Voilà un livre encore très utile et assez indispensable, il me semble, lorsque l’on cherche à faire du tri et ranger chez soi sans trop savoir comment faire (ni trop pourquoi même parfois…). Et quel bonheur de réaliser aussi que les auteures de cet ouvrage ne sont que les auteures du Bio-Blog, chronique de deux consommatrices repenties que j’ai suivi pendant longtemps tant il est bien écrit et tant je me reconnais dans leurs propos…
L’introduction est formidable: les auteures appliquent dans leur écriture les mêmes préceptes qu’elles appliquent dans leur vie quotidienne, elles ne s’encombrent pas de superflu, vont droit au but et disent les choses simplement. Ainsi, chiffres, citations de philosophes et slogan de président à l’appui, Alice Le Guiffant et Laurence Paré posent dès le début toutes les questions qui doivent être posées lorsque l’on a envie de changer et entrer dans un véritable processus de simplicité volontaire. Car il s’agit bien de simplicité volontaire ici, où l’être prime sur l’avoir et où se pose, justement, la question de “l’être” qui perdure dans l’accumulation d’objets… “les choses essentielles ne sont pas matérielles et les humains, par nature, naissent simples“, confie ainsi Laurence, au détour d’une phrase.
To have or not to have
Visiblement, les auteures ont toute deux été marquées par un ouvrage d’Elaine Saint James (Vivre Simplement), qui les a poussé à remettre en cause, peu à peu, leurs habitudes. Aussi Alice Le Guiffant et Laurence Paré ont-elles conçu leur livre en crescendo, commençant par un chapitre sur les origines de la simplicité volontaire (on y apprend que Saint François d’Assise était un précurseur et que le terme est apparu pour la première fois en 1936 dans un ouvrage de Richard Gregg, The Value of Volontary Simplicity), puis s’appliquent à définir le désencombrement – “qui consiste à faire le vide en soi et autour de soi pour ne garder que l’essentiel. Il consiste à réévaluer sa vie à l’aune de cette grande question: qu’est-ce qui est véritablement important pour moi au fond? Quelles sont mes valeurs, les priorités que je me fixe? A quoi ai-je envie de consacrer ma vie?“.
Les auteurs précisent bien qu’il ne s’agit pas là d’une contrainte supplémentaire dans la conduite de votre vie, mais bien plutôt d’une habitude qui doit amener à plus de profondeur et de réalité. Désencombrer en fait, c’est aller vers plus de liberté, une façon de calculer ce qui est assez, de choisir en toute conscience et de consacrer plus de temps aux gens que l’on aime… car en effet, que l’on ne s’y trompe pas: vous pouvez chérir des objets pendant votre vie entière, eux ne vous le rendront jamais… En désencombrant autour de soi, on réalise peu à peu le sens de la formule “je choisis, donc je suis“.
Ensuite, les auteures détaillent les différentes approches de la simplicité volontaire (on aime la citation d’Heinrich Heine qui ouvre le chapitre, “l’excès de richesse est peut être plus difficile à porter que la pauvreté“) avant de démontrer l’utilité du désencombrement. On comprend alors qu’il s’agit d’une manière de revenir vers les autres et d’accorder plus de temps au temps présent: “reconnaître que vous avez trop, c’est vous savoir riche de tout ce que vous possédez déjà, ce qui permettra de réduire inexorablement vos éternelles envies“. Place aux “êtres animés” donc! Et si vous n’êtes pas convaincus, les auteures ne manquent pas d’arguments!
Ce livre est également intéressant tant il pose la question de ce qui est sous-jacent lorsque l’on se débarrasse des objets et que l’on est amené à réfléchir sur soi. Alice Le Guiffant et Laurence Paré témoignent également du temps qu’elles ont gagné en changeant, de l’argent qu’elle n’ont pas dépensé non plus, ce qui leur a permis de travailler moins et de consacrer plus de temps à leurs proches. On est doucement amené à réfléchir, alors, au véritable réseau amical en miroir aux différents écrans dont notre quotidien est constitué et qui en réalité ne font qu’entretenir une dépendance aux technologies de communication…
Naturellement, il s’agit là d’un vrai guide pratique du désencombrement, pièce par pièce, comprenant une véritable méthodologie afin de décider si oui ou non un objet doit être jeté, donné, vendu ou conservé. Les questions de “l’assez” et du “toujours plus”, de l’utilité et de la nécessité, sont on-ne-peut-plus limpides à ce niveau!
Enfin, ma mention spéciale va au témoignage de Laurence concernant le désencombrement de sa salle de bain et de l’ensemble des crèmes dont elle s’est débarrassée, le passage m’a bien fait rire!:-)
++ Notes ++

.o°*° L’art du désencombrement °*°o.













le 11 août 2009 à 19:45:
Article sympa!
J’ai offert ce livre à mon père, pour l’instant ça a moyennement apporté ses fruits ^^ Faut dire qu’il est vraiment maladivement attaché à tout et n’importe quoi. J’imagine que ça doit venir du fait que petit il a vécu dans un milieu assez pauvre. A moins que je tire des conclusions un peu trop simplistes.. ?
le 12 août 2009 à 19:20:
J’ai pas encore le bouquin… mais j’ai commencé à désencombrer quand même ;-) !
Et il est vrai que ça fait du bien !!
le 21 août 2009 à 10:48:
Dans le principe, acheter le livre correspond deja a s’encombrer, ou alors il faut l’offrir quand on a fini de se désencombrer.
le 27 août 2009 à 16:57:
Quelle bonne idée
Je suis pleine de courage et j’ai besoin de liberté et de sérénité
Merci pour cet article