Ces sports qui nous rapprochent de la nature – Le kayak
Le 5 août 2009 | Par Laurent
Vivant au cœur des Alpes et amoureux de nature, je vois dans les activités de plein air et les sports nature un moyen de sensibiliser à la protection de l’environnement. Et plus concrètement, un moyen de retisser notre lien à la Terre.
Laurent, qui nous a parlé il y a peu du Solar Event, a décidé pour Ecolo-Info de se lancer dans une série d’articles au sujet des sports qui nous rapprochent de la nature. En effet, les sports nature permettent à leurs pratiquants de bénéficier d’une voie d’apprentissage de soi ET de tisser à nouveau le lien à la Terre que nous avons perdu dans nos sociétés industrialisées.
Une question de point de vue
Être à proximité de la nature et la contempler est une sensation agréable. Mais être au milieu de la nature et la vivre au travers d’une activité, quelle qu’elle soit, est encore différent. C’est un peu comme l’écart qu’il y a entre entre contempler les étoiles et être dans l’espace, entre imaginer quelque chose et la vivre. Par exemple, avez-vous déjà essayé de contempler un lac depuis son bord et depuis une barque au milieu de l’eau? Le point de vue n’est pas du tout le même, les sensations non plus… Imaginez maintenant une petite dose d’adrénaline dû à l’effort physique et vous obtenez un cocktail idéal :)

Comme les sports nature font naturellement prendre conscience à leur pratiquants assidus de leur lien avec la nature, il n’est pas étonnant de les voir participer outre mesure à des opérations de nettoyage de leur milieu naturel, voire de les découvrir à l’origine d’initiatives écologiques ou de développement durable dans leur conception du sport.
En cette période estivale, c’est par l’eau que nous commencerons avec une activité que se prête autant à la découverte de la mer que de nos voies fluviales : le kayak, ou un bel exemple de mobilité douce.
La notion de cheminement
Lors d’un séjour en Corse au mois de juin dernier, nous avons eu l’occasion de nous rendre sur l’archipel des îles Lavezzi à 10 km au large de Bonifacio. En bons touristes, nous nous sommes rendus une première fois sur les îles protégées via une navette bateau. Quelques jours plus tard, nous avons eu l’occasion de retourner sur ces mêmes îles avec des kayaks de mer. Un voyage d’une toute autre saveur! Cette sensation d’accoster par nos propres moyens sur l’île via une petite crique à la surprise des touristes arrivé par bateau:) puis de plonger avec masque et tuba pour observer poissons et petites raies nous a laissé un souvenir inoubliable. Une certaine fierté d’avoir construit notre expérience par cet effort physique et une manière de se rappeler au quotidien que l’important reste le chemin parcouru et non la destination.

Les initiatives écologiques autour du kayak
Un jour, des kayaks compostables!
Les kayaks étaient à l’origine en bois mais pour des raisons à la fois techniques (légèreté de l’ensemble) et économiques (fabrication moins coûteuse), ils sont désormais fabriqués avec des matériaux composites. Le problème est que ces matériaux sont des déchets difficiles à éliminer et que leur fabrication génère des émissions de composés organiques volatiles (COV).
Le fabricant français Plasmor, qui réalise des kayaks dans le Morbihan, prépare depuis plusieurs années, la commercialisation d’un modèle de kayak de mer né pour être composté et donc capable en fin de vie de venir engraisser votre jardin!

La société est porteuse du projet NavEcoMat qui propose la conception d’un matériau bio-composite constitué d’un support en fibre végétale et d’un liant biodégradable. L’utilisation de fibre de lin au lieu de la fibre de verre, et de résine bio au lieu de résine polyester ,permettrait un bilan environnemental flatteur. Plasmor fait naviguer depuis quelques années un kayak entièrement en lin afin d’évaluer son vieillissement. Si des problèmes de mise en oeuvre et d’aspect persistent encore, le but – qui est de commercialiser des “kayaks écolo” – sera sans doute atteint dans quelques années. En attendant, la possibilité d’intégrer la fibre de lin dans un certain pourcentage est une solution.
Le fabricant Polyform suit également cette démarche et expérimente depuis quelques années un prototype de kayak similaire.
Des stages pour les fabriquer à partir de matières renouvelables
Le bois reste la matière originelle avec laquelle les peuples nordiques fabriquaient leur kayak de mer. Dans l’esprit du DIY (Do It Yourself, traduire “le faire soi-même”), des passionnés vous proposent de réaliser vous-même votre kayak comme le faisait ces peuples dont la culture est imprégnée du respect de l’environnement.
Ces kayaks sont conçus à partir d’une structure bois assemblée par des ligatures et recouverte d’une peau de toile de coton enduite.

Voilà d’ailleurs deux liens vers des sites d’intervenants proposant des stages de confection de kayak en bois:
Alors, convaincus ?
Si vous n’êtes toujours pas convaincu du bien fondé de la relation entre les sports nature et la conscience d’appartenir à la nature, je vous laisse regarder ces quelques vidéos rafraichissantes d’un pratique du kayak disons…. humide :)
Laurent, du blog Le Cri du Renne
++ Liens ++
- Plasmor et son kayak en fibre de lin
- Polyform et son prototype au salon nautique de Paris
- Les stages de fabrication de Norsaq
- Les stages de fabrication de Pauple Nomade
- Les dvds de kayak “This is the Sea”





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Étant adepte des sports natures, c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup.
Je suis d’accord avec le fait que les sports natures renforcent la conscience qu’on peut avoir de la nature et nous incitent donc à la protéger. La notion de cheminement est également un point très important pour une société durable. En revanche, j’invite tous les adeptes de sport nature à rester critique vis-à-vis de leur démarche et à avoir une pratique raisonnée en fonction de leur bilan carbone personnel.
En effet, les sports nature sont parfois générateurs de bien plus de nuisances environnementales que les sports urbains. Le problème principal vient du fait que la majorité d’entre nous habite en milieu urbain et que les sports natures se pratiquent en général en milieu rural. Les sports natures sont donc générateurs de déplacements, quasi-systématiquement, motorisés.
Juste un exemple :
Avec 1 voiture qui consomme 8L/100km (=160g CO2/km)
- 1 après-midi karting (cas extrème, loisir polluant par nature) : 20km aller-retour pour aller sur site et 1h de karting 125cc consommant 10L/h => bilan carbone 3,2kg + 20kg = 23kg CO2
- 1 journée rando en haute montagne : 160km aller-retour => bilan carbone 25kg CO2
En étant tout seul, l’avantage est au karting, en co-voiturant à deux ou plus, l’avantage est à la rando.
Il n’y a pas de cas général, simplement des cas particuliers. A chacun de faire son bilan et de prendre ses responsabilités. Il faut simplement garder à l’esprit que la pratique d’une activité, nature ou pas, n’est jamais neutre et qu’il faut toujours chercher à améliorer son bilan.
Bon kayac, merci pour votre article.
Effectivement, un sport même si il peut être estampillé “nature” n’est jamais exempt d’un impact environnemental. C’est une dimension que je n’ai pas évoqué dans l’article. Merci pour cet ajout :)
Par contre, je reprendrais des propos que j’ai entendu de Pierre Rabhi lors d’une conférence : personne ni aucune activité ne sont exempts d’un certain impact environnemental, nous avons tous nos contradictions. Il faut en avoir conscience et parfois les accepter… Toute activité qu’elle soit humaine, animale ou végétale présente un impact. Le but d’une prise de conscience n’est pas forcément d’avoir un impact environnemental nul ou quasi mais que celui-ci soit supportable pour la terre.
Tout est une question de conscience et d’équilibre, non ?
P.S. : Un petite précision quand à la comparaison avec le kart : il ne faut pas oublier que l’impact environnemental ne se résume par à un bilan carbone. L’usage d’un kart nécessite de l’entretien à base de certains produits à comparer avec celui d’une voiture, une usure de pneus, etc… Et puis la dimension humaine doit aussi être considérée : est-ce mieux de respirer des vapeurs d”‘essence ou de l’air pur ? Et si on emmène des enfants, quel impact en terme d’éducation ? etc….
Bonjour,
Je suis très content qu’une série sur les sports de nature soit développée sur Ecolo-Info. Cependant, comme le souligne Tiennou, il ne faut pas confondre sport de nature et sport “environnement”.
Une rando ou une course organisées en milieu naturel sont sources de nombreuses nuisances, de pollutions à la fois diffuses (pollution atmo liée aux déplacements) et locales (déchets en pleine nature). C’est pourquoi il ne faudrait pas, à mon sens, se focaliser sur les sports de nature dans un premier temps. S’intéresser à ceux-là exclusivement revient un peu à les opposer aux sports “de ville”, alors que ces derniers ne sont pas forcément plus impactant pour l’environnement ou moins bénéfiques pour la santé.
Il faudrait d’abord s’interroger sur la “bonne” façon de faire du sport. Comment faire en sorte que mon activité physique soit à la fois bénéfique pour moi, pour la nature et pour les autres ? Car mieux que de limiter notre impact, il est peut-être possible d’utiliser nos activités, y compris sportives, pour améliorer les choses.
Ensuite, je suis un peu agacé par les raccourcis rapides en matière d’écologie, qu’on voit fleurir de plus en plus malheureusement. En quoi le lin est-il un matériau plus durable que le verre ? Et pourquoi pas des voitures électriques plus “vertes” que leurs homologues à moteur thermique ?
Pour fabriquer du verre, globalement, c’est surtout beaucoup d’énergie (les fours) et beaucoup de sable, de carbonate de soude et de dolomie, des matières premières que l’on trouve partout. Le verre se recycle à 100% (pour peu que les filières soient en place) et nécessite alors bien moins d’énergie. Pour le lin, il faut beaucoup d’espace de culture (il remplace alors des cultures alimentaires), beaucoup de phytosanitaires, beaucoup d’eau et pas mal d’énergie. Dans ce cas, il est difficile de comparer simplement ces 2 matériaux, sans avoir recours à une analyse de cycle de vie, pour les comparer sur différents critères. Globalement, ce n’est pas parce qu’un matériau est issu du vivant qu’il est moins impactant.
On peut citer une étude ACV sur les couches jetables données pour moins impactantes que les couches lavables (sauf pour l’effet de serre, favorable aux lavables), ou une ACV donnant la laine de verre comme moins impactante que la laine de chanvre (cf. site ISOVER, qui produit les 2 produits).
Enfin, il pourrait être intéressant dans le cadre de cette série sur le sport de s’intéresser à :
– l’OSDD, Observatoire Sport et Développement Durable : http://www.osdd.fr
– l’Ultimate frisbee qui, au-delà d’un nom un peu gonflé à la testostérone, est un sport collectif spectaculaire dont l’ensemble des règles reponsent sur la notion de fair play : mixité des équipes, auto-arbitrage, “causerie” post-match avec les adversaires… On s’éloigne donc un peu de l’environnement pour aller su côté du respect. Mais en unissant ces deux notions, on pourrait finalement obtenir un sport durable.
– Carbon Disc : un site (gratuit) d’évaluation environnementale conçu pour estimer les émissions de gaz à effet de serre générées par les manifestations sportives. Je ne vous cache pas que j’en suis l’auteur ! :-)
http://carbon.disc.free.fr
Comme le mentionne l’intitulé, cette série d’articles n’a pas pour but d’examiner en détail l’impact environnemental d’une discipline sportive mais plutôt de montrer que les sports nature peuvent rapprocher leurs pratiquants de l’environnement et aiguiser ainsi leur conscience. Je ne pense pas (peut-être à tord… :)) que l’on puisse prendre pleinement conscience de l’impact humain sur la planète en restant cloisonné dans une ville.
En ce qui concerne la fibre de lin, on ne peut nier son apport d’un point de vue environnemental par rapport à la fibre de verre. Contrairement à ce que vous annoncez, la culture du lin ne nécessite pas d’apport en pesticide et produits phytosanitaire. Et elle présente l’avantage d’être cultivé en Europe où les terres cultivables sont plus restreintes par les normes européennes de production agricoles et que par l’espace…
Concernant le lin et la fibre de lin, je vous invite à consulter les articles suivants :
http://ecoloinfo.com/2008/07/29/eco-profil-dune-chemise-en-lin/
http://ecoloinfo.com/2009/02/18/design-francois-azambourg-et-dcs-ouvrent-la-voie-de-l%E2%80%99apres-petrole/
Merci beaucoup pour les liens que vous avez indiqué :)
Je connaissais l’OSDD mais pas du tout l’ultimate frisbee
[...] Comme nous avons pu le voir avec le kayak, la fibre de lin est un ingrédient de choix dans la fabrication de matériel sportif pour son recyclage aisé et complet. La marque Museeuw Bikes, du nom de l’ex-cycliste professionnel, propose un vélo composé de 50% de fibre de carbone et 50% de fibre de lin. L’usage du lin permet de limiter les vibrations, un argument auquel toute personne ayant passé plusieurs heures sur un vélo sera sensible:) [...]
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