’Isle sur la Sorgue
- EdeN, Ethique Désir Nomade
- LeAF Generation
- Fontaine de Vaucluse, où vous pouvez voir la surprenante source de la Sorgue bien sûr (elle descend à au moins 316 mètres sous terre) et le moulin à papier Vallis Clausa, où le papier est fabriqué manuellement à partir de vieux vêtements blanc en coton, en chanvre ou en lin!

Mes bonnes adresses écolos de l’été













le 23 août 2009 à 13:20:
Je suis contente que les Cévennes vous aient plu car c’est un endroit superbe ! Enfin des endroits superbes, car il n’y a pas une Cévenne, mais des Cévennes…
Nous adorons la Lozère et l’Aubrac… mais je me dis que votre périple pourrait nous donner envie de voir ailleurs… ;-)
le 24 août 2009 à 9:48:
Merci pour cet article et votre visite dans les Cévennes !
Pour préparer votre prochain séjour, vous pouvez visiter Cévennes Tourisme:
http://www.cevennes-tourisme.fr
A bientôt !
le 24 août 2009 à 12:43:
Bonjour,
Merci pour le partage de ce billet, très intéressant :-)
le 24 août 2009 à 17:29:
Hmm, après la recommandation avisée de Camille pour le Couvent du Viala, ça peut être de belles destinations, à peine plus à l’est et au nord. Merci Anne-Sophie !
le 01 septembre 2009 à 14:37:
Merci Anne-Sophie de nous faire voyager depuis notre modeste chaise! Je pense que les Cévennes seront en effet notre prochaine destination (enfin un bout des Cévennes!), bravo pour ton e-carnet de voyage! La France est si riche de terroirs, de beautés, de paysages, d’histoires humaines… Que de merveilles encore à découvrir!
le 27 décembre 2009 à 22:33:
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